LIGUE CONTRE LES VISCONTI
la ville (le Milan, et cita de nouveau le prélat rebelle pour le 8 avril. Pendant ce temps-!à, l’évéque de Padouc parcourait les cités de la Lombardie et de la Toscane, se présentait à Mastino délia Scala, à Vérone, au marquis de Ferrare, aux seigneuries de Florence, de Sienne et de Pérouse, annonçant partout que l’ambition de Visconti menaçait l’indépendance de l’Italie entière, et qu’il n’y avait qu’un moyen de se soustraire à l’oppression, celui de se liguer contre le tyran. Ces exciUitions de l’évcque produisirent leur effet : toutes les nationalités s’émurent, et, pour les unir plus étroitement dans une meme haine contre l’ennemi commun, le nonce proposa un congrès, dont il fixa l’ouverture aumois de mai 1551 , à Arezzo (1). Les représentants de toutes les puissances guelfes se trouvèrent en effet à Arezzo au terme indiqué. Mais, comme il n’arrive que trop souvent, la diversité des intérêts particuliers empêcha de s’entendre. Les choses traînèrent en longueur ; on perdit beaucoup de temps en de vaines discussions. Giovanni Visconti trouva le moyen de mêler aux délibérations ses puissantes intrigues. Par surcroît de malheur, Mastino délia Scala mourut, et les conférences furent rompu&s sans (ju'aucune conclusion eût été prise (2).
Entre toutes. les puissances qui composaient la diète, Florence seule eut le courage de seconder le Saint-Siège contre le redoutable Visconti. Celui-ci, voulant profiter de l’isolement de sa rivale, se hâta de commencer la guerre contre elle. Mais heureusement la présence du danger rallia à Florence Sienne et Pérouse. Ces trois républiques , réunissant donc leurs efforts, résolurent de tenir tète au tyran ;
(1) On peut voir combien la puissance des Visconti inspirait de terreur aux républiques italiennes dans les pièces publiées par l'Archivio storico italiano, in-S°, Firenze. n° 24, p. 575 et seq.
|î) Matt. VilL, 1. 1, c. Lxxvi.
el, comme elles apprirent, par les ambassadeurs qu’elles avaient :i la cour d’Avignon, que le pape, découragé par le peu de succès du comte de Homagne, était disposé à faire la paix avec l’arclievêque, elles députèrent vers l’empereur Charles IV, qui se préparait à aller à Rome recevoir la couronne impériale, pour représenter à ce monarque qu'il était dans ses intérêts de mettre un ternie aux envahissements des Visconti , lui promettant de le seconder de toutes leurs forces dès qu'il mettrait le pied sur le sol de l'Italie. Charles IV écouta plus favorablement une pareille proposition qu’on aurait osé l’e.spérer, et se mit en devoir d’y répondre. I^es choses allèrent au point que le chancelier de l’empereur se transporta à Florence, et que les conditions d'un traité d’alliance furent .sérieusement arrêtées. Ces conditions étaient connues du public au commencement déniai 1352. .Mais, déjà avant cette époque, le bruit de cette négociation avait fait réfléchir l’archevêque. Jusque-là les voyages des empereurs en Italie avaient été, pour les États de cette péninsule, le signal des révolutions. Il était diflicile à la prudence humaine de prévoir les commotions qu’all.ail probablement exciter la présence de Charles IV, surtout quand à l’avance le parti guelfe, naguère si hostile à,rEmpire, s’alliait à lui. Sans doute, lui, Visconti, avait dans le parti gibelin, dont il était le chef, dans l’étendue de sa domination, dans son immense tré.sor, dans les séductions de sa politique, de puissants moyens d’entraîner Charles de son côté et de foire repentir les république^ guelfes de l’avoir appelé; mais aussi, d’un autre côté, à considérer les ressources de ses adversaires , le caractère personnel ffe Charles IV et son dévouement absolu à l’Église romaine, que de chances contre lui ! Or , l’archevêque était trop clairvoyant pour méconnaître ce qu’il y avait de