PAIX AVEC LES VISCONTI
Tous les obstacles étant donc levés, le traité de réconciliation fut définitivement conclu le 5 mai 1552, au milieu d'un consistoire solennel. L’archevêque fit officiellement sa soumission, reconnut que la ville de Bologne était une propriété de l’Église romaine ; après quoi le pape annula les procédures faites contre lui et ses neveux,, et l'investit |K)ur douze ans de la seigneurie de Bologne, moyennant un tribut annuel de 12,000 florins, avec charge, ce temps expiré , de rendre Bologne au Saint-Siège. Ile plus, 100,000 florins durent être comptés par l’archevêque à la Chambre apostolique, comme indemnité des dommages soufferts par l’armée du comte de Roma-
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Clément VI aurait ardemment désiré mener à bout trois autres réconciliations importantes. La première était celle de l’Église grecque et de l'Église latine. Il y eutàcet égard, pendant les années 15i8, 1549 et 1350, entre le pape et l’empereur Cantacuzène, des échanges de lettres et d'ambassades, à la suite desquelles Cantacuzène consentit à l’union, poui'vu que cette grave affaire fût traitée de nouveau dans la solennité d’un concile général qui serait convoque dans un lieu où les prélats d’Orient et d’Occident pourraient se réunir librement et se livrer à la discussion des points contestés entre les deux Églises. Clément VI promit la convocation de cette assemblée; mais d’insurmontables obstacles s’y opposèrent constammént : d’abord la discorde qui régnait parmi les divers États de la chrétienté; ensuite la mauvaise foi des Grecs, qui ne proposaient un retour à l'unité que pour exciter l’ardeur belliqueuse des chrétiens d’Occident contre les Turcs. De toutes ces négociations il ne résulta rien. D’ailleurs le pontifical de Clé-
(I) Malt. Vill., 1. lit, c. IV.
meiil VI ne dura point assez pour les terminer (i).
La seconde réconciliation était celle des Génois et des Vénitiens. Ces deux peuples, rivaux de gloire et de puissance dans l'empire des mers, étaient devenus ennemis, et, s’attaquant en toute occasion, usaient à se détruire les moyens qu’ils auraient dû employer à repousser les progrès des Ottomans. Uéj;i le pontife les avait sollicités inutilement, par ses lettres, à déposer, pour l'honneur du nom chrétien et le bien de l'Italie, leurs haines réciproques. 11 dépyta enlin aux doges des deux républiques, avec des pleins pouvoirs, le patriarche de Grado, auquel il adjoignit encore l'archevêque de Gènes et l'évêque de Citta di Castello, pour proposer un rapprochement entre les deux puissances (2). Mais, au moment où les négociations se poursuivaient avec le plus d'activité, la flotte de Gênes, commandée par Faganino Doria, et celle des Vénitiens réunis aux Aragonais, par Pisani, se livrèrent, dans les eaux du Bosphore, une des batailles les plus acharnées dont l'histoire fasse mention, et dans laquelle les Vénitien» furent horriblement battus (3). Toute l'Europe déplorait une lutte où la gloire des Génois ne com|>ensait pas des flots de sang inutilement versés et l’alTaiblissement des deux républiques les plus brillantes de l'Italie, .\lors Clément VI cita à sa cour les trois parties belligérantes : leurs représentants s’y rendirent. Le roi de France, l’empereurCharleslV, vinrent appuyer de leur influence la médiation du pape. On put croire un instant que les esprits allaient se rapprocher ; mais, quand la voix de la modération aurait dù parler seule, le roi d’Aragon osa demander
(1) Cantaciizi-nc, I. IV, c. ix.
(2) Raynald, ann. 1531.
(3) Cantaeuz., 1. IV, c. x.xx. — Bizarus, Rer. Perskarum, in-fol., I. VIII, p. 227.