GUERRE D’ALBOR?«OZ CONTRE VICO
une éminence que l’art avait encore fortifiée. C’était là un poste avancé dont Giovanni di Vico avait senti l'importance, car une nombreuse garnison le défendait. Le cardinal fait attaquer cette église, l'emporte en un jour, y jette cent cinquante hommes, la protège par la construction d’une redoute, dans laquelle il place un détachement, et, après avoir ainsi menacé Orvieto, il feint de retourner à Bolsena avec son armée. Ce qu’il avait prévu arriva. Giovanni di Vico voulut profiter de la retraite de son adversaire pour assaillir le poste de Saint-Laurent et le reprendre. Déjà ses colonnes touchent à la redoute, et aucun mouvement ne s’y manifeste. Inquiet d’une embuscade, il s’arrête pour faire éclairer son front et ses flancs; mais, pendant cette manœuvre, il est attaqué brusquement en queue par toutes les troupes d’Albomoz ; en même temps, les garnisons de l’église et de la redoute exécutent une sortie. Vico, surpris et presque enveloppé, ne combat que pour obtenir sa retraite sûr Orvieto, où il se renferme précipitamment. k la suite de cette victoire, le cardinal court à Corsidio, l’assiégc, s’en empare, et, sans s’arrêter, emporte Toscanella (1).
Le prefetto, que ces échecs étonnaient sans le décourager, entreprit de les réparer en opérant une diversion, qui aurait, effectivement, entraîné les plus graves inconvénients pour le légat. Dans cette vue, il sort une seconde fois d’Orvielo, et se jjorte rapidement sur Aquapendentc, dans l’intention de surprendre cetlB place et de se rendre ainsi maître des magasins de son adversaire. Mais, celui-ci, bien servi par ses espions, avait été instruit à temps de ce dessein. Giovanni trouva tout à coup sur sa route un des
(1) Sepulv., 1. 1, n»* 21 et 22. — Lescalc, 1. 1, p. 74 el 75. — Compendio, 1. 1, c. U. — Chron. d'Orvieto, p. 680.
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lieutenants pontificaux, Salmoncelli-, avec lequel il fallut engager un combat meurtrier, et qui l’obligea à se replier sur Orvielo.
Ces rapides succès grandirent prodigieusement la renommée du cardinal AJbornoz. L’astucieux Visconti, qui avait attendu l’issue des événements pour accomplir ou retirer ses promesses, se hâta d’envoyer le contingent de troupes qu’il s’était engagé à fournir. Plusieurs seigneurs gibelins, frappés de terreur, rappelèrent, de leur côté, les secours qu’ils avaient donnés à Giovanni di Vico pour se mettre eux-mémes en défense; et, ce qui était plus précieux encore, des subsides et trois cents chevaux français arrivèrent au camp pontifical (i).
Le prefetto, déjà affaibli par les batailles et les défections, se trouvait encore sans argent. Pour s’en procurer, il imagina de frapper une forte contribution sur les Guelfes d’Orvieto. Cet expédient rétablit un peu scs finances, à la vérité, mais mécontenta les Orviélins, au point qu’un grand nombre d’habitants sortirent de la ville. Un acte inouï de cruauté, que Vico ajouta à cette spoliation, acheva de le ruiner dans l’opinion. Comme il se sentait détesté, il voulut se défaire de ses ennemis. Dans ce but, il envoie à la fois à Orvieto et à Viterbe des agents chargés d’organiser une émeute. Tout à coup le cri : «Aux armes ! Vive le peuple ! » se fait entendre. Les ennemis du tyran se réunissent à ce signal, dans l’espoir de le renverser; mais Giovanni à Viterbe et s§n fils à Orvieto se tenaient tout prêts ; ils entrent, chacun de son côté, suivis de leurs hommes d’armes, fondent sur les séditieux et en font un effroyable massacre (2).
(1) Sepulv., 1. I, n“ 23 et 24. — Lescale, 1. 1, p. 76.
(2) MaU. Vitl., 1. lit, c. xcviii. — Chron. d'Orvielo, p. 680.