‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 81 sur 146 · GUERRE D’ALBORNOZ CONTRE LES MALATESTA · texte numérisé non relu

GUERRE D’ALBORNOZ CONTRE LES MALATESTA

fes, dévoué aux intérêts de l’Église, et accomplissant à la lettre les promesses qu’il avait faites (t).

Albornoz reçut à Foligno la nouvelle de l’arrivée de l’empereur à Sienne, par l’évêque de Viccnce et Senetio, comte palatin, que le prince lui envoyait pour l’inviter à honorer son couronnement par sa présence (2). Comme la charge d’accomplir cette auguste cérémonie appartenait de droit au cardinal d’Ostie, en l’absence du pape, et que le rôle d’Albornoz, dans cette occasion, n’aurait été que secondaire, il ne se rendit point à Rome, mais il alla attendre l’empereur à Sienne, par où ce prince devait passer ù son retour de Rome. Seul, le motif de saluer Charles IV n’aurait pas sulTi au légat pour lui faire abandonner le théâtre de la guerre, dans les circonstances difficiles où il se trouvait. Mais les Malatesta avaient offert de se rendre aussi à Sienne, et de remettre à l’arbitrage de l’empereur leur querelle avec le Saint-Siège (3); et Albornoz, qui préférait, pour terminer les différends, la voie pacifique des traités aux moyens violents des armes, avait accepté l’offre de ses adversaires. Mais la démarche des Malatesta n’avait été qu’un expédient, imaginé à l’époque de leur faiblesse pour gagner du temps : les Malatesta, devenus chefs d’une confédération redoutable et en état de soutenir hautement leurs prétentions, n’eurent garde de paraître au rendezvous (4) .

Trompé dans ses espérances d’un accommodement, le cardinal utilisa sa visite d’une autre manière : il demanda à l'empereur et en obtint un secours de cinq cents chevaux allemands, avec lesquels il retourna à Foligno. Ce

(t) Raynald, ann. 1553, n“ 19.

(2) Sepulv., 1. Il, n°7. — Lescaic, 1. Il, p. 149.

(3) Archivio storico italiano, n* 24, p. 400.

(4) MaU.VilI., l.V, c.jtY.

renfort, joint à six cents autres cavaliers levés à ses dépens, aux contingents de Lomo d’Æsio, de Ridolphe de Camerino, d'Emeduccio de San Severino, le mit en état de faire tète à la ligue (1). Cependant, malgré cet accroissement de forces, le nombre des soldats pontificaux était bien inférieur à celui de l’ennemi.

‘ Mais le génie militaire d’Albornoz lui avait appris que le grand secret de la supériorité, à la guerre, ne consisle pas à commander plus de soldats que ses adversaires, mais à être le plus fort sur un point donné, et il conçut le projet d’affaiblir l’armée des confédérés en la divisant. Dans cette vue, il partage lui-mème ses troupes, en donne la plus grande partie à ^Vlphonse de Tolède, avec ordre de tirer sur Rimini, en saccageant tout sur son passage, tandis que lui demeure campé à Foligno avec l'autre partie. Cette manœuvre réussit. Dans le but de secourir Rimini menacé, et, tout à la fois, de s’opposer aux entreprises d'Albomoz, les Malalcsta partagent leurs forces. Le corps principal, sous les ordres de Galeotto Malatcsta, se porte contre Alphonse de Tolède, afin de le détruire ou de le forcer à la retraite; l’autre reste en observation devant le légat. Mais celui-ci n’a pas plutôt reçu la nouvelle du départ de Galeotlo, qu’il s’ébranle de Foligno, dérobe son mouvement au corps qui l’observe en le couvrant des ombres de la nuit, et, par une marche rapide, opère sa jonction avec.\lphonse de Tolède à l’instant même où Galeotto arrivait eu présence de l’autre côté. Des deux parts on se dispose au combat : Galeotto, parce qu’il ne croit avoir affaire qu’à Alphonse de Tolède ; le légat, parce qu’il se sent supérieur à son adversaire. Les deux armées s’abordèrent avec une

(t) Sepulv., 1. Il, n” tO. — Malt, Vill , 1. IV, c. lxvii, et I. V, c. xviii. — Fragm. Hist. ronianæ, I. III, c. vi,

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