SOUMISSION DES MALATESTA
égale ardeur ; il y eut une mêlée sanglante. Longtemps la victoire resta indécise, mais enfin elle se déclara pour l'Église. Galeolto, qui s'exposait en soldat, fut fait prisonnier; ce fut le signal de la défaite : elle fut complète pour les confédérés, car elle mit entre les mains du légat Santo Archangelo, Verruchio, deux autres forteresses et presque toutes les villes situées dans le territoire de Rimini. Fernand Blasco emporta Æni de force; Macorata se rendit d’elle-mème (I).
Malgré la perte qu’il venait d'essuyer, Malatesta l'aîné avait encore, sur les frontières de la Romagne, des forces imposantes en cavalerie et en infanterie, avec lesquelles il aurait pu relever sa fortune. Mais, battu au début de la campagne, voyant son frère prisonnier, son trésor diminué, il perdit courage, et pensa que le parti le plus sage était de ne point attendre sa ruine, et de restituer bénévolement à l’Église les domaines usurpés sur elle. Nicolas Acciajoli, ministre de Naples, que les frères Malatesta, à l’époque où l'espoir d’une puissante coalition n’exaltait point encoreleuraudace, avaient déjà fait médiateurentre le Saint- Siège et eux, Nicolas Acciajoli fut prié de porter au cardinal un appel à sa clémence. Ce ministre, à qui ses talents et son caractère personnel donnaient une grande considération dans toute l'Italie, parvint à intéresser au sort des Malatesta Charles IV et le cardinal d’Ostie, et se présenta au légat avec des lettres de recommandation de ces deux hauts peraonnages ; il y ajouta ses prières, auxquelles Galeotto joignit le spectacle de sa soumission. Albornoz se laissa aisément toucher ; car, d’un côté, Rimini et Ancône, tes deux principales villes de la Marche, n’étaient pas en-
(t) Sepnir., I. H, n°* 21, 25 et 23. — Lescale, 1. II, depuis la page 157 jusqu’à la page 175. — Compendio, I. II, c. iv, v, vi, vu et vm. — Matt. Yill., I. V, c. XTiii et XXIV.
tre ses mains, et il venait d'apprendre que Pérouse, Mantoiie et Padoue, s’étaient secrètement unies aux Malalesla; d'un autre côté, Innocent VI écrivait que l’état de ses finances ne lui permettant pas d’envoyer le plus léger subside à son armée, il fallait borner là la guerre. Albornoz se crut heureux de pouvoir, au prix de quelques concessions, diminuer le nombre de ses ennemis, et il consentit à la ]>aix. Les Malatesta renoncèrent à toutes les terres qu’ils possédaient, s'engagèrent à entretenir au service de l’Église, pendant trois mois, cent chevaux, et à payer pour la rançon de Galeotto 50,000 ducats. En retour, ils reçurent, pour douze ans, la libre juridiction et la seigneurie de Riniini, de Pesaro, de Fano, dcFossombrone et de leurs dépendances, moyennant un tribut annuel de 0,000 ducats. Cbarinés de sa générosité, les Malatesta se mirent, dès ce moment, à la suite du cardinal, et devinrent ses plus fidèles compagnons (l).
Si le légat eût alors exécuté les ordres qu’il avait reçus du pajie, ce traité aurait terminé la guerre; mais un parti qui n’avait été conseillé à Innocent VI que par l’envie pe pouvait être suivi que par l’imprudence. Quoique entamée par la défaite des Malatesta, la ligue n’était point détruite. Gentilc de Mogliano, les Manfrcdi de Faenza, les Polenta de Ravenne, et les Ordelafii de Forli, étaient encore debout sous les armes, et décidés à ne point fléchir. Cesser de combattre avant d’avoir achevé de vaincre n'était pas seulement laisser son œuvre incomplète, c’était encore compromettre des conquêtes récentes, mal affermies, où restaient des seigneurs que la nécessité seule avait forcés à l’obéissance, et qui n’attendaient qu’une occasion favora-
(1) Fragm. Hisl. romanæ, 1. lit, c. vu. — Sopulv., I. II, n°* 16, 17, 18. 19 et 20. — Lcscale, 1. ttl, depuis la page 178 jusqu'à ta page 179. — Malt. Vill., I. V, c. xtvi. — Cron. di Bologna, . XVTIl, p. 437,