CPANDES COMPAGNIES DE FRANCE
qui ne s’adressaient qu’à la conscience. Non-seulement ils les mcpri-sèrent, ilscnvoyèrcnt encore, à leur tour, sommer le pape de rétracter les procédures commencées contre eux, menaçant de mettre toute la chrétienté en combustion. Alors le pontife en appela à la force; il lit publier une croisade, accorda à tous ceux qui viendraient se ranger sous les bannières de l'Église les faveurs spirituelles des guerres saintes, et nomma chef de la croisade Pierre Bertrandi, cardinal d Ostic, qui établit son quartier général à Carpentras (1). Six cents hommes d’armes et mille fantassins, que le roi d’Aragon envoya au secours de l’Kglise, arrivèrent dans ces entrefaites ; d’un autre coté, le sénéchal de Carcassonne et le connétable de Ficnne étaient en marche avec les milices du Languedoc. Tous ces secours, joints aux croisés qui s’assemblaient à Dagnols, tirent baisser le ton aux routiers. Ils envoyèrent au souverain pontife des députés avec des propositions d'accommodement. Innocent VI renvoya ces députés avec Jean-Ferdinand d’Hérédia, châtelain d’Empostes, grand j)rieur de Saint-fiilles, et l’on négocia. « Or, a vint que le pape et les cardinaux « s’avisèrent d’un moult gentil chevalier et bon guer- « roycur, le marquis de Montfemt, qui avoit grand temps « tenu gueiTe contre les seigneurs de Milan et encore fai- « soit : si le mandèrent; ét il vint en Avignon, si y fut « moult honoré du pape et de tous les cardinaux. Là fut « traité devers lui que, parmi une grande somme de llo- « rins qu’il devoit avoir, il meltroit hors do la terre du « pape et delà environ les compagnies, et les emmeneroit « en Lombardie. » Le marquis s’entendit avec les capitaines, et les fit consentir, moyennant une prime de 00,000
(I) Lettre (l'Iniiacait VI, djns Mnrtcnnc et Duraad, Tlics. anccd., t. Il, p. 83t et scq.