‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 87 sur 146 · I. n. ta · texte numérisé non relu

I. n. ta

florins (1), à le suivre en Italie : le pape ratifia tout et accorda de plus aux routiers l'absolution de leurs péchés. A ces conditions, le pays fut délivré de ces terribles bandes (2).

La cour romaine était à peine délivrée de ce fléau, qu'elle se trouva en proie à un autre plus terrible, et contre lequel la force ni la prudence ne pouvaient rien. La peste reparut en Provence, et, en général, dans tout le royaume de France, et y sévit avec tant de rigueur, que, dans la seule ville d’Avignon, depuis le 2S) mars jusqu’au 25 juillet, il succomba dix-sept mille personnes, dont cent évéques et cinq cardinaux (5). Un grand nombre de clercs et d'ofGciers de la cour romaine moururent, et le nombre total de membres que perdit le Sacré Collège fut de neuf (4). La grande peste de 1348 n’avait point fait, à beaucoup près, tant de nobles victimes.

Ces événements nous ont fait perdre de vue la situation des domaines ecclésiastiques d'Italie. Le successeur d’Albornoz, après son départ, vint mettre le siégé devant Forli. La vigoureuse résistance d’Ordelafli l'obligea à le lever vers la fin de 1557. Il le reprit au mois d’août 1558, avec une armée augmentée par des renforts considérables. Mais, quoiqu’il environnât la ville assiégée de ses travaux, quoique ses assauts répétés laissassent peu de repos aux assiégés, ses progrès furent nuis. OrdelafTi se montra constamment supérieur à son adversaire, et repoussa victorieusement toutes les attaques. Les débris de la grande compagnie du comte Lando, qu’une expédition

(1) La IP Vie d'innocent VI, dans Baluze, ne note que 53,000 florins.

(2) Froissart, I. I, part. Il, c. cilviu et ciux. — llist. du Languedoc, I. IV, p. 3tt ct3t2.

(3) RcbdorlT, Annales, p.<i43.

4) Baluze, ad notas, p. 973.

RETODR D’ALBORNOZ EN ITALIE. 291

malheureuse dans les Apennins avait presque anéantie, se jetèrent alors sur les terres de l’Église, où ils exercèrent mille brigandages, sans que le faible légat se mît en devoir de les réprimer. Ordelafli put même prendre à sa solde une bonne partie de ces débris, et les introduire dans la ville assiégée sans trouver d’obstacle (1).

Ces fautes, et les Aicheuses conséquences qu’elles produisaient parmi les Gibelins des nouvelles conquêtes, ouvrirent les yeux au pape sur la faiblesse de son représentant en Romagne, et le cardinal Âlbornoz reçut l’ordre d’aller en toute hâte reprendre une légation qu’on n’aurait jamais dû lui retirer. L’Italie le revit vers la fin de décembre 1358. Il se rendit d’abord à Florence, où des négociations avec la république demandaient sa présence ; puis, de cette ville, il se dirigea sur Imola par Bologne (2). Tout le monde s’attendait à le voir exterminer la grande compagnie. Florence, qui entretenait régulièrement dans l’armée pontificale une force de cinq cents cavaliers, en avait, dans cette espérance, porté le nombre à sept cents. Mais, ici, il y eut déception pour tous. Au lieu de combattre les aventuriers de Lando, le, cardinal, qui, dès son arrivée, avait entamé des négociations avec ce chef, conclut avec lui, le 21 février 1359, sans l’aveu de la république, un traité par lequel, moyennant 45,000 florins à la charge de l’Église, et 80,000 à la charge de la république, Lando s’engageait à respecter le territoire de Florence et celui de l’Église durant l’espace de quatre ans (3). Les Florentins élevèrent de vives réclamations contre ce traité, qu’ils regardaient comme attentatoire à l’indépendance de leur

(1) Lcscale, I. V, p. 232. — SepuW., I. III, n' 1. — Malt. Vill., 1. VIII,

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