‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 88 sur 146 · C. XMX et LU · texte numérisé non relu

C. XMX et LU

(2) Id., I. VIII, c. cm et cit.

(3) Id., I. IX, c. VI.

gouvernement et déshonorant pour tous, et firent répondre au légat qu’ils ne souscriraient point à ses conditions. Albornoz promit alors de combattre. Mais, un mois après, ayant trouvé le moyen de séparer la cause de l’Église de celle de la république, il conclut seul avec la compagnie un accord par lequel elle s’engageait, pour le prix de 50,000 llorins, à évacuer les terres de l’Église (l).

Le cardinal fut fortement blâmé d’avoir deux fois traité avec la grande compagnie lorsque, disait-on, il aurait pu la détruire, et il fut accusé par les uns de lâcheté, par les autres de perfidie (2). Mais ce n’est point sur des blâmes intéressés que l’on doit juger la conduite d un homme tel qu’Âlbornoz. S’il évita constamment d’engager une lutte avec la grande compagnie, c’est qu’il voyait beaucoup d’inconvénients et peu de profit à se commettre avec elle. Quelque désastre qu’il lui eût fiiit essuyer, il n’aurait point anéanti cette hydre qui renaissait d’elle-méme, et il y aurait usé ses moyens. D'ailleui-s, une expédition contre la grande compagnie l’aurait obligé à se déplacer, à interrompre l’exécution de ses plans, à laisser respirer ses ennemis : elle l’aurait écarté de son but. Une composition à prix d’argent évitait tout cela. L’homme d’État doit avoir quelquefois assez de force d’âme pour résister à l’opinion publique.

Dégagé des soucis que lui causait la grande compagnie, Albornoz put reporter toute son attention au siège de Forli, qui recommença plus vivement que jamais. Ordelafli le soutint jusqu’au mois de juillet; mais alors, voyant que de

(1) Malt. Vill., I. IX, c. vt. — Cron. d'Orvielo, p. 85. — Cron. tli Riiniui , l. XV, p. 907.

(2) Tous tes Florcnlins n’étaient pas égalciucnt injustes envers Albornoi. Malteo Villani (loc. cit.) dit qu'il était ili grand’ imprese, mais, ajoutet-il, era savio e dUcreto.

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