‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. ChristopheChapitre 38 sur 60 · UENRI VU EN ITALIE · texte numérisé non relu

UENRI VU EN ITALIE

nir se ranger sous sa bannière. Richard de Tiscio , le comte Philippone de Pavie, Simon Avocato de Verceil, Antonio de Fisiraga de Lodi, Guillaume Brusato de Novare, les marquis de Saluce et de Montferrat, suivis chacun de son contingent de troupes, lui formèrent une brillante escorte, que Guido délia Torre, avec ses fils, et mille hommes d'armes, devaient bientôt rendre imposante (1). Mais il devait apprendre plus tard à se défier de ces démonstrations.

Henri traita ces seigneurs en prince, les combla d'honneurs, leur distribua des titres, des fiefs, les admit à son conseil ; mais, en même temps, fidèle à son plan, il substituait, dans chaque ville, son autorité à la leur, et nommait à leur place des vicaires impériaux chargés d'y commander en son nom. Partout les exilés furent rappelés et réintégrés dans leurs droits de citoyens (2). Le but du monarque allemand était d'arriver à la soumission par la concorde. Du côté de Henri, l'homme était digne de faire une semblable conquête, mais, du côté des Italiens, il n'y avait point assez de vertus pour l'accepter. Guido délia Torre, malgré ses promesses, fut le premier à donner l'exemple de la défection. Craignant que la clémence de l'empereur envers les Gibelins ne devînt fatale à son autorité, il médita un instant de résister dans sa capitale. Mais Henri, informé de ses projets, lui envoya dire qu'il eût à venir, sans armes, le recevoir hors de la ville. Celte sommation suflit. Les sympathies de la population étaient pour le monarque allemand, et Guido délia Torre ne vit rien de mieux à faire que de licencier ses troupes, et

(1) Uenrici Vil lier italicum. np. Baltize, p. 1148 et seq. — I l>i quoque magno apparatu acceptas. (Conrad Vicerius, p. 68.)

(2) Her italicum, p. 1161 et 1162, et passim.

d'obéir à l'empereur (1). La soumission de Milan décida de celle de la Lombardie, et, depuis les Alpes jusqu'aux frontières de la Toscane et de la Romagne, l'autorité impériale fut reconnue. Henri reçut la couronne de fer, dans l'église de Saint-Ambroise, avec une pompe extraordinaire (2).

Une soumission si générale et si prompte était le fruit de l'enthousiasme qu'avaient inspiré les grandes qualités de Henri. Mais l'enthousiasme passe, et les intérêts politiques demeurent. Gibelins aussi bien que Guelfes s'étonnèrent vite d'avoir renoncé à leur indépendance, et cherchèrent l'occasion de la ressaisir. Elle s'offrit à eux dans une demande d'un don gratuit que l'empereur adressa aux villes, à l'occasion de son couronnement, pour subvenir aux plus pressants besoins. La réaction éclata d'abord à Milan par une émeute, et bientôt toute la Lombardie fut en feu. Mais heureusement cette réaction improvisée manquait d'entente; elle fut promptement réprimée, et les villes, à l'exception de Brescia, rentrèrent, pour un instant au moins, dans l'obéissance. Celte dernière, après avoir coûté à l'empereur les travaux d'un siège, se rendit enfin, et ce prince se dirigea vers Gênes au mois d'octobre 15 M (3). Il fut accueilli avec toutes sortes d'honneurs par cette ville, de tout temps dévouée au parti gibelin ; on lui accorda une autorité absolue pour vingt ans, avec un subside. Henri devait rencontrer à Pise un semblable dévouement (4).

(1) Henrici VII lier italicum, p. 1156 et 1157.

(2) ld., p. 1159. — Conrad Vicerius, p. 68.

(3) flenriciVII lier italicum, p. 1159, 1164 et seq.-Giov. Villani, I. IX, c. xxiii. — Conrad Vicerius, p. 70.

(4) nenrici VII Iter italicum, p. 1 180. — Albertinus Mussatus, Hisi. Augusta, t. X. Murât., rub. v.

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