‹ Histoire de la papautë pendant le XIV" sic̀cle, avee des notes et des pièces justificatives (volume 2)Chapitre 33 sur 44 · JACQUES D OSA. 2S · texte numérisé non relu

JACQUES D OSA. 2S

chargé de proposer pour souverain pontife le cardinal de Poi lu. C'était, en effet, l'homme qu'il fallait à la cour de Naples, nul autre ne pouvait lui offrir des garanties plus sûres de dévouement. Il ne s'agissait que de faire agréer un tel candidat aux trois partis qui divisaient le conclave. Le parti français ne semblait point devoir soulever de sérieuses difficultés. Mais le parti italien et le parti gascon faisaient craindre une forte opposition. Le point capital était d'en gagner un, et le roi s'adressa au parti italien, comme le plus facile. On fit des avances à Napoléon des Orsini et à Pietro Colonna, les présents ne furent pas épargnés, et ces deux prélats se laissèrent mettre dans les intérêts de la cour de Naples (1).

Cependant, quoique les cardinaux se préoccupassent beaucoup de Télection du pape futur, rien ne pouvait les déterminer à reprendre le conclave, tant ]e IVmeste événement de Garpentras les avait effrayés. Deux années s'étaient écoulées depuis cet événement, et ils ne songeaient point encore à donner un chef à FÉglise. Enfin, Philippe, comte de Poitiers, frère de Louis le Ilutin, réussit, en faisant valoir divers prétextes, à les réunir dans la ville de Lyon pour une conférence/ après leur avoir juré de ne point les forcer à tenir un conclave, et de leur laisser pleine et entière liberté de se retirer quand ils le jugeraient bon. Mais ils ne furent pas sitôt assemblés, que le comte, jugeant qu'un serment contraire aux intérêts de TÉglise ne pouvait lier la conscience, les obligea, malgré leurs vives réclamations, à se renfermer dans le couvent des Frères Prêcheurs, avec injonction de ne point sortir de ce lieu qu'ils n'eussent donné un pasteur à TÉglise. Phi* lippe se chargea lui-même de la garde du conclave. Mais,

(4) Ferr. Vicent, p. 1166.

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ayant élé presque aussitôt rappelé à Paris par la mort du roi son ft'ère, il coutia pc soin au comte de Forez (i).

Les trois partis français, italien et gascon, se retrou* ▼èroit de nouveau en présence, et leurs débats prolongèrent le conclave pendaul (piarante jours. Malgré tous les efforts que la cour de Naples avait faits pour assurer le triomphe de la candidature du cardinal d'Osa, la oabale des Gascuns (il longtemps balancer la fortune entre ce prélat et les cardinaux de Pélagrue et de Frédol ('2). Elle se rendit enfin, et Jacques d'Osa îai proclamé pape le 7 août 4316; il prit le nom deJeanîlÛf. (Pièm jusUfieaêivêg, n" 14.) Un mois après, le 7 septenihie, il reeut la couronne, dans r église primatiale de Saint-Jean, des mains du cardinal Napoléon des Orsini, doyei^ du Sacré. Collège, en présence du comte de la Marche, frère de Philippe le Long, el du comte d'Évreux, leur oncle, qui voulurent, pour honorer le nouv0au pontil'e, tenir les rênes de sa haquenéfi dans la catalcala qui suivit la cérémonie du couronnement (5).

Après quelque séjour à Lyon, le pape s'embarqua sur le Rhône, vers la fin de septembre» pour se rendre à Avignon, où il fiit reçu, le d octobre, au milieu des transports d'allégresse de toute la population (4). A l'exemple de son prédécesseur, Ji^n XXii résolut de ûx&t sa résidence dans cette ville; et, comme la cour romaine avait élé jusque-là dispmée, il voulut que tous les membres qui li| composaient reçussent, dans la cité pa|ude, dos livrées convenables. Nous avons l'acte authentique de la distribution de ces livrées ; elle fiit Aiite par les soins de Hugues

(1) GoDtinaat. Nang., aan. 1 il 6. —Balaie, 1. 1, p. ii4 et a«q.

(2) Baluze, t. I, p. 647.— Gîot» Vill., 1. IX, c. lxxix.

(3) Continuât. GuIlieL deNang.

(4) Baluze, 1. 1, p. m, 134 et m.

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