‹ Histoire de la papautë pendant le XIV" sic̀cle, avee des notes et des pièces justificatives (volume 2)Chapitre 34 sur 44 · J£AN XXII. 2λI · texte numérisé non relu

J£AN XXII. 2λI

de Mirabelle, chanoine d'Embrun, et de Louis-Pierre Grosse, députés du pape, conjointement avec Jacques Ber^

mond et Bertrand de Mairoze, bourgeois et députés de la commune d'Avignon (1). Les cardinaux furent logés cheï les principaux citoyens. Le pape choisit pour lui le palais épiscopal, et s'y enferma si sévèrement, que, pendant un pontifical de plus de dix-huit ans, il n'en sortit que pour se rendre régulièrement à Téglise cathédrale, qui lui était con ligue (2).

Jean XXJI était à peine fixé à Avignon, qu'il se trouva en butte à une cabale domestique. L'auteur de ces manœuvres Alt découvert, c'était un chapelain du pape, nommé Bernard d'Artige. Le Lut du cons|)iraleur était de diviser le Sacré Collège, d'y soulever une opposition contre son chef, afin d'entraver son administration. En cela, quel but se proposait Bmiard d'Artige? L'histoire ne le dit point. Jean XXII lui fit faire son procès par ûalhard, évéque de Beggio, et Pierre de Prato. On ignore ce qu'il devint (3).

(1) Fanloni, Istoria délia citta d'Avignone, 1. II, c. m.

(2) L'anonyme vénUkii, auteur de la cinquième Vie de Jean XXn, dana Ralu«e, explique cette rigouieute clôture en lupposant que ee pepiiTe avait juré dam le conclave de oe mpi^^er m eMM ni mule, 4 moiu^ que oe ne fat |H)ur se rendre à Bomo : Papa it| sua eleçiionç.,. juravit te muqvMm a»censv^m eqaumwtl mvihm niai vret ÏÏùmam: ajoutant que, ne voulant ni retourner à Rome ni violer son serment, il descendit par eao de Lyop 4 Avignon, et gagna ensuite à pied le palais épiscopal, d*où il ne sortit plus : Qw>d et imnivit fuia navigiG ivUutque ad Àvenumm^ et pnkê ascendit palatium; de quo potUa.,, wm ftsivil*. Çes deui anecdotes n*onl pas le moindre fondement, et la circonstance de la eavakaia dans laquelle Jean XXil se promena 4 pheval dans les rues de Lyon snfftt pour les renverser **,

9)iUynald,ann,4917,n'>(H.

* Baluzc, t. I, p. 178.

•* Continuât. Guill. de Nang., loc. cit.— Voir la note de Baluzc, p. 793.

S92 HISTOIRE DË U PâPàUTë, UV. IV.

Mais cette misérahle intrigue n'était que le prélude de plus criminels complots. On ne tarda pas à découvrir que des hommes de la cour avaient juré la mori du pontife et de quelques-uns des cardinaux. C'était par des procédés mapfiques que les conjurés espéraient venir à bout de leur atfreux projet. {Pièces jutti^atives, n" 45.) Jean XXII décrit quelquesmns de ces procédés dans ses lettres. Le principal consistait à former des images de cire représentant les personnes qu'on avait en vue. Après avoir consacré ces images par des cérémonies religieuses auxq[uelles se mêlait T invocation du démon, on y gravait certains caractères mystiques qui avaient la verdi défaire passer, dans les personnes qu'elles représentaient, les opérations exercées sur elles (1). Jean XXU accuse trois personnages, parmi lesquels se trouvait son propre médecin, Jean d'Amant, d*avoir fabrique de ces sortes d'imaores (2). On peut penser ce qu'on voudra de ces sortilèges. La vérité est qu'on y ajoutait foi alors, et que bien des gens les employaient aux plus détestables fins. Hugues Géraud; évéque deCahors, fut accusé d'avoir, par ces moyens, procuré la mort au cardinal Jacques de Vié, neveu du pape, et préparé pour le pape lui-même des breuvages empoisonnés. Convaincu de ce double crime, il fut livré au bras séculier, dégradé, écorché vif, traîné en cet état par les rues de la ville, et enfin livré aux flammes (3). Cette justice rigoureuse fit cesser les complots.

{{) De Sade, Mémoires fioiir U vie de Pétrarque, 1. 1, p. 61, (2) Raynald, inn. 4517, n* 55.

(5) Baluze, 1. 1, p. 497, et ap. Notas, p. 7S7, Verba chroniei, ms. Gniidi* moDtensis. — Le manuscrit de Teyssier, t. U (biblioChéqae d'Avignon), cloute (p. 4) que le glaive dont le bourreau 8*était servi pour cette exécution fat mis au foite de la tour du palais du malheureux prélat. Elle fut appelée la tour du Glaive jusqu'A sa démolition.— Gonsalo de Illescas, Hiat. ponttf.» II< parte, p. 11.

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