‹ Histoire de la papautë pendant le XIV" sic̀cle, avee des notes et des pièces justificatives (volume 2)Chapitre 37 sur 44 · LUTTE DE L*É6USE AVEC L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LUTTE DE L*É6USE AVEC L'EMPIRE

« intérêts et l'honneur de TEmpire, selon le serment quû « nous en avons fait (A). y> Il n'y avait de vrai que ce dernier article. Tout le reste

n'étnit qu'un tissu des plus impudents mensonges. Louis paiiait de défendre les droits du Samt-Siége, et, depuis dix ans, il lui refusait celui de confirmer Félection des empereurs. D parlait d'affermir l'État de l'Église romaine, et il se liguait contre elle avec ses ennemis. Il protestait de sa soumission au pape, et, sous main, il travaillait à semer respritde révolte parmi les cardinaux (tî).

liOuis ne s'en tint pas là : profitant de la faveur que lui accordait sa servile assemblée, il fît rédiger, toujours par la main du notaire Herdegn, un second acte en forme de mémoire destiné à réfuter le monitoire pontifical. Dans celte pièce, le prince s'efforçait d'établir, soit la légitimité de son élection, soit la validité des actes de son gouvernement, repoussait le fait de la vacance de l'Empii e, le droit revendiqué par le pape d'en être l'unique adminibtrateur, ainsi que le droit de réviser son élection, de l'approuver., d'admettre ou de rejeter sa personne; s'excusait d'être fauteur d'hérétiques parce qu'il avait prêté son secours aux Viscomli, attendu qu'il ignorait complètement leur, hérésie et ne voyait pas même en quoi elle pouvait consister. Ici, l'auteur du mémoire, pour donner plus d'énergie à la défense, refoumait contre le pape luimême cette dernière accusation. « Le fauteur de la perce versité hérétique, disait-il, on sait bien quel il est : c'est « celui qui porte le trouble dans la sainte Église, celui « qui rend la confession odieuse aux pénitents et détourne « les âmes des sources de la régénération. Le fauteur de

(1) J. Georg. ilerwart, 248 et seq.

(2) Raynaldi aim. 1525, 'o!* 96.

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m rhërésie, c'est celui qui, par une intolérable négligence, « n'a fait aucune proccdure contre les Frères Mineurs a accusés d avoir truhi le secret de la confession. x>

Aucun monument de l'époque ne peut nous éclairer sur le fait qui donnait occasion à Louis de récriminer ainsi contre l'incurie du pape. Nul doute qu'il ne s'agisse ici d'une de ces misérables calomnies qui se détruisent d'ellesmêmes faute de vraisemblance. Quoi qu'il en soit, par un effet de cette inconséquence où tombent presque toujours les hommes que la passion dirige, Louis, qui reprochait si amèrementà Jean XXII de n'ayoir pas puni» dans les Frères Mineurs, un crime dont ils ne s'étaient jamais rendus coupables, Louis devait bientôt ouvrir sa cour 5 ces mêmes Frères Mineurs pour proléger leur révolle réelle contre l'Église. Le mémoire se terminait par un appel à l'autorité d'un concile général (1). Ainsi, pendant que ses ambassadeurs négociaient la paix à Avignon, Louis proclamait la guerre à Nuremberg.

Ce qui s'était passé en Allemagne ne dut pas tarder i parvenir aux oreilles du souverain pontife. Celui-ci pourtant ne changea rien aux concessions qu'il avait faites à Louis, il attendit patienmient que le terme des deux mois fût expiré, et alors encore il se contenta, par un second moni Loire daté du 22 avril 1324, d'avertir le prince qu'il avait effectivement encouru la sentence de Texcommunication ; mais que lui, pontife romain, voulant us^ de miséricorde, il ne donnerait suite à celte sentence qu'autant qu'après un délai nouveau de trois mois à partir de la publication du présent monitoire, Louis n'aurait point dé^ posé le titre usurpé de roi des Romains, retiré sa protection aux ennemis du Saint-Siège, et n'aurait point com-

{i) J. Georg. Herwart, p. 25i et seq.

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para en pmoime ou par procnreur devant le tribunal

apostolique (1).

Louis resta sourd à ce second moniloire comme au premier, et se contenta de répandre parmi le peuple» en ré< ponse aux bulles du pape, divers libelles, ouvrages des moines aposLats qui remplissaient déjà sa cour, et dans lesquels il répétait que son élection à TEmpire réunissait la double sanction de la légalité et de la victoire ; que son couronnement avait été accompli dans le lieu consacré par Fusago, et que l'administration de l' Empire, en cas de vacance, appartenait non au phpe, mais au comte palatin du Rhin. A travers ces banalités, en grande partie ex* traites du mémoire de Nuremberg, Louis et ses partisans mêlaient quelques calomnies, dont la principale et la plus capable de rendre le pape odieux âait que ce àetmer ne visait à rien moins qu'à enlever aux électeurs de TEmpire le droit d'élire les empereurs. Jean XXII crut qu'il était urgent de réfuter cette perfide insinuation, et il écrivit au roi de Bohême, ainsi qu'aux archevêques de Majence, de Cologne et de Trêves, que les bruits répandus en Allemagne, bruits qui l'accusaient de vouloir attenter à leur privilège électoral, n'étaient que d'indignes impostures inventées par ses ennemis; qu'il n'était jamais entré dans ses intentions, en procédant contre Louis de Bavière, de déroger à leurs droits ainsi qu'à ceux de leurs coélecteurs (2).

U était évident que le prince bavarois voulait pousser à bout sa révolte contre le SaintrSiége apostolique. Aussi ne gardait-il plus de mesure. Pendant qu'il ouUageail la personne du pape par ses libelles calomnieux et se jouait de ses citatioiui , il continuait à soutenir eu Italie ses

ennemis, qui, grâce aux rcnlorls arrivés d'Allemagne, avaient battu Raymond de Cardonne et repris la supério> rite (1). Bien plus, il disposait à son gré des évéchës, y introduisait des intrus, et persécutait, pour les forcer à se déclarer contre le pape, les prélats légitimes, notamment les éyéques de Salzbourg et de Strasbourg (2). Le dernier terme de trois mois expira sans que Louis eût fait aucune démarche pour répondre aux injonctions pontificales. Il paraissait impossible d'amener, par la longanimité, le prince à des idées raisonnables, Jean XXII se décida à frapper. Ce fut le 15 juillet 15i24 que parut la send ni o définitive dont le monarque bavarois avait été si souvent menacé. Le pape y rappelait tous les griefs du Saint-Siège contre Louis, tous les efforts tentés à diverses époques pour le . ramener à la voie de la vérité et de la justice, ses résistances toujours de plus en plus obstinées, les procédures qu'il avait méprisées, et la longue patience du Saint-Siège; après quoi il le déclarait contumace, déchu de la souveraineté et de tous les droits que son élection avait pu lui conférer; le menaçait, s il ne déposait au plus tôt le titre d'empereur, de l'excommunier et de le dépouiller de tous les fiefs qu'il tenait soit de l'Égiise, soit de TEmpire; puis il le citait une dernière fois à comparaître devant le tribunal apostolique au mois d'octobre; Cette sentence fut notifiée à tous les princes chrétiens, et sa teneur promulguée en France, en Allemagne et en Angleterre (5),

(1) Muratori, Aniiali. d'Iuilia, t. XI, ann. 1524.

(2) Utcrqiie (Joanne^ et Liidovicus) ipsorum episcopatus in Alem^^nnia COnfert{FrancisciChrûiîiconrragense, apud Rerum bohemicarum scriptoi es, în-8*, 2 t., Pragae, 1784, t. II, p. 156.— Uterque eorum ppi'îçopatus con* ferebatin Alemannia primus de jure, aller contra jus. (lieoessiî de Weitmii Chron.. t. II, ubi supra, p. 250 ) — Rayuald, ami. 1324, û° 21.

(3) Raynald, anu. 1524, 21 et seq.

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Ce coup de foudre, loin d'abattre Louis de Bavière» ne fit que rirriter davantage. Sur-Je-chanip il convoqua à

Sachsenhausen la diète de TEmpire, et voulut queTépoque de la tenue de cette assemblée coïncidât précisément avec le terme fixé pour sa comparution devant le tribunal apostolique. Là, entouré de ses partisans, il fît lire un long mémoire contre la sentence qui venait de le frapper. Dans ce manifeste, il accusait Jean XXII d'être l'ennemi de la paix, d'entretenir la division parmi les princes chrétiens, aiin de régner sur eux sans opposition, de suivre un odieux système de partialité dans 1 administration de l'Église, de poursuivre de procédures iniques celui qu'une légitime élection avait investi de la dignilc des Césars, de ne tendre qu à l'abolition des usages de l'Empire et des droits du prince ; d'avoir soutenu, dans la question de la pauvreté de Jésus-Christ et de ses apôtres, une doctrine hérétique, empoisonnée, contraire au texte sacré des Écritures, et d'avoir publié, à cette occasion, deux bulles scandaleuses et blasphématoires ; enfin, de profaner les sapements du Christ, de violer les saints canons, et de bouleverser l'État de l'Église. Âu style de ce réquisitoire, au ton d'orgueil froissé qui y régnait, à la nature des reproches qu'on y adressait au pape, il était facile de reconnaître la plume de ces Iranciscains réiractaires que poursuivaient les censures pontificales. Esprits malheureux ! qui, après avoir naguère invoque les rigueurs de l'autorité contre leurs frères égarés, se dressaient contre elle, alors que cette autorité les rappelait à leur tour au devoir! La lecture de cette pièce achevée, Louis fit lire une protestation dans laquelle il en appelait au concile général et au pape légitime, et cette insolente protestation, il osa l'envoyer à Avignon (1).

(1) Baiuze, Yitœ, t. W, p. 476 el seq.— Viilaui, 1. iX, c. ccuxv.

w m$mm m u papauté, lly. y.

Jean XXII fit peu de oas des protestatioiis et des calomnies dont Louis avait entretenu la diète de Sachsenhausen, mais il s* émut vivement de$ attaques dirigées ooutre ses deux bulles Àd eanditarm et Cm^ inkr fumnuUoê, dans lesquelles la question de la pauvreté de Jésus-Christ avait été définie, et il y répondit par une nouvelle et célèbre constitution qui commençait par ces mots : Quia quorumr dam, où il développe plus amplement les motifs de sa définition, réfute une à une les objections par lesquelles on avait cherché à Tinlirmer, et défend de dire ou écrire à Favenir quoi que ce soit contre cette d^nition (i).

Dans le fait, Jean XXII avait raison de mépriser les calomnies de son ennemi, elles n'avaient produit qu'une faible impression, tandis que la sentence papale obtenait partout un effet immense (^2). Alarmés de se trouver exposés aux anathèmes de l'Église, un grand nombre des partisans de Louis rabandonnèrent, et il ne lui resta bientôt plus que le roi de Bohème» dont il venait d'acheter Tamitié par l'investiture de la Lusace, Tâccteur de Trêves et quelques autres princes, poui lutter contre son compétiteur, dont la puissance allait croissant de jour en jour.

A la vérité, il assiégea et prit la Tille de Mets ; mais ce

n'était là qu'un faible succès. Pendant ce temps, Léopold, frère de Frédéric, levait une grande armée à la tête de laquelle il vint ravager la Bavière et insulter les villes impériales de la Souabe. Louis accourut pour le repousser, et mit le siège devant Burgaw; mais, assailli brusquement par son belliqueux adversaire, il fiit battu» et ne réussit

(1) Ap. EiInTag., de verb. Signif., lit. XIV.

(S) Pïooesms roman» sedU erant tune eilcadisimi. (Mutiu, 6erm. GhroD., 1. Wf, p. We.)

LUTTE DE VÉGLISË AVEC L'ËUPIBE. 547

qu'avec peine à sauver sa personne (1). Au milieu de sa détr^se, il se vit menacé d'avoir sur les bras un rival bien aatF0ment redoutable que le duc d'Autriche, le roi de France lui-même, que Jean XXII eut un momcnL la pensée de faire empereur. Il est certain» en effet, que ce pontife offrit i Charles leBel la couronne impériale; que, de plus, il engagea Léopold à proposer à Frédéric d'abdiquer ses droits en faveur du monarque français, et de favoriser son élection ; que ce dénier acquiesça, et que, pour prix de cet acquiescement, une décime sur tous les biens ecclésiastiques de l'Autriche lui fut accordée pendant deux ans; il est certain encore qu'une entreinie ayant été arrêtée à Bar-sur-Aube, Charles le Bel et Léopold s'y virent au mois de juillet 1525, et qu'ensuite le même Léopold, les ambassadeurs du roi, les légats du pape, les électeurs de Hayence et de Cologne, se virent à Reuss pour concerter ensem})lc la déposition de Louis et l'élection de Charles (2).

Dans l'état où se trouvaient les affaires du monarque bavarois, si une semblable combinaison avait réussi, il est évident que sa ruine aurait été inévitable. Mais, d'un côte sa bonne fortune, de l'autre son habileté, la tirent échouer. Charles le fiel, qui s'était d'abord laissé séduire par l'idée de placer la couronne impériale sur sa téte, ne tarda pas è en reconnaître l'inanité. Sa perspicacité lui lit apercevoir qu'une alliance avec l'Autriche ne pouvait reposer que sur un intérêt passager et de circonstance ; que Louis n'était pas tellement abattu qu'il ne fût encorii redoutable; qu'il lui faudrait faire d immenses saaiiices pour pbtènir des résultats incertains \ et, que réussit-il à Taincre,

(1) , Albert. Argent., p. 125. — William Coxc, Uist. de k maison ti' Autriche, 1. 1, p. 181.

(2) Giov.ViH., i.lX, c. ccixvm. — Albert. Argent., p. 123. — Raynald, anu. 1524, u° 26.— Mut., Chron. (ierm., 1. XXIV, p. 869.

548 mSTOIRE DE L\ PAPAUTÉ, LIY. Y.

il trouverait encore, dans la répugnance des Miemands pour la dominatioEi française» une source intarissable de difficultés. La conférence de Bar-sur-Aube ne lui avait-elle pas suffisamment révélé cette répugnance? Plusieurs princes de l'Empire ayaient promis de s'y rendre, et il n'y avait rencontré que le seul Léopold. Ces considérations le dégoûtèrent, et toutes les plus pressantes sollicitations du pape et de Léopold lui-même ne furent pas capables de l'engager à poursuivre son dessein (i).

Louis acheva de le rendre impossible en proiitanl de sa position vis-à-vis de Frédéric pour traiter avec lui, 11 j avait près de trois ans que cet infortuné prince languissait dans les fers de son vainqueur, et une si longue réclusion commençait à lasser sa patience. Louis vint le trouver à Traunitz, et lui offrit la liberté s'il voulait renoncer h la couronne impériale, restituer à FEmpire les possessions qu'il lui avait enlevées, donner sa fille Elisabeth en mariage à Etienne, un des fils de son rival, et regarder ses ennemis comme les siens propres. La captivité avait affaibli le caractère de Frédéric : il accepta ces dures conditions. Le traité d'accommodement fut dressé sur ces bases, le i3 mars 1525, les deux princes en jurèrent réciproquement l'observalion sur la sainte Eucharistie, et se donnèrent le baiser de paix. La prison de Frédéric s'ouvrit aussitôt (2).

D'abord cet accommodement ne satisfit que Frédéric, auquel il restituait une liberté devenue nécessaire; il déplut à ses partisans, et surtout à Léopold, dont il traversait les projets, rendait les victoires inutiles, et qui n'en con*

(1) Mut., Chron. Gerra., ubi supra.

(3) J. Georg. llerwart, p. 5i8. — Gérard de Roo, Hkl. Auslr., 1. lU, p. 95.

LUTT£ i>£ L'ÉGLISE AVEL L m^lfîE. 549

tinua pas moins la guerre à son avantage (>! ). De son côté,

Jean XXII ne vit dans ce traité que le triomphe de rartifice; il en proclama la nullité, et adressa à Frédéric de vives réprimandes de ce qu'il n'avait pas craint de former une alliance avec Tennemi de Dieu et le persécuteur de son Église. Puis il exhorta Léopold à tenir ferme contre les sollicitations de cet homme odieux, et surtout à se défier de ses promesses fallacieuses (2). Mais Frédéric montra dans celte occasion une loyauté d'autant plus admirable que les exemples en sont plus rares. Après avoir vainement demandé à son frère d'accomplir les conditions du traité de Traunilz, il vint, dit-on, se remettre en la puissance de Louis, qui le traita avec générosité. Les deux princes se donnèrent réciproquement les témoignages de la plus grande estime, mangèrent à la même table, partagèrent le môme lit, et Louis, ayant été obligé de se rendre dans le Brandebourg pour aider son fils à y étouffer une révolte, ne craignit pas de confier, en son absence, le gouverne» ment de la Bavière à Frédéric, qui répondit par une administration fidèle et sage à ia haute confiance de son rival.

Cependant, Louis, fatigué de lutter contre les attaques répétées de Léopold, et désespéranl de fiùrc accepter les conditions de son premier traité, en conclut, vers la fin de décembre 4 5^5, un second à Munich, dans lequel il fut couvt liu que les deux prétendants, cessant de l*être, régneraient conjoinlemeni, que leurs droits seraient égaux, leur dignité identique; qu'ils useraient du même sceau, et auraient alternativement la préséance (5). Cet accord contenta enfin Léopold, mais il fut accueilli avec défaveur par les électeurs de l'Empire, qui y irirent une violation de

(1) Albert. Argent, p« m.— HuL, Ghron. Germ., p. 860.

(2) Rayii«M, ano. 1385, H" S et S.

09 Ap. Herwart, p. 521 et seq. —Gérard de Boo, l. m, p. 95 et 96.

m HISTOIRE m LA PAPAUTÉ, UV. V.

leurs privilèges, et par Jean XXII, qui le regarda comme un nouvel attentat aux droits de TÉglise (i).

0"oi qu'il en soit, cet accord rétablissait runilé dans l'Empire» el débarrassait Louis de Bavière de ses plus grands ennemis. Le belliqueux Léopold rassemblait sur le Rhin une armée destinée à forcer le consentem^t des électeurs opposants, et i! n'était pas impossible de faire accq>ter définitivement cet accord par le pape. C'était la seconde fois, depuis le principe de sa quereHe avec FÉglise, qu'un heureux concours de circonstances offrait à Louis le moyen de la terminer honorablemcnl. 61, retirant alors sa protection aux Gibelins de la Lombardie, sa faveur aux franciscains schismatiques, il eût envoyé à Avignon une ambassade chargée de porter des jiai oles franchement pacifiques, et eût plié sa fierté à solliciter pour son élection l'approbation du Saint-Siège, nul doute que Jean XXII n'eût prêté l'oreille h un accommodement ; mais Louis rejeta une politique si simple. Ce prince, si habile à se débarrasser de ses ennemis, ne sut point ou ne voulut point, quand il le pouvait, mettre le pape de son cété. Toutefois, une faute si grave ne doit pas lui être eniiè- » r^ent attribuée. Dans cette circonstance, plus encore qu'après la bataille de Muldorff, Louis était en proie aux influences les plus perverses. Une foule de moines rebelles répétaient si souvent autour de sa personne que Jean XXII était l'iin^ecfcrMt, un hérésiarque^ \abéteà$eptiÉtes

(1) Rsynitd, ann. 1335, n"* 6.— William Goxe, Sist. de la maison d*Aetriche, 1. 1, p. 185 et 184. — On a douté de Tauthenticité de ce dernier trailé. Les historiens autrichiens l'admettent; ceux de Bavière le repoussent comme supposé. De savantes dissertations ont été écrites de part et d*anlre sur ce siyet. U n'entre point assez dans le plan de notre ouTrage pour que nous lui conssacrions un examen plus sérieux; seulement^ nous dirons qu'il est bien difticile de nier le traité de HHirich» atlenda «pe son esistence est oonflnnée par les lettres du ptpe.

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