‹ Histoire de la papautë pendant le XIV" sic̀cle, avee des notes et des pièces justificatives (volume 2)Chapitre 9 sur 44 · LUTTE DE BONIPAGE VIII CONTRE LES GIBELINS · texte numérisé non relu

LUTTE DE BONIPAGE VIII CONTRE LES GIBELINS

terdit sur les lieux on ils chercheraient un asile (I), Le coup était sensible : il enveloppait dans une même proscription les Golonna et leurs amis* Les biens leur étaient enlevés, la terre et la mer fermés, l'espérance ellemême ne leur semblait plus permise. Toutefois, dans cette axtrémité , les Golonna ne s'abandonnèrent point ; ils ne pr&umèrent pas au-dessus de leurs forces une lutte avec rhomme puissant qui les proscrivait. Leur audace était plus grande que leur fortune. Chassés de Rome, ils &e retirèrent dans leurs châteaux, en ouvrirent les portes aux ambassadeurs de Frédéric , y appelèrent Francesco Crescenzi etNiccolo Pazzi, deux ennemis déclarés du pape, et attendirent derrière leurs remparts qu'on commençât contre eux des hostilités qui ne devaient pas tarder (â).

En effet, il n'était ni dans le caractère ni dans le but de Boniface de s en tenir à des peines canoniques et civiles. Ce pontife envoya d'abord contre les rebelles, sous la conduite de Landolfo Colonna , quelques milices soudoyées, auxquelles il joignit bientôt un corps auxiliaire de troupes florentines commandées par ïnghiramo, comte de Bisenzo (3). Hais ces forces étant insuffisantes pour obtenir un résultat décisif et prompt, le pape eut recours à une croisade. Elle devait jouir des mêmes avantages spirituels que les guerres saintes, et le cardinal de Porto, Mattheo d'Âquasparta, fut désigné, avec le titre de légat, pour la publier dans les diverses provinces de l'Italie (4).

Le bruit d'une croisade lit accourir un grand nombre d'aventuriers et de soldats sous les drapeaux du Saint-Siège.

(1) Bulle : Lajiis iibscissus.

(2) Plaliiia in Bonifacium. — Giovanni Villani, 1. VIII, c. 20. — Thomas Walsingam, in Edwai-dum, p. 39.— Uaynald, ann. 1297, ii.

(5) Luigi Tosti, 1. 1, p. 212, et aux Pièces juslLûcatives, docum. S. (4) Rayaald, ann. 1287. 44.

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Landolfo Coloiinn, en nyant composé une îirmée, eu prit le suprême commandement, et s^avança avec elle contre les forteresses des Colonna (i). Quoique défendues avec courage, Nepi, Zagarolo et Colonna furent obligées de se rendre. Les rebelles se réfugièrent alors dans Palestrina, où l'armée papale les investit bientôt. Cette place était située dans une position formidable. Âgapito, Sciarra et les deux ex-cardinaux étaient ildiis ses murs. Elle pouvait défier les premiers (lïorls des assiégeants; et, comme les Coloniid avaient chercbé à intéresser les rois et les princes chrétiens à leur querelle, ils comptaient y tenir assez longtemps pour atlejiflre ou un secours énergique, ou une médiation puissante (2). Mais, après s'être flattés en vain, voyant qu'on les laissait à leur fortune, que Palestrina, leur dernier asile, leur ressource suprême, serail à la Un emportée, ils prirent le parti de la soumission. Au mois de septembre de Tannée 1298, accompagnés de leurs proches et de leurs amis, la tête découverte, les pieds nus, la corde au cou, en habits de deuil, sans sauf-couduit, et se confiant en la générosité de leur vainqueur, ils vinrent à Bieti se prosterner aux pieds de fioniface , qui les reçut sur son trône, la tiare en téte et au milieu de toutes les magnificences de la Papauté, lis demandaient grâce sans aucune condition; elle leur fut accordée. Les censures qu'ils avaient encourues furent levées, et, pendant les jours qu'ils passèrent à Rieti , le pontife les traita avec bienveillance (3). Mais il mit des restrictions à su réconciliation avec eux. Les deux cardinaux restèrent privés de la pourpre, et la malheureuse ville qui avait servi de

(1 ) Giov. Villani. 1. Vlll. c. xxi. (•2) Ciacconius. l. II. in Bonilacium VIIL p. 298. (3) Francisci Pipini Chron., 1. IV, c. xu. — Ferrutus Viccnlinus. Disl., 1. Vni, p. 970, Murat., l. IX.— Thomas Walsingham, in Edward., p. 30.

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