‹ Histoire de la papautë pendant le XIV" sic̀cle, avee des notes et des pièces justificativesChapitre 14 sur 66 · POLITIQUE D£ CLÉMENT VI. IM · texte numérisé non relu

POLITIQUE D£ CLÉMENT VI. IM

aetif, énergique. Heureusement Clément VI se trouva à la hauteur de sa position ; son coup d'œil lui fit juger de l'état des choses, et sa politique se mit sur-I«-chainp à FfiBBvre. D'abord, il importait de maintenir, entre la France et FAnfjleterre, les traités dont Tune et l'autre se reprochaient la violaiîoii. Outre le dévouement du pape à la première de ces puissances et à son monarque, un autre motif le poussait à prévenir le retour d'une guerre où Philippe n'avait éprouvé que des revers ; il comptait sur la France et son roi pour réaliser enfin le projet tant de fois conçu d'une eipédition sainte. Ce motif semblait même le préoccuper uniquement, car il écrivait au cardinal de Palestrine, Pierre Desprez, et à celui de Ceccano, envoyés pour traiter avec les deux puissances : a Enhardis « par nos funestes dissensions, le Soudan d'Égypte attaque « TArménie, et les musuliuans d'Afrique réunissent leurs « efforts pour soumettre l'Espagne au joug de Mahomet. a Mettez tout en œuvre pour amener les rois à la paix ; dé- « olarcz nuls toutes les alliances et tous les traités conclus a pour fomenter la guerre; et, si les rois ou leurs cona seils s'opposent à la suspension des hostilités, munis de « notre pouvoir apostolique, ordonnez-la, promulguez-la « vous-mêmes, et, s'il faut des anathèmes pour arrêter « les préparatifs de la guerre, employez les anathèmes ('!)•» L'armée française et l'armée anglaise étaient campées devant la ville de Vannes. Les deux négociateurs ce souvent « chevauchèrent de l'un ost à l'autre pour accorder les «. partis ; mais il$ les trouvèrent si durs et si mal desa cendans à accord, qu'ils ne les pouvoient approcher de c< nulle paix. » Mais Tintempérie de la saison ayant considérablement affaihli les forces des deux partis, et ralenti

(I) Riynald, ami. IS42> 0*" Il .

dans les seigneurs l'ardeur de la guerre, « si commen-

« cèrentles cardiiiaux ù Uailer pour avoir Ircvcs a durer a trois ans. Ce traité passa » et fut signe à Malestroit, le 19 janvier 1545, en présence des légats (4). Ce n étaient là que des préliminaires ayant pour but de mener à un résultat plus positif; car il était décide que, pendant l'intervalle de la trêve, les deux monarques enverraient à Avignon leurs plénipotentiaires pour traiter d'une paix définitive. Le pape devrait assister aux conférences, non comme arbitre, mais comme médiateur; les princes Tavaient ainsi voulu (2). Mais, quelque mouvement que se donnât le pontife, quelque puissant que fût chez lui Tart de séduire et de plaire» il ne put amener les partis jusqu'à la paix: les Anglais l'accusèrent môme de partialité envers la France, et Ton dut se contenter de cette trêve de trois ans, qui ne fut pas même observée (5).

Clément VI réussit mieux à servir les intérêts de sa patrie en préparant le traité qui devait réunir le Dauphiné au domaine royal. Cette province avait alors pour souverain Humbert U, individualité médiocre et pourtant originale, réunissant dans son caractère les éléments les plus divers; renfermant à la fois dans son esprit les connaissances les plus étendues (4) et les idées les plus faibles et les plus étroites : pieux jusqu'à Textase, et se faisant excommunier par le pape pour ses résistances à l'Eglise ; dépourvu d'énergie dans ses mœurs comme dans sa ii-

(1) Froissart, 1. 1, c. ccxi. — Baluze, ni'Vita, p. 284. — Du Tilîet, Recueil de traités entre les rois de France et d'Âogleterre, p. 223 j édit. de im.

(2) Non ut judice sed ul priva ta persona et amico communi, non ia forma, ncc in figura judicii. (Walsingh., in Edward.)

(3) Raynald, ann. 1544, n'' 61. — Baluze, 111* Vita, p. 284.

(4) BeneliUeratus. (Àlb. Argent., p. 130.}

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