GRANDES COMPAGMES DE FRANCE
de traiter avec eux (i)« UÀrchiprêtre fut invitéà se rendre à Avignon. «Et vint sur bonne composition, et la plus grand'- « pal lie de ses gens, et fut aussi rcvèrem eut reçu comme « s'il eût étélils au roi de France, et dîna par plusieurs a fois au palais de-lez le pape et les cardinaux ; et lui fu- <c rent pardoniiés tous ses péchés, el au partir lui lit délia vrer quarante mille écus pour départir à ses compace gnons. Si s'espartirent ces gens-là : mais toujours te- « noient-ils la route le dit Archiprêtre (2). »
Innocent \1 saisit l'occasion de cette alerte pour faire continuer les remparts dont son prédécesseur avait commencé d'entourer la cité papale. A cet effet, on imposa de fortes contributions cMa cour romaine, à tous les ecclésiastiques de France et d*All( ma^^ne. Les ouvriers, les marchands du Comtat Yenaissin farent taxés, et, outre cela, chaque individu paya un florin. La crainle qu'inspiraient les compagnies excita la générosité des citoyeas, et, en peu de temps, Avignon vit presque se terminer cette magniiique enceinte de murailles dont le voyageur admire encore au* jourd'hui F élégante structure (5).
Les précautions dlnnocent Yl ne furent point vaines. L'année suivante la même compagnie reparut. Après avoir saccagé Manosquc, Cucurron, Ausonis, elle rentra en Provence au mois de mars, et assiégea la ville d'Aix. Mais elle fut repoussée parles habitants, et Jean Siméonis, ju* risconsultede Yence, à la tête de deux mille hommes, la battit en diverses rencontres, et la força à la retraite (4).
En 15G0, une autre bande de rouliers^ qui avaient pour
{ij Zurlauben, Mémoire cité. — Ilist. du Languedoc, lieu cité.
(2) Froissart, lieu cité.
(3) MaU. Vill., 1. VIU, c. xui. — Bouche, llist. de Provence, t. Il, p. 379.
(4) Id., p. 579 et 380. — Gaurndi, lii^l. de Provence, 1. 1, p. 223,
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chefs Guiot du Pin, Fjamit et le Petit Mécliin, et qu'on I nomma les Tard-VemSt parce que ceux qui les avaient précédés avaient moissonné la France, et que ceux-ci ne faisaient qu'y glaner, descendit la rive drbite du Rhdne, et s'abattit sur la ville de Pont-Sainl-Espril, la nuit de la fête des Sainls-InnocenLs. Cette ville, qui ne s'attendait pointa cette brusque attaque, ne s* était pas mise en défense. Cependant, Jean Sauvain, sénécbal de Beaucaire, entreprit de repousser les assaillants avec quelques troupes ; mais une chute l'ayant mis hors de conihal , les routiers le firent | prisonnier et s'emparèrent de la ville, puis de celle de iladenet, où ils commirent les plus affreux excès (1). Frois- ! sart raconte ainsi la prise de Pont-Saint^sprît : ce Batî- « lier, Guiot du Pin, Lamitet le Petit Méchiu chevauché- « HMit, eux etleur^ roules, sur une uuithien quinze lieues, ' c< et vinrent sur le point du jour à ladite ville du SaintpEs- « prit, et la prirent, et tous ceux et toutes celles qui de- | a dîins étoient : dont ce fut pitié, car ils y occirent niaiuls « prud'hommes et violèrent maintes damoiselles, et y conc< quirent si grand avoir que sans nombre , et grandes « pourveances pour vivre un an tout entier (2). »
La possession de Pont-Saint-Esprit fit concevoir aux routiers l'espérance de rançonner la cour romaine. Chaque jour leurs partis couraient de là jusqu'aux portes d'A.vi- ' gnon, interceptant toutes les communications avec cette capitale. Innocent YI crut devoir essayer sur eux ]a~ force | de l'autorité .spirituelle du clici de 1 Eglise, et les fit sommer de se retirer, les nienaçant, en cas de refus, de procéder contre eux. Mais des brigands, accoutumés au meurtre et au pillage, tinrent peu de compte de menaces
(1) Hist. du Languedoc, t. IV, p. SIO. (S) L. 1, pari. U, c. cxr.vii.