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m HISTOmC DB LA ?mDT£, UV. X.
gouvernement et à rempereur. Tout en félicitant le premier de la victoire presque miraculeuse dont la Providence avait gratifié ses armas» il l'invitait à en user avec la modération d'un vainqueur sage et généreux. Il consolait le second par des coiisidéialiuos chrétiennes, Texhoriait à travailler activement à la restauration des affaires et à s'entourer de conseillers prudents. Quant à Tempereur, il le priait de venloir accepter le rôle de ttiédiatenr entre les deux puissances, et d'unir ses efforts aux siens pour le» amènera la paix (1). Ce monarque avait convoqué à Mets la diète de l'Empire; le pape chargea l'abbé de Cluny, Androin de la Roche, d'aller y négocier ce point important. Les cardinaux de Périgord et de Saint-Vitnl, qui avaient suivi le roi captif à Bordeaux, reçurent ordre d'y passer pour appuyer la mission de l'abbé de Gl|iny. Les plénipotentiaires anglais s'y rendirent de leur côté. On y vit aussi le dauphin Charles (2;. Mais là encore, malgré tous les efibrts du médiateur, Ton ne put convenir de rien. IjSl hauteur des prétentions avait passé avec l'enivrement de la victoire du côté d'Edward ; et il fallait bien que ces pré*' tentions fussent exorbitantes, puisque, dans le bosoin extrême que la France avait de la paix, on ne put pas même conclure une simple trêve (3). Ce fut le prince de Galles qui accorda à Bordeaux cette trêve à rarchevéque de Sens, Guillaume de Melun, au comte d'Eu et au sire de Tancarville, parce qu'il en avait besoin lui-même pour conduire en Angleterre son auguste prisonnier (4). Le monarque vaincu arriva à Londres le 24 mai 1557,
(1) Raynald, ann. 4556, 7, 8, 9 et 10.
(2) Id., n«» 1i, 12 et 15. — Du Tillet, Recueil des traités, p. 347.—
Bcnessii de Wcîlmil Chron., 1. IV, afin. 13^7.
(3) Baluzc, Vitœ, t. !. p. 538.
(4) Daniel, flist. de France, t. V, p. 474.
et le superbe Edward put repaître ses regards de Thuiniliation de son fier suseraiii, devenu son captif. Les cardinaux de Périgord et de SainirFital se transportèrent à Londres. Les négociations recommencèrent, mais elles rencontrèrent les mêmes difficultés quà Metz, el tout ce qu'on put obtenir fut une confirmation de la trêve passée à Bordeaux entre le prince de Galles et les commissaires français. Elle devait durer depuis la fête de Pâques lo57 jusqu'à la fête do saint Jean->Baptiste 1559 (I). Ce terme eipiré, Edward recommençai la gfuerre contre un royaume sans armée, ravagé par les compagnies, et dont les factions, soulevées les unes contre les autres, semblaient se disputer les lambeaux* Humainement, rien n'était caj»able d'empécber le monarque anglais d'acbevor la conquête de la France. Le ciel prit soin de la défendre. L'armée ennemie, à qui rien ne pouvait résister, fut presque écrasée sous les murs de Chartres par un orage (2). Edward reconnut dans cette catastrophe la main de Dieu qui châtiait son opiniâtreté; et, cédant enfin, il songea sérieusement à la paix. Les négociations s'ouvrirent dans un village nommé Brétigny, situé à une lieue de Chartres. L'abbé de Cluny, Androin de la Roche, Marc-Hugues de Genèfe, frère Simon de Langres, docteur en théologie, y représentèrent Tautorilé ponliticdle, et la paix fut conclae le 18 mai 1560. Cette paix, qui réduisit la France à quelques provinces et accorda à l'Angleterre une prépondérance si prodigieuse, fut, dit-on, l'œuvre d* Androin de la Roche. L'état d'épuisement où se trouvait la France pouvait seul la justifier, et, toutefois, on la regarda alors comme un chef-d'œuvre de politique. Il est permis peut-être aujourd'hui encore de le
(4) Raybald, ana. a* t.— FroisMit, l, I, pirt. M, c. lv.— Voir la iiot« de Baloie, 1. 1, p. 778.
(5) Froissart, c. cixvi.
mO UbTOlKE DE LA PAPAUTÉ, LIV. X.
croire quand on considère le besoin impérieux qu'on avait
de la paix, les dinicultés qu'il fallut vaincre pour y arriver, raiiégresse qu elle inspira aux deux partis, la reconnaissance dont son auteur devint Tobjett puisque Anglais et Français se réunirent pour demander au pape de récom* penser l'abbé Androin par le chapeau de cardinal (1). Mais -peut-on se dissimuler.que l'influence de l'autorité qui avait, par tant de sacrifices et de négociations, obtenu un si faible résultat, n'eût fait un pas en arrière?
En Aliemague, 1 empereur Charles lY donna un instant de sérieuses inquiétudes. Ânimé d'un zèle louable dans son intention, mais peu conforme nm règles de la prudence chrétienne, il s'imagina de réformer le clergé de l'Empire sans le concours de l'autorité à laquelle appar* tient le gouvernement de Tordre ecclésiastique. Celle pré* teiiliuii éclata en 1359, à roccasion d'une mission délicate que remplissait alors en Allemagne Philippe de Gabassole. La chambre apostolique se trouvait à cette époque dans la plus grande détresse pécuniaire. La conquête des domaines de l'Eglise en Italie, la pauvreté où les routiers avaient réduit la France par leurs dévastations, les rançons qu^il fallait payer à ces brigands, la construction des remparts d'Avignon, avaient épuisé le trésor, et le pape s'était vu dans la nécessité de recourir à la charité des iidèles pour en combler le vide. L'Allemagne ayant moins souffert que les autres pays des désordres de la guerre, ce fut là que Tévôque de Gavaiilon eut l'ordre de se présenter (2). Comme ee nonce avait besoin de l'autorisation de l'empereur pour
{{) Froissart, c. cxxvi et cxxvii.— Du Tiliet, ftecueil des traités, p. 250 et 2r)1. — Raynald, ann. 1360, n° 5.
(2) Il parait, en effet, que la commission de Philippe de Gabassole se réduisait à une simple quéle de doas volontaires. La Chronique de Mutius le donne à entendre.
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