‹ Histoire de la papautë pendant le XIV" sic̀cle, avee des notes et des pièces justificativesChapitre 50 sur 66 · ADMINISTRATION D'URBAIN V · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION D'URBAIN V

glise de SaîntrVolusien de FoJx, une paix définitive et sérieuse {{), L'année suivante, à la fin d'août, Uibain termina également, par Tentremise de ses nonces, l'archevêque de Ravenneetle général des Frères Mineurs, une autre guerre désastreuse que se faisaient Florence et Pise (2). Il eut encore la satisfaction de réconcilier les Vénitiens avec la maison de Carrara de Padoue (5). Ëniîn, il trouva le moyen de calmer, entre l'empereur Charles IV et Louis, roi de Hongrie, un différend que Tamour-propre des deux monarques envenimait, et qui menaçait de mettre l' Allemagne et la Hongrie en feu (4).

Du reste, l'attention d'Urbain ne se portait pas seulement sur les relations iiUenialionales des gouvernements chrétiens ; elle s'exerçait avec non moins d'activité et de succès sur l'organisation intérieure de l'Église. Dès les premiers jours de son pontificat il en avait entrepris la réforme et la poursuivait sans relâche. Quelques débris de Vaudois et de Begards, épars dans les Alpes, cherchaient, sous les dehors de la piété, à y ressusciter Terreur; il les fit disparaîlre en appelant sur eux la surveillance des évêqucs et le zèle des inquisiteurs (5). Les concubinaires, tous ceux dont les mœurs étaient un scandale, surtout ceux qui déshonoraient le sanctuaire, éprouTèrent la sévérité de ses règlements, qui en ramenèrent un grand nombre à la pratique de la morale et de la discipline (6). Il persécuta à outrance ces hommes odieux qui sucent le sang des peuples

{i) Etat, du Languedoc, t. IV, p. 320.

(2) Murât., Annali dltalit, t. Xil, ami. ArchWio slorico ilaliano, n"" 24, p. 412.

(3) Hurat., Annali d*IlaUa, aDO. 4365,

(4) ftapald, ann. iZGi, n'ii. .

(5) Raynald, ann. 1365, n« 27. et 1365, &* 17.

(6) Baluze, 1. 1, p. 304.

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m mSTOlRE D^lA PAPAUTÉ, LIY. XI.

par des prêts usnraires, et l'on assure que les restitutions

amenées par ses poinsuites dépassèrent, pour la cour de KoQie seule, la sommede 200,000 llorins. Les simoniaques, cette lèpre de TÉglise, ces cl^cs qui achetaient et vendaient les bénéfices et trafiquaient des choses saintes comme d'une vile marchandise, il en purgea la cour i oiiiaine, où ib ne s'étaient que trop souvent introduits, et atteignit par des ordonnances sévères ceux qui comptaient se dérober aux ^ eux de F autorité par réloignement. 11 y avait des prélats courtisans qui abandonqaient le soin de leurs églises poiu* suivre la cour romaine ; il y en avait d autres qui, sans rester à la cour, n'en étaient pas moins étrangers à leurs troupeaux. 11 les obligea tous, sous les peines les plus graves, de garder la résidence. « ïrès-bien, Saint-Père, €( lui écrivait sur cela Pétrarque; car que serait-ce si Ton « voyait les matelots quitter les rames et les cordages, « abandonnant la manœuvre pour venir sur la poupe en- « tourer le pilote et le troubler dans ses fonctions(l)? » il réprima ensuite Tavidité de ces ecclésiastiques qui, ne pouvant se contenter d'un seul bénéfice, en accaparaient plusieurs, au risque de ne remplir les obligations d aucun; tandis que des sujets de mérite languissaient de besoin, et il publia contre eux la célèbre décrétalc Ilon'ihilis ce Rien de plus juste, ajoutait le poète; n est-il pas bon- « teux de voir des hommes sans mérite regorger de ri- « chesses, pendant que des gens qui valmt mieux qu'eux « rjieiirent de faim (ô)?»

Urbain crut devoir étendre ses soins à la réforme de certaines nouveautés prétentieuses. que la vanité avait introduites dans le costume des religieux. Àiusi, les moines

(1) Seuil., 1. VII, ep. i.

(2) Baluze, t. I, p. 394 et seq.

(3^ Pelraitli., Iqc. cit.

ADMimâTRATION DimBAUf Y. m'

noirs de Saint-Benoit mettaient sur leurs capuchons des bonnets hauts et recourbés auxquels on donnait le nom de cornettes et qui ressemblaient par la forme à la coiffure du doge de Venise. Le pape défendit l'usage de ces bonnets» et il y avait des oiliciers spécialement chargés de les arracher de force quand ils en verraient dans le palais (i). n statua encore, toujours dans le but de réprimer la vanité, que tous les écoliers des universités eussent un nitune habit d'étoffe simple, afin que les riches n'y fussent pas disthigués des pauvres, et que ceux-ci ne fussent point dégoûtés des études par la dépense de Thabillement (2). Pour remédier plus efficacement à Tinvasion des abus, il renouvela les anciennes ordonnances de ses prédécesseurs sur la teiiue des conciles provinciaux; dont Tusage était depuis longtemps négligé (5). Et le pape ne se contentait pas seulement de réveiller dans les autres le zèle delà discipline ecclésiastique; il donnait lui-même, à cet égard, Fexemple de la régularité la plus parfaite. 11 voulait que les consistoires et les conseils fussent tenus aux jours et aux heures fixés par la règle. Dans Texpédition des affaires, son principe était de mettre la plus grande promptitude, et de donner la préférence aux affaires des pauvres. Grâce à la bonne organisation qu'il établit dans la chancellerie, les brigues en furent bannies et la plus stricte justice y régna. Avant lui, les procureurs et les avocats de la cour romaine, sous prétexte d'observer les formalités, suscitaient mille difficultés arbitraires qui retardaient indéfiniment la solution des affaires contentieuses, industrie qui était pour eux une source de bénéfices. Urbain détruisit cet abus et dressa à cet effet des règlements qui

(4) Balnie, 1. 1, p. 4i4.

(5) Raynald, aan. isas, 48.

ne laissaient mx ofBeiaux aucun milieu entre le consciencieux accomplissement de leurs devoirs et le châtiment de leurs malversations (i).

La nomination aux bénéfices était toujours précédée d'exactes informations sur la capacité des candidats qui les postulaient, et les plus pieux et les plus instruits étaient toujours les plus honorablement pourvus. Il arrivait même assez souvent que le mérite qui se croyait profondément enseveli dans l'ombre s'étonnait d'avoir été deviné et de se trouver tout à coup placé, sans s'y être attendu, sur le chandelier. Jamais notre pontife ne céda aux recommandations ou aux importunités de qui que ce fût pour élever aux honneurs de l'Église les sujets dont ses inforiiiaUoiis avaient constaté Tindigmlé. Sur ce point, il n'avait égard à aucune protection. Dans chaque province il avait chargé un certain nombre de personnes prudentes et d'une euiiscience sévère de recueillir les renseignements propres à l'éclairer et de lui en faire des rapports fidèles. De cette manière il ac<|uit, en ^eu de temps, une connaissance nette et précise des mœurs, de la science et de la piété de presque tous les ecclésiastiques. Il envoyait ensuite des visiteurs qui, sans acception de personne, récompensaient les bons, sévissaient contre les mauvais et en venaient quelquefois jusqu'à la déposition (2).

Ses prédécesseurs, Clément VI et Innocent VI, pour des raisons à eux personnelles, avaient retenu l'évéché d'Avignon, le faisant desservir par un vicaire. Un des premiers soins de notre pontife fut d'abolir cette commende et de pourvoir la cité papale d'un pasteur. Il investit de ce titre Anglic Grimoard, son frère. Un biographe remarque qu'Ur-

(1) Bnluse, 1. 1, p. 395 et SSM .

(2) Id.. p. 806 et 807.

ÀDMirUSTRÂTlÛN D'UABAIIi Y. 557

bain V n'éleva aux honneurs de l'Église que deux de ses

parents, son frère Anglic et un neveu qu'il fit évêque de Saint-Papoul (1). Il promut dans la suite Anglic au cardinalat; mais ce ne fut qu'après les instances réitérées du Sacré Collège; car, bien que l' évêque d'Avignon eût déployé pendanl son épiscopat les plus rares qualités, ii ne se croyait pas en droit de conclure que l'étendue de son esprit fût en harmonie avec la position élevée d'un prince de l'Église (2), tant il craignait que les préjugés du sang n'égarassent son jugement ! Un ami du cardinal Talleyrand de Périgord demandait un jour à ce prélat ce qu'il pensait d'Urbain V. « Ce que je pense, répondit le vieux cardinal, a c'est que nous avons^ un pape. Le devoir nous faisait a honorer les autres ; mais nous craignons et révérons « celui-ci, parce qu'il est puissant en paroles et en œu- « vres (5). »

En même temps qu Urbain réformait 1 Église, il savait en faire respecter énergiquement au dehors les droits et les immunités. Il avertissait d'abord avec charité ; mais, si

les avis n'étaient point écoutés, il n'hésilait pas à ramener par les censures les violateurs à la justice. Il obligea Pierre d'Aragon i rendre au Saint-Siège l'hommage qui lui étaitdù pour la Sardaigiie et la Corse, dont Boniface YIll avait accordé l'investiture à la couronne d'Aragon, ainsi qu'à payer à la Chambre apostolique le tribut qui était la consé(|uence de cette investiture et dont les arrérages remontaient à dix ans. 11 réclama du même monarque lu restitu-

(1) Bernard et Chnleaiuieul'. Ijaliizc. p. 397 et 1054.

^2) L alihë Rose, tludcs historiques et religit uses sur le (|ualorzieiue siècle, in-8", Avignon, 1842, p. 559. — Baluze, t. I, p. -ilT.

(3) Modo liabemus papam : alios ex dcLito iionorabamus , cl islum necesse est nobis timere et revereri, quia poteiis est opère et sermone. (Baluie, p. 414.)

Dic

tiondecertains revenus ecdésiastiques dont ilavaitcra pou- Yoir s*eniparer, et, sur ses réponses dOatoires, le eita à

comparaître devant le Saint-Siège pour y rendre compte de sa conduite (i). Il réclama également, près d'Edward lU, le tribut de i ,000 marcs d'argent que TÈglise percevait sur le royaume d'Angleterre depuis le règne de lean I*, et qui dtîpuis trente ans n'avait pas été payé. Le pape représenta au roi que, si le Saint-Siège n'avait pas exigé ce tribut pendant un si grand nombre d'années» les calamités delà guerre auxquelles TAngleterre s'était vue en proie en avaient été l'unique cause ; mais que ce long silence ne devait nullement justifier une prescription. Li prospérité étant revenue dans le royaume, «il n'y avait plus de motif pour différer racquîttement de cette dette (^). Cependant, malgré ces réclamalions motivées, Edward refusa de remplir le pieux engagement de son prédécesseur, alléguant qu'il avait été purement personnel ét ne devait point, à ce titre, être considéré comme obligatoire pour les successeurs de Jean I". Nous ne vuysuis pas qu' Urbain V ait rien fait pour contraindre le monarque récalcitrant à y satisfaire, soit que, dans le moment où ce refus lui parvint, il se trouvât occupé d'affaires plus importantes, soit qu'il voulût ménager le fier Anglais, ayant besoin de toute son influence sur lui pour maintenir entre la France et la Grande- Bretagne la paix, qui devenait de jour en jour plus chancelante (5).

Au mois de mai de Tannée loO.i, rempereur Cbarles ÎV vint à son tour à Avignon visiter Urbain V. Un brillant cortège de nobles allemands l' accompagnait dans ce voyage. Il fit avec eux son entrée dans la cité papale, revêtu de

(1) Raynald, ann. n*"!!.

(2) Id., 156S, <5.

(5) Sponde, Annales, 1S70, p. 575.

VOYAGE DE L'EîiPEREUR A AYIGNO.^. 8B0

tous les ornements impériaux, et , fut reçu en cet état par le souverain pontife et le Sacré Collège. Tous les honneurs

diis à son rang suprême lui furent prodigués. Le jour delà Pentecôte, à la messe solennelle célébrée par le pape, il se monb*a de nouTeau avec tous les insignes de l'Empire, le diadème en téte et le sceptre à la main. D descendit cnsuilc ic Rhône pour visiter la ville d'Arles. Là, il se crut , ^ chez lui, car le royaume dont cette antique cité était la capitale avait autrefois appartenu à l'Empire, et il lui vint en fantaisie de s'en faire couronner roi. L'archevêque Guillaume de la Garde se prêta complaisamment à cette ridicule cérémonie. Singulière vanité des princes d'attacher du prix à des titres sans réalité ! car Gharles IV ne pouvait en aucune manière être le roi d'une ville sur laquelle l'Empire conservait à peine une ombre de suzeraineté. Cette usurpation blessait d'ailleurs les droits de la reine de Naples, souverain naturel du royaume d'Arles, qui ne tarda pas à lui en faire ses plaintes. Charles ré* pondit en homme qui sentait ses torts, c'est-à-dire par des excuses; ce qui ne rempècha pas, cette année même, de faire à Louis, comte d'Anjou et ùls du feu roi Jean, une entière cession de ses prétentions chimériques, en récompense d'un Ijiillant festin que ce prince lui avciit donné à Villeneuve-lès-Avignon (1). Cette inquaiitiable légèreté donne la mesure du caractère de Gharles lY.

Le pape et Tempereur eurent ensemble plusieurs conférences secrètes (2). A on juger par les lettres d'Urbain, la croisade en fut le principal objet. Mais les événements apprirent bientôt qu'une affaire plus importante y avait été traitée : celle de la restauration delà Papauté dans son

(1) Baluze, 1. 1, p. 97e.->Bottche, HUt. de Provence, 1. 1, 1. VII, p. et t. H, 1. IX, p. S8t et snir.

(2) Raynald, ann. 13S5, 8.

S60 HISTOiaB DE lA PAPAfJTt, UV. XI.

siège naturel . Il était temps, eu effet, de songer à cette grande affaire. Rome venait d'accomplir une dernière tentative pour rappeler dans son sèin la présence de son pasleur (i). Elle en avait le plus grand besoin; car la turbulence des factions y avait à peu près détruit toute autorité. Après la chute de Rienzi, le cardinal Albornoz, par la supériorité de sa politique, était parvenu à dominer un instant les diverses factions de la noblesse et du peuple (2); mais ses occupations en Romagne, sa lutte avec les Yisconti, ne lui permirent pas de maintenir longtemps cette influence salutaire, et Tesprit des Romains se trouva bientôt rendu à toute son impatience. Innocent VI crut remédier au mal en nommant un sénateur étranger à la ville. Celte mesure n'eut pas le résultat qu'il s'en était promis; les Romains 8*en offensèrent comme d'un attentat à leur honneur national, et, dans leur iiidigiiaLion, abolirent la dignité sénatoriale et instituèrent à la place sept magistrats qui prirent le nom de réformateurs de la république (5). innocent VI supporta pendant un an cette séditieuse innovation, et ny mit lin qu*en noiiiuiaut sénateur le roi de Chypre, Hugues deLusignan, qui réprima et contint avec énergie l'inquiétude du peuple. Mais ce monarque avait à peine remis sa dignité à son successeur, Paolo d'Àrgento, comte de Campello, qu'une nouvelle révolution iiiaugurait la honteuse dictature d'un cordonnier nouuné Lello Pocadote ou Bonadote Calzolajo. Les Romains ne savaient plus que faire pour s'avilir (4). Cependant, le pouvoir de

(I) Baliue, 1. 1, p. 40S.

^) Cartitts, CommenUiru de Suuntu romaoo, p. 4SS.

(3) Romani... non vollcro |iiù il scnalore, c crearono sette loro ciUadiDÎ, a quali diedcro il lilolo di refoi matori dclla rcpublica romana. (GigUi ap. Vital, Sloria diplomatica de* seoatori dl Rom, 1 1, p. 289.)

(4) Id.» p. 290 et 293.

EFFETS DU SÉJOUR DE LA PAPAUTÉ EN FRANCE. m

Lello dora peu, mais ce fut pour faire place à la réintégration des sept réforraaleurs, et Urbain V subissait cette

magistrature depuis son avènement au souverain pontificat. U y avait doue un daugcr imminent pour Tei^isteuce même de Rome à la laisser plus longtemps sous l'empire de cette anarchie, et Ton s'accordait à reconnaître que la Papauté pouvait seule, par son retour, y ramener Tordre et la subordination. Mais un motif plus pressant encore devait rengager à revenir dans sa capitale.

Quand on rapproche la condition temporelle de la Papauté en 1505 de ce qu'elle était en 1500, époque où nous Tavons prise, on ne peut se dissimuler qu'un changement ne fût survenu dans sa situation à son désavantage. Lorsque le conclave de Pérouse appela Clément T à la tiare, malgré l'affronL qu'elle avait essuyé eu la perscHue de Boniface \ III, la Papauté n'avait pourtant rien perdu encore de l'éclat, de la considération, de Tinfluence dont les deux siècles précédents Favaient vue entourée. Elle était toujours la grande puissance, celle à qui rien ne résistait, et qui jetait un poids décisif dans la balance politique du monde. Sous Clément V elle commença à fléchir d'une manière visible. Il est vrai qu'elle se releva vigoureusement sous le pontificat de Jean XXII, et sembla retrouver son antique énergie; mais elle ne tarda pas à retomber sous Vadminis^ation faible et vacillante de Benoît Xli. Les rares talents de Clément VI lui procurèrent quelques beaux jours; puis elle reprit plus rapidement que jamais, sous Innocent YJ, sa marche descendante, qu'Urbain Y s' efforçait d'arréteri et qu'il ne pouvait que ralentir.

Qu'est-ce qui obligeait ainsi à fléchir ce pouvoir si forte* ment établi par Grégoire Yll, si vigoureusement défendu par ses successeurs, si enraciné dans l'amour et le respect des peuples? Cette invincible loi de l'instabilité humaine,

m lUSTOttE DR U PAPAUTÉ, UV. XI.

qui veut que tout ce qui a son progrès ait aussi son déclin? mais cela o explique rien. L afTaiblissement de l'esprit religieux dans le corps social? mais cet esprit était toujours le même, aucune corruption notable n'en avait alléré la' pureté. Avait-il donc failli à sa mission bienfaisante et tutélaire? mais ses efforts avaient tendu coostamment aa bonheur des nations. Il n'avait point cessé de défendre la liberté contre la tyrannie, le faible coiilrc le fort, le droit contre l'injustice. Ou est-ce donc qui obligeait ce pouvoir à fléchir? une situation que la Papauté ne s'était point faite, dont elle n'était pas responsable, mais enfin une situation fausse, anormale. Je dis une situation que la Papauté ne s'était point faite à elle-même; car n'allons pas accuser (comme l'a fait plus d'un écrivain), d'après de légères eonjectures, les papes du quatorzième siècle d'avoir pris ris* à-vis de la royauté française le honteux encfaijemcnt de résider au delà des moûts. Saus doute les rois de France firent tout ce qu'ils purent pour les retenir chez eux : c'é« tait leur intérêt, personne n'en doute ; mais ils ne se pré> valurent jamais d'aucun engagement de cette nature, et les moyens qu'ils employèrent ne dépassèrent pas les limites de iïniluence ; et la preuve qu'aucun engagerait ne contraignit les papes de séjourner en France, c'est qu'ils n'y sont restés (prautnnt qu'ils l'ont voulu, cl qu'ils en sont partis quand ils l'ont voulu, et malgré tous leseiîorts des rois de France.

Le^ véritables causes qui déterminèrent, en 1305, la Papauté à rester au delà des monts, furent les circonstances politiques dans lesquelles Home et l'Italie se trouvaient alors. Clément Y, qui, i l'époque où il n'était encore qu'archevêque de fiordeaui, avait pu juger par lui-même de ces circonstances, eut peur, dit une chronique, d'aller se faire couronner à Home, quoiqu'il l'eût d'abord promis

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