‹ Histoire de la papauté pendant le XVe siècle (volume 2)Chapitre 12 sur 37 · PREFACE. XXIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XXIII

leur législation, l'hérésie au rang des crimes capitaux? S'ils manquaient d'instruction nos pères, ils avaient le bon sens., et ils comprenaient, mieux qu'on ne le fait aujourd'hui, que l'ordre matériel repose sur l'ordre moral; conséquemment ils défendaieut les bases de l'établissement civil en ne souffrant pas que la religion fût impunément ébranlée. Les partisans de la tolérance absolue verront en cela un paradoxe assurément. Eh! bien, qu'ils montrent une bonne fois, non point avec les mots creux et retentissants de fanatisme, d'ignorance, de barbarie^ de doctrine monstrueuse, mais par les raisonnements d'une logique calme et désintéressée : i°que les erreurs de l'entendement par lesquelles on attaque les principes de la religion et de la morale sont innocentes ; 2° que la société n'a rien à redouter de la manifestation de ces erreurs et que la justice humaine ne doit point en punir les auteurs. Vous dites : les opinions sont libres, je le dis avec vous, mais il importe alors de préciser le sens du mot opinion. Entendez-vous par opinion, une manière toute personnelle de raisonner sur des questions secondaires, obscures et à l'égard desquelles aucune autorité ne s'est prononcée? Nous sommes d'accord; vous avez pleinement le droit de professer tel sentiment qu'il vous plaira. Poussez-vous plus loin la signification du mot opinions entendez-vous que soutenir que Dieu n'existe pas ou biea qu'il est le mal, que l'homme est à l'égal de la brute, que la propriété est le vol, qu'il n'y a aucune distinction entre le juste et l'injuste, etc., n'est que professer de pures opinions? Je dis incontinent que vous abusez du terme, que vous n'êtes pas libre d'avoir un avis contraire à celui de la raison commune, que vos

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