‹ Histoire de la papauté pendant le XVe siècle (volume 2)Chapitre 15 sur 37 · XXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE

bles que de peines relativement légères, ce que Ton doit attribuer uniquement à la douceur de nos mœurs et non à l'esprit de la législation. La loi présente est donc répressive comme la loi ancienne, et sous ce rapport, elle part du même principe et tend au même but. Dans le fond, qu'importe le bûcher ou l'amende? Si vous admettez que chacun a le droit de divulguer toutes les rêveries de son imagination, une amende de cent francs, ou une prison d'un mois est tout aussi bien un acte arbitraire et révoltant que la peine du feu. Et si vous admettez qu'il y ait des cas où un gouvernement soit en droit d'arrêter un sophiste dangereux, il n'y a pas déraison ppur qu'il ne puisse lui infliger la peine la plus grave, sans manquer à la justice et à .l'humanité. Je ne vois pas de milieu dans ce dilemme. Mettez à part Y autodafé, vous trouverez que la jurisprudence moderne pense et juge de la même manière que celle du moyen âge, et tribunal pour tribunal, j'aime autant l'inquisition que la police correctionnelle ou la cour d'assises. Je n'ai donc pas eu. tort de ne pas blâmer, au point de vue de nos pères, les peines infligées aux novateurs du XIVe siècle.

J'éprouvais le besoin de répondre aux observations qui m'avaient été adressées, il me semble que je viens de le faire catégoriquement, et à cet égarcl, j'aime à me flatter que mes critiques ne me sauront pas trop mauvais gré. Maintenant, il faut bien parler du nouvel ouvrage que je livre aujourd'hui au public. Quoique son titre soit identique à celui de son aîné, je commence par dire que je n'ai jamais eu l'intention de le donner comme une continuation du premier. Ces deux œuvres sont parfaitement indépendantes l'une

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de l'autre, elles ont- leur individualité prdpre, leurs principes, leurs conclusions, leur cadre, leur caractère spéciaux. Dans le fait toutefois elles se complètent Tune par l'autre, puisqu'elles ont pour objet deux époques qui se lient nécessairement. J'avais été entraîné à écrire l'histoire du XIVe siècle par des études que je croyais ne devoir servir qu'à une simple dissertation, je me suis trouvé engagé à composer l'histoire du XVe siècle par les nombreux matériaux que la clôture de mon premier livre laissait entre mes mains sans emploi. J'ajouterai que tout naturellement par b concile de Pise, celui de Constance et tout ce qui se rattachait au fait de ces assemblées, je me sentais jeté dans le courant politique et religieux du XVe siècle. Tout autre que moi aurait cédé à la tentation d'écrire encore un livre. Une partie de mes recherches était faite, je me trouvais sur la voie de celles qui me manquaient encore, il ne me restait guère que la peine d'ordonner mes matériaux et de rédiger. D'ailleurs, les événements de cette époque, outre leur importance, avaient ce caractère de grandeur et d'éclat qui attache ; or, après le désir d'être utile, ce qui stimule un historien c'est la satisfaction personnelle qu'il éprouve à écrire. Enfin, il y avait la nouveauté du sujet, car, je ne sache pas que la Papauté du XVe siècle ait été jusqu'ici l'objet d'aucune monographie.

Je vais dire comment je me suis acquitté de ma tâche. Le premier fait qui s'offrait à moi était le pontificat réparateur de Martin V. Je devais, en l'esquissant, mettre en relief la valeur personnelle d'un pontife qui n'est point assez connu, et il me semble que j'ai atteint ce but. Venait après cela la guerre des hussites, suivie par le concile

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