‹ Histoire de la papauté pendant le XVe siècle (volume 2)Chapitre 17 sur 37 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

de la lutte de l'Occident contre l'empire des Osmanlis. Ce fait a été sans doute supérieurement raconté par l'historien des croisades, mais préoccupé des vues générales avec lesquelles il avait commencé son livre, l'auteur s est étudié surtout à montrer le caractère défensif de cette dernière phase du grand duel du christianisme et de l'islamisme. Il n'a point, à mon avis, assez fait ressortir la part que la Papauté y a prise. Je me suis au contraire appliqué à mettre en lumière ce côté saillant. Oui, malgré le besoin évident pour tous d'opposer des bornes aux envahissements d'une puissance qui menaçait l'indépendance d'une partie de l'Europe, les princes chrétiens ne firent, au XVe siècle, aucun effort généreux; les frais de la résistance retombèrent entièrement sur les souverains pontifes qui, secondés par quelques guerriers isolés, déployèrent seuls du zèle, de l'énergie et de la constance. Ainsi, chaque fois qu ils voulurent se retourner contre l'Occident, si les Turcs sentirent d'invincibles obstacles, en Europe, en Asie et dans la Méditerranée, c'est grâce aux papes qui ne s'endormirent jamais sur les projets de ces ennemis du nom chrétien. Il faut qu'on le sache aujourd'hui qu'on tend à devenir dédaigneux envers la Papauté.

On avait contracté, à Florence, l'obligation de protéger l'empire grec contre les Ottomans. La réunion n'avait guère eu lieu qu'à cette condition, il fallait tenir ses engagements. Le premier acte qui ouvrit la lutte fut la bataille de Varna. Le bonheurne l'accompagna pas. Ce ne fut point toutefois la faute de la Papauté ; si une campagne, commencée par des victoires, se termina par une grande défaite, elle avait fait ce qu'elle

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