PRÉFACE. XXXI
pouvait. Mais il y eut trop de volontés où il n'y en aurait fallu qu'une seule, et celle de la Papauté était trop éloignée pour être souveraine dans cette occasion.
Le désastre de Varna amena la chute de Gonstantinople. Ce n'est pas que cette catastrophe, arrivée neuf ans plus tard, n'eût pu être prévenue, même après la défaite des Hongrois. Si elle l'avait voulu, l'Europe chrétienne aurait pu prendre une rude revanche. Mais l'Europe chrétienne en était arrivée à ce point d'indifférence de ne pouvoir être réveillée que par un coup de tonnerre. Comme de i444 à i45a les Turcs semblèrent avoir oublié les chrétiens de l'Occident, ceux-ci, s'abandonnant à une fausse sécurité, laissèrent Mahomet II préparer sa grande conquête. J'ai donné à la prise de Gonstantinople plus de développement qu'à aucun autre événement du mêmejçenre, parce que c'est le plus important du siècle, parce qu'il touche à la Papauté par tous les bouts, parce qu'il, remua profondément l'Europe, enfin, parce qu'il absorba, pour le réparer, l'attention de trois pontifes. C'est en parcourant la volumineuse correspondance de Nicolas V, de Calixte III et de Pie II surtout qu'on peut se laire une idée des efforts tentés, par la Papauté, pour armer l'Occident contre l'Orient, et du mouvement qu'elle excitait dans les cours de l'Europe. Elle fut au moment de "réussir sous Pie II, et si Mahomet ne poussa pas alors plus loin ses agressions contre l'Occident, on doit l'attribuer à la crainte que lui avait inspirée le prodigieux armement opéré par ce pontife.
I^ règne de Pie II a été la grande époque de la lutte de la Papauté du XVe siècle contre les