‹ Histoire de la papauté pendant le XVe siècle (volume 2)Chapitre 19 sur 37 · XXXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXII PRÉFACE

Turcs. Paul II et Sixte IV la continuent, mais avec beaucoup moins d'énergie, jusqu'à ce que la mort de Mahomet II la suspende tout à tait. C'a été le but de mes recherches sur ce point de montrer combien les papes du XVe siècle ont déployé une politique bienfaisante et tutélaire, et combien les diverses nationalités de l'Europe chrétienne leur sont redevables.

Ce que j'ai fait pour la lutte de l'Occident avec l'Orient, je l'ai fait a?issi en ce qui concerne la réforme de l'Eglise. Quand on lit les histoires écrites, je ne dirai pas seulement, par les protestants, mais encore par des catholiques, on en rapporte cette opinion que la Papauté du XVe siècle n'a pas été favorable à la réforme, que tous les efforts qui furent alors tentés dans ce but échouèrent par son mauvais vouloir, et qu'elle n'y mit à aucun instant sérieusement la main. C'est là une erreur, comme tant d'autres, <jui s'est accréditée, à force d'être répétée. Je ne sais si je m'abuse, mais il me semble avoir mis au jour assez de faits pour prouver aux hommes de bonne foi que, avant Sixte IV, ce ne furent point les papes qui entravèrent l'œuvre de la correction, mais le mauvais esprit et les fausses opinions qui régnaient, soit dans les cours, soit dans une notable portion du clergé, et menaçaient du schisme sitôt qu'il était question de réforme.

Dans ma course rétrospective à travers une époque déjà si loin de nous, j'ai trouvé plus d'un point de contact avec la nôtre, car l'homme ressemble toujours à l'homme. Il était de la sagesse sans doute de m'aider de l'expérience de ce que j'ai vu par moi-même pour juger ce que j'étais obligé d'apprendre par le témoignage des historiens., mais il était de la prudence aussi de m'in-

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