XXXIV PRÉFACE
Les sources auxquelles j'ai puisé pour éclaircir tant de faits divers sont de plusieurs sortes. D'abord je me suis servi des documents que tout le monde a sous la main, et dont les uns se trouvent épars dans les collections, les autres rassemblés dans les annalistes. Ces documents ont servi à jeter les fondements de mon travail . J'ai rencontré, comme je l'avais fait pour mon premier ouvrage, dans les vieilles chroniques , des matériaux rudes et informes, mais précieux. Les lettres des papes, des princes, des cardinaux , les recueils qui contiennent la correspondance des savants, soit entre eux, soit avec les grands personnages du temps, en particulier ceux de Poggio Bracciolini, de Léonardo Bruni d'Arezzo, de Francesco Fiielfo, d'iEneas Sylvius , d'Ambrogio Traversari., du cardinal de Pavie, de Pierre Martyr Anglerio, m'ont fourni des lumières spéciales, tant pour l'appréciation morale des hommes que pour l'intelligence de certains faits. Je dois dire aussi que plusieurs travaux biographiques, dus à des savants judicieux, m'ont été d'un utile secours.
Mais en vain eussé-je compulsé tous les livres de nos bibliothèques françaises, je n'aurais pu y trouver la somme des renseignements qui m'étaient nécessaires p )ur résoudre les graves questions que j'avais à traiter. Au XVe siècle, la Papauté a cessé d'être française pour reprendre, avec son siège primitif naturel, une politique et un caractère italiens. C'était donc en Italie qu'il fallait aller chercher mon dernier mot sur les personnes et les choses, et étudier la forme définitive qu'il convenait de donner à mon livre. Je me suis dirigé vers cette contrée, et je l'ai, je puis le dire, parcourue pas à pas ,
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scrutant les lieux auxquels pouvait se rapporter un souvenir célèbre et où s'était accompli quelque grand événement, interrogeant les archives et les bibliothèques si riches et si bien tenues des villes. J'ai pris la peine de dépouiller, au couvent de la Cava et à l'abbaye du Mont- Cassin, les catalogues des soixante mille diplômes que possède chacun de ces deux grands centres bénédictins. J'ai relevé sur les manuscrits tout ce qui avait quelque rapport à mon sujet. Les magnifiques dépôts manuscrits des bibliothèques Laurentierme et Magliabecchi à Florence, m'ont fourni plusieurs documents entièrement neufs. J'ai compulsé, à Venise, les premiers volumes de l'énorme chronique de Sanuto, à Milan, la correspondance de Francesco Sforza , avec ses ministres à Home , sous Galixte III , Pie II et Paul IL II y a dans cette correspondance des pièces intéressantes et propres à jeter une vive lumière sur la politique italienne vers le milieu du XVe siècle. A Turin, j'ai pu pénétrer dans les archives de l'Etat et suivre, d'un bout à l'autre, le volumineux bullaire de Félix V.
Mais c'est Rome qui m'a offert, sans contredit, les plus amples renseignements. Nulle part on ne rencontre des collections aussi importantes et aussi nombreuses de manuscrits et d'imprimés en tous genres. Outre la bibliothèque du Vatican, qui renferme les pièces officielles de l'administration romaine , la correspondance des papes avec les Gouvernements , les journaux de la cour, ainsi qu'une foule de chroniques , d'éphémérides , de biographies et de récits spéciaux. Il y a plusieurs autres bibliothèques et archives, appartenant à de grandes familles, et dont les richesses ont été accu-