PRIÈRE A STE EUTYCOHIANE, MARTYRE
Sainte Eutychiane, qui avez eu le bonheur de mourir pour la religion, dnignez écouter les humbles prières que nous vous adressons en présence de vos saintes reliques, Nous bénissons la divine Providence qui a permisque votre corps vénérable fût tiré des catacombes où il était caché depuis tant de siècles, et envoyé dans ce pays, pour y être religieusement honoré.
Nous nous réjouissons de votre entrée triomphante en cette paroisse : et nons sommes heureux de vous voir sous cet autel déjà si cher à nos cœurs,
Recevez les hommages dus au glorienx martyre que vous avez souffert, et que votre nom soit invoqué avec confiance par tous ceux qui viendront y implorer votre secours,
Regardez avec bonté les pieux fidèles qui vous invoquent, et bénissez cette paroisse qui met sa gloire à vous posséder. Faites éclater votre puissant crédit auprès de Dieu, et reposez en paix au milieu de nous, À vous maintenant de nous protéger, ô glorieuse martyre, et de nous obtenir la grace d'imiter votre patience, votre courage et vos autres vertus. Ainsi soit-il,
Notre Père... Je vous salue, Marie... Salve virgo sancta Eutychiana, sponsa Jésus-Christi, ora pro nobis nunc et in hora mortis nostræ. Amen.
M. Dumoulin aimait à f.apper l'imagination du peuvle par des fêtes brillantes, Dans ce but, il fit achetor, avec les deniers de la fabrique, des instruments de cuivre, afin de former un corps de musiciens pour le service de l’église. De plus les jeunes gens de la paroisse formèrent une compagnie militaire sous le commandement de Frs Robidas, ancien caporal de 1812, portant la médaille de Chateauguay. Ces jeunes gens vinrent à faire l'exercice militaire avec un ensemble parfait, et, dans le: grandes fêtes ils assistaient à la messe en uniforme, et arrivaient à l'église carabine au bras, et musique entête. Si l’on ajoute que la paroisse possédait alors un chœur considérable ot des voix de premier ordre, on comprendra que les offices de l’église se faisaient à Yamachiche
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avec une grande majesté et un éclat qu'on ne voyait nulle part ailleurs, Parmi les chantres de ce temps nous croyons devoir mentionner les Caron et les Carbonneuu, Parmi les frères Caron, Michel, ci-devant membre du parlement, était regardé comme le meilleur chantre, Il possédait une voix douce et puissante à la fois. Tout le monde remarquait, qu'à la façon des artistes qui ne veulent pas exposer leur réputation, il refusait de chanter dès qu'il se sentait tant soit peu enrhumé,
A sa mort, la fabrique paya les frais de son enterrement, pour reconnaître les services qu'il avait rendus comme chantre,
François’ et Augustin Carbonneau furent formés par M. Ecuyer, qui, pour leur apprendre la musique, les gardait, quand ils étaient enfants, des quinze jours et même des trois semaines dans son presbytère,
Les gens d'Yamachiche étaient fiers de leur paroisse, et ils avaient raison, car on en parlait de bien loin, Ils aimaient à assi-ter à ses offices que l’on prenait tant de soin à préparer, L'œuvre du curé devenait ainsi merveilleusement facile, Quand le peuple aime à venir à l'église il écoute ce qu'on lui dit, et se laisse diriger dans les sentiers de la toi et des bonnes œuvres,
Ce fut Mons. Dumoulin qui fit élever le presbytère actuel, superbe édifice de quatre-vingt pieds de longueur, à façade en pierres de taille, mais à un seul étage. Cette œuvre compta peu dans la vie de M, Dumoulin, car alors une autre œuvre plus importante le préoccupait,
Dans la grande paroisse qu'il avait à desservir, il ne se trouvait pas de maisons où les enfants pussent recevoir une éducation supérieure, Il fallait envoyer ces chers enfants, garçons ou filles, aux Trois-Rivières, à Nicolet ou à Montréal, de là des dépenses que bien peu de familles se trouvaient en état de supporter. Le vénérable curé se mit donc à l’œuvre, fit donner un emplacement par la fabrique et commença, avec l'uide des paroissiens .une maison en brique, à deux étages, de 80 pieds de long sur 40 de large. Avec les mansardes, cet édifice se trouvait à donner beaucoup de logement, Quand la construction fut terminée, il réclama les services des Sœurs de la Congrégation de Montréal, pour y faire l’écolo aux petites filles et établir un pensionnat,
C'était en l’année 1852, Les vénérables Sœurs de la Çon-
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grégation ne refusaient pas de fonder une mission de leur ordre à Yamachiche, mais pour le moment elles se trouvaient à ne pouvoir pas disposer du nombre de sœurs nécessaire, elles demandaient donc à retarder,
Alors M. Dumoulin montra d'une manière éclatante de quel esprit de foi il était animé, Sœur N, est malade, dit-il avec assurance, envoyez-nous-ln avec les deux sœurs déjà disponibles, sainte Anne la guérira, On envoya donc la malade à Yamachiche, et elle fut effvetivement guérie.
Les Sœurs de la Congrégation commencèrent leurs classes avec un succès qui ne s'est pas ralenti.
M. Dumoulin avait pourvu à l'éducation des filles dans sa paroisse, il fallait songer maintenant à faciliter l'éducation des enfants du sexe masculin, En même temps que le couvent se construisait, on se mit à traiter la question d'élever une école pour les gurçons, laquelle serait tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes, Dieu était avec le vénérable curé, et en 1853 les Frères prenaient possession d'une maison à deux étages, en brique, de quarante pieds sur trente-six, Dès la même année cette maison se trouvait insuffisante, et on dut l'agrandir en 1854, en lui donnant environ quatre-vingt pieds de face,
Cette école est fréquentée, aujourd'hui par un très grand nombre d'élèves.
Voici les noms des directeurs qui y ont passé jusqu'à la présente année : ler Fr. Léon, 2ième Fr. Bertram, 3ième Fr, Hyeronimus, 4ième Fr. Célian, 5ième Fr, Sallustian, 6ième Fr, Théodulphe, 7ième Fr, Symphronien,
Cependant Mr. Dumoulin était atteint de la maladie qui le conduisit à la tombe. En 1853. il partit pour aller demeurer quelque temps chez son frère, Benjamin Dumoulin, Eer, avocat, aux Trois-Rivières, afin de se mettre sous les soins d’un docteur de l'endroit, Lorsqu'il quitta son presbytère, il ent un pressentiment que la mort l’attendait aux Trois-Rivières, et, le cœur bien gros d'émotions, il dit à ceux qu'il l’accompagnaient : “Je ne reviendrai plus.” La paroisse tout entière était aturistée de ce départ, Un nombre considérable de voitures l’accompagnaient quand il alla prendre le bateau ; et tout le monde fondit en larmes lorsqu’il fit ses adieux au moment d’embarquer. Dans toutes les familles on pria avec ferveur pour le rétablissement de sa santé,
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mais la mort fut impitoyable, et il expira chez son frère le 27 juillet 1853, à l'âge de soixante ans.
On amena son corps dans ce presbytère qu'il avait bâti, au sein de cette paroisse où tout prononçait son nom pour le béair ; un cortége immense et merveilleusement recueilli lo suivait, Son service fut le plus solennel qui eût été chanté dans l'église d'Yamachiche,
Ja mémoire de M. Dumouliu est restée en vénération dans cette paroisse qu’il a desservie pendant si longtemps. Vous trou: verez son portrait dans plus d'une famille, et soa souvenir est gravé dans tous les cœurs,
M. Dumoulin était chanoine honoraire de la cathédrale de Montréal.
MD