‹ Histoire de la paroisse de Néhou: depuis les temps les plus reculés jusqu'aChapitre 13 sur 64 · UVRE I · texte numérisé non relu

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Il y avait' probablement beaucoup de terre sur ce pavé dans le moment où le chêne était jeune ; le pied de cet arbre qui prenait de nlus en plus desaccroissemeus, le laps du temps et les pluies ^ en aplanissant le lieu où il se trouvait , auront fait à la longue disparaître cette terre , et c^est sans doute au vieux chêne qu'on fut redevable de la conservation de ces vestiges que les ravages des siècles n'eussent pas plifs épargnés que les par.lies contiguës dont il ne restait aucune trace «

Sur remplacement dé ce même bois du Parc f proche la Scye , au haut du coteau , en face du pont Rault et des Petits-Prés , se voient encore a,u|ourd'hui des restes bien caractérisés d'anciens retranchemens qui semblent avoir ejitouré un morceau de terrain assez étendu. Tout porte à croire que ces vertiges sont d'origine romaine ^t qu'ils sont du même temps que lies établissemens romains dont les traces et les débris se trouvent en grande abondance de Tautre côté de la rivière , sur la partie sud-est de Bricquebeç. Nous avions re-

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marqué ces retranchemens dans notre enfance , mais la pensée que les Romains en étaient les auteurs ne nous était jamais venue à l'esprit. Cette découverte est due i M. Pierre Le Fillastre^ de Bricquebec ; et c'est lui qui nous a fait porter notre attention 9ur ces vestiges d'une grande nation qui n'est plus.

On a trouvé ^ en défrichant , près le Pont*aux-Moines y dana la partie méridionale du bois de la Roquelle, des médailles romaines^ une espèce de poignard en fer , dans un ravin , des pointes en métal y fragmens dejavelots^ des meules concaves et convexes^ des morceaux concaves ^ ^en fer, et autres débris qu'on ne peut évidemment attribuer qu'aux Romains.

Des briques romaines se rencontrent aussi dans le boi^ de Danneville ; mais la principale et la plus considérable découverte de ce genre a été faite au printemps de i833,dans un herbage appartenant à M.leChevalierdeGoubervilléyetattenant à son jardin. En i^eusantun fossé dans cet herbage , on a trou véune grande quan-

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tité de briques romaines ; Pherbis venaîl moins bien dans cet endroit ^ et il est encore aisé au jouixl'hui de remarquer^ en partant dtu fossé et en s'ayasçant dans l'herbage, un grand emplacement où Therbe est moins belle et où elle se sèche* dans Tété , beaucoup plus tôt qnedans le reste du champ. Cet emplacement eu recèle indubitablement beaucoup d'autres ; celles qu'on a trouyées eu creusant le fossé sont des trois espèces qui étaient le plu»

en usage chez les Romains : les- grosses briques parallélogramme» | qu'ils nommaient latercs ; ks briques ^ates «t à rebords j tegulœ ,, et les briques couTexes et plus ouyertes par un des bouts que par Tau Ire, et qu'on appelai! ùnbrices) ces deux dernières espèce serraîcul à couvrir les maisons.

La nature du terram, qui est glaiseux , le. nom des pièces voisines , qui , de temps immémorial, s'appellent les Poteries ^ cet aAjas considérable de briques et de fragmens de briquesdeplusieursespèces, tout se rcunît peur faire conclure» qu'il y eut

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là y jadis y UDe manufacture de ces sortes d'objets, et qu'il^a quinze ou seize siècles^ il y avait, sinon des potiers, aumoinsdes faiseurs de briques dans Néhou.

Les habitations romaines y furent-elles nombreuses? c^est une question qu'il serait difficile de résoudre d'une manière positive, puisque nous ne pouvons retrouver là-dessus d'autres renseignemens que les traces dont nous venons déparier.

Mais , quoiqu*il en soit de cette question, 8*il y eut, comme on n'en peut pasdouter, des habitans dans la terre de Néhou pendant les cinq siècles que ce pays fut en Isi puissance des Romains , ils durent disparaître après le règne de Clovis , qm porta le dernier coup à la domination romaine dans les Gauled. Un titre authentique du X® siècle (i), dont noua parlerons plus tard , nous montre le territoire de cette paroisse comme inculte et inhabité.

Il y avait déjà {>lusieurs siècles que les Francs, peuples de la Germanie, s'étaient établis sur les débris de r£mpire romain

(x) L'acte de concession de Fan ^x%>

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istjos la Gaule y et lui avaient donné le nom de France. Des barbares Scandinaves , venus des bords de la 'Mer-Baltique et connus sous le nom de Noi"mands|(i) ravagèrent le pays. Ces peuples , long-temps terribles y avaient déjà infesté nos côtes sous le règne des fils de Clovis. Gharlemagne, le plus grand de nos rois, n*avait pu les dompter; les précautionA qu'il prit pour se mettre en garde contre ces pirates, servirent (vers ' 816) sous lerègnedeLouis-le-Débonnaire; mais ce prince faible laissa une succession incectaine,. des enfans acharnés les uns contre les autres. Leur prétentions détruisirent leurs troupes y et les peilples du Nord ne furent plus contenus, (a)

Bientôt des essaims de ces pirates descendirent sans opposition sur nos côtes 1 détruisirent les églises et les monastères 1

(i) Sommes âuXord; composé des mots germaniques IS'ori , Nord, inan, homme:

(2] Aim. de la Manche , ami. 1839^ pag. ^5;

l4 niSTOIRB DE MÊfiaU.

ruinèrent et ravagèrent tout. ^i)Des malheurs du même genre affligèrent le pays jusqu'en Tan 912 , époque où la proyince fut cédée aux peuples du Nord , qui la ravageaient depuis i5o aiis , et qui ^ de leur nom I lui donnèrent celui d6 Normandie.

(i) Guitt. de Jumiège , De gestis Normann, , lib, i, cap. 6 ei 8, et toutes le$ Hist. de Fr. et dd Norqoodiec

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