‹ Histoire de la paroisse de Saint-Augustin (Portneuf) [microforme]Chapitre 12 sur 147 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

Vers 1690, on construisit une petite chapelle de bois, sur le bord du fleuve, dans l’Anse-à-Maheut. Je ne saurais dire avec

‘précision où est siluée cette localité. Quoi qu'il en soit,

comme la marée rendait cet endroit d’un accès difficile, l'autorité ecclésiastique fixa un autre site plus convenable et ordonna d'y transporter la chapelle et le cimetière. Les habitants du voisinage se mirent en devoir de s'y opposer ; mais l'Intendant prêta main forte à l’Evèque et contraignit les gens à exécuter'son ordonnance.

Le lieu choisi pour cette trenslation était précisément celui où s’éleva, plus tard, l'église dont on voit encore les ruines, au pied de la grande céle, sur le bord du fleuve.

M. l'abbé Sasseville me permettra de lui faire observer, avec tout le respect qne je lui dois, qu'il commet ici deux erreurs : erxeur de date, puis erreur de site.

Dans les archives de 1720, Messire Pierre Auclair- Desnoyers, missionnaire en 1713, et fait curé fixe le 31 août 1714, dit que cette chapelle avait duré 26 ans. En retranchant ces 26 ans de l’année 1720, on trouve que cette chapelle avait dû être érigée en 1694.

Quant au site de cette première chapelle, dont'on

- voit encore les fondations, il n'y a pas de doute qu'il se

trouvait sur la terre d’un nommé Ambroise Tinon- Desroches. (1).

Une partie de cette terre d'Ambroïise Tinon- Desroches appartient aujourd’hui au fils du capitaine Jean-Baptiste Racette (Hildevert), de sorte que la

remière chapelle se trouvait sur le bord du fleuve, et ‘on en voit encore les fondations, qui mesurent 30 pieds de longueur sur une largeur de 22 pieds à peu

rès. Cette chapelle, disent les archives, était à plus

e 30 arpents en haut du site de l’ancienne église bâtie

on 1720, cette fois-ci, à l’Anse-à-Maheu, tel qu'ille sera

dit plus loin.

(1) L’ancôtre de cos Dosroches se nommait Tinon. ÆEtabli à la : Rivière-des-Roches, (dans Lorette, aujourd’hui, et faisant partie de

Saint-Au n, autrefots,) il prit le surnom de Desroches, qui est resté, tandis que le vrai nom de Zinon à disparu. ÿ

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Afin de mieux conserver le souvenir de cette ancienne relique ; afin que, plus tard, on puisse retrouver l'emplacement de ce modeste lieu de prières, lorsque toute trace en aura disparu, donnons-en la distance à partir de l’église actuelle (en 1884).

Tournez le dos à cette église et descendez droit vers lo fleuve et jusqu’au chemin d’en bas de la côte : vous avez une distance de 20 arpents. Prenez ensuite à droite, dans le chemin que je viens d'indiquer, et mesurez l’espace de 10 arpents, puis arrêtez-vous là, Enfin, reprenez votre marche directement vers le fleuve l’espace d’une dizaine d’arpents, et vous serez sur le site occupé par la première chapelle où ont prié vos pères, à Saint-Augustin. Vous aurez trouvé, en même temps, par la voie que je viens d'indiquer, une distance de quarante arpents, à quelques pieds près.

M. Hildevert Racette, dont ii est fait mention plus haut, conserve précieusement deux chandeliers do cuivre qui ont servi à cette première. chapelle, La valeur intrinsèque de cette tie d’un autre siècle n'esé pas considérable ; mais les souvenirs qui s’y rattachent la rendent d'un prix inestimable.

Ces chandeliers sont de cuivre pur et ne mesurent que sept pouces et demi de hauteur,

L'’aïeul de M. Hildevert Racette avait en sa possession une banquette de l’ancienfe chapelle de 1694, relique aq qui, probablement,"a été mise au fou par quelque main sacrilége, à l’insu, néanmoins, des membres de cette famille, qui ont tous l'amour et le

. respect qu’un cœur bien placé doit aux choses du passé.

Cette première chapelle, bâtie, comme on vicnt de le

voir, en 1694, et sur la terre d’'Ambroise Tinon-

Desroches, re servit au culte, à cet endroit, que l’espace de 19 ans, c’est-à-dire jusqu’en 1713.

Durant cette année (1713), M. Hazeur desservait Saint-Augustin, et c'estsous lui (peut-être à ses instances)

Anse-à-Maheu.,

Les raisons invoquées en faveur de la taanslation de

la chapelle de 1694 et de son cimetière dans l'Anseà-

Maheu, étaient: l’accès difficile du site sur lequel on l'avait placée, à quelques pieds du fleuve, puis l’éloignement où elle se trouvait du presbytère déjà construit « l’anse que je viens de nommer.

Pour ce qui est de ce presbytère, on voit bien, par les documents de 1713, qu'il existait alors, et l’on verra par le document publié plus loin qu'il avait été bâli 17 ans auparavant, C'est-à-dire en 1696, où deux ans seulement après la construction de la première Mn eur À en 1694. Il est permis de supposer de ce presbytère a dû être construit, dans l’Anse-à-Maheu, à cette époque, dans la prévision que la chapelle devait, tôt ou tard, être transportée à l’Anse-à-Maheu.

Cette translation de la chapelle et du cimetière du sité où on les avait placés, en 1694, à l’Anse-à-Mehen, souleva une tempête parmi les “gens du haut de la paroisse.” Je eite à ce sujet un long document écrit

par Messire Auclair-Desnoyers, sans rien changer à

son orthographe. Ce manuscrit, conservé aux archives de la paroisse, n’est pas complet. Je le reproduis ici, cependant, tel qu'il est, et, d'après moi, il estsi précieux, que je croirais commettre un sacrilége en y changeant un iota. Voici:

Desservi que par voyes de mission, tant de prêtres séciiliers que réguliers, jusqu’à 1710, y celle paroisse, et pour les huit

ans cy inclus, Les autres ont été entrés en petit nombres. Et pendant ! 11 et 1712, il n’a point été tenu de registres dans Ja

psse, (1) depuis la tiu de 1712, et suivant tout y est en très bon 1 ordre, Messire Thierry hazurre, (Hazeur) grand pénitentier de |

la cathédrale, ayant desservi lad, psso. pendant 1713 jusqu'au

{4 octobre et fait transporter lad. année, la susdite église de | bois (qui avait été posée lelong du fleuve St. Laurent, à plus | de 30 arpents plus haut) par cequ’elle estoit souvent entourée 1 d'eau, qui empeschoit son abord, et qu’elle estoit eloignée du ! presbitere baiy eu pierre, dans l’ance de Maheu, ou il subsiste encore; et l'Eglise ne venoit que d'être remontée dans #1 :

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(1) Abréviation fréquente du mot paroisse,

Angle guerr ayant 1700) dans lordor sûr là prêtre lad, ps la rec Aujo estant le Curé de l'Eg l'Inten tere et sacrem fixe san étau tr concedé proche lo Curé, lad. pss milice, Mathieu Pagna, Gabour Mathieu neuve, Q declarez de reba obligez ( sence de

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charpente et couverte de planche en coutteau grossièrement, lorsque Morsieur Auclair Desnoyers y fut envoyémissionnairé, le quatorzième du mois d'octobre de lad. année 1713, el fait, curé fixe dud. lieu le dernier jour d’aoust 1714 suivant, :

Le transport de :aditte Eglise de bois ne se fit qu'avec bien de Ja difficulté de la part des habitans du haut de la psse qui se trouvaient en possession de l'Eglise qui estoit plus proche d'eux qu'elle n5 se devoit trouver en Ja transportant, [l n'y eû que déux raisons qui les forcèrent de se rendre. La première fut de la part de Mr. le Grand Vicaire (a l'absence de Monseigneur de St, Valier, qui estoit pour lors detenu en Angleterre, depuis douze ans et plus comme prisonnier de guerre, avec quinze Écclésiastiques, qui l'accompagnoient, ayant été pris sur mer revenant de France en Canada l'année 1700) qui les menaçoit qu'ils n'auraient point de curé <table dans leur psse. qu’à ces conditions; et la seconde ce fut lordonnance de Monsr. Begofÿ, Intendant. dans le pays, rendu sûr la Requeste a luy présentée par messire Thierry hazurreé, prêtre curé desservant led. lieu, et un nombre des habitans de lad. psse. qui y consentoient volontier, comme il paroist par la requeste qui en fut faite dont voicy la teneur.

Aujourd’'hul 25 juillet 1713 les habitans de St. Augustin estant convenus que la difficulté de pouvoir faciliter à Monsieur le Curé sa demeure fixs estoit trop grande sur l'éloignement de l'Eglise du presbitere ont demande ét demandent à Monsr. l'Intendant un ordre pour faire approcher l'Eglise du presbitere et par £e moyen avoir un prêtre pour leur administrer les. sacrements, convenants tous de l'impossibilité d’avoir un curé fixe sans ce moyen a cette effet, ont consenty a la démolition et au transport de lad. Eglisse pour etre rebatie sur le terrein concedé pour le presbitere, laqu’elle Eglise sera construitté proche led. presbitere pour la commodité du public et dé Mr, le Curé, Dequoy sont convenus is: sous nommés habitans de lad. psse. de St. Augustin sçavoir Pierre Constantin, major de milice, Jean Duboct Lieutenant de milice, Jean (Caïliet, Mathieu Gingras, André Harnois,Jean LaBreche, Louis Campagna, Jean Briere, Romain La Voye, Estienne Gilbert, Jean Gaboury, Pierre Racet, Joseph Tugal, (1) Pierre Martin, Mathieu Tôûgal, Jean Penisson, Michel Porreau, Pierre Villeneuve, quelqu'un d’entre eux ayant signé ct les autres ont declarez ne suavoir ecrire n’y signer, d'eux ab la charge de rebatir lad, Eglise sans que les autres habitans soïent obligez de la rebatir fait à Québec, le 25 juillet 1713 en p sence de Mre Hazeur prestre curé faisant les fonctions curialles

(1) Aujourd'hui : Dugal.

en lad, pasé, de St, Augustin issû de grande messe. Signé Constantin, Duboct, Jean Caillat, LaBreche, Pièrre Racet, Hazeur.

Michel Begon chevalier seigneur de la Picardiere Murbalin et autres lieux cons. du Roy en ses conseils, Intendant de justice, police el finance, en la nouvelle France. Veù l'acte ey dessus aquoy ayant egard Nous permettons auxd, habitans de la psse. de St. Augustin, de démolir lad. Eglise, dela transporter, et-rebatir proche le presbitere sur le terrein dessigné a cette effet, Mandons aux officiers de milice de lad. cotte, de tenir la main a l’execution de la prste. ordonnance. Ft,a Quebec le 27 juillet 1713. Signé Becox et plus bas Msr Barbel.

Quoy que led. sieur Hazeur eu obtenu le transport de lad, Eglise il n’y avoit pas encore dit la messe, n'estant pas suffisamment couvertte pour l’exempter de l’eau dans touttes les orages ; mais il la disoit dans le presbitaire, qui n’avoit presque pas sérvi a aucuns usage, pour n'avoir pas été parfaittement achevé, quoy qu’il fut ellevé en muraille et en couverture depuis 17 ans. Les renduiis n’estant pas encore faits, n'y ayant encore qu’ne petitts cloison de planche d’un poulee, (1) retirée a six pieds d’un bout du presbitaire, et qu’elques planches pour former un petit cabinet, dans cette petitte espace n'y ayant pour tout ameublement qu’ne espèce de petit bureau de quatre tiroirs a chacque bout et un plus grand dans le milieu, fait de menuiserie (ici, un mot illisible) en planche de pin ; n'ayant

as six vitres en touttes les fenetres du presbitere, quoy que

es chassis fussents faits et posés, et toutes les fenestres ne se fermoient qu'avec des contrevents et l'autel estoit dressée contre cette petite cloison et le reste du presbitere servoit d'Eglise. Le curé iveques a ce jour ayant été obligé de se retirer chez les hrbitans ce qui renfermoit milles incommoditez. Led. presbitere sembloit plus tost une masure abandonnée qu'autre choses, car la muraille d’ycelui estoitrompuë, a cinq endroits et assé ouverte pr faire l'entrée des ratz et autres insectes et exposer les clefs des deux fenetres a tomber. La lembourde qui soutenoit seulle les planchers de la cave estant presque toutte pourie, que l'on fut obligé d’apuyer pour faire passer l’hyver, Dans le grenier lés ravalements n'estant qu'aux deux tiers faits, ayant néantmoin dans le milieu une cloison qui le divisoit. Le haut des cheminez estant toutte difformes ot presque &batu qui demandoient une réparation nécessaire, ec c’est la la situation ou il estoit lorque ledit Sieur Pierre Auclair Desnoyers prestre vint pour desservir led. lieu. L'endroit estoit desert sans établissement d’aucunes choses

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ny ayant pas un seul pieu de planter pour former un jardin,

un potager, n'y autres Batiments pour faire la commodité du Curé arrivant,

Nous verrons, plus loin, l'histoire de cette première chapelle dont la translation paraît avoir fait beaucoup de mécontents.

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