‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 25 sur 71 · INDICATIONS ET RECHERCHES SUR LES TRAVAUX DE DOUFFET · texte numérisé non relu

INDICATIONS ET RECHERCHES SUR LES TRAVAUX DE DOUFFET

Indépendamment des tableaux mentionnés dans la biographie du peintre, voici l’indication de quelques-unes de ses peintures qui, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, se trouvaient encore dans les églises et chez quelques amateurs de la ville de Liège :

Dans la chapelle de la Vierge-Bonne-Nouvelle’, à S*-Lambert : Saint Materne et Saint Lambert.

Aux Carmes en Isle : La Mort de sainte Thérèse et Daniel dans la fosse aux lions.

Au monastère de Vivegnis, près de Liège, dans le chœur des dames : Le Seigneur tenté par Satan , Marthe et Marie auprès du Christ , la Piscine.

A Huy, aux Frères Mineurs : S 1 Pierre guérissant les malades à la porte du temple , et une autre peinture dont le sujet n’est pas indiqué.

Aux Augustins , à Liège : Sainte Monique , Saint Augustin , Saint Nicolas de Tolentin , Saint Thomas de Villeneuve et Sainte Claire.

Chez les amateurs , à Liège : Les C'y clopes forgeant les armes en présence de Venus.

Une Sainte Famille , appartenant à M. Lovinfosse; une autre Sainte Famille , appartenant à M. Defrance ; enfin , un Saint Guillaume et Ruth et Noémi , deux tableaux appartenant au chanoine Hamal.

La glorification de St François d’ Assise. — Tableau décrit dans la biographie de l’artiste.

(Pinacothèque de Munich )

L’invention de la S*e Croix. — Tableau décrit dans la biographie de l’artiste.

(Pinacothèque de Munich.)

Portrait d’homme. — La tête paraît être celle d’un homme âgé d’une quarantaine d’années. Il porte les cheveux longs, la moustache retroussée et la mouche au menton ; il est vêtu d’un pourpoint de soie violette , à nœuds noirs et à aiguillettes, d’un col blanc à plis et d’un manteau noir. De la main droite il tient ses gants.

Peinture intense et chaude, tenant des Vénitiens ; la couleur a un peu noirci dans les ombres , qui paraissent exagérées.

Toile : H., 75. L., 58.

(Pinacothèque de Munich, où ce portrait figure sous le n° 183.)

Portrait d’homme. — Type énergique , un peu vulgaire , moustache et barbe rousses ; cette dernière coupée carrément au menton. La tête est coiffée d’un chapeau noir à cylindre , à très-petits bords, à peu près tels qu’on les porte encore de nos jours. Ce personnage est vêtu d’un pourpoint noir et porte une fraise au cou ; il a la main droite dans la poche de ses chausses , et de la gauche il tient un rouleau de papiers.

Dans 1 angle de la toile , il y a un blason que nous n’avons pu déchiffrer et l’inscription suivante : Aetatis suae 5Z.

Ce beau portrait , vigoureux de ton et d’une touche ferme , est daté de l’an 1624.

Toile : H., 0,95. ‘L. , 0,68.

(Pinacothèque de Munich , où il figure sous le n° 226.)

La Descente de Croix. — La composition de cette toile Offre des réminiscences du célèbre tableau de Rubens. Le corps du Christ, descendu de l’instrument du supplice par deux ouvriers montés sur des échelles et deux hommes âgés d’un rang élevé, Joseph d’Arimathie et Nicodême, est reçu par un jeune homme qui, dans l’intention du peintre, représente sans doute Sf-Jean ; il reçoit le corps du divin maître sur une draperie rouge. A côté de lui la sainte Vierge, la tête couverte d’un voile blanc, lève les yeux au ciel. Du geste elle indique un fragment d architecture sur lequel est écrit la devise : Dante juv ante Deo , qui est probablement celle du donateur du tableau , un seigneur d Eynatten, abbé du monastère de Cornelimunster, mort en 1645, dont les armes sont peintes près du fragment d’architecture.

A droite du spectateur, au premier plan, on voit Ste Madeleine , les cheveux épars , occupée à prendre un vase qu’un jeune

homme apporte. Auprès d’elle une autre femme déposé un plat en cuivre au pied de la croix. Le peintre a voulu indiquer par là les préparatifs pour l’embaumement du Christ. Cette toile est d’une couleur vigoureuse, mais un peu terreuse dans les ombres. Elle n’a rien de la palette flamande. Quelques têtes, les cheveux et la draperie de sainte Madeleine sont bien peintes, mais la composition est faible, et les têtes sont froides. L’harmonie du tableau souffre d’ailleurs de l’horrible cadre rococo blanc et or qui 1 entoure. Somme toute, c’est une œuvre très-inférieure aux peintures du même maître conservées à la Pinacothèque de Munich.

L’état de conservation de cette toile est assez bon ; il a été nettoyé et rentoilé, en 1841, par un peintre qui a jugé à propos d’y mettre son nom avec un renovatum. Quelques retouches sont apparentes. Enlevé par les armées françaises en 1802. lors de la suppression de l’ancienne abbaye de Cornelimunster, fondée par Louis-le-Débonnaire en 815, cette peinture fut restituée, après la prise de Paris par les alliés. C’est, à notre connaissance, le seul tableau de Douffet figurant encore aujourd’hui à la place pour laquelle l’artiste l’a exécuté. Il avait peint pour la même abbaye deux tableaux qui ont disparu.

Toile: H., 3,18. L., 2,18.

Maître-autel de l’église de l’ancienne abbaye de Cornelimunster (Prusse).

Venus visitant la forge du Gyclope. — Le Cyclope, avec plusieurs aides, est occupé à frapper sur une enclume pour forger des armes. A droite du spectateur un jeune compagnon active le feu de la forge en mettant le soufflet en mouvement. De l’autre côté du tableau, au premier plan, une jeune femme (Venus) montre à un enfant, qui est appuyé sur un chien, le groupe animé des travailleurs.

Ce tableau, où l’artiste semble avoir pris tous ses modèles dans la vie réelle et la population au milieu de laquelle il vivait, n’a rien de mythologique, si ce n’est le Cyclope à l’œil unique au milieu du front. Les autres acteurs de la scène sont de robustes liégeois avec leurs types plus énergiques que distingués.

Au surplus, cette toile est d’une bonne couleur, vigoureuse sans exagération , transparente dans les ombres et d’un ton fin dans les lumières; elle est peinte d’un pinceau gras et large, qui fait honneur à la manière du peintre. On peut regarder ce tableau dans son ensemble comme un excellent spécimen des œuvres de petite dimension de l’école liégeoise au XVIIe siècle.

Elle a sans doute été peinte pour le sire de Gomzée, abbé de Beauregard, dont elle porte les armes; à la fin du siècle dernier, ce tableau appartenait à la collection du chanoine Hamal ; il a passé de là entre les mains de C. Desoer, puis à Dubois, sa fille, et fait partie aujourd’hui de la collection de M. Aug. Vischers , à Bruxelles.

La mission de St Jacques (1). - Le Christ, vêtu d’un ample manteau rouge, ordonne à S‘ Jacques-le-Majeur d’aller prêcher toutes les nations. S* Jacques , en costume de pèlerin, vêtu d’une tunique courte couleur verte et d’un manteau brun dont le col est. chargé de coquilles, est à genoux devant le Seigneur. En signe de soumission , il met sa main sur le cœur. A ses pieds, on voit un bourdon de pèlerin et un portefeuille avec des papiers.

Derrière ce groupe , on voit plusieurs apôtres , dont l’un s’appuie sur le dossier d’une chaise. La scène se passe dans une sorte de portique ouvert laissant voir un fond de paysage animé de figures. Les figures sont de grandeur naturelle.

Toile : H., 2,73. L. , 1,86.

Il y a de l’affectation dans l’expression et le mouvement des figures. La peinture a considérablement noirci, et il est probable quelle a été executée sur un fond brun rouge qui aura repoussé. Ce tableau a été reproduit par le burin élégant de Natalis , et le graveur a fait plus que rendre justice à l’œuvre du peintre.

(Au parloir des Femmes Incurables, à Liège.)

Portrait de Bertholet Flémalle. — Dans une toile faite en collaboration avec ce peintre et le peintre de fleurs Goswin. Voir la notice de Bertholet Flémalle.

(Appartient à M. Desoer de Solières.)

St Roch intercédant auprès de la Vierge Marie pour les pestiférés. — Au milieu de la composition, saint Roch', le bourdon du pèlerin à la main , montre à la sainte Vierge les pestiférés qui sont morts ou mourants autour de lui. La Vierge Marie, debout, vue de profil , portant l’enfant Jésus, apparaît à droite du spectateur, au haut d’un escalier de quelques marches. Elle est coiffée à l’antique, les cheveux retenus par des bandelettes blanches ; elle est vêtue d’une robe rouge-clair et d’un manteau gris.

( i ) Par quelques auteurs , ce tableau est intitulé abusivement : S‘ Thomas. Il ne représente pas cette scène.

Le Doute de

Derrière le saint, un homme en camail rouge tend vers la sainte Vierge des mains suppliantes , et , dans la pénombre du dernier plan, une femme semble faire hommage d’un vase à parfums à la mère de Dieu.

Sur le premier plan, une femme mourante est soutenue par un homme qui cherche à éloigner du sein de la pestiférée le nourrisson qu’elle allaite. D’autres malades sont couchés derrière saint Roch, au pied duquel on voit le chien traditionnel tenant un pain dans sa gueule. Le fond de la composition est formé par de l’architecture. Cette toile est d’une facture large et d’une couleur vraie. Bon état de conservation.

Toile : H., 2,40. L. 1,72 (i). (Église S‘e-Véronique, à Liège.)

(1) L’étude que nous avons faite des peintures du maître nous permet de lui attribuer cette toile. Douffet a peint, pour l’église paroissiale de S‘-Severin, saint Roch intercédant auprès de la S*« Vierge ; nous croyons que c’est ce tableau qui se trouve actuellement à l’église Ste-\éronique.

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