INDICATIONS ET RECHERCHES SUR LES TRAVAUX DE BERTHOLET FLÉMALLE
Si un certain nombre des peintures les plus importantes de cet artiste ont disparu , sans qu’il soit possible de se rendre compte aujourd’hui, ni de leur mérite, ni de leur ordonnance, il en est cependant plusieurs qui , probablement détruites , nous sont connues par la reproduction qu’en ont tenté les burins contemporains. L’œuvre du graveur Natalis est particulièrement instructive à cet égard.
Le travail de Bertholet le plus considérable qui nous ait été
un chapeau de 3 à 4 écus , et tel que le roi et les princes en portaient. Il lui avait aussi envoyé la doublure d’un manteau , et si la pièce avait servi , c’était au duc de Vendôme, qui n’avait porté le manteau que cinq jours, ayant dû, le sixième, prendre le deuil du roi d’Espagne.
La lettre est du 20 février 1666.
( î ) Les registres de l’Académie de peinture de Paris portent la date du 18 juillet.
conservé par ce graveur est incontestablement celui qui est reproduit dans la planche ou la série de planches connues sous le nom de : L'Assemblée des généraux de l'ordre des Chartreux.
^ Ce sont six planches faites pour être collées ensemble et ne former ainsi qu’une seule estampe. Lorsqu’elles sontjuxta-posées, la gravure a 1,42 de largeur sur 1,8 de hauteur.
Cette grande composition a un aspect très-monumental, et le peintre a su éviter, par la simplicité solennelle de l’ordonnance, ce que le sujet en lui-même offrait de monotone.
Elle est divisée en deux zones. Au centre de la région supérieure, on aperçoit la sainte Vierge, assise sur les nuages, tenant son Divin Fils sur les genoux. Ellet ient de la main droite un livre ouvert qu’elle semble présenter aux saints Chartreux qui siègent dans la zone inférieure de la composition. Autour d’elle volent une gloire d’anges , dont deux tiennent au-dessus de sa tête une couronne de fleurs.
En-dessous de ce groupe siège , sur deux bancs superposés, en-dessous d’une riche colonnade d’ordre ionique disposée en hémicycle, l’assemblée imposante des religieux. Au centre du rang supérieur, assis dans une chaire élevée, ayant à ses pieds la mitre et la crosse, tenant un crucifix et des palmes, et ayant au-dessus de la tête un cercle lumineux de sept étoiles, on voit saint Bruno, le fondateur de l’ordre. Il semble avoir les regards dirigés vers la sainte Vierge. Vingt-deux Chartreux siègent à côté de lui sur le banc supérieur. Vingt-quatre religieux sont assis sur le banc inférieur. Ils sont tous dans le simple costume de leur ordre , hormis le P. Helivarius Grimaldi , qui , revêtu de 1 aube , de la dalmatique et du manipule , paraît avoir à ses pieds un cilice.
t Plusieurs de ces religieux ont des attributs particuliers ; ceux d’entre eux qui ont résigné leurs fonctions de général ont à leurs pieds les sceaux de l’ordre.
Chacun des religieux a au-dessus de la tête un numéro servant de renvoi au texte explicatif de deux pages d’impression qui accompagnait cette gravure contenant la désignation des P. P. Chartreux représentés dans cette composition.
Au bas de la gravure , on lit d’un côté les mots :
Bertholet Flemal pinxit . Et de l’autre : Exvoto primariae Cartusiae in perpetuum Gratitudinis suae monumentum anno Dni
Mel Natalis Fe.
Cette planche colossale est gravée d’un burin correct et harmonieux, qui, sans doute, a rendu justice à l’œuvre originale, et en fait suffisamment connaître celles des qualités que le burin pouvait reproduire. Mais quelle a pu être la destination de l’œuvre originale? Où Bertholet Flémalle a-t-il pu peindre cette page aux vastes proportions? Il est assez étrange qu’aucun renseignement ne soit parvenu jusqu’à nous à cet égard , et que même le contemporain Abry, qui mentionne la gravure de Natalis « la plus pénible de toutes ses œuvres, » comme il s’exprime, n’ait rien noté relativement à la peinture. D’après ses dimensions et son ordonnance, il semble probable que c’était une peinture murale. Il est hors de doute qu’elle n’a pu être exécutée que dans un couvent de Chartreux, dont elle ornait probablement le réfectoire. La supposition la plus acceptable , en attendant les renseignements que le hasard fera peut-être découvrir , est que Bertholet fit ce grand travail pour la Chartreuse , située près de Liège , et qu’il aura été détruit en même temps que cette abbaye , renfermant d’autres œuvres d’art remarquables dont le sort est également resté inconnu.
A cette vaste composition, il faut enjoindre une autre, gravée par le même burin , et qui , sans avoir la même importance, n’en est pas moins considérable. C’est une composition allégorique faite à l’occasion de la thèse soutenue en 1(153 par le comte de Hatzfeld ; elle aune largeur de 94 cent, sur 63 1/2 cent, de hauteur.