‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 31 sur 71 · PASTORES · texte numérisé non relu

PASTORES

PONIMÜS ARAM

Derrière la déesse, un berger place une amphore sur cet autel. Un vieillard , tenant un rateau, s’appuye sur le monument. Une vieille femme, accompagnée de sa fille, vient également déposer

son offrande — un panier contenant du pain, des fruits — aux pieds de Palès.

Au second plan, on voit des bergers avec leurs troupeaux. Des arbres, couvrant en partie de leurs branches un temple, servent de fond à la scène principale et se détachent sur un ciel de soleil couchant.

Ce tableau , dont les ombres ont poussé au noir, est bien peint; il a toutes les qualités qui distinguent les tableaux de la jeunesse de Lairesse.

C’est la répétition de la peinture exécutée pour le comte de Glimes ; la déesse Palès y était représentée sous les traits de la princesse de Salme. Voir la biographie du peintre.

Toile: H., 81. L.,61. (Galerie du prince de Lichtenstein, à Vienne.)

Le baptême de St-Augustin. — La scène se passe dans une rotonde dont la galerie supérieure est portée par des colonnes. Au milieu de la composition, le saint catéchumène, entièrement vêtu de blanc, penche sa tête au-dessus des fonts baptismaux. Saint Ambroise, évêque, la mitre en tête et la crosse à la main , répand sur lui les eaux sacramentelles; il est assisté de deux acolytes, dont l’un tient le plateau avec le sel, et l’autre, en soutanelle rouge , tient un cierge allumé. D’autres figures disposées autour de ce groupe et sous la colonne assistent à cette scène.

Derrière saint Augustin, une vieille femme, dans l’intention du peintre probablement sainte Monique, quoique celle-ci n’ait pas assisté au baptême de son fils , porte les yeux au ciel avec une expression de reconnaissance et de bonheur remarquablement réussie. Elle est revêtue d’une robe blanche , d’un manteau violet et d’un voile noir.

Au premier plan , un escalier monte vers le palier où se passe la scène principale. Sur l’escalier, on remarque plusieurs figures vues à mi-corps, coupées par le bord inférieur du cadre. Un militaire, en armure du XVIIe siècle, regarde avec admiration la cérémonie qui se passe sous ses yeux. Une femme à côté de lui paraît être un portrait : c’est un type liégeois assez vulgaire. Un homme , en costume turc dont la tête est couverte d’un turban, regarde en dehors du tableau. Derrière saint Ambroise, on voit, dans une niche, une sculpture de la sainte Vierge avec l’enfant Jésus. Au haut de la composition, de grandes draperies rouges apparaissent comme les rideaux d’un théâtre; une faible gloire, avec quelques têtes d’anges, se devine plutôt qu’elle ne se voit près de cette draperie.

Dans le dessin de la cuve baptismale, on remarque des réminiscences de celle de Notre-Dame-aux-Fonts; l’artiste y a peint le baptême du Christ et a traduit à sa façon l’œuvre de Lambert Patras.

Cette toile est conçue comme un tableau d’apparat, avec de grands partis pris de lumière et d’ombre, des effets de clairobscur dans le style de Rembrant,. La seule figure de femme, derrière saint Augustin, est bien dans le sentiment. Au surplus, le tableau est peint facilement, légèrement , avec une grande assurance. Les têtes, en général, sont bien modelées; l’ensemble produit l’effet d’une œuvre magistrale ; elle est cependant le travail d’un jeune homme de vingt-deux ans. Ce tableau, enlevé par les Français à l’église des Ursulines , fut donné par Napoléon au musée de la ville de Mayence, avec divers autres tableaux tirés des églises de Liège. Il faisait pendant à la Conversion de saint Augustin , du même peintre.

H. , 3,12. L., 2,65. (Musée de Mayence.)

I. Un poste de militaires auprès d’une ruine. — S. Des soldats buvant avec des filles. — Ces deux tableaux ont beaucoup noirci. Comme couleur et ampleur de l’effet, ils sont fort inférieurs à la plupart des productions du peintre.

Formant pendant, ils sont de même dimension.

Toile : H., 58. L., 49. ( Galerie du Belvédère , à Vienne.)

Dans la même galerie, un tableau attribué à Lairesse, représentant Neptune et Amphitrite se rendant chez Cybele , est trop médiocre pour pouvoir être de la main du maître.

Dans la galerie du prince de Lichtenstein, à Vienne, se trouvent deux paysages importants de Glauber avec des figures historiques de Gérard Lairesse.

Le tribunal de la Sottise ou la calomnie d’Apelle. —

Voir pour la description de cette toile la biographie du peintre.

Toile : H., 88. L., 1,12. (Musée de la ville de Liège.)

L’Assomption de la Ste Vierge. — V. la biographie de l’artiste.

Toile: H., 4,50 environ. L. , 2,70. ( Cathédrale de Liège.)

Deux compositions allégoriques relatives à la carrière de

l’artiste.— Un jeune homme à genoux est soutenu par le Génie de la sculpture, qui, d’une main, dans laquelle il tient un ciseau, lui indique une femme vêtue de blanc, — la Vertu, sans doute, — laquelle intercède auprès de Minerve, que l’on voit couchée sur des nuages dans la région supérieure du tableau. Auprès du

jeune homme on voit , sur le sol , une palette chargée de couleurs , un compas, une équerre, une sphère, du papier noté, enfin, tous les attributs des sciences et des arts. Du côté opposé, deux jeunes garçons tiennent une cassette et sont entourés de vases d’une grande richesse. Peut-être le peintre a-t-il voulu indiquer par là les promesses données à l’avenir du jeune artiste. Ce tableau , chose rare , est signé G. Lairesse.

Dans le second tableau, l’artiste a fait du chemin dans la carrière. Toujours conduit par la Vertu aux vêtements blancs , il a à ses côtés une jeune compagne. Ce groupe est précédé par un Génie couronné de roses, tenant une torche, — l’hymen , sans doute, — tandis que les amours folâtrent autour de lui. Ils s’avancent vers Minerve, qui, le casque en tête, la lance à la main, les accueille avec bienveillance. Plus loin, une figure assise , — la Gloire, — vêtue d’un manteau rouge , tient une couronne de lauriers d’une main et de l’autre une corne d’abondance.

Ces deux tableaux sont peints légèrement et se distinguent par une harmonie fine, douce et argentine.

Bois : H., 63. L. , 50. (Pinacothèque de Munich.)

L’Institution de l’Eucharistie. — H., 1,39. L. , 1,63.

Bacchante et six enfants dansant en rond. — H. , 57. L., 76.

Le jeune Hercule entre le Vice et la Vertu. — H., 1,13. L. , 1,84.

Le Débarquement de Cléopâtre au port de Tarse. —

Elle est reçue par Antoine et suivie par un nombreux cortège.

Ces quatre tableaux se trouvent au Musée du Louvre , à Paris.

Ste Cécile. — Au milieu de la composition , la sainte, revêtue d’une robe bleue et d’un manteau de même couleur , touche de l’orgue. Elle est entourée d’anges jouant de différents instruments ; à gauche du spectateur se trouve une femme qui ne parait plus de la première jeunesse et qui pince de la harpe ; les ailes qu’elle a au dos font connaître que c’est un ange. Dans l’intention du peintre , un autre petit ange , d’une nudité complète, tient le livre de notes. Du côté opposé, un troisième ange, revêtu d’une sorte de tunique couleur terre de Sienne , pince de la guitare. Derrière lui , d’autres musiciens célestes mêlent les accents de leur chant aux accords des instruments. Dans la région supérieure , enfin , des anges , ou plutôt de petits cupidons , volent au milieu des nuages d’un ciel enfumé.

Tableau grassement peint , d’une couleur dorée et agréable , donnant un excellent spécimen de la manière du maître. Il n’y a pas trace d’un sentiment religieux chrétien , et toutes ces figures , dont plusieurs sont nues , assises sur des nuages sombres , semblent appartenir à la mythologie.

Il est signé du monogramme de l’artiste.

Toile : H. , 1,50. L. , 1,41.

(Appartient à Mme la vicomtesse de Clerembault. )

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