INDICATIONS ET RECHERCHES SUR LES TRAVAUX DE DAMRI
Peintures murales de la coupole de l’église des Carmes ,
rue de Vaugirard , à Paris. — Voir la notice biographique.
La Ste Vierge remettant le scapulaire à S4 Simon Stock. — Voir la biographie ci-dessus.
Toile : H., 2,34. L. , 1,67.
( Au Musée de la ville de Mayence. )
La Ste Vierge remettant le scapulaire à S1 Norbert. —
La vierge Marie , revêtue d’une robe rouge vermillon , d’un manteau bleu et d’un voile blanc qui lui couvre la tête, apparaît sur les nuages. De la main droite elle prend , pour le remettre à S* Norbert, le scapulaire blanc qu’un ange tient à côté d’elle. La reine du ciel est entourée d’un grand nombre d’anges chantant ou jouant de différents instruments. L’un d’entre eux apparaît au-dessus du saint, apportant la barette blanche des Prémontrés. Dans la région supérieure, on voit Dieu le Père entouré d’une gloire d’anges, la tête nimbée d’un nimbe triangulaire. Au premier plan, S1 Norbert est à genoux sur un prie-Dieu. Il est en costume noir et étend les bras pour recevoir le symbole de l’obéissance que lui tend la Ste Vierge. Derrière lui, un ange, appuyant la main sur son épaule, lui montre la mère de Dieu. Devant le saint se trouve un escabeau avec un livre ouvert, appuyé sur une tête de mort; une branche de laurier se trouve parmi ces accessoires.
Ce tableau est composé avec un certain apparat qui caractérise bien son époque et l’influence italienne très-marquée chez ce peintre. La tête de la Ste Vierge est jolie , mais d’un caractère moderne et profane. Il en est de même de celle du saint, qui, ornée d’une chevelure abondante , de la barbe naissante dont le duvet apparaît au menton et à la lèvre supérieure , a l’air vraiment galant, pour employer une expression du temps. Les airs de tête des anges , et notamment de celui qui se trouve derrière le saint, sont pleins de coquetterie. La composition ne manque pas de mouvement et de vie, et la draperie du saint est bien jetée.
Cette peinture a souffert par le temps et des retouches malheureuses. Il y a des têtes et des mains d’anges qui ont été gravement maltraitées.
Toile cintrée par le haut, la plus grande hauteur 3,90 ; largeur, 2,25. Figures de grandeur naturelle.
(Église du Séminaire, à Liège.)
La Ste Vierge entourée des vertus qui lui sont propres.
— La Ste Vierge, revêtue d’une robe rouge, d’un manteau bleu et d’un voile jaune , apparaît debout au milieu de la composition, la tête entourée d’un cercle d’étoiles. Elle tient l’Enfant Jésus sur son bras droit, et du pied elle écrase la tête du serpent. Elle est entourée de onze figures de femmes, qui personnifient autant de vertus. A sa droite on voit, au premier plan, la Force, armée d’une massue et menaçant du geste le serpent foulé aux pieds par la Vierge Marie. Cette figure, vêtue d’un manteau rouge et d’une tunique jaune , a la tête armée d’un casque et la poitrine protégée par un gorgerin. Derrière elle on voit , entièrement vêtue de blanc et tenant à la main une branche de lis , la Virginité, ayant à côté d’elle une figure sans attributs, joignant les mains. Derrière ces figures se groupent les trois vertus théologales : la Foi, tenant un calice et une croix; l’Espérance, élevant une ancre vers le ciel ; la Charité , tenant un cœur brûlant à la main et ayant une flamme sur la tête.
De l’autre côté on voit , assise au premier plan , une femme vêtue d’une tunique verte et d’un manteau blanc ; elle tient une urne dont elle tire des monnaies d’or et d’argent, qu’elle répand autour d’elle , — c’est probablement la Charité fraternelle. Derrière elle, une femme vêtue de noir se prosterne aux pieds de la St0 Vierge. L’artiste, sans doute , a voulu représenter l’Humilité. Au second plan, on voit la Justice, avec le glaive et la balance; la Prudence, avec le miroir et le serpent; la Tempérance, qui verse un liquide d’un vase dans un autre; et, enfin , une femme tenant un livre et faisant monter vers le ciel l’encens d’une casolette.
Au haut de la composition, à gauche de la Ste Vierge , apparait sur des nuages Dieu le Père, tenant le globe du monde d’une main et bénissant de l’autre. Il est accompagné du Saint-Esprit.
L’artiste a groupé , dans un ordre un peu arbitraire, autour de la Ste Vierge les trois vertus théologales , les quatre vertus cardinales et quelques-unes des vertus attribuées spécialement à la Vierge Marie par les théologiens (î). Ce tableau est assez
(i) Cornélius-à- Lapide attribue douze vertus à la Ste Vierge, à savoir: la Foi, l’Espérance, la Charité, la Religion, la Virginité, la Pauvreté, l’Humilité , la Chai ité fraternelle , la Modestie , la Miséricorde , l’Obéissance , la Constance.
bien dessiné ; le groupe qui se trouve à gauche du spectateur , représentant la Force et la Virginité , est la meilleure partie de l’œuvre. La couleur est généralement harmonieuse, et les tons un peu rembrunis sont très-fondus les uns dans les autres. Ce tableau, qui n’est pas un mauvais spécimen du style de Damri , a subi quelques retouches.
Toile : H., 2,93. L. , 2,20.
Ce tableau ornait l’autel latéral de la nef du côté de l’épître de l’ancienne église de Ste-Foi , pour laquelle il avait été peint. Jusqu’à la démolition de cette église , en 1868, il avait conservé son encadrement primitif, et formait un autel en style de la renaissance d’assez bon goût. Sur les colonnes en bois, cannellées, on voyait, dans la partie ornementée du fût, deux cartouches sur lesquelles se trouvaient une marque et un monogramme, qui désignaient, sans aucun doute, le ou les donateurs de l’autel.
Un Fragment de pei nture, provenant d’une tapisserie, ou plutôt d’un dessus de cheminée, représente une bergère, tenant une couronne de fleurs d’une main et une houlette de l’autre. Auprès d’elle se trouvent plusieurs moutons peints de pratique et avec légèreté ; cette toile toutefois n’est remarquable que parce qu’elle porte la signature du peintre et une date :