W. DAMRI INVENTOR FECIT ANNO
Figure de grandeur naturelle.
(Appartient à M. Brahy, à Liège.)
La Vierge apparaissant à St Norbert (?). — Au haut de plusieurs marches qui semblent conduire à un autel apparaît la Ste Vierge. De sa main gauche elle saisit la main droite du saint, venant vers elle guidé par un ange, qui le soutient par le coude. Le saint est vêtu du costume blanc des Prémontrés. Il met l’un de ses genoux sur les degrés qui conduisent au palier où se trouve Ste Marie, et penche le corps vers elle en mettant la main gauche sur le cœur. A côté de la Ste Vierge , au premier plan, un ange tient les mains jointes dans l’attitude de la prière. Le fond est de l’architecture d’un ton assez sombre; les pieds de la vierge Marie posent sur un nuage presque imperceptible.
Il y a de la distinction dans la pose et dans l’expression de S‘ Norbert, qui paraît être un portrait. La Vierge, au contraire, a un caractère peu religieux et l’air moderne. L’ange qui l’accompagne est d’un dessin assez lourd. Le tableau est peint avec
facilité et une certaine élégance ; il ne manque pas d’harmonie . Nous ne sommes pas sûr de l’indication du sujet ; le tableau cependant semble inspiré par la légende qui rapporte que la Ste Vierge apparut à S4 Norbert, fondateur des Prémontrés et archevêque de Magdebourg (6 juin 1134) pour lui donner un vêtement blanc , costume de l’ordre qu’il devait établir.
Ce tableau a légèrement souffert dans les ombres du manteau de la Ste Vierge; il est venu de la collection de M. Delatrus dans celle de M. Lombard et de celle-ci
Toile: H., 83. L. , 63. ( au Musée de Liège.)
Dans le livret du Musée , ce tableau est attribué par erreur à G. Carlier.
Une répétition du même tableau, mais plus terminé, appartient à Mme la vicomtesse de Clerembault.
La Présentation au temple. — A la droite du spectateur, la Ste Vierge, un genou en terre, présente son Divin Fils au vieillard Siméon, qui le reçoit avec tendresse. Un peu en dessous, et du même côté que Siméon, une vieille femme agenouillée, les mains jointes, regarde l'Enfant Jésus avec amour. Derrière la Ste vierge, gt Joseph tient les colombes. Au centre de la composition, on voit le grand-prêtre, derrière une sorte d’autel, ayant à droite et à gauche deux acolytes tenant des flambeaux. Ce groupe se détache sur une perspective d’architecture qui forme le fond de la composition.
Ce tableau , d’une couleur assez harmonieuse mais un peu brune, est largement et grassement peint. Il est d’un bon dessin; la tête de la S4e Vierge est d’un joli type, un peu moderne et sans caractère religieux. La composition , pondérée avec symétrie , est bien agencée.
Quoique nous n’ayons aucun renseignement historique sur cette peinture , nous croyons pouvoir avec assurance l’attribuer à W. Damri ; elle nous semble même donner un bon spécimen du talent de ce maitre.
Toile : figures de grandeur naturelle. H. , 2,96. L. , 2,22.
(Tableau d’autel de Ste-Marie-des-Lumiêres , en Glain , près Liège.)
La Ste Vierge apparaissant à S4 Charles Borromée. —
Le saint, en costume de cardinal, est à genoux; devant lui, des livres , dont l’un est ouvert , une croix et une tête de mort. Au centre du tableau, dans la région supérieure , apparait la Sainte Vierge tenant l’Enfant Jésus ; elle est supportée par des nuages ; au second plan, on aperçoit quelques anges.
Ce tableau , d’une couleur harmonieuse , est peint légèrement mais superficiellement. Il a été exécuté pour le comte de Méan et ornait l’autel de la chapelle d’Atrin (1).
Il est signé : W. DAMER Y PING. A ° 1670.
Toile : H., 1,97. L. , 1,40.
(Appartient à M. le comte Yanderstraeten-Ponthoz.)
Walthère Damri a eu pour élève le plus jeune de ses frères, du nom de Jacques, né en 1619, et qui, s’étant aussi adonné à la peinture , adopta pour sa spécialité les fleurs et le genre décoratif. La plus grande partie de sa vie se passa en Italie ; il y alla une première fois , fort jeune et n'ayant que très-peu de notions de son art; s’étant aperçu combien peu il était préparé à l’étude des grands maîtres , il revint au pays natal , et, après y avoir travaillé quelque temps, il retourna de nouveau à Rome , cette fois pour y rester. On ne connaît pas de peintures qu’on puisse lui attribuer avec certitude ; mais il laissa un certain nombre de gravures à l’eau-forte.
Presque toutes ses peintures , estimées de son vivant , sont en Italie ; il est mort à Rome en 1685.
(i) V. les Délices du Pays de Liège, p. 168.