RECHERCHES ET INDICATIONS SUR LES TRAVAUX DE FISEN
Éliézer et Rebecca à la Fontaine. — Rebecca est au milieu du tableau , tenant une cruche d’une main et étendant 1 autre vers Éliézer, qui lui remet des bracelets et des boucles d’oreilles. Derrière Rebecca, on voit trois jeunes filles, et derrière l’envoyé d’Abraham , des chameliers avec leurs chameaux. A droite du spectateur, on voit le puits, sur la margelle duquel on lit : Fisen invenit et pinxit 1708.
Ce tableau est assez achevé, mais médiocre.
Toile : H., 80. L , 1.20.
(î) Il a été enterré à l’église SuHubert, où avait aussi été inhumée sa femme. Voici la mention que Fisen fait du décès de celle-ci dans le registre de famille : « Ma chère femme , Anne- Catherine Campo , est morte, après 4 jours de maladie, le 12me juillet 1726, et est enterrée dans l’église SuHubert au près de ses pères. Requiescat in-pace. »
Loth et ses filles fuyant Sodome.— Deux anges conduisent Loth dans sa fuite de la ville incendiée. Il est suivi de deux de ses filles , tandis que sa femme , qui s’est retournée vers la porte de la ville, est changée en statue de sel. Signé : E. Fisen invenit et pinxit anno 1714.
Toile : H., 83. L., 1,10
Les trois anges annoncent à Abraham qu’il lui naîtra un fils. — Deux anges s’avancent hors du tableau, tandis que le troisième annonce à Abraham la naissance d’un fils. Dans le fond, Sara entr’ouvre la tente pour écouter les paroles de l’ange. Signé: E. Fisen invenit et pinxit A0 1713.
Toile: H., 83. L., 83.
Le châtiment d’Héliodore. — Sur le premier plan, Héliodore est renversé sur le pavé du temple de Salomon. Il est foulé aux pieds du cheval que monte le messager de la colère céleste ; deux autres anges le fustigent. Au dernier plan, on distingue un groupe de fuyards. Fond d’architecture; des colonnes de jaspe vert, avec des chapiteaux dorés , soutiennent un plafond ornementé.
Toile: H., 76. L., 98.
Eng. Fisen peignant sa famille. — Le peintre est assis sur le premier plan, la palette à la main, occupé à peindre les portraits des membres de sa famille. Sa femme, vêtue d’une robe de velours bleu et d’un manteau violet, a les yeux fixés sur le peintre. A gauche de la mère de famille, on voit sa fille et ses deux fils restés laïcs; à sa droite se trouve une autre de ses filles, revêtue de l’habit de l’ordre des Clarisses, et un prêtre de l’ordre des Croisiers. Le peintre a une chevelure blanche (poudrée peut-être) et regarde hors du tableau. Il est signé: E. Fisen fecit 1733.
Toile bien conservée , assez achevée , mais médiocrement dessinée.
Toile: H., 90. L., 1,18 (l).
Le martyre de St Barthélemy. — Un groupe de cinq bourreaux est occupé à écorcher vif le saint apôtre, tandis que sur le premier plan un groupe de femmes et dans le fond une foule de petites figures contemplent le spectacle de ce supplice. Le groupe principal se détache sur un fond d’architecture. Audessus du saint, deux anges, dont l’un tient d’une main une
( d ) Tous ces tableaux appartiennent à M. Moulan, descendant de Fisen, auquel ces différentes toiles sont échues en héritage.
palme et de l’autre une branche de laurier, et dont l’autre apporte la couronne du martyre , remplissent le haut du tableau.
Tableau mouvementé, d’une composition un peu théâtrale, mais d’assez bonne coloration et peint d’une brosse large et facile.
Toile cintrée. H., 5,50. L., 2,60. Figures au-dessus de la grandeur naturelle.
(Maître-autel de l’église de St-Barthélemy , à Liège.)
Dans la voûte du chœur, on lit la date de 1706.
Le Crucifiement. — Au milieu de la composition , le corps vu un peu de côté, le Christ apparaît élevé sur la croix, la tête tournée vers la gauche du spectateur. On voit d’un côté de la croix la sainte Vierge et saint Jean, et de l’autre, sainte Madeleine avec une autre figure. Au second plan, on aperçoit des cavaliers qui regagnent la ville de Jérusalem, dont les monuments se détachent sur le ciel formant le fond du tableau.
Tableau d’une harmonie un peu sombre, et qui paraît avoir poussé au noir; du reste, bonne couleur; composition habile et assez bon dessin ; le sentiment des expressions est un peu faible.
Cette grande toile a été évidemment recoupée sur les côtés pour être mise au-dessus de l’autel, à la place qu’elle occupe actuellement; elle a, du reste, souffert (î).
Toile: H., 4,42. L., 2,50. Figures au-dessus de la grandeur naturelle.
(Autel du côté de l’évangile, dans le transept de l’église de S*- Barthélemy, à Liège.)
JEAN WALCHARTZ (2).
Jean Walchartz était fils de François Walchartz , inscrit au métier des orfèvres en 1581. Jean fut d’abord élève de son père, qui lui apprit à dessiner et à graver; plus tard, envoyé à Anvers , il semble avoir suivi l’école de Rubens, et il a , dans tous les cas, subi l’influence du célèbre maître flamand. Revenu à Liège en 1618, il fit une peinture repré-
(1) Cette toile provient de l’église, aujourd’hui démolie, de Ste-Madeleine. V. de Villenfagne, Discours , p. 133. V. aussi Notes de Dartoissur quelques artistes cle Liège , publiées par M. S. Bormans dans le Bulletin de l’Institut archéologique liégeois.
(2) Abry écrit Walescart.
sentant l'Adoration des Bergers pour l’église des Frères Mineurs , tableau assez médiocre dans le style de Rubens , et qui se trouve encore dans l’église pour laquelle il a été peint. Le jeune artiste partit bientôt pour l’Italie, où il séjourna quelque temps et où il se mit sous la discipline de Carlo Dolci et du Guide.
Revenu à Liège , Walchartz fit pour les églises de cette ville , ainsi que pour celles des autres localités du pays , un très-grand nombre de tableaux importants, du moins par leurs dimensions. Il exécuta une série de toiles pour les maîtres-autels des églises : S1- André (le Martyre de cet apôtre); S‘-Thomas, Sl-Adalbert (tableau donné par le sire de Choquier, en 1635); le tableau du maître-autel de la chapelle des Flamands dans la cathédrale ( Assomption de la Sle Vierge ); les panneaux couvrant le plafond de cette chapelle, et deux tableaux commémoratifs ou épitaphes qui y étaient placés également. L’une de ces épitaphes était peinte à la mémoire du chanoine Christophe de Rlocquerie, archidiacre de Famenne, prévôt de Sl-Pierre et chancelier de Ferdinand de Bavière. Walchartz couvrit aussi de ses peintures la voûte de la chapelle des Célestines, à Liège.
Cet artiste a été très-productif. Il y avait de ses peintures dans plusieurs des églises de Maestricht et des localités du Limbourg ; il en plaça aussi bon nombre en Allemagne. Cependant c’est l’un des peintres dont les œuvres ont été le moins respectées par les guerres et les révolutions ; il est difficile aujourd’hui de rattacher son nom avec certitude à une œuvre de quelque importance.
Il est mort à Liège, en 1665. Il fut enterré à l’église de N otre-Dame-aux-Fonts .