‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 69 sur 71 · INDICATIONS ET RECHERCHES SUR LES TRAVAUX DE LÉONARD DEFRANCE · texte numérisé non relu

INDICATIONS ET RECHERCHES SUR LES TRAVAUX DE LÉONARD DEFRANCE

Le Charlatan. — Un charlatan, revêtu d’une polonaise verte, d’un gilet rouge et de culottes, pérore sur une estrade. A côté de lui , une femme , habillée d’un costume masculin , est assise sur une chaise et semble prêter l’oreille aux propos d’un grand gaillard vêtu en pantolone , étendu avec nonchalance sur les trétaux. Au bas de l’estrade, une foule bigarée, composée de toutes les classes de la société, assiste au boniment du saltimbanque. Signé: L. Defrance , de Liège.

Bois : Haut. , 55. Larg. , 73.

Le Marché aux Poissons. — Pendant du précédent.

Du haut de son échoppe, un marchand vend du poisson à la criée; autour de lui, un groupe fort animé, parmi lequel on remarque des moines, des religieuses et des militaires, examine ou achète la marée. Dans plusieurs épisodes de cette composition, l’artiste s’est abandonné à sa verve grivoise et au mauvais esprit qui l’animait contre tout ce qui porte le costume religieux.

Signé: L. Defrance , de Liège.

Bois : Haut. , 51. Larg. , 79.

Ces deux panneaux sont peints avec une certaine verve. La

touche est légère, la couleur est grise et un peu plus froide que dans la plupart des peintures de Defrance. Ils semblent avoir été peints sous l’influence du ciel de la Hollande, et l’artiste y paraît s’être inspiré des maîtres de ce pays. Dans leur ensemble, ces deux compositions peuvent être rangées parmi les plus importantes de l’œuvre de Defrance.

Ces tableaux proviennent de la collection de M. Desoer; ils ont appartenu à M. Dubois , et sont aujourd’hui en possession de M. Aug. Visschers , à Bruxelles.

Scène de genre. — Deux personnages sont attablés dans un intérieur voûté; un troisième apporte une cruche. Dans le fond, contre le mur , un homme vu du dos ; près de la cheminée , au second plan, un fumeur allume sa pipe.

Bois : Haut., 34. Larg. , 43.

(Appartient à M. H. Duval, à Liège.)

Malgré son insignifiance comme composition , ce petit tableau , qui rappelle Teniers par certains côtés , est l’un des plus réussis qui soient sortis du pinceau de l’artiste. La couleur est transparente et vraie, la touche facile et nette, la distribution de la lumière excellente.

Intérieur d’une usine. — Des puddleurs sont occupés à fondre une grille en fer dont le tracé se dessine sur le sol par le métal rougi et en fusion. A droite du spectateur, un hussard assis et une femme avec son enfant regardent le travail des ouvriers.

Peinture assez achevée et dont l’effet est d’une grande vérité.

Bois : Haut. , 32. Larg. , 52

(Appartient à M. Ch. Keppenne, notaire, à Liège. )

Portrait du chancelier de Sluse. — Le chancelier est représenté décoré de sa croix de tréfoncier.

Buste de grandeur naturelle. La tête, vue trois quarts , est d’un bon modelé. L’artiste a bien saisi le caractère propre de son modèle.

Portrait de Henkart. — Ce jurisconsulte est représenté devant sa table de travail , écrivant dans sa bibliothèque.

Ce portrait, de très-petite dimension , est bien touché.

Bois : Haut. , 30. Larg. , 25.

Il est signé : L. Defrance , de Liège .

Ces deux portraits appartiennent à M. le docteur Vedrine, à Liège.

Intérieur d’un charbonnage. — Un groupe d’hommes et

de femmes travaillent vigoureusement à faire remonter la houille de la bure; au premier plan, deux ouvriers houilleurs sont occupés autour d’un cuffat. Peinture lestement enlevée , touche facile, couleur assez transparente.

Signé : L. Defrcmce, de Liège.

Bois: Haut. , 36. Larg., 50.

(Appartient à M. Martial-de Bleret, à Liège.)

Une jeune fille aux formes lourdes, revêtue d’un costume antique, dessine sa propre silhouette, projetée sur le mur par la lueur d’une lampe que tient un jeune homme qui se trouve derrière elle.

Un sculpteur, dans un costume de fantaisie, donne un baiser à la statue qu’il vient de terminer. Signé : L. Defrcmce.

Ces deux compositions, destinées à rappeler l’histoire de Galathée et celle de l’Invention de la peinture, font pendant. Elles sont médiocres.

Bois: Haut. , 28. Larg. , 23. (Même propriétaire.)

Portraits. — Portrait d’homme en buste. La tête, de grandeur naturelle, est vue de trois quarts et éclairée de côté; elle est poudrée. Il porte un habit brun avec des boutons métalliques et un gilet blanc. Dans le fond , on voit un chevalet. Nous croyons y reconnaître le portrait du chevalier Fassin.

La peinture, peu achevée, est transparente et d’un pinceau facile. Avec le manche du pinceau, l’artiste a écrit dans la couleur encore humide du fond ces mots : Pour le chevalier Henhart , fait et donné par L. Defrance, son ami. 1789.

Bois: Haut., 70. Larg., 56.

Portrait du peintre. — Il parait âgé de 55 à 60 ans. Il est représenté en manches de chemise, appuyé sur une chaise, un livre à la main, la tête complètement dans l’ombre. Un peu de jour tombe seulement sur le sommet de sa tête. L’expression est celle d’un homme vulgaire, mais intelligent.

Peinture inachevée.

Toile: Haut., 59. Larg., 49.

Portrait de Robert, beau-frère de Defrance, l’un des douze commissaires de la noble cité de Liège. Peinture médiocre, assez finie ; sans doute de la jeunesse du peintre.

Toile: Haut., 75. Larg., 64.

Inconnu. — Tête joufflue éclairée de côté. Pinceau habile et bonne coloration.

Toile: Haut., 59. Larg. , 49.

(Ces portraits appartiennent au même propriétaire que les peintures indiquées ci-dessus.)

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