CI.MABL'E. — GIOTTO
Le premier noiniuâcril dans les annales de l'url chrêlicn, parmi les peintres de la Renaissance, c'est celui de Cimabue, — 12 iO- 1300, — élève des artistes grecs que le sénat de Florence avait fait venir pour diriger l'école de peinture de cette ville.
Tous les auteurs qui ont écrit sur les beaux-arts s'accordent à louer les ouvrages de Cimabue; ils sont, en effet, incomparablement supérieurs à tout ce que la peinture avait produit depuis la barbarie. Ses groupes sont composés avec plus d'art, ses figures ont plus de vie, plus de naturel; ses draperies, plus de mouvement et de grâce. Entre lui et ses contemporains, à plus forte raison, ses prédécesseurs, la distance est infiniment plus grande qu'elle ne l'est entre lui et les grands maîtres du quinzième siècle.
Qu'on ne se méprenne pas cependant : les qualités de Cimabue ne sont encore que relatives. Telle était l'imperfection de l'arty que ce peintre, si supérieur à ses contemporains, est oblige de suppléer à l'expression de ses figures par des paroles écrites qu'il faisait sortir de la bouche de ses personnages, ou qu'il inscrivait sur une banderole au-dessus de leurs têtes, usage qui s'est continué longtemps après lui. Sa célèbre Madone, que le peuple porta en triomphe dans l'église de Santa Maria Novella, à Florence, et qu'on y voit encore, témoigne bien plus de l'abaissement de l'art, puisqu'elle excita un si vif enthousiasme, que du talent de l'artiste, si difficile à reconnaître quand on le juge en deçà de la Renaissance.
Un jour, Cimabue, déjà dans la plénitude de son talent, se promenait aux environs de Florence ; arrivé près de la lisière d'un bois, en un lieu solitaire, il remarqua un jeune garçon, à demi na, fort occupé à tracer sur le sable le portrait d'une des chèvres ^confiées à sa garde. C'était
GiOTTO, — 1270-1336. — Frappé de l'intelligence de l'enfant, Cimabue demanda au père de lui confier son fils pour en faire un artiste. Les progrès de l'élève répondirent aux eq^rances que le maître avait conçues.
11 existe à Assise un monument des plus intéressants dans * l'histoire de l'art au moyen âge : c'est l'église de Saint-François, commencée vers le milieu et terminée avant la fin du treizième siècle. Il y a deux églises, l'une souterraine, l'autre superposée à celle-ci; je parle delà construction primitive; car, dans ces dernières années^ on a creusé au-dessous de l'église souterraine une