CAMPO SANTO DE PISE
Entre le Dôme et le Baptistère, àPise, s'étend un ancien cime tière d'environ quatre cents pieds de longueur sur cent vingt de largeur, entouré .de hautes mur|dlles et orné à l'intérieur, dans tout son pourtour, d'une galerie où sont réunis de précieux restes de l'art antique. La terre qui remplit ce parallélogramme a été, dit-on, rapportée de Jérusalem par des Pisans, pour complaire ù ceux de leurs compatriotes qui tenaient à être ensevelis en terre sainte sans avoir la peine d'y aller.
Trois chapelles, dont une assez considérable, complètent ce monument, l'un des plus importants au moyen âge et des plus riches en souvenirs intéressants. Jean de Pise en fut l'architecte ; il le termina en 1283. Giotto était alors ce petit berger que nous avons vu occupé à dessiner les chèvres de son troupeau.
Giotto, habile et illustre, vint décorer de ses fresques les murailles du Campo Santo. C'est à lui qu'on doit les sujets tirés du livre de Job, peintures que le temps, l'humidité, et surtout les restaurateurs, ont à peu près détruites.
Les fresques du Campo Santo sont l'école la plus complète qui existe de la peinture au temps de la Renaissance ; de plus,|i sont de très- curieuses illustrations des idées qui préoccupaient ei^OTs la chrétienté : les terreurs de l'enfer, l'approche de la mort, le jugement dernier, les joies du paradis. Tel était le fond de cette mys-