‹ Histoire de la peinture en ItalieChapitre 29 sur 66 · ÉCOLE I10MAL\Ë · texte numérisé non relu

ÉCOLE I10MAL\Ë

Avant le Pérugin, nous avons

Beato Angelico , né en 1 387 ,

Filippino Lippi 1400,

Masaccio 14Q1,

qui, dans quelques parties de la peinture, atteignirent un degré

de perfection qui n'a pas été dépassé.

Ces trois artistes, tous Florentins, aussi bien que Cimabue (1240) et Giotto (1266), appartiennent à l'école romaine, en ce sens que, aucune école n'existant de leur temps, les progrès qu'ils firent faire à la peinture profitèrent plus tard à toutes, et que les travaux que plusieurs d'entre eux exécutèrent à Rome eurent une influence directe sur l'école romaine.

Celle-ci a eu ainsi une double origine : elle provient de Florence par les artistes que nous venons de nommer, et de l'Ombrie par le Pérugin, le véritable maître de Raphaël.

Raphaël et Michel-Ange, voilà les deux grands noms qui illustrent la période des travaux entrepris par Jules II et Léon X, Mais Michel- Ange y figure isolé ; Raphaël est inséparable de son école.

Après Raphaël viennent ses principaux élèves, qui continuèrent à travailler à l'achèvement des entreprises qu'il avait commencées, se servant des cartons et des études que le maître leur avait légués. Ils terminèrent la salle dite de Constantin, et les fresques commencées dans la maison de plaisance connue sous le nom de Villa Madama ^.

En 1523 la peste porta déjà une rude atteinte à l'école romaine; en 1527 le sac de Rome y mit fin.

Rome demeura longtemps comme atterrée en considérant ce qu'elle avait été et ce qu'elle était devenue ; puis elle commença lentement à réparer ses désastres, xîomme on répare un vaisseau rasé par la tempête. Les soldats du connétable de Bourbon, entre autres injures faites au palais du pape, avalent dégradé quelquesunes des fresques de Raphaël et particulièrement les têtes. Sebastiano del Piombo fut chargé de les restaurer; mais son talent était au-dessous d'une pareille entreprise. Ce fut le jugement qu'en porta le Titien, qui, venu à Rome en 1550 pour voir les œuvres de Raphaël, et ayant été conduit dans les salles du Vatican par Sebastiano lui-même, lui demanda « quel était le présomp-

i La villa de Catheriae de Médicis.

tueux et Tignorant qui avait barbouillé ces têtes? » Ainsi fut tranchée, par l'un des plus grands maîtres, cette rivalité que Michd- Ânge avait voulu susciter à Raphaël.

Paul III régnait alors (1534-1549). Sous sa domination les arts commencèrent à renaître. Le palais Caprarola et d'autres grands ouvrages entrepris par lui ou par ses neveux, les Farnèse, étaient des encouragements qui leur donnèrent une nouvelle impulsion. Sebastiano, délivré par la mort de Raphaël d'une conpurrence qui l'écrasait, et possesseur d'une place lucrative, celle des sceaux S se livrait au plaisir, travaillait rarement et sans verve.

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