BRUNELLESCHI
jusqu'alors; d'une commune voix, il fut chargé de Texécution de l'entreprise. Ghiberti lui fut adjoint ; mais il ne tarda pas à se retirer, Brunelleschi ayant mis en évidence l'impuissance de ce collègue en lui laissant pendant quelques jours l'entière direction des travaux.
Aidé de son seul génie et au grand ébahissement de tous ses contemporains, il éleva cette fameuse coupole qui est l'une des conceptions les plus hardies de Tésprit humain ; mais il n'eut point la satisfaction de voir son chef-d'œuvre terminé, et la lanterne élégante qui couronne ce dôme n'était pas achevée lorsqu'il mourut, en 14 44. 'Brunelleschi a son tombeau dans la cathédrale, sous ce dôme qui a immortalisé son nom.
La comparaison dont Brunelleschi s'était servi pour expliquer son plan à ses adversaires était, en effet, la figure la plus propre à rendre sa pensée. Le dôme de Santa Maria a la forme elliptique d'un œuf; elle n'est pas la moitié d'une sphère, comme le dôme grec, et même son ovale se trouve considérablement allongé par une sorte de tambour à huit pans qu'il construisit au faîte de l'édifice pour servir de base au dôme et l'élever d'autant.
Cette construction est l'événement le plus brillant, mais non pas le plus important dans la vie de Brunelleschi. Ses longues études de l'architecture antique amenèrent un changement dans le style généralement adopté. Ce fut une complète révolution, donfle résultat se manifesta dans les magnifiques constructions du seizième siècle, à Gènes surtout, où les palais de la Strada Nuova, presque tous construits sur les dessins d'Alessio, sont les plus beaux, les plus parfaits modèles de l'architecture moderne. Brunelleschi introduisit dans son nouveau style les corniches antiques, et les ordres toscan, dorique, ionique, corinthien. Il porta ainsi au style gothique un coup dont celui-ci ne se releva pas. Léon Alberti, Bramante et Michel- Ange achevèrent son discrédit par la magnificence et la grandeur de leurs^ conceptions, dont Palladio, vers la fin du quinzième siècle, a été le plus savant et le plus élégant interprète.
Cet Alberti, que je viens de nommer avec Bramante, est un exemple de l'étonnante capacité des hommes d'études au quinzième siècle : architecte, peintre, sculpteur, mathématicien, physicien, moraliste, poète comique, antiquaire, philosophe, et, malgré ou par-dessus tous ces mérites, moine et abbé. C'est lui qui a achevé le palais Pitti, à Florence, et qui a construit à Ri-
ini la c^èbre égllM de SaintrFraii{«ii, monument remarqualile imme transition entre le gotfalqae et le nouveau il)\e. Ce (ut indief-d'œuvre.
Dos*TELLO — 1383-1466, — L'ami de Drunellesthl «il le premier qui ramena la sculpture A la beauté àis l'iinUque en lui donnant le caraciÉre de l'art moderne. Je veu'i dire qu'il avait acqula la connaissance de la Terme hamalne et qu'il en diercbslt 1& beauté idéale dans des sujets de la Toi duétlenne, qui demandent plus que la beautâ du corps : l'eipresslon de l'inie, la vie Intérieure. C'est â sa statue de saint Harc que Michel-Ange udieasait celle apostrophe : • Marco, peichè non mi ])arll ? ■
La euulpture n'avait pas reçu de l'ËglIse les niémes encouragements que la peinture, et les chera-d'œuvre de l'antiquité n'étalent pas encore sortis des décombres où la barbarie les avait ensevelis. Ce ne Tut qu'au treiilème siècle que la sculpture renaquit en Italie sous l'influence de Nicolas de PIse. De même qne les travaux en métaux avalent préeédé teu!( en marbre, les baireliels et la ciselure préparèrent les progrès de la statuaire. Par date, Donatello est le premier maître dans l'ait mudeme; après lui, Verrochio ût faire un nouveau progrès ù l'élude de la forme en Inventant le procédé du moulage sur nature. Léonard de Vinci eût été un sculpteur plus Illustre que son maître Verrochio, si sa statue équestre de François Sforza n'avait été détruite presque . aussitôt qu'elle fut terminée. Quelques années plus tard, Hlchei- Ange Buonarotii porta ta sculpture au plus haut degré de perfection qu'elle ait atteint dans l'art moderne.
Comme tous les arUstesde la Renaissance, Donatello avait commencé par être naturalisle; il étudiait la nature en portraitiste et cherchait la vérité avant de s'élever i l'idéal. C'est la bonne roule, mais àcondilion de ne pas rester en chemin, comme l'ont fait Filippo LIppi, D, Ghirlandajo et quelques autres artistes florentins. Au début de sa carrière, 11 avait sculpté en bois un Christ sur lacruix. Brunelleschi, â qui il le montra, lui dit avec la sincérité d'un ami : « Tu us fait un paysan, mais non pas le Fils de Dieu. > La critique était vraie ; Donatello en proilta ; II chercha k a'élever Jusqu'à la beauté Idéale en restant dans le vrai, Donatello est, parmi les sculpteurs, à peu près ce queCioIto est parmi les peintres ; la sculpture était d'un siècle en retard sur la peinture. Il faut posséder la connaissance exacte du développement
DÔNATELLO. 189
de Tart pour apprécier tout le mérite de Donatello et ne pas appliquer à chacune de ses œuvres la critique que Brunelleschi fit de son Christ crucifié,
Florence avait été, dès les commencements de la Renaissance, le foyer des arts et des lettres. Cosme, le père de la patrie, avait fondé, pour l'enseignement de la philosophie platonicienne, une académie^qui forma un grand nombre d'érudits et de lettrés; imbus des idées de Tantiquité, ils mêlèrent d'une manière étrange la morale de Socrate et la philosophie de Platon aux doctrines de la religion chrétienne. Cosme avait aussi commencé à former la riche bibliothèque qui prit plus tard le nom de Laurentiana, et à réunir dans son palais des objets d'art antique. Son œuvre fut continuée, dans un même esprit, par son flls Pierre I*^, et mieux encore par son peUt-ûls Laurent le Magnifique, qui réunit près de lui les hommes les plus éminents dans les lettres et les arts, et forma cette belle collection d'antiques qu'il fit placer dans les jardins dd Saint-Marc, à la disposition de tous les artistes.
Ceux-ci vinrent avec empressement étudier ces formes que l'art moderne n'a jamais surpassées, et qu'il cherchait depuis deux siècles avec une persévérance trop lentement récompensée parle succès.
La prise de Constantinople par les Turcs avait donné une nouvelle impulsion à l'étude de l'antiquité, en jetant sur l'Italie un nouveau flot de savants, de lettrés et d'artistes grecs. La proximité des deux pays, le rapport des climats, et, plus encore, celui des mœurs les y attiraient. La multiplicité des États entre lesquels se partage l'Italie leur offrait aussi de nombreuses ressources. Si toutes les places étaient occupées dans une cour, il se trouvait toujours quelque souverain, quelques-uns de ces nobles à existence princière prêts à recevoir à bras ouverts ces étrangers dont ils se disputaient la possession comûie une conquête. La découverte de plusieurs manuscrits des pi us précieux, Homère, Sophocle, Tacite, fut un nouvel aliment à ce zèle déjà trop exclusif.
Une étude si passionnée dans les lettres et dans les arts ne devait pas s'en tenir à la forme : elle adopta aussi la pensée. La supériorité de la civilisation grecque dut paraître d'autant plus grande, qu'on n'avait alors à lui opposer qu'une religion corrompue et les superstitions popularisées par Dante, bien inférieures attç enseignements de Socrate et de Platon. La lumière de l'Évan-. gifif était sous le boisseau. Les érudits Jj^^i facilement récon-
190 ECOLE DE FLOUENCE.
cilier leur conscience avec la préférence qu'ils donnaient à la civilisation païenne.
Cette influence du paganisme alla croissant. Ce fut un retour, sinon au culle mythologique, du moins aux idées et aux mœurs de l'antiquité.
Le long schisme qui avait constamment opposé à un pape un antipape^ ou ne les avait mis d'accord qu'en nommant un troisième pape, avait fortement affaibli le crédit de l'Église dans l'esprit des peuples. Jamais» non plus, l'Italie n'avait entièrement oublié l'ancienne civilisation romaine : il en restait de nombrei» vestiges, comme ces détritus qui se mêlent au sol et de leurs soi» alimentent de nouvelles récoltes. On en avait eu la preuve, le siècle précédent, dans le rétablissement éphémère de la République romaine par Rienzi. L'impuissance des tentatives que l'Église avait faites dans les conciles de Constance et de Bâle pour opérer elle-même sa propre réforme avait laissé dans toute la chrétienté, surtout en Italie, des germes d'incrédulité d'autant plus profonds, qu'ils s'enracinaient plus près de Rome.
A la suite du concile de Bàle, on avait vu à Florence, en 1439, les deux Églises, grecque et romaine, chercher à accommoder le dogme de telle sorte, qu'une union intime devînt possible et que la chrétienté, ne formant plus désormais qu'un seul corps, pût aller dans un seul esprit et dans un même intérêt combattre le mahométisme, qui s'avançait de plus en plus menaçant. Les discussions théologiques entre les Grecs et les Romains n'avaient pas fortifié la foi, et les savants, les lettrés, que l'étude de l'antiquité convertissait au paganisme, se disaient tout bas, pendant que l'on disputait : « Us ont beau faire, tout cela ne peut aller loin ; il faudra bientôt en revenir aux anciens dieux de la Grèce ' . » On avait vu en quelques endroits des jeunes gens, appartenant aux classes élevées, répudier la société moderne pour faire revivre l'ancienne société romaine. Ils en avaient pris le costume, les usages, ils en professaient la religion. Cette tentative avait paru assez grave pour que le pape Paul II — 1464 — Intervînt indirectement.
Les mœurs ne valaient pas mieux que les croyances. Le luxe était inouï, et les classes supérieures, à commencer par les Borgia et les Médicis, n'olFrai is le spectacle de mœurs propres à ra-
mener à la croyance hristianisme les peuples habitués à
t Yillemain, Cours tire,
ÉCOLE DE FLORENCE. i9l ;.4^|
élever leurs regards vers leurs supél!pBurs, pour y trouver les - -^ exemples à imiter. Les documents historiques de cette époque renferment là -dessus des détails qui montrent que la Rome pa pale n'avait, en fait de dépravation, rien à reprocher à la Rome païenne'.
Les abus devenaient si flagrants, les mœurs du clergé si scandaleuses; les principes des gouvernements si immoraux; on sentait si vivement et si généralement le besoin de garanties contre les violences que se permettait, avec une cynique brutalité, quiconque avait pour soi la force, que dans toutes les classes de la société fermentaient des idées de résistance et de réforme. La société était travaillée à la un du quinzième siècle comme elle l'est de nos jours, avec cette différence qu'alors tous les esprits élevés et généreux étaient du côté de l'attaque, et qu'aujourd'hui ils sont du côté de la défense.
Tous les instincts que développe la mythologie et que combat le christianisme n'avaient, à la un du quinzième siècle, d'autre frein que les conséquences temporelles de leurs propres excès.
C'est dans cette disposition d'esprit, mécontente, incrédule et licencieuse, que presque tout à coup, par l'invention de Ptmprimerle et le réveil de l'érudition, la société se trouva en face du paganisme grec, si attrayant pour des imaginations poétiques, si séduisant pour des hommes qui avaient perdu la foi, en se livrant à tous les désordres que sanctionne l'exemple des dieux de la mythologie. Ce serait une erreur de croire que les fables du paganisme furent alors envisagées comme un simple jeu d'esprit, offrant aux poètes et aux artistes des sujets variés et riants. Les idées, aussi bien que les images, s'étaient Qmi^àx,éek-à société.
C'est un fait bien digne d'attention, non-seulement dans r&latoire des beaux-arts, mais aussi dans celle du développement de Fesprit humain, que cette influence exercée par l'étude et le goût de l'antiquité sur les croyances religieuses, sur l'esprit littéraire, sur la tendance des arts plastiques, en un mot, sur l'ensemble des travaux intellectuels, à dater du jour où la chrétienté sortit des ténèbres de la barbarie.
1 Voyez sur ce sujet Burchard, qui a été, si je ne me trompe, camerlingue d'Alexandre VI. Il a laissé un journal de la vie de famille au Vatican, dans lequel se trouvent des récits qui rivalisent avec certaines descriptions de Pétronue.
l9 ÉCOLE BB l'LOUËIfCK.
Quand l'Église de RoHî — et c'étnit alors la seule dans la chrétienté, — pU^att snr l'autel de Salnl-Plerre une Idole de Jupiter, elle ne Maaltrlenquine s'accomplit toueles joure dans la eociété, «urtout dans réducatlon de la jeunesse, c'est-à-dire le mélange du paganisme et du chrlElIsnlânie.
Quel champ fertile pour les méditalions de Hiomme qui ae préoccupe de l'iiat actuel de la société, de cette lutte qui grandit de jonr ta Jour et dout les cooTulsions, toujours plus Tspi'roctiées, menacent la société humaine jusque dans son eiistence ! On s'est trop laissé préoccuper par la grandeur et l'éclal des rsiis de tous genres qui abondent dans cette époque désipée sous le nom de »ièele da Méditii; on n'a pas assez tenu compte de lu direction que prit alors la civilisation, et des conséquences que cette direction devait avoir ponr les générations Tutures. Nous qui voyons arriver à maturité ces germes, semés au commencement do l'are moderne, sous leurs brillantes couleurs nous découvrons l'amertume, comme dans ces ftults, si séduisants â la vue, qui croissent sur les bords de la mer Morte, on ne trouve qu'une cendre acre et sl^e.
ttiutee n'est pas à propos d'une question d'art qu'on peut traiter un tel sujet. Il sufllt pour rintelllgence de ce que nous avons à dire sur ta double tendance de la pi'inture, au ninnient où elle touchait à la perfection, d'attirer l'attention sur ce fait, trop inaperçu peut-être, que ce fut précisément à leur époque la plus glorieuse que les arts plastiques perdirent rapidement leur caractère religieux, théologal, pour se livrer â l'imagination dans les sujets chrétiens, tout autant que dans les scènes mjthologi-
JU' quatorzième et au quinzième siècle, la peinture était une sorte de sacerdoce ; l'artiste était l'auxiliaire du prêtre. Bu ffamalco, élève de Giotto, disait : <i Nous autres peintres, nous ne nous occupons que de faire des saints et des saintes sur les murs et sur ' les autels, aOn que, par ce moyen, les hommes, ou grand dépit ' des démons, soient plus portés à la vertu et à la piété. • Lesicuvres de BuiTamalco, de Goizoli, Memmi, Masacvlo, Beato Augetico, en un mot, de tous les grands maîtres de la Renaissance, sont exclusivement religieuses par le sujet et par -l'inspiration. Chez ces peintres i l'esprit chrétien l'emporte infiniment sur le sentiment artistique.
Mais, vers la iln du quiniième siècle, ce,ne sont plus que de^
BEFOnME D£ SAVÀNÀROLE. i93
Léda^ des Vénus, des Danaé, les Bonnes Fortunes d* Adonis ou les Mésaventures de Vulcain, Flatter les sens^yoilà ce qu'on demanda aux beaux-arts, et ce qu'on ne tarda para demander aux lettres. Les plus nobles facultés de Tintelligence humaine servirent à dégrader le cœur et l'esprit.
Cette tendance se fit plus particulièrement sentir à Rome et Florence, les deux principaux foyers de la civilisation en Italie. Sous l'influence des Médicis, l'école florentine, se formant au dessin par l'étude de Tantique, devint païenne autant qu'érudite et savante. Par une singulière coïncidence, le mal et la réforme sortirent du même lieu, de ce couvent de Saint-Marc où s'accomplit un des drames les plus tristes et les plus émouvants dont TËglise romaine ait donné le spectacle au monde. C'est dans les jardins de Saint-Marc que Laurent le Magnifique avait accumulé les trésors de l'antiquité; c'est dans ces mêmes jardins que Savonarole commença ses prédications.
Tout se développait à la fois, le bien et le mal, l'esprit de société, rincrédulité, le libre examen, les vastes entreprises, les sciences, les beaux-arts. L'éclat que ceux-ci jetèrent au commencement du seizième siècle a été le plus vif, le plus populaire, peutêtre parce qu'il s'éteignit bientôt et depuis lors n'a plus brillé d'une si pure et si vive lumière. La philosophie, l'astronomie, les mathéiQiitiques, les sciences naturelles, njarchaient d'un pas égal à celui des beaux-arts ; nous en avons vu la preuve dans les belles découvertes de Léonard de Vinci.
Cette fermentation éveilla un esprit de résistance et de réforme qui se manifesta au foyer du mal avec plus de force que partout ailleurs, et, bien que passager, prépara, dans toute la chrétienté, le succès de la réformation.
Savonarole était, à Florence, le principal chef du parti de la réforme; il prêchait d'exemple : ses vertus, son dévouement, son enthousiasme, lui avaient acquis une grande influence et des amis passionnés. Parmi ses partisans, ceux qui étaient comme lui sincères et désintéressés s'exaltèrent rimagination à la hauteur de leur modèle. A son début, il se contenta de prêcher la réforme politique et sociale, et il n'éprouva, soit dit à l'honneur de Lau^ rent le Magnifique, ni persécutions ni entraves ; bien plus, Laurent, sur son lit de mort, l'appela pour lui faire sa confession et rece^ voir de lui l'absolution.
C'était en 1492, et Roderic Rorgia venait d'être élu pape^ sou?>V<i,
t9i ÉCOLE DE FLOBE>CE.
ncm d'Alexandre VI. Tout le monde rait ce que fut ce pape et ce que devinrent lea mœun soub son ponlillial.
Déi l'année suivante, ^vonarole pré.^liatt la réfurme religieuse, CDDiine il avait prdché depuiB quatre ans la réforme politique, attaquant de Tront les abus et les suDdnIes, nummant les eliOHS par leurs nnms, et expotant sans réwrvc Icâ hommes et les dits à la censure publique.
Son but était de rétablir te règne du. ChrUt dans le cœnr, dans l'esprit et dans l'imagination des peuples. L'ennemi qu'il combattait de toute sa puissance, c'était le p^aiilsnie, dont l'empreinte. Je le répète, se manlfeslait partout, dans les artî: comme dana les mœurs, dans les Idées comme dans les aties, dans le cloître aussi lien que dans les écoles publiques.
A vingt-deux ans, Savonarole était entré â Dulogne dans l'ordre des Dominicains. 11 semblait dépourvu d'éloquence à ce point qu'à sa première prédication, n'a^iant devant lui que vingt-cinq auditeurs, il eut tant de peine à s'exprimer, qu'il annonça son intention de renoncer ù la chaire. Il e.at à crciire que plus tard ce (uL dans l'ardeur de ses convicllons, dans son cnUinusinsme, qu'il trouva la puissance de sa parole. Laurent de Méiiids l'avait appelé i Florence en HS9, en qualité de li:i:tcur ilu couvent de Saiul-Uarc.
Ce Tut dans les jardins du monastère, sous un grand rosier de Damas, qu'il commença ses prédicalions dcviint un auditoire d'abord très-peu nombreux, mais qui devint fiienlôt si considérable, qu'il fallut se transporter dans l'église du couvent, laquelle se trouva aussi trop petite pour contenir l'aniuence toujours croissante, de sorte que, l'année suivante (1490), Savonarole, qui venait d'élre élu prieur de Saiot-Marc, tint ses assemblées dana la cailiédrale.
Les habitants des villes et des bourgades voisines, les paysans de l'Apennin, arrivaient en foule It Florence pour entendre le réformateur. Tous les malins, quand on ouvrait les portes aux premiers rayons du soleil, des Qots de pèleiina se précipitaient dana la ville, où Ils étalent entretenus avec un« charité vraiment fraternelle 1 on les embrassait dans les rues comme des amis, et Burlamachl raconte qu'il y eut des familles qui donnèrent ainsi l'hospitalité à plus de quarante personnes à la fois '. Quand on pense que ce zèle se soutint pendant sept années
< Rio, De la Poésie