ANDREA DEL SARTO
.la plupart de ses tableaux de Sainte Famille et de Madones. Il fallait bien qu'elle lui fût bonne à quelque chose. "^Xes Médlcls, et, après eux, les grands-ducs de Florence, ont réuni un assez grand nombre de tableaux d'Andréa. Il en est un fort étrange et fort beau, qu'on voit à Poggio a Gajano ; le sujet a été donné par l'historien Paul Jove : c'est César, assis sur un trône> ;dltti8 un lieu orné de statues et recevant le tribut du règne animai: unemultitude d'animaux sauvages et d'oiseaux exotiques; BQjet bien plus dans le goût de l'école hollandaise, cent cinquante ans plus lard que dans celui de l'école florentine à une époque contemporaine des travaux de Raphaël au Vatican. Mais c'est précisément à ce point de vue que les fresques du palais de Poggio a Ggano sont intéressantes dans l'histoire de l'art ; elles sont un monument du froid et puéril retour aux idées allégoriques ; ^ et, lorsque l'on voit les insipides sujets donnés à Andréa, le ^ — 'itre qui a fait la Madone de l'Annonciade, à Pontormo, qui Itde produire sa fameuse Tête de Christ *, à Franciabigio, moins distingué dans Fart chrétien, on ne peut que déplorer le mauvais goût qui imposait à de tels artistes de futiles allégo- .ries mythologiques, dont tout le mérite ne pouvait être que .. dans une imitation matérielle d'objets sans intérêt pour la pensée. J'allais oublier de dire que le véritable nom d'Andréa est Vannucchi, le même que celui du Pérugin ; del Sarto était un sobriquet provenant du métier de tailleur qu'exerçait son père. Au quinzième siècle et jusque vers le milieu du seizième, les individus qui n'appartenaient pas à la noblesse n'avaient le plus souvent d'autre nom que celui qu'ils recevaient au baptême, ou un sobriquet ayant pour origine quelque particularité personnelle; la famille, en dehors des ordres privilégiés, n'avait pas encore assez d'importance pour établir cette descendance que de nos jours le plus obscur individu peut constater sans peine. La plupart des artistes que nous connaissons par des surnoms appartenaient à cette catégorie, tandis que Buonarotti, le descendant des illustres comtes de Canossa, Léonard de Vinci, fils d'un noble florentin, conservent leurs noms de famille.
Le Pontormo, le Sodoma, Daniel de Volterra, voilà, après Andréa del Sarto^ tous les artistes qui méritent d'être nommés dans l'école florentine, contemporaine de HapUaél. Mais quelle
1 Aussi à rAnnoDciflde.
l'art
SIO KCOLE DE FLORENCE.
dlstBiiu ie» sépare déjà des Immorteti foniiateari de moderne, Léonard de Vinci, Ulchel-An^ie et Kaphaël! cliei eux t'insplralian est loin de cette noblesse ai pieir grandeur et de simplicité, de ce goût pur, l'hasle, élevé ; île cette Mience, non -seulement dans tAnt ce qui si: rapporte aux aria plastiques, mais dans la composition, dtiis l'hiatoire, dana l'archéologie, eclence si générale chei lea artistes du qifiiiiièDiB siècle, si profonde chez les grandi maîtres que je viens de
Le Pontorho — 14B3-I558 — avait étudié sous Léonard de Vinci et travaillé avec Raphaêli élèïB d'Andréa dcl Sarlo, 11 était devenu son rival.
Le SODOMA R*7zi — I47{l-I55t — avait eHi' i! m ployé par Mes II w n (les peintures au Vatican, dont il ne reste plus (|i)« quelqupi grotesques. A la Farnésina, qui appartennlL aimne !i la famUMl du banquier Chtgt, il avait peint, pour ainsi dire en concurrenoa ^ * avec Raphaél, quelques fresques dont les sujets sont pris de iK vie d'Alesandre le Grand.
Daniel de Volterba — mort en 1âG6 — avait été choisi en 154T par Paul III, pour terminer au Vatiran les fresques commencées parPerinodel Vaga. C'est :'i un t'eut tableau que cet ai'ttste doit la réputation dont 11 jouit aujuurd'liui encore, et, dans ce tableau, ni le dessin ni la composition ne sont de lui. C'est la fameuse Descente de eroia: qu'il peignit d'après un carton de Miihel-Ange. Les opinions sont fort partagées si le mérite de cet ouvrage; un critique, célèbre par ses connut sauces et sa sincërilé, place au même rang cette Descente de croix, la Transfiguration de Raphaël, la Communion de Jérôme du Dominiquin, et la Sainte 'Piii-onille du Giierchln; c'est-à-dire ce que le peinture a produit de plus beau, de plus parfait. <■ On croit voir en réalité, dit-il, cette sci^ne lufiulire: le Rédempteur tombe et s'attandonne véritablemeut comme nn corps inanimé; les hommes pieux, dans des attitudes dlITci partagés par des soins divers et opposés, s'empressent s de cette dépouille sacrée, qu'Us recouvrent avec vénération ; la Vierge est évanouie entre les bras des saintes.femmes, tandis que saint Jean est absorbé par ce triste spectacle. Il y a une