‹ Histoire de la peinture en ItalieChapitre 56 sur 66 · ÉCOLE LOMBARDE · texte numérisé non relu

ÉCOLE LOMBARDE

Le plan que nous nous sommes tracé de traiter successivement des écoles italiennes^ en réduisant leur nombre aux cinq principales, dans lesquelles toutes les autres viennent se confondre, offre ces avantages, qu'en remontant ainsi aux origines pour arriver ensuite à l'époque la plus brillante et à la décadence nous avons plus d'occasions de fixer dans notre mémoire les grands traits de l'histoire des beaux-arts et les principes qui en découlent. Nous évitons ainsi de trop longues études sur des questions abstraites, et des énumérations d'ouvrages qui prendraient facilement l'aridité d'un catalogue.

Mais, en revenant sur des époques et des questions que nous avons déjà abordées, il serait superflu de les traiter de nouveau au même point de vue; il suffira de rappeler sommairement ce que nous avons dit , en le complétant par les traits qui appartiennent spécialement à chaque école.

Les trois grandes écoles dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent se sont concentrées, chacune d'elles, dans une ville, Florence, Rome et Venise, et sont représentées par des artistes qui ont reproduit au plus haut degré leurs qualités distinctives : à Florence, Léonard de Vinci et Michel-Ange ; à Rome, Michel-Ange et Raphaël ; à Venise, le Titien et Paul Véronèse. Autour d'eux se groupent des peintres qui furent leurs émules ou leurs rivaux, et, presque tous, leurs contemporains.

Il n'en a pas été de même de l'école lombarde, sans doute par suite des guerres civiles et étrangères qui désolaient ce magnifique pays à l'époque de la Renaissance, et qui amenèrent au seizième siècle la domination étrangère. Le siège de l'école n'appartint réellement à aucune ville lombarde, et, quoique Léonar#3e Vinci ait fondé à Milan une Académie des beaux-arts, quoiqu'il y

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ait fait son plus nilmiralile chef-d'œuvre, Uilan ne saurait s'altribuerl'boDneijr d'avoir élé exclusivemeiil le berceau oulefo^erde l'école lombarde.

De même que àam les Étais de Venise, louiez les villes en Lombardle el dans les duchés avalent des peintres qui produisaient, avec plus ou moins de talent, les images que réclamaient le culte. Les Insplraiiond de l'art s'y réveillèrent comme dans le reste de l'Halle; mais l'art ne reçut pas une direcllon unique, el, quoiqu'il ait produit df s ccuvrea magnlûques qui exercèrent une grande InOuenceaut la peinture moderne, il n'atteignit jamais âla même illustration populaire. Les progrès, tantôt dans une vUle, tantôt dans une autre, Turent un accideni pIulAt que le développement rëguUerd'unsjstème.cDmniecelaaëtéle cas ùVeniseetâ Florence.

Hantoue, Ferrare, Modène, Crémone, Parme, Blilan, Bergame, forment les principales branches de l'école lombarde. Kolre plan n'admettant pas de njinntieui détails, nous nous attacherons seulement aui Tails généraui, sauf en ce qui concerne le Correggio, trop grand peintre pour que nous n'en fassious pas le sujet d'une élude spéciale.

Les peintuieâ de Glotto à Padouo et l'école que ce grand artiste avait fondée dati^ celle ville e:(ercèrËnt une grande Inilucnce sur le développement des beam-arla en Lomlardie, aussi bien que dans les Ëtats de Venise. Au commencement du quiuzlème siècle, Padoue avait pour ainsi dire le monopole de l'éducation des artistes de ces deux, nallonalilés.

Il y avait aussi dans celte ville des fresques de Giusto, de Jeaa et Antoine de Padoue, dont on voit encore quelques restes qui justirient pleinement l'admiration que ces artistes excitèrent parmi leurs contemporains. Les plus helles sont sur les murs intérieurs et à la voûte du Baptistère, où lis ont représenté le Christ au milieu des élus, de manière à figurer comme un abrégé de la gloire céleste, pour le spectateur qui est au-dessous. Ce fut la première fols que l'art essaya de produire ce genre d illusion, dont les difllculccs sont si nombreuses et si grandes. Il est cuiieuv de comparer ce premier essai, où les figures sont symétriquement disposées en cercles concentriques, dans des attitudes roides et uniformes, au\ magnifiques coupoles du Correggio, à Parme, qui forment en ce genre le spectacle le plus grandiose que l'art puisse otMr à l'esprit humain, par la science des raccourcis et I harmonie des couleurs.

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Mantoue. Que de choses s'ëtâlenî accomplies dans ces vingt années! Quelle distance sépare ces deux époques, entre lesquelles cependant il s'est à peine écoulé le quart de la vie d'un homme! Raphaël débutait Tannée même où Mantegna mourut, — 1606, — et Raphaël venait de mourir quand Jules Romain, son meilleur élève et son collaborateur, formait à Mantoue une nouvelle école; au moment où, dans les beaux- arts, l'ère de la Renaissance se fermait, dans le monde intellectuel celle de la réformation commençait. Quand les peintres, les architectes, les sculpteurs , par un élan inouï, immortalisaient la demeure des papes par des merveilles que le génie des arts n'a jamais surpassées, ni même égalées, Luther ébranlait le saint-siége et le dépouillait d'une partie de sa puissance et de son prestige. Ses disciples allaient répandre au loin les nouvelles doctrines, et la lumière se dispersait dans les arts et dans des choses bien plus sérieuses et plus importantes ;4|ue l'art.

Pendant bien des années, Mantoue fut Tune des villes de l'Italie où les arts brillèrent du plus vif éclat. Son école cependant produisit peu d'artistes distingués. C'est à des étrangers ^ue la maison de Gonzague conOa les travaux qui devaient embellir la ville ainsi que les palais du prince; le Titien, le Correggio, le Tintoret, l'Albane, Rubens, Gessi, etc., vinrent successivement orner Mantoue de leurs admirables productions. Malheureusement les désastres de 1630 détruisirent ou dispersèrent la plupart de ces chefs-d'œuvre.

L'école de Modène aurait pu rivaliser pour le dessin avec celle de Florence; elle excellait à modeler, et le Correggio la dirigea quelque temps, circonstance qui aurait dû, ce semble, lui donner un beau développement. Mais dans de si petits États l'influence est trop concentrée dans une ou deux familles, les ressources sont trop limitées, pour que l'artiste ait cette liberté d'action et reçoive ces encouragements sans lesquels le génie ne saurait prendre son essor. Dans les cours de Modène, de Mantoue, de Ferrare et de Parme, la poésie et les arts ne pouvaient être qu'un accident, brillant, mais éphémère, dépendant du caprice du prince pour son développement aussi bien que pour sa durée. Il y eut dans ces villes quelques artistes de mérite, tels que Nicolo del Abate et Lelio de Novella, qu'on ne peut cependant classer parmi les peintres qui ont imprimé à l'art le sceau de leur génie.

Au reste, les ûrulcs de ces villes ii'obtliirenl queUiue célëbrltâ qu'an moment où elles ollalenl prnlre leur <:iirDrtère nnllDiiol par la Tasion liv tous les styles. La réputation traditionnelle de ceg tojet» où f'enirelennit le culte des beau k- art 3 se perdit avec les principes de ta Renaissance; rindlTldualIlé du m allre remplaça les préceptes que l'ée»ie avail perpélui^s de génération en Eénératlon; de national qu'il était, te stjlc devlul individuel, et l'on compta en Lmnbardie un bfBucou[i plus grand nombre d'imitateur» de RapliaËl que de disciples de Manlegna ou de Léonard de VjncI,

L'art moderne y STait pénétré longtemps avant l'arrivée de Jules Romain â Hanloue et du vivant de Manlegna. En 1493, Léonard de Vinci avait peint il Milan son Cenacola, cl chacun sait que cette ëpnque de fermentation, si remarquiûjle par le dé- Teloppement que prit tout i coup l'intelligence liumalne, n'a pas eu de plus digne représentant que ce grand artiste. Avant que RapliaËl eût rien Tait, quand Mantegna et le Pérugin aclie- Taient les derniers chefs-d'œuvre de lancien slyle, Léonard produisait une des plus grandes merveilles de l'art moderne. Entre aon style et celui de Raphaël, il y a. de trèa-inllmes raHiprUiJ mime recherche de la Leauté, même sentiment un peu mélancolique, douj et éminemment gracieus.. Rnphaiil seul aurait pu représenter Nolre-Selgneur comme l'a fait de Vinci, avec une noblesse, une simplicité et une griice si touchantes.

L'école de Milan eut donc, en Léonard de Vinci, un chef, nonseulement maître de tous les procédés de l'art, mais le plus nol)lc par l'élévation de la pensée, comme il était aussi le pins savant parmi ses contemporains. Si t'école lombarde se fiit élei'ée au-dessus de toutes les autres; si elle avait été savante dans ses compositions, comme celle de Raphaël, aussi parfait dans son dessin que celle de Florence , et , de plus , meilleur coloriste, tout cela eût été attrihué à Léonard de Vinci comme la conséquence naturelle de son enseignement et de sa présence à Milan. Mais 11 n'en a pas été ainsi.

Léonaid de Vinci a peu travaillé comme peintre, durant son séjour i Milan, et son chef-d'œuiTe du couvent âe//e Grazie ne pouvait suffire i donner l'impulsion à tpute une génération d'artistes. Il eût fallu de vastes entreprises, telles que les travaux que Jules II et Léon X llrent exécuter au Vatican ; or les circonstances politiques de la Lombardlene permirent rien de semblable.

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Les beaux-arts n'étaient pas non plus, à l'exception de l'architecture, aussi populaires en Lombardie qu'en Toscane et dans les Élats de l'Église. Quand Léonard arriva à Milan, il ne restait, dans cette \ille, que d'assez faibles souvenirs des quatre principaux peintres qui l'y avaient précédé : Foppa,Civerchio, Buttinone et Zenale ; on y voyait encore quelques fresques que Giotto y avait peintes dans les dernières années de sa vie. C'est à quoi se bornaient les ressources pour l'étude de la peinture.

La sculpture n'était guère plus riche. Jean Balducci, de Pise, avait été pour la statuaire, en Lombardie, ce que Donatello fut, en Toscane, quelques années plus tard : un régénérateur dont l'incontestable supériorité est plus grande par la comparaison avec ses prédécesseurs que par son mérite absolu. Le Tombeau de saint Pierre, dominicain *, dans l'église de Saint-Eustorge, est un de ses principaux ouvrages, et, certes, il faut s'en rappeler la date — 1339 — pour y voir un chef-d'œuvre.

L'architecture absorbait l'intérêt et les ressources de l'État et des particuliers; mais la plupart des artistes étalent étrangers. La cathédrale de Milan, commencée en 1386, eut pour premier architecte un Français, Nicolas Bonavenlure, de Paris, auquel succédèrent des Allemands, des Vénitiens et des Florentins •.

Il y eut aussi une dilTérence radicale entre l'Académie que Léonard de Vinci fonda à Milan, en 1494, par ordre de Louis le More, et les écoles libres de Florence, de Rome et de Venise. Nous l'avons dit tout à l'heure : dans celles-ci, il faut moins voir renseignement du maître donné dans des leçons régulières et directes que l'imitation d'un grand artiste par d'autres artUtes, capables de juger son système et de suivre ses traces par leur propre impulsion. L'Académie de Milan fut, au contraire, un véritable établissement d'instruction publique : le Traité sur la peinture, les autres manuscrits de de Vinci sur la perspective et l'anatomie, ainsi que ses notes sur les proportions du corps humain (d'après Vitruve), sont probablement le résumé de ses leçons. Léonard professait à l'Académie et ne pratiquait pas, ou, du moins, pratiquait peu et seul.

1 Ce saint qui, chargé d'introduire rinquisition en Lombardie, fut tué dans une de ses missions, et dont la mort a fourni au Titien le sujet de l'un de ses tableaux les plus célèbres.

s La construction de la coupole fut couûée à deux Allemands, Jean de Gralz et Alexandre de Marpach. — 1488.

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A Milaa, \ti ressources, mnins abondantes qu'A Florence et 4 Bome, furent concentrées dans Mite insUlullon, el reparties, at . quelque sirle, enire tous les élèrea, qui reçurent ainsi In méma nourriture et ta même ration, «na ^gard n leur ind lit dualité. Ce' ■ fut le lit do Procuste. LaspontatiÉltéclieiraillste riilétouETée, et>' récole donna ce que donne presque sans exception l'enaelgnement uniforme, une honnête médlncrllé.

La véritable école de Léonard de Yini'i, c'est cttte réunion dfti quelques nrllsles qui, presque loua déjà pratiquant lorequ'il ar*rWa A Milan, s'allaclièrent à Inl comme des di-!cip1es t un iijsitr«< bien-almé, et le suivirent en France, où ils reçurent eon dernier soupir. Ils se pénétrèrent tellement des notions de Léonard sur l'art et sur la beauté, que leurs oeuvres sont fréquemment prises pour les siennes, malgré la perfection du llnl que ce grand peintre n donnée à in plupart de ses pelnlures.

Le pluâ disiingué d'entre eux esl Bernadino Ldine, — mort en 1S3I ou 153?, — qui prallquait depuis longtemps dans les petites Tilles, sur les bords du lae Majeur, lorsque de Vinci vint e'élalilir â Milan. C'est un painire de grand mérite, qui, en ee pénétrant des doctrines de Léonard de Vinci, est arrivé il imiter Bapbuél de manière & t'y méprendre couvent, tant il y a d'analogie entic ces deu\ inaitres, Rapliaél et Léonard '. • Le goût de Léonard étaii si parfiiitement conforme à celui de Raptiaël, dit Lanzl, par sa délicatesse, par sa grâce, par l'expression vive des passions de l'ânie, que, s'il n'eût point été distrait de la peinture par une multitude d'autres éludes, et qu'il eùE sacrlllé quelque chose de la délicatesse, pour ajouter un peu il la facilité, à la beauté, à la rondeur des contours, le style de Léonard aurait été sponianément à la rencontre de celui de Baphaèl, avec lequel il présente les rapports les plus frappants, surtout dans quelques-

II n'y a cependant chei Luinl aucune trace de plagiat : c'est uniquement dans l'analogie de l'inspiration artistique que se trouve la resseiiiblance. Luini a exprimé avec un rare bonheur ce rayonnement de la pensée, cette expression divine si abondante

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chez Raphaël, et qui, tout en conservant le caractère individuel d'une figure, arrive à la beauté idéale. Le style de convention ne se rencontre presque pas dans son œuvre, et ses sujets sont traités avec upe grâce si pleine de vie et de vérité, tant de convenance et de noblesse, qu'ils s'emparent invinciblement du spectateur.

C'est dans l'église de Notre-Dame à Saronno, à quelques lieues de Milan, sur la route de Varèze, que se trouve son œuvre principale : quatre grandes fresques représentant le Mariage de la Vierge, Jésus disputant avec les docteurs, la Purification delà Vierge , et V Adoration des Mages, «Ce sont, dit Lanzi, les ouvrages qui approchent peut-être le plus de Raphaël. »

Nous devons nous borner à mentionner les principaux élèves de Léonard de Vinci : Solari, qui orna de ses peintures le château de Gaillon, en France ; ISalaino, qui est peut-être le véritable auteur du tableau de la Sam/e Anne qui figure au Louvre sous le nom de Léonard de Vinci, et qui ne serait que la copie de l'original fait pour l'église de Saint-Celse ; Marco d'Oggione, auteur de plusieurs copies du Cenacolo, dont la plus belle est à la galerie nationale de Londres ; enfin, Gaudenzio Ferrari, dont nous avons déjà parlé.

C'est dans la famille des Luini que se perpétuèrent les préceptes de Léonard de Vinci, et c'est de Bernardino, leur père, qu'Évangelista et Aurello Luini les reçurent, tant il est vrai, comme nous le disions tout à l'heure, que Léonard ne fonda pas une école, mais seulement une académie. Il faut l'autorité de grands travaux pour perpétuer celle du maître. Si Raphaël n'avait produit, comme de Vinci, qu'un très-petit nombre d'ouvrages, eussent-ils été ses plus merveilleux chefs-d'œuvre, il n'aurait pas exercé l'infiuence qu'il a eue non-seulement sur ses contemporains, mais sur l'art en général, dans toutes les écoles et jusqu'à nos jours.

Gaudenzio Ferrari, — 1484-1550, — prit dans l'école milanaise la place qu'avait occupée Léonard de Vinci. Pour apprécier son mérite, il suffit de comparer la fresque qu'il a peinte, en regard du Cenacolo de Léonard, dans le couvent délie Grazie à Milan. Elle représente la Crucifixion de Notre- Seigneur : le coloris est puissant, le dessin énergique, l'expression des saintes femmes digne du pinceau de Rapîiaêl, les groupes sont variés et

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aoioiés ; c'est donc une œuvre d'un Irte-grand mérite ; et pourtant un simple coup d'œil siidlt pour démontrer combien elle ai inrërieure à celle de Vinci. Dans les haule^ quaUtés de l'art, Indépendantcsdu procédé, cette comparaison aérait absurde, tant la distance est grande, cl. dans ce qui Trappe seulement lu viib, le successeur de Léonard a plut6t l'air d'être le contemporain de Hanlegna que l'élèiede Raphaël. Ce Tait est tout i l'honneur de Léonard de Vinci, car sa ^upértorllê ressort, non de la faiblesse, mais de l'inconleslable mérite de Ferrari.

Ce n'est que pat les telles qualités que l'art tombe en décadence; en les exagérant, tes imitateurs en Font des défauts, et bleot&I il ne reste decetle gtoire si pure que des TcaligeselTaçéset des beautés travesiles. C'est ce qui arriva i Milan, comme à Rome, à Florence et à Venise. Il y eut bien encore des peintres de mérlte< tels que Lamazzo et Prci^accinl, mais leurs noms surchargeraient inulllement la mémoire. Vers la lin da seizième Bi(c]e, la décadence était complète, malgré leselTurtsde quelques ramillei, et surtout celle desBorromée, pour ranimer le goùl des beaui-arta.

Saint Charles Borromëc et son cousin le cardinal Frédéric < furent à Hllan, avec des ressources plus limitées, ce que les Uédïcis turent à Florence, et les Gonzagues à lilantoue, mais dans des principes qui honorent leur mémoire. Le cardinal Frédéric, qui avait étudié à Bolosneet &Romc, avait acquis, avec la passion des beaut-arls, ungoûl très-éclairé. Non content d'employer les architectes, les statuaires, les peintres les plus habiles, il ranima la débile existence de l'Acndémie fondée par Léonard de Vinci, en appelant d l'enseignement les professeurs les plus disiingaés, Dl venir les plâtres des plus belles productions de l'anliquilé et de l'art moderne, et forma uue galeile de peintures.

An moyen âge, c'est en Italie que se ralluma le Hambeau du génie des beaut-aris : l'Halle avait trouvé en elle-même la puissance, l'inspiration, la science que tontes lesnalions vinrent chercher cliez elle. Si ta peintureâ l'huile Cit une découverte Itamande, les plus grands chefs-d'cc livre [qu'elle a produits sont italiens : i l'étranger, le mérite du 'procédé ; ï l'Italie, la gloire de l'artiste. Aucun peintre Italien ne traversait les monts pour se perfectionner dans son art ; mais les plus grands maîtres dont se glorifiaient les autres nat

iî adini

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