‹ Histoire de la peinture en ItalieChapitre 6 sur 66 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Cène de Léonard de Vinci, d'abord par devoir^ résolu que j'étais à découvrir ce qu'on pouvait trouver de beau dans cette fresque terne, lourde et presque effacée ; ensuite avec plaisir, et, enfin, avec passion, découvrant à chaque nouvelle visite des beautés divines, impossibles à décrire, et qu'aucune gravure n'a rendues. A l'indifférence et au désappointement que j'éprouvai la première fois, j'ai pu juger de l'effet que' produisent les plus belles fresques sur l'amateur sincère qui ne se laisse pas imposer une admiration toute faite.

De retour dans nos foyers, mes compagnons de voyage me demandèrent de leur donner linéiques notions de l'histoire des beaux-arts, et plus particulièrement de la peinture. J'y consentis sans hésitation, pensant que c'était la chose du monde la plus facile, et qui n'offrait d'autre embarras que celui du choix entre le grand nombre d'ouvrages sur ce sujet.

Je n'en trouvai pas un, je dis pas un seul, qui l'ait envisagé au point de vue d'une éducation libérale, aussi éloignée de l'érudition professionnelle que de cette teinture superficielle qui s'arrête aux noms, sans étudier les principes ni les œuvres.

Winckelmann, Schlegel, l?essing, Mengs, Vasari, Visconti, Tirabosclîi, Lanzi, d'AgincourI, Hope, Reynolds, et tant d'autres savants ou littérateurs qui ont écrit sur les beaux-arts, sont les uns exclusivement érudits, les autres de simples biographes ; quelques-uns traitent seulement des sujets spéciaux. Aucun ne s'est proposé de donner une idée générale, mais suffisamment complète, de la marche des beaux-arts en Italie depuis la Renaissance jusqu'à la fin du siècle dernier, du caractère distinctif de chaque école, du mérite individuel des grands maîtres et de leurs principaux chefs-d'œuvre ; enfin , des théories qui ont prévalu, ou dont la discussion dure, encore.

Pour atteindre ce but, j'ai lu un nombre considérable

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