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ranl s'est endnroil ntir rEXIr^iiitlé d'une Jmperle qui Tait partie de In ciiIfTiire de \» Vicjgc, de iotle qu'il Krnit éveillé par le moindic mnuvpitienl quo /crall su mère. Celle eirconslance, un peu puifrllr, semiile esiiliqucr l'immuliililé îles personnages, el donne nux speïlaleura une sorle d'unslëtë qui n'est pas sans l'hornif <.
Apr^t Panne, r'esl à Naples i[ue ae liouvent ses nieilleurii talilcnnt : ma c«lè|jre Mariage île nainle Catherine, nirlielé dans le siècle dernier pour une somme de près de cent mille Francs, Agar dam ft détert, et une ou deux Moilanes.
Lu maison île Karnèse, établie k l'arme vers In Un du seiiiènie slËcle, s'elIorç4i de mainienlr I'ijmU - pintiire b la hnuleur ub. l'avaient placée le Correggio et le ' Afi attisles qui s'étalent formés si mailre» étant mort» ou arrivés à \,^ tomba en décadence, et d'autant pi mité de Boloxnï devait natufellemem ci Riinlu inOuence des Carraclie, dont la rëpulation e éclipsaient toutes Icë aulrea écoles.
{lanino ; mais lu plupart direclion de cee grands itrèma -vieillMse, l'école itildeiuent, que la proxl-
t le talonl
De même que les autres écoles italiennes, celle de Bologne a sa généalogie, et s'honore de quelques illustrations au quinzième siècle. Francia, mort en 1535, ne tient pas dans les beaux-arts une place moins distinguée que le Pérugin, Mantegna et les Bel- Uni ; Raphaël disait n'avoir vu aucune Madone plus belle d'axpression, de couleur et de dessin que les siennes ^
Mais, après la mort de Raphaël et des grands peintres florentins, la décadence deTartne fut pas à Ëologoe moins grande qu'à Rome et à Florence ; seulement elle y fut moins apparente, parce que Tartne s'y était pas élevé à la même hauteur. Si cette école a eu son Pérugin, elle n'a pas eu de Raphaël : Francia mort, les artistes bolonais tombèrent au niveau des maniéristes de Rome et de Florence, sans avoir eu ni un Jules Romain ni un Andréa del Sarlo, ou même un Pontormo.
Dans les autres écoles nous avons pu observer une marche progressive ; la gloire y est précédée par le mérils^ le mérite par le talent; on suit sans peine Florence dans la voie où l'engagent Cimabue et Giotto ; l'impulsion donnés par les grands artistes du Campo Santo à Pise, accélérée par le Masaccio, aboutit directement au grand siècle de Médicis. A Bologne, rien de semblable. Cette école semble destinée à ne recevoir que les reflets de la vive lumière qui illumine Rome, Florence et Venise. Située entre la Toscane, rOmbrie et la République de Saint-Marc, elle devait en effet ressentir l'influence de ces trois foyers de l'inspiration artistique. Francia, comme Jean Bellini, Mantegna et le Pérugin, a cette in-
1 II y a au Louvre, dans le Salon carré, un portrait d'un jeune homme par Francia, qui est un chef-d'œuvre de colons et de dessin.
t»0 KCdl.E or BOI.IICKR. " ^^^^^
dlvldualllé qui est si remarqualile chei les granils niailrea du qulniièaie siècle; il ne suH pa« un lyslènie, il obéll à sa propri.- InspiralloD : c'est Son aujel qui te domine, tl l'a coni;u en poète et ne l'ajuste pai selon Itis idées arrêtées sur la nature de l'art.
Hais les peinlret. buloiialA, coniempoialns ou successeurs de Francis, n'eurent pus cette Individualité; ils furent tous plus ou moins imitateurs, allant chercher leurs luodèieâ partout où une qualité captivait leur imagination; de In celle médiocrité de l'école bolonaise, daps les temps qui précédèrent les Carraclie.
Vers ta On du seizième siècle, alors que teutes les écoles italiennes s'éteignaient dans une décadence de plus en plus rapide, cette de BologneenlratoutJL coup dans sa période la plus brillante. Il est Tral que son éclat est tout d'emprunt : elle ne le doit ni i l'inspiration niit'origlnalil^, mais â l'imltallon; c'est un mérite de seconde main. Quelque grands qu'ils soient comme artisles. les Carrache n'ont pas ët£ des esprits créateurs, ils n'ont pas eu cette puissance du génie qui trouve en lui-même ses éléments, qui vit de sa propre vie : la plus rare et la plus noble faculté de l'intelligence humain. L'éclat qu'ils ont jeté sur la peinture n'a été que le-reflet de la rWa et pure lumière dont avaient brillé les grands maîtres de la génération qui les précéila.
Ce qui intéresse dans l'école de Bologne, c^'e^t dimc muins le mérite de ses principaux ptintrea, tout grand qu'il soit, que te système qu'elle a créé et qui a Uni par prédominer dans l'art moderne : une fusion de tous les styles, un mélange des beautés caractéristiques de chaque école.
Même A ce point de vue, l'originalité peut èlre contestée à l'école de Rologne. ^ous avons eu plus d'une occasion de remarquer que l'esthétique des Carrache avait été mise en pratique par plus d'un artiste, longtemps avant qu'ils l'eussent formulée en préceptes. Le Correggin, qui n'avait pas eu comme eux. l'avantage d'étudier les modèles A Rome, à Florence et à Venise, s'était créé, par la seule puissance de son génie, ce style mixte dont, cinquante ans plus tard, Augustin Carrache donna la poétique recette. Observons de plus que, si le mérite de l'invention a été perdo pour le Corregglo, c'est qu'il y a joint te mérite bien plus grand de faire son mélange si parfait, qu'il est Infiniment plus difllclle chez lui que chez les autres d'en retrouver les éléments. Triste cliosequecette substitution du métlerà l'originalité individuelle, la recette tenant lieu d'Inspiration! .Hais, k vrai dire,
FRAKCU. 401
dans la profonde décadence où étaient tombées toutes les écoles, lorsque parurent les Carrache, il faut se féliciter qu'il en ait été ainsi. Si, depuis Raphaël, la peinture ne s'est jamais élevée à une aussi noble inspiration, depuis les Carrache elle n'est pas non plus retombée dans l'avilissement où la jetèrent les naturalistes et les nianiéristes.
Il est bien étrange que ce système des Carrache ait pris dans une école où l'inspiration religieuse, et même mystique, avait été le caractère dominant, durant les deux siècles précédents ! Des peintres bolonais refusaient de représenter Jésus-Christ sur la croix, disant que c'était bien assez que les Juifs l'eussent crucifié une fois, sans que les chrétiens fussent obligés de renouveler ce supplice de leurs propres mains. Dalmasio, peignant une'image de la Vierge, se préparait au travail par le jeûne et communiait avant d'entreprendre la figure delà mère du Christ. Ces sentiments, que nous avons trouvés également chez Beato Ângelico et chez plusieurs des principaux artistes du quatorzième et du quinzième siècle, sont assurément les plus opposés aux règles de l'école : Tartiste qui puise Tlnspiration dans son enthousiasme religieux ou poétiquetrouve dans son propre cœur l'image qu'il veut reproduire , il ne va pas emprunter à l'un son crayon pour en tracer les contours ; à l'autre, un peu de fard pour la colorier ; à celui-ci, ses draperies pour l'orner; à un autre, une expression divine, qui, toute sublime qu'elle soit, n'est pas la personnification de cette figure que, dans son extase, il a vue toute vivante.
Ce caractère d'individualité et de spontanéité s'est longtemps conservé chez les peintres bolonais. Francia, qui en est la plus parfaite expression, a survécu à Raphaël ; il est mort en 1533, un an seulement avant le Correggio ; à quarante ans il avait débuté dans la peinture par un chef-d'œuvre, et Raphaël, en envoyant sa Sainte Cécile à Bologne S lui demandait de corriger les fautes qu'il pouvait y trouver *.
1EQ1314.
s Les véritables chefs-d'œuvre de Francia ne sont pas à Bologne, ni même on Italie. La galerie impériale de Vienne en possède un dans lequel la Vierge est représentée sur un trône avec Tenfant Jésus, entre sainte Cathe- . rine d'un côté et saint François de l'autre; au-dessous est le petit saint Jean debout, le doigt levé, admirable d'altitude et d'expression. Il n'est pas possible de concentrer plus de poésie dans un si petit espace. Le tableau de la galerie de Munich est encore plus parfait, du moins pour le type de la Vierge, que Francia n'a jamais fait si beau ; l'enfant Jésus est couché
«Dl J^.i:ni.E DE BOLoei
Cependant, A l'i'jKique où Frenc3o florl^sait ù Itotogne, le Znppo y npiHirUlt tie Puduue le« liistci et slérllea enseignements ilu Squarclone <, ni lnlr(>dul«alt a)n»l le germe mortel que portait à l'iirt thréUen l'engouemenl mylliologlque, qui déjà «'cialt emparé de Florence. Cent an» plus tard, braque Louia (arrache vient d'entrer dan» la carrière, c'est un Flamand, DUinvsiu!! Cnlvart, qui lient A Itulogni: la première écule de peinture. On volt que tout 3'iidiemmait au système (|ue les Carruclie allaient fajre pré-
Loi'is CAtmACHE Tut le premier uul de celte ràvoluliun, le résultat d'un esprit laborieux, persëvéï. . et relléclii.
Né en lââï, mort en Itil9, Louis Cariuche était aurnommé le Bteur: Jamais surnom ne Tut mieux appliqué. Louis travaillait avec la pntience, la lenteur et la force d'un liteuf, el il mmiDuit sans cesse sur ce qu'il avait apprit; Il n'avait pas assez d'imagi-
beau lui faisaient comprendre le mérilo des grands maîtres, que ses contemporains avaient la ridicule prétention de suj-passer.
A cette époque de décadence, c'était beaucoup que de revenir à l'étude de ces modèles Immortels, et ce n'est pas un des moindres titres fi notre reconnaissance que cette entière abnégation de LouisCarraclie.qui le porta A chercher cliei tes autres une Inspiration qu'il aurait pu trouver en lui-même, Jusqu'à un certain degré. I.utler contre son siècle pour se fulrc l'npiilre de ses idées
sur le BOïoa parmi les fleurs, et la Yieige s'approrhe .le lui avec uii« tendrcsw respectueuse: iDul cet» est ditmemcLL ei|wiiiie. La gslcrie de
Madune emourée <le eliËrubiiii el lemut l'entant Jésus i(ui bénil plusieurs
merveilles de ta peinture religieuie. Dans la galerie de Bolugne il j a la
LES CÀIUUCHE. 403
à soi n'est pas chose rare ; mais engager une telle lutte pour faire triompher le mérité d'autrui, c*est peut-être le seul exemple qu*on en puisse citer dans les lettres et les arts.
Un des chefs-d'œuvre de Raphaël, la Samfe Cécile^ faisait partie de la galerie de Bologne. Louis Carrache Tétudia avec une infatigable persévérance ; ensuite il alla à Venise copier le Titien et recevoir les conseils du Tintoret, qui, plus frappé de la lenteur d'esprit de son élève que de la sûreté de son goût, lui conseilla de renoncer à la peinture, pour laquelle il ne lui reconnaissait aucune disposition.
De Venise il se rendit à Florence : l'école était en pleine décadence, mais les chefs-d'œuvre des grands maîtres occupaient toujours leurs places, et l'artiste bolonais put comparer les théories du jour et leurs résultats avec ce que l'ancienne école avait produit de plus parfait. Les peintres florentins imitaient leCorreggio ; Louis Carrache alla àsfjm à Parme étudier les grandes fresques de San Giovanni et du ûaomo, et les œuvres du Parmigianino.
Ainsi se formait dans son esprit, par la comparaison des œuvres et la discussion des principes, ce système savant, érudit, ms^is peu origti^, qui consiste à prendre de chaque école le mérite individuel qui la distingue.
Augustin Carrache en a réuni les préceptes dans un sonnet dont le sens est que, pour faire un bon peintre, il faut réunir le dessin de Rome (par là il entend l'antique) au mouvement et au clairobscur de Venise ; le coloris lombard, la terrible énergie de Michel-Ange, la vérité du Titien, le style du Corrége, l'harmonieuse composition de Raphaël, les ornements du Tibaldi, l'invention du savant Primaticcio, et un peu de la grâce du Parmigianino, etc.
Voilà une fort belle recette, et Tonne pourrait choisir de meilleurs ingrédients, mais elle rappelle cette autre recette que vous connaissez aussi : prenez du rouge, du jaune, du bleu... les couleurs les plus brillantes, mêlez, et vous avez... du gris, sinon du noir, du gris plus ou moins terne, mais certes rien qui approche de l'éclat d'une seule de ces couleurs prise isolément.
L'école des Carrache ne peut être assimilée ni au noir ni au gris, par rapport aux autres écoles ; et cependant il n'en est pas moins incontestable qu'en réunissant les beautés de toutes les écoles elle a été inférieure à chacune d'elles. Il lui a manqué ce
.40( J.CilT.E DE BOLOCW^.
prlncipedc \ie eana lci|Ui?l ]e« œuvres qui Émanent île la pcnst'c n'auront janinls qu'un même relalir, Undivldunlilé. Pour beauccap d'arUstes et de connalseeurs, les rreeiiuei ni inégales, ai imparfaltMtlans leur exécution, des peintres du quinzième siècle ont beaucoup plus d'altralts qne la plupart de« peintures de Carrache, parce queces tre«quea poatèdent A un tiaut degré le cachet d'originalité, de pensée naïve, d'Inspiration, qui est le charme le plus Bëduisanl et le plus vrai dans une œuvre Inlelleutnelle.
Qui dit estliétlque dit chuit ; or un choix de beautés, c'est, dans les beauK-aria, une Imitation des qualités transcendantes chez les grandi maîtres. Ainsi Louis Carracbe, dans son tableaudelaPr^dicalion de suint Jean |aui Chartreux), a peint les ligures dans un stjlesi littéralement Imité de Kg "lodèles, qu'on les distingue, les unes sous le nom de Iti i, tes autres sous celui de raphaélesques, de llntoresque nlbal Cnrrarhe, dans un tableau d'autel qui fait aujoi ifide la galerie de Bologne, imita dans la figure de , manière de Paul Vérone* j datis les Uj-ures de l'ei.. itde BalntJean, le Corrége ; dans celle de l'évangél Jean, le Titien ; dans la sainte Calherina, le Parmigiani
Au retour de ses voyagea d'éiuae, . jie Ganache rencontra A Bologne une vive opposition de la part de tous les peintres et du public. IL eut à soutenir la même lutte que, plus lard, Annibal Carrache soutint il Rome contre d'Arplno et les manlëristes. Le goût était perverti ; de sorte que ce ne furent pas seulement les artisles qui dénigrèrent un stjle dont l'adoption devait les Taire tomber en discrédit, mais les amateurs eux-mêmes, qui avalent également désappris à apprécier le beau.
Ludovico chercha autour de lui quelque appui ; il n'en trouva aucun. Alors il songea à former des élèves, et, ayant reconnu de grandes dispositions chez gescousins, Augustin et Annibal, presque du mÉme âge que lui, — Augustin était né en 15âS et Annibal en i5G0, — il lu engagea à sevouer à la peinture. Ils étaient fils d'un tailleur ; Annibal suivait le métier de son père, Augustin était orfèvre, et, selon l'usage à cette époque parmi les gens de son métier, Il modelait, ciselait, gravait ; l'orfèvrerie était un des arts les plus perfectionnéa : c'était (surtout à Florence) une pépinière d'artistes éminents par la supériorité de leur deasin.
Augustin était de plus distingué par son esprit naturel et cidtivé ; il avait lui-même refait snnéducatlon, assez complète; llvi-
LES CARKACHE. 405
vait dans la société des hommes de lettres, et comptait déjà parmi les graveurs les plus habiles.
Annibal, au coti traire, était d'une nature rude, très-ignorant, d'un caractère sombre et jaloux ; mais il y avait en lui plus de ressort, plus d'énergie que chez les deux autres.
Des trois Carrache, c'est Annibal qui est le plus grand peintre : dans l'ensemble de son œuvre tout entier, il y a moins d'imitation que chez Louis, ou plutôt, il a su s'approprier les quaHtés des autres écoles de telle sorte, qu'elles semblent être le résultat de sa propre inspiration presque autant que celui de l'étude. Heureux ces trois hommes si éminents, s'ils eussent su vivre entre eux dans cette bonne harmonie que leur parenté et l'analogie de leurs talents semblaient devoir leur rendre sL facile * !
C'est un vieux proverbe qui dit que « nul n'est prophète dans son pays : » les Carrache en éprouvèrent longtemps la vérité ; il s'établit entre eux et les artistes bolonais une lutte dont ils sortirent vainqueurs, mais après tant d'épreuves, que Louis et Augustin furent plus d'une fois sur le point d'abandonner le champ de bataille à leurs adversaires. Annibal ranima et soutint leur courage. Enfln la victoire fut complèfe : tous les ateliers, ou, comme on les appelait alors, toutes les académies se fermèrent successivement, les élèves s'étant enrôlés sous les ordres des Carrache. Le premier triomphe qui changea complètement leur fortune, c'est à Louis qu'ils le durent. Les deux frères avaient peint, dans un palais de Bologne *, des sujets pris de \ Enéide ^ en concurrence avec un des artistes les plus en réputation chez leurs adversaires, et Us avaient échoué devant l'aveugle partialité du public. Louis entreprit, dans une autre salle, une nouvelle série de sujets tirés du même poëme, et son succès fut si grand, que la foule, passant d'un extrême à l'autre, comme il arrive toujours dans une réaction, le proclama le plus grand peintre vivant.
Ils fondèrent alors une académie pour l'instruction des élèves. Augustin s'adonna plus particulièrement à l'enseignement ; son esprit cultivé et ses goûts littéraires le rendaient plus apte que son frère à la direction d'une école des beaux-arts.
L'académie offrait un ensemble d'instruction et un mode d'enseignement qui, malheureusement, ne se retrouve plus que dans
1 II y a encore trois autres Carrache, Paul, François et Antoine, tous peintres, mais d'un talent médiocre.
2 Palais Fava.
*•<! (^nilLK IlE DUI.OOE.
dei iniUlUb runil^u |i*r Vtlal -, ut, dons ces élalilIssi'menU |ia- WlM, 11 ne jieul pas exister la même ciinmrJancc de principes, le même lUinularit que iltos une entreprise où le chef Iravaille àupropre i^lolreen fonnantaes HÈ\ei.
Les Carr», tiu rempllrenl lenr atelier de de3?in«, de gravures, de peintures i-l de plâtres lire» des plu» beaux anliques; ils eurent une ë^nli: liu module vivant ; ils doimètcnt des cuurs de penpecllve, danatoiale. de conipoeltloD, d'anhiteciure. de crilii]ue>rtlitiqiie. A decerialnijoiire,!] yaTaiLeipusitian deii travaux dei tIèvM ; c'étail une tête embellie par la musique, et i leriuelle prenaient parties bommes les plus '^■"linguéB dans les leltres, les Mleoeet, leâ arts ou les emplois pu ».
L'académje du P.-^grli {Incammini. i, c'est le nom qu^ils lui donnèrent, Tiil, bous un autre point de ne, un modèle trop rarement Imité: i'endelgneiiient y était, iir ainsi dire, tadlviducl, ence sens que la diâposiliou d'esprit, i tendance naturelle de l'élève, n'était pas anê:intie, dénaturée parle Joug d'un système uniforme pour tous; au contraire, c'était le système qui ge ployait aux liesDlns de l'élève.
Sous ce rapport Louis Carraclie avait fait preuve d'un jugement remarquablement aain, en ne donnant pas ù ses deux coU' sins, si différents do caraclére et d'esprit, la mime éducation arlijllque. Augustin av;<lt été placé chez Foutana, el Louis avait gardé près de lui Annllial, dont il modérait la fnugua.
Le succès de l'académie fut Immense. Aucune ëcQle n'a produit tout A la Tois un si grand nombre d'artistes distingués en des genres si divers : le Dominiquin, Guido Renl, Albann, Lanfranc, le Ciuercliin, les deux Holla ; je ne cite que les principaux, car celte école a eu sur les l>eaux-arts, dans tous les pays, une iniluence si grande, qu'on peut considérer comme relevant d'elle la plupart des peintres du milieu du di\-septième siècle Jusqu'A
Toutes les commandes arrivaient aux Carrache ; les autres artisles, complètement discrédités, critiquèrent en vain ; le public, qui s'était d'abord refusé à reconnaître leur mérite, ne voulut pas davantage voir leurs défauts. F.ntln, lorsque Louis eut ler^ miné les splend Ides fresques du palais Sampleri, les artistes euxmêmes furent obligés de s'avouer vaincus, et la révolution qu'amenait le nouveau style fut accomplie.
Il est i croire que ce fut précisément lorsque le succès leur
LES CARIlACnE. 407
était assuré que les Carrache cessèrent de vivre en bonne intelligence. Je n'ai trouvé sur ces dissentiments rien de bien précis, et je suis lente de croire que le caractère sombre et jaloux d'Annibal a été la seule cause d'une séparation qu'on ne peut trop déplorer dans l'intérêt de l'art. J'ignore la date exacte de l'établissement d'Annibal à Rome, ce fut probablement tout à fait à la fin du seizième siècle. Augustin ne tarda pas à l'y rejoindre, et bientôt après fut chassé de nouveau. Louis resta à Bologne.
A Rome, l'Académie des Incamminati fut d'abord reconstituée par les deux frères, et réunit presque tous les artistes éminents qui relèvent de l'école des Carrache. Ce fut une brillante époque que celle où Annibal et Augustin, accompagnés de leurs élèves, leDominiquin, leGuido, l'Albano, Lanfranc, Molla, etc., se rendaient au palais Farnèse pour le décorer de ces fresques qui en font un des plus beaux monuments de l'art. L'Académie desCarrache fut prise pour modèle de l'établissement de même nature fondé à Rome sous le pontificat d'Urbain VIII, sous le nom d'Académie romaine — même enseignement, mêmes récompenses.
Cette époque fut malheureusement trop courte. Annibal, transporté de jalousie des succès qu'Augustin avait obtenus à Bologne par son tableau de la Communion de saint Jérôme, lui rendit fort difQcile la vie en commun ; cette honteuse passion dépassa toutes les bornes lorsque Augustin eut peint, dans la galerie Farnèse, les sujets de Céphale et de Galaice. 11 força son frère à quitter Rome ; en vain les personnages les plus éminents intervinrent, Annibal fut inflexible ; il déclara que lui seul était chargé des travaux, et qu'il ne se laisserait pas imposer un collaborateur. Augustin partit. 11 se retira à Parme, où il mourut en 1601.
En 1608, Annibal appela à Rome Louis, pour l'aidera terminer la galerie Farnèse ; celui-ci n'y voulut pas rester plus de quinze jours. Bientôt Annibal partit pour Naples, où il éprouva à son tour les mêmes persécutions, les mêmes jalousies dont il avait empoisonné la vie de son frère. Il revint à Rome mourir de chagrin en 1609.
Dix ans plus tard, Louis expirait à Bologne dans une pauvreté qui touchait à la misère. Un frère cadet d'Augustin et d'Annibal, François Carrache, peintre aussi et son élève, avait payé de la plus noire ingratitude les bienfaits dont Louis avait comblé sa famille. Artiste médiocre et grand libertin, il mourut à l'hôpital à vingt- sept ans, en 1622.
tOS ÉOOI.E DE DOLOGRË.
C'Mt k IMni^nE (|iji^ ïi> IruDveiit \et prinvipnuv o I.0U1S, dans Ja gal«ri« naliunal«, l'une des |ilus belles, b l'une dei plus in l Pressai) l«s de l'Itallt, par l'urdre qui y est établ et qui petmel de suivre les progrès de l'art dans sa niar:?lie hislar^
La galerie renferme Ireine (lurrageEde Lo<iIs Carradie, qui lu sont conildérés par tes meilleurs critiques comme dignes d'être '' clawét parmi icspius eieellen les productions de l'art. La Vierge data la gloii-e est le mori^au capital j c'était, A ce qu'il parait, le sujet favori de l'écolE bolonaise, prëdlle Pilon qui survivait aux notions artistiques du siècle précède nussi la ditTéienee dans la manière de le roncevoir eal'elle foi . ande. Ce n'est pas Kraiicla, encore nxilns Vital ou Dalmailo, î auraient représenté la Hadone bous les Irails d'une benulé >u te mondaine, et attifée avec une clcfiancc pleine de coquetterie, lais c'est lA précisément ce qui caraelérlse i'écnle des Carracbi examiner l'œuvre uniquement BU point de vue de l'art : ie dessin, le coloria, lacompotillon, Mut exeellentBj 11 ï a dans l'action une convenance parfaite; les draperies et les accessoires montrent ungodt pur. C'est la vie Intérieure qui manque; plus vousexamInercEt'œavi'e, plue votre âme sera indiffOrenle et votre esprit aatlsfuil. La Vierge esl dans le ciel, entourée d'une nuée d'angea; au-dessous c^t la lune dans son croissant; saint François el saint Jérôme sont en adoration ; l'enfant Jésus tend la main A saint Frani;olg, qui la baise. Le voile de la Vierge, qui retombe sur ses épaules et son sein, est d'une coquetterie parfaite, sans afféterie, sans la moindre trace du mauvais goût des Bemini, mais tout aussi dépourvu de celte simplicité si noble et si cbaste qu'on remarque dans toutes les draperies de Rapliaêl, sauf dans la Vierge à ta C/iaise, et c'est la seule exieption.
Viaidol résume ainsi la réforme que les Carrache inlroduislrenl dans lu peinture : < On sait qu'elle porte principalement sur l'abandon de la manière simple et peut-être un peu uniforme de l'école tlorentine-romaine, et sur la préférence donnée A l'emploi du clair-obscur, des raccourcis, en un mot des grands effets pittoresques substitués à la pureiédelaformcet à laseule puissance de l'expression. Pour les gens au goût révère, ce changement a élé le signal de la décadence, ou du moins de la décadence érigée en système. Puur les autres, moins exclusifs, lia été, au contraire, un tempsd'arrétdansla décadence, une transformation, et comme
LKS CAKIIACIIK. 409
une seconde renaissance de l'ai l, qui l'a fait vivre avec éclat un grand siècle de plus. Sans prendre parti dans la querelle, où, comme d'habitude, chacun a moitié tort et moitié raison, je dirai seulement qu'il est difficile de se plaindre de la création d'une école. d'où sont sortis, outre les Carrache, ses fondateurs, Doniiniquin, Guido, Guerchin, Albane, Caravage *. D'ailleurs, après l'imitation outrée de Michel-Ange et les écarts déplorables qu'elle produisit, les Carrache furent assurément des réformateurs pleins de sens et de goût. «
Nous sommes fort de cet avis, et nous croyons que chacun aurait entièrement raison si tous se mettaient à un même point de vue : comparés aux grands maîtres qui les précédèrent, les Carrache sont inférieurs, non dans l'exécution, mais dans l'inspiration ; comparés à leurs contemporains et à leurs successeurs, leur supériorité n'est pas moins évidente. Voilà pour les connaisseurs ; quant au public, qui juge l'œuvre sur sot\ aspect, on ne lui fera pas facilement comprendre que le Pérugin et Francia sont plus artistes et plus véritablement grands que les Carrache.
Augustin n'a que deux tableaux dans la galerie de Bologne : la Communion de saint Jérôme et une Assomption de la Vierge,
Annibal a six tableaux, dont les plus remarquables sont deux Vierge dans la gloire et une Assomption, C'est à Rome qu'il faut aller pour connaître Annibal j c'est dans le palais Farncse que se trouve une série de peintures à fresques, son œuvre capitale et la plus caractéristique de l'école bolonaire. C'est là qu'en admirant les grandes qualités de ce peintre on peut se convaincre qu'il ne sufût pas d'être coloriste et dessinateur correct, d'exceller dans la disposition des groupes, dans les effets d'ombre et de luornière, pour être l'égal de Raphaël, de Michel-Ange, du Titien et du Correggio, de ces grands maîtres qui trouvèrent en euxmêmes l'inspiration, de ces vrais artistes, dont la pensée poétique, le génie, s'alluma, non pas à la vue des œuvres de l'art, mais à la représentation vivante de leurs propres conceptions.
Le palais Farnèse, commencé par SanGallo et terminé par Michel-Ange, est un des bâtiments les plus remarquables de Rome; il a été construit avec d'énormes blocs de traveitine arrachés au
i Yiardût met Michel-Ange de Caravaggio au nombre des élèves de Carrache; il fut l'auxiliaire très-indépendant de la réforme qu'y introduisait Annibal, mais dans un sens tout autre que celui du Bolonais.
Cblisée. Dans la e^'i^rie, au ttnlie du plarond, eal la fumeuse ùacclmaalc irpresentont le Tiium/ilit de Uacclms et Ariane, tant . admirée de N. Pouisln. Le prélat Agucclii avait choial les aujels; sous ki Bl1u»luns de la niytholofiLe, tl prétendait otTiir à l'espriL le ti[)ectacle des ]>agsi<in«. L'amour déréglé fut le sujet qu'il dësipa pour orner le principal aaion du cardinal Faraèse; leafaunoj, lea suljres et les haceliantes qui enluurent Bnccliua et Ai-iane offtEut, en ciM, des délalli dont le prélat a dû élre cliamié. L'amour vrrlueuK est représenté par Arlon et par Proniélhce.
Les allégories des verlna sont reléguées dans un cabinet qui n'cit pas Facilement ouvert aux étrangersi c'est Hercule enirc le vKe et la vertu; Anapiut et Amiihinome loumat leurs paitKtti. d'une éruptionde l'Etna; Ulysse échoppant aax sirène». *i
Dans d'autres salles, Annlbal a peint Mercure présenlant /cË pomme il Paris; Polyphéine jouant delà fîiite de Ptm; PenM et Andromide ; Jupitei- el Junon ; CalalMe enlotirée de irilomée denijtiipha; Apollon écorcbant Marsyas; Borée enleeant On* thj/e, etc., etc. j en tout une quarantaine de sujets iDjUtoli^
Lee [reaquee du palais famése Jlrent à Rome une prodigieuse eensallon; l'importance de l'ouvrage et l'immense mérite de l'exécuiion en taisaient un de ces monuments don! l'intlueucn sur l'art est irrésistible. La lutte ijue les Cnrrache, et plus particulièrement AnniLnl, niaient eniiagëe à Rome contre les maniéilsles, cessa • faute de combatlants. » Les manlcrisles étaienl vaincus et ne purent se relever. C'est i. dater de celle époque que l'école des Cnrradie prit l'asccnJanl, non-senlenient en Italie, maia dans tous les pays où l'art moderne a pénétré.
Sun contemporain et son antagoniste, le chevalier liaglluno, ■ avoue qu'Annibalaeu le mérite de ramènera l'étude delà rature et (l'introduire le vérilaMe style du paysage historique. Nicolas Poussin allirmait que, depuis Raphaël, on n'avait pas vu de productions supérieures à ces fresques. ïlnlln, dans le siècle dernier, Mengs, plus célèbre encore par ses écrira sur le» bcam-arts que parsei peintures, place Annlbal immédiatement après Raphaël, le Tilien et le Corregglo, et même il prétend que, pour les formes viiiles, Carrache l'emporte sur eu\.
Aidé de quelques-uns de ses élèves, il avait consacré huit aunées à peindre ces Fresques, et il ne rerut cependonl du cardinal FamÉse, pour toute récompense, que tinq tenta écus d'or — en-.
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