‹ Histoire de la peinture et de la sculpture a MalinesChapitre 2 sur 11 · FRAGMENT GÉNÉALOGIQUE DU LA FAMILLE KELDERMANS ALIAS VAN MANSDALE · texte numérisé non relu

FRAGMENT GÉNÉALOGIQUE DU LA FAMILLE KELDERMANS ALIAS VAN MANSDALE

Hbnui Keldermans. (5 mai 1458 et !l novembre 1 15!. ailh.).

/ Romiiaut Keldermans, mnrvha.nl «le vin [e 10 dé- / Km.df.rman*. épouse de Imbbrt vas bA|

I cembie 1198 ladli.i. Il «poilu pmhublcinenl ) Barre, djtquse de Nicolas vander Perre (22 octobre 1533, adli.i.

Henri, peintre de clievolel.

PIERRE {15 novembre I5i3, adli.).

Gauthier Keldermans, mort nva 1437 (atlh.), épousa Christine v on Booms.

i Bomiiaut, époux de Marguerite van Wbuiitkiien, 1 mort entre le 7 octobre 1498 {adli.) et 19 de- 1 cembre 1498. Il donne décharge de gestion à sa ! mèro le 12 janvier 1489 (adli.).

J Godefroid. alisenl le 0 févrior 1408 (adli.). Pierre l il novembre 145!, adh).

Catherine, béguine (25 et !0 février 1455, adli.!.

Marguerite, épouse de Gii.uert Roots.

( Henri, époux de Élisabeth Raduwaeuts, avec laquelh

5 janvier 1439 {adli.) il était absent de Malines. Il était décédé dés le 6 fév. 1468 {adh.).

; 21 novembre 1452 (ndfi.l. I.e

Catherine de Houthem ou de Hontsf.m ' nom 1487 et S juillet 1507, adh.,.

Catherine, épouse do Pierre vandbr Perre, morte avant le 30 avril 1512 indh.i.

n PaRssciien {6 juin

I Jean Keldermans dit van MaNSDale. prêtre.

Antoine, époux de Amaliibroe van Heyst, décédée avant le 14 avril 1515 (adh.). Il mourut n Malines le 15 octobre 1512.

Anne KkldbrmaNS, veuve de Jean vaNIier Strepen dès le 4 oclob. 1525 (Chambre pup.) {Smart I5!8, adh.). PiEniiE, ranrguillier de Sainte-Catherine n Malines en 1528, épousa Franchise van den Winckble, veuve de Engclbcrl vnn Ophein 1 19 .non I5!7, adli.). Ils déclarèrent n'nvoir pas d'enfants le 21 mars 1530 (testament i.

RomdaUT Kei.dkrjians dit van Maxsdale. Il est probable- ] ment l'époux 1" de Catherine Dancerub, 2» de Baiiiie < vandbr Karen, morl à Anvers le 15 décembre 1531. I

Antoine, échovin d l époux do Jeanne

V I loi te. avocat.

/ dont descendance.

Antoine, mort avant 1516 (25 juù

van H.vmub (adh. Î7 avril 150!,, juré des maçons linos le 23 novemh. 1507, mort « Malines le 5 déc.

Catherine, épouse de Michei. Ysevvyns.

Éi.isabetii, épouse de Jean van Afast.

Ou deuxième II* .

I Guillaume.

I Romiiaut.

! Arnould.

Marguerite ( Partage 21 juillet 1535 il Anvers).

Ilvi.iSAUBTii Keldermans. fille naturelle de Jean vander Vekene (!! novembre 152! adh.

Jean, mort avant 1542 ( rentes viagères de Malinesn I André (24 octobre 1537 adh.).

époux de Darré I Antolne (27 juin 1553 adh.)., admis n la bourgeoisie d'Anvers le 7 septembre 1553.

Catherine, épouse de Jean Vax des Houte. Elisabeth, morle en octob. 1529 (rentes viagères . Laurent (I).

IK, nbsent le 28 juin 1487 (

(.ATIIERISE v

ROMBAL'T KELDERMANS, épousa Élisabeth de Wilde, veuve avonl le 20 juillet 1102 ( (Adberitoncet de Malines).

I Jean Keldbrmans dit va I 5 janvier 1439 (adh.),

1 1464 (adh.), époux de .

André Keldermans dit van Mansdale, décédé avant le 11 aoftt 1488 (adh.), épousa Élisabeth de Smet, morte dès le 11 juillot 1485 (adh.), lillo de Mathieu et d'Élisnbolh Lodowjcx.

Jean, secrétaire au Grand-Conseil, époux de Cat

(adh. 24 juillet /SOI, i

s ÜK.vuniEu, linhi-

e Anne Ruts (/ ’i-ntoca/rs du n

s Mansdale (8 octobre j

Mathieu, absent le 28 juin 1437 (nd/i.|. Il épousa Éi.isaiietii van Horenhekb, morle avant le 20 avril 1520 (adh.). Il vivait encore le 1 février 1520, mais était décédé dès le 14 octobre 1525 (adh.).

s (8 octobre I i95, adli.).

Mathieu U novembre 1502 adh.), époux de Marie Lf.nakrts ) ŸliMnmiS™**

dite UY-rrERiiElxiciiTl/ I octobre 1525, adh.).

(notaire à lïildrrni Romr.vUT (ad/l. 28 fln-ic Shoastien (t).

Rariie, épousa Gérard v.vn Kessel.

André, dont descendance.

I Mathieu Keldbrmans, dit van Mansdale épousa | Ëlisadbtii vander Cricken, ddeédés (14 juin

1182, adli,). (l'oir la note explicative).

Éi.isaiietii, absente le 28 juii

morte vers le 1 déc. 1545 (Chamb.

nui Keldermans, décédé 1495 (adh.), épousa Catiibri 29 nom 1195, adli.).

André, époux de Madeleine de Moxtrrison (surs enfants,

1520, adh.), ftllo de Bernard cl de Claire de I.epelere (21 juillet 1504, adli.).

Barde, épouse 1® de Jean Verei.st, 2® de Pierre de Naen (14 octobre 1525, adli.).

, | , -, , OA / Mathieu, en Portugal

Antoine, époux de Marie Ai.vers, absent le 1 février lo20 i

(adh.). Le t2 août 1523, il leste à Malines, ses enfants \ “AHBEétant en Portugal (adli.). Absent de nouveau le 14 oct<>- / Klisarbtii. lire 1525 (adh.). Il est décédé dès le 20 septembre 1531 1 Marguerite. (Chambre jnip.). Antoine (21 août 152 ■

Jossinb, prieure du couvent de ln Vigne à Louvnin l/9 avril 1522. adh.).

Martin (Procuratoria, 31 novembre 1518), décédé dès le 14 octobre 1525 (nd/i.l.

, Mathieu. prêtre (16 mars 1514, adh.). chapelain à Snint- 'AS \ Rombuul, mort le 8 avril 1558.

/ (I) Barbe, épouse de Pierre Tuys (20 novemb. 1527. adh.).

C'est peut-être ello qui avait épousé Gilles Crarbe. orfèvre;

/ Barbe, épouse de Nicolas Querman».

BVrl* \ Ëlisadeth, béguine h Malines.

vues I

! Catherine, i«.

( Henri, absent de Malines le 29 août 1405. (Adh.).

Mathieu, époux de Marguerite Ymdiiecii i / 179. adh.) (27 juillet 1510. ailh.).

! Antoine Keldermans.

Pierre,

Marouerite, épouse de Jean Guldenhoot.

Élisabeth, épouse de Henri Pape.

Élisabeth.

Aleide, épouse de Gautiiier van den Winckei.e; Élisabeth, épouse de Jean Anuries, mort avant Catherine, béguino à Malines, 20 février 1455 (adli.).

i Romiiaut , épousa 1® Catherine van avant le 3 mai 1447; 2» Catherine | HonsT, veuve de Henri Mussche.

tous deux morts dès le 5 janvier 1439 I adh lo 5 janvier 1460 (adh.).

vander | Catherine Keldermans. épouse a Louvain Henri van Diependaf.l, >

(1) Un Sébastien Keldermuns épousa à Suint- Rombiiut à Malines, le 19 octobre 1609. Catherin

Les sculpteurs du XVe siècle.

Sommaire : Les Keldermans dit van Mansdale. — Gauthier Coolman. — Les artistes secondaires.

La sculpture au XVe siècle passa par deux phases bien distinctes et dont la seconde était pour ainsi dire l’effet d’une réaction contre la première. Dans la première partie de ce siècle la sculpture monumentale fut particulièrement cultivée. Liée à l’architecture, elle contribuait à relever l’effet des lignes dans les édifices que l’on élevait , et fidèle à sa mission architectonique , elle était large , elle avait un caractère plus accentué et une expression plus franche que celle que nous remarquons dans la manière qui lui succéda. Quand elle produisait une image isolée, purement artistique et destinée au culte ou à l’ameublement , elle ne perdait jamais son type austère, sentimental et simple. La seconde manière , voisine du XVIe siècle , avait dépouillé le caractère sévère et grandiose de sa devancière ;

bien qu’étant également, et plus même que celleci, au service de l’arcliitecture qui innovait le style fleuri , elle en faisait jusqu’à un certain point moins partie intégrante ; elle avait avec l’architecture une liaison moins intime et des rapports plus pénibles : car les ornementations dont on chargeait les monuments flamboyants , faisaient à elles seules comme autant de pièces spéciales, affectant un air d’indépendance de l’édifice dont cependant elles dépendaient. Bien souvent on eut pu retrancher ces détails sans que le morceau principal en souffrit : c’étaient comme des oiseaux charmants rendant plus belle par leur présence la branche sur laquelle ils reposent. La grande quantité de décorations , placées les unes à côté des autres , exigea naturellement plus de variété, plus de recherche dans le dessin ; dès lors il fallait multiplier leurs accessoires, marquer leurs différences et achever de plus près chacun des morceaux. Les nombreuses figurines et les feuillages que voulait le type fleuri entrèrent pour une part de travail bien plus grande dans les occupations des imagiers de la nouvelle école , qu’elles étaient entrées dans celles des sculpteurs précédents. Ces derniers donc, que l’on appelait en flamand beeldemaker , moins nombreux que les premiers, faisaient leurs images selon les exigences du style de leur temps ; ils les drapaient savamment mais sobrement, à grands et profonds coups ils taillaient ou coupaient leurs productions, comme le disait avec tant d’expression le qualificatif flamand beldesnyder . Ceux de

la nouvelle école, au contraire, s’attachaient aux détails et fouillaient patiemment la matière ; ils se multiplièrent en raison des besoins de l’art flamboyant, qui commençait à régner; et l’on remarque que, peu à peu, le mot de béldemaker ou beldesnyder disparaît pour faire place à celui de kleysteker' , qui implique dans sa signification plus d’étude ou plus d’apprêt, car au lieu d’une statue née d’un premier jet, les œuvres de ces derniers sculpteurs sont des pièces étudiées et remaniées dans leurs modèles de terre glaise.

Remarque sur la généalogie ci-jointe.

Nous nous sommes servi autant que possible de documents authentiques pour dresser la généalogie des Keldermans, quelquefois cependant les probabilités combinées avec des preuves indirectes ont dû suppléer aux actes positifs qui faisaient défaut.

Ainsi, nous avons remarqué que Jean Keldermans , cité à la génération III , porte le premier le surnom de Mansdale, et nous n’avons guère rencontré ce nom dans la branche issue de Gauthier,, son frère. Pour ce motif nous avons attribué à Jean comme fils Mathieu Keldermans , dit aussi van Mansdale et époux de Elisabeth van der Cricken. Ne trouvant aucune autre place possible pour ce Mathieu , et voyant dans Y Ancienne école de 'peinture de Louvain , par M. van

1 Modeleur, artiste travaillant en terre glaise , hiey.

Even (p. 93), que Jean Keldermans, décédé dès le 28 février 1480, eut trois fils : André, Mathieu et Rombaut , nous considérons ce Mathieu comme le fils de Jean , que nous savons positivement avoir été le père d’André , qui épousa Elisabeth de Smet1. Quant à la descendance de Mathieu Keldermans et d’Elisabeth van der Cricken ; elle nous est clairement établie.

Nous avons également dû nous guider par des données vagues et par des probabilités pour assigner leurs places à Rombaut Keldermans, architecte des villes d’Anvers, de Bruxelles et de Malines (génération YI) , époux de Catherine Dancerme et de Barbe van der Baren , et à Laurent Keldermans.

Nous possédons encore bon nombre de personnages détachés, bien qu’appartenant à la même race ; par mesure de prudence nous n’avons pas voulu leur assigner ici une place , qui aurait été incertaine.

ILes Keldermans dit van Mansdale.

Le nom de Keldermans alias van Mansdale figure sans interruption depuis le XIVe jusqu’au XVIe siècle dans l’histoire artistique de notre patrie.

Il est peu de cathédrales ou de monuments civils importants dans les provinces flamandes ou

Voir plus loin page 43.

limitrophes de celles-ci, auxquels des membres de cette illustre race n’aient apporté le concours de leurs talents, soit directement comme architectes principaux ou comme sculpteurs, soit indirectement en donnant leurs avis et leurs conseils relativement à des constructions qui restaient à achever.

Au XVIIe siècle les Keldermans ne figurent plus dans nos fastes artistiques, mais nous les rencontrons alors dans les listes nobiliaires. Ennoblie par l’art et honorée de lettres patentes par l’empereur Charles-Quint, la famille Keldermans prit la position aristocratique qu’ont, acquise la plupart des souches de nos maîtres, telles que celles des Coxie, des Snellinck, des Beughem et des Rubens.

Avant d’entreprendre une étude sur les Keldermaus, il est essentiel de fixer 1a. personnalité de ses membres; or c’est là une grande difficulté, car on retrouve sans cesse des Antoine, des Mathieu , des Henri, des André, des Jean et des Rombaut , contemporains et artistes. Il faut donc déterminer l’arbre généalogique delà famille, nouvelle pierre d'achoppement à cause des rameaux nombreux qui germèrent dans cette lignée et des alliances que ses membres contractèrent dans diverses villes, dont il faudrait dépouiller les archives.

Jusqu’à preuve du contraire, nous considérons les Keldermans comme issus d’une famille essentiellement malinoise, puisque c’est à Malines que nous trouvons leur nom dès le XIVe siècle

1 Les plus anciens actes portent le nom écrit Kelderman ; au XVIe siècle la forme Keldermans prévalut.

La généalogie que j’ai essayé de dresser a été faite an moyen des pièces que j’ai relevées dans les archives de Malines; j’ai combiné mes renseignements avec ceux que Valckenisse a recueillis de son temps et avec ceux que MM. Génard et Van Even ont publiés de nos jours.

Les données généalogiques que m’ont fournies les archives de Malines ont été une cause d’embarras de plus, car je me suis convaincu qu’il existait à Malines plusieurs familles Keldermans, étrangères les unes aux autres. En effet, lorsque les architectes Keldermans , surnommés Mansdale , florissaient déjà à Malines, il y existait un Jean Meeus alias Keldermans, qui avait un fils Hubert le 4 juin 1454 *. Le 24 novembre 1477, un autre Keldermans, tailleur d’habits, de Betecom, vint habiter Malines et y acquit le droit de cité :

“ Henricus Keldermans cleermaker films quondam Joliannis van Beetegfiem. „

Le 30 août 1485, un Jean Keldermans, fripier, originaire de la même localité que Henri, obtint à son tour le droit de bourgeoisie à Malines :

“ Jan Keldermans oude cleercooper filius Henrici van Beetegfiem by Aerschot1 2. „

Enfin les adhéritances mentionnent encore au 12 juin 1434 le nom de Rombaut Keldermans alias van der Coten, époux de Catherine Sgreven.

Le blason de Keldermans alias van Mansdale était de sable à la croix d'argent-, sur le tout un écu

1 Adhéritances de Malines.

2 Registres d’admission à la bourgeoisie de Malines.

de sable au sautoir d'argent chargé en cœur d'une merlette de sable; A. van Valckenisse modifie les émaux de l’écusson placé en cœur et il le blasonne de sinople au sautoir d'or chargé en cœur d'une merlette de sable. Cimier, la merlette de Vécu.

Le premier Keldermans que nous rencontrons à Malines porte le prénom de Jean; cet artiste travaillait an XIVe siècle. Il nous est impossible, à défaut d’actes, de le placer dans la généalogie de sa famille, déjà fixée à Malines pnisqu’à l’époque à laquelle il vivait , nous trouvons encore d’autres personnages de son nom et qui lui étaient apparentés '. Jean appartient aux Keldermans dit Mansdale , dont nous allons parler bientôt ; il forme, sans doute, un des premiers anneaux de cette chaîne d’hommes illustres et intelligents auxquels nous devons tant de monuments 1 2; ce sont ses parents ou ses descendants que l’on peut considérer comme les maîtres de notre style ogival flamboyant, car il paraît certain à nos yeux que les Keldermans du XVIe siècle avaient un type architectonique à eux, si bien que l’inspection attentive d’un édifice de leur temps trahit la main, sinon de son auteur principal, au moins celle de la famille à laquelle celui-ci appartenait.

L’œuvre principale de Jean Keldermans est le tombeau de François de Mirabelle dit van Halen ,

1 Les adhéritances de Malines mentionnent en 1375 Louis Keldermans , frère d’Elisabeth , épouse de Jean de Endover ; Renier Keldermans en 1395.

2 Jean Keldermans pourrait être le personnage dont il est parlé dans le tableau généalogique ci-joint, feuille I, colonne III,

chevalier , seigneur de Lillo , et de Marie de Ghis telles. Ce monument funèbre , démoli le 27 septembre 1810, se trouvait dans le pourtour du chœur à l’église de Saint-Bombaut , entre la première et la seconde colonne du côté sud. Des fragments importants de cette tombe furent achetés par le comte de Beauffort , qui les transporta à son château de Bouchaut. Sur un sarcophage de pierre était posée une pierre de touche, portant l’inscription funéraire. Cette dernière dalle servait de support à deux figures couchées. Il sera superflu de donner la description de l’ordonnance de ce monument, nous préférons renvoyer au Grand théâtre sacré de Brabant , tome I, où l’on trouvera l’édicule gravé avec ses détails, et l’inscription rapportée dans le texte du volume , page 48.

François van Halen , chevalier, conseiller du comte de Flandre Louis, gouverneur et commandant des forces de Malines, se signala en 1356 dans le combat qu’il dirigeait contre les Brabançons. Il décéda à Malines le 9 août 1375 et son épouse, Marie de Ghistelles, lui survécut jusqu’au 10 mars 1405. La ville supporta les frais d’exécution et de peinture du tombeau ; probablement en reconnaissance des services qu’elle devait à ce capitaine.

Nous ferons suivre ici, d’après les comptes de la ville, l’indication des dépenses qui furent faites par la commune pour l’érection de ce monument :

1391-92. It. meester Jan Kelderman van Mansdale gheleent op H. V rancx tomme van Halen te makene in

S. Romouds clioer xx in januarii XCII. — vi libri groots vlamings valent xxxiiii s. iiii den. groots.

1392-93. It. gkeleent Janne van Mansdale Kelderman op H. Vrancx van Halen tomme te maken xm in oegst XCIII. — x lib. g0 vlems.

1394-95. It. gbeleent Janne van Mansdale Kelderman op H. Vrancx tomme van Halen te makene xxm in december XCIIII. — iiii lib. gr. vl. val. xxii s. x d. g°. i ing.

1397-98. It. ghegeven Janne van Mansdale Kelderman van H. Vrancx tomme van Ilalen te makene en liier met es lii al vol betaelt.

1415-16. It. Jan van Battele van H. Vrancx van Halen tomme te stofferen in S. Romouds kerke comt op vi lib. xiiii s. iiii d. ge vie. val. xxii s. iiii d. gu ii ing.

It. gkegkeven van dat die paelders verteerden met meester Jan Kelderman, doen ki te Meckelen quam die beelden op die tomme te leggken comt xvii sckell. iii den. gr. vlems.

Gkegkeven meester Janne Kelderman om dat ki II. Vrancx tomme van Halen gestoffeert keeft comt op xxvi croonen vranx. val. xxxvi s. i d. i ing.

It. gkegkeven den selven meester Jan in koefskeyden viiii croonen vrancx1.

1 La tombe de van Halen , démolie le 27 septembre 1810 , surmontait un caveau, lequel fut ouvert le 2 octobre suivant, à une heure de relevée , en présence de M. Pierets , maire de Malines , l’avocat Broers, marguillier ; Albert Scheltiens , maître maçon, et Pierre Gooris , sacristain. Le caveau maçonné en briques , long de 8 pieds, large de 5 et profond de 4 pieds, était pavé de pierres, sur lesquelles se trouvait un plancher de chêne. Là se trouvaient deux cercueils en bois de chêne. Ils étaient placés l’un à côté de l’autre , les pieds tournés vers le Levant. Le cercueil de François se trouvait près du mur ; il était en parfait état de conservation et du même modèle que les cercueils actuels ; il était fermé au moyen de clous. Le squelette était entier; la tête reposant sur une couver-

Jean Keldermans concourut également à la décoration sculpturale de la maison échevinale de Malines , où il dressa une cheminée taillée an premier étage et où il orna de figures , en 1383-84, les consoles des poutres :

“ Item meestere Jan Keldermans van xi reprisen gheleecht op der scepen huys onder de balcken. xxxiii stuyvers groots Ylamings , valent xi stuyvers viii den. groots ii ingels. „

Nous croyons pouvoir attribuer au même artiste les œuvres suivantes , relevées toutes dans les comptes communaux depuis 1428 jusqu’à 1445. En 1428 il construisit le pont dit Hondsbrugghe; en 1429-30, il eut la direction de la construction de la grue élevée aux bords de la Dyle. Dans le même compte sont portées diverses rétributions pour causes indéterminées à côté d’autres dont nous connaissons les motifs, tels que des travaux au pont de la porte du cimetière (Kerchofbrugghe) , au pont des Vaches , au pont de Beffer, au pont de l’Ecluse (< Sluusbrugghe), à la Coupure près du rempart de Neckerspoel, au mur de l’hôpital , aux portes d’Aedeghem , de Winket et des Vaches.

Jean Keldermans travaillait en 1442 avec Jean

ture roulée de laine brune et déroulée sous le corps. Aux pieds se trouvait une petite botte de paille. Le squelette mesurait 5 pieds 3 pouces. Le cercueil de Marie de Ghistelles était vermoulu , mais les os conservés se trouvaient dans une jupe de drap noir, bordée de petits rubans. Son squelette mesurait la même longueur que celui de son éjDOux. Le même jour, à un pied et demi sous terre, on plaça une dalle, relevée dans le pourtour, et l’on referma la tombe.

Wagliemans à l’église collégiale de Lierre ; ils construisirent alors les ogives de la grande nef, et le grand arc doubleau entre la grande nef et le transept 1 . Il a été le constructeur , dans la même ville, de l’écluse dite Groote Spui, et du bâtiment qui la surmonte.

Cet éminent artiste multipliait sa besogne , car outre les œuvres que nous 11e connaissons pas encore , nous le rencontrons à Louvain , où il succéda, le 7 octobre 1439, à Sulpice van Vorst dans l’érection de l’hôteMe-ville 2 ; en même temps il s’occupait de l’achèvement de la nef, du côté de la grande Place, de l’église de Saint- Pierre3, et en 1441 il tailla deux lions, qui prirent place à l’entrée du cimetière de cette même église à Louvain b En 1445, Jean fut remplacé dans ses fonctions d’inspecteur des travaux de la ville de Louvain , première preuve qu’il mourut vers cette date.

En 1444-45, Jean Keldermans participa à la distribution de drap noir que la ville de Malines lit entre ses maîtres-ouvriers. Il semble résulter du même compte qu’il fut l’auteur du plan de la porte de Neckerspoel et de celle d’Hanswyck , et nous croyons que c’est vers cette année qu’il faut placer la date de la mort de Jean Keldermans; car son

1 Commission poyale des monuments. Séance générale du 25 septembre 1861. Rapport de M. Génard sur les monuments de la province d’Anvers.

2 E. Van Even, Louvain monumental , p. 133.

3 Idem, p. 179.

* Idem, p. 181.

nom disparaît ensuite des comptes et celui d’André Keldermans y apparaît avec celui de Jean van Obberghe , dans l’achèvement de la porte d’Hanswyck. André aurait donc été le successeur de Jean.

André , cité ci-dessus , avait déjà, au commencement de l’exercice 1444-45, été employé par son parent Jean à la construction de la porte d’Hanswyck; à cet effet il sculpta une niche avec baldaquin , “ tabernaculen , „ qui fut placée dans la façade de cette entrée de la ville.

André, dont nous venons de parler, est ainsi mentionné dans les comptes de 1444-45 :

“ Item betaelt IJenric van Obberghe encle Andries Keldermans van twee steyne maelgien om te setten op de Neckerspoel-poorte, elc maelgie iiij steynen vensteren en op elc venstere een plumeel doerlichtich ghemaect van Avenuez steene hoghe onder de cnoop xx voete buyten en bynnen reyne en boven den cnoop een plumeel hoegh synde iij voete van den voirscrevene steene van Avenuez doerlichtich aen ghemaect naer den berde lien biden daer af ghegeven comt op xv libr. vj st. viij den. gro. mech. „

Quel était cet André? Les renseignements manquent pour le dire avec précision : il y avait vers le milieu du XVe siècle un André, fils de Jean, et décédé avant le 11 août 1488 rien ne s’oppose à ce que ce soit là l’artiste dont il s’agit ici, d’autant plus que André, fils de Jean, que nous connaissons d’une manière certaine, s’est signalé par des œuvres qui nous sont également connues. En

1 Adhéritances de Matines.

admettant donc que ces deux André se confondent en une seule personnalité, ne pourrait-on pas admettre aussi que Jean , qui sculpta la tombe de van Halen, fut le père de cet unique André, et qu’à sa mort, survenue en 1444-45, il légua l’aclièvement du monument qu’il avait commencé, la porte d’Hanswyck, à son fils? Les dates ne s’opposent pas absolument à cette hypothèse, mais il faudrait admettre alors aussi que Jean était bien jeune lorsqu’il sculpta en 1383 les poutres du Vieux-Palais. André Keldermans ne succéda cependant pas d’une manière absolue dans les fonctions de Jean Keldermans, jraisque les comptes de 1446-47 marquent que Gauthier Coolman travailla en ces années à la porte de Neckerspoele :

“ Item betaelt meester Wouter Coolman meester steenhouwer van iiii pumelen te maken ende de steene daer toe ghelevert toeten maelgien van de Neckerspoel poorte.

iii libri viii s. „

Nous trouvons vers les mêmes années d’autres maîtres-ouvriers achevant ou continuant des constructions commencées par Jean Keldermans.

André Keldermans dit van Mansdale était hls de Jean, lequel était absent de Malines le 5 janvier 1439 et décédé avant le 6 août 1464 h André, mort avant le 11 décembre 1488, avait épousé Elisabeth de Smet, fille de Mathieu et d’Elisabeth

1 Adliéritances de Malines. Nous venons de voir que Jean Keldermans fut appelé précisément en 1439 à la direction des travaux de la ville de Louvain.

Lodewycx , décédée dès le 11 juillet 1485 *. Cet artiste, qui conduisit en 1444-45 les travaux de la porte d’Hanswyck à Malines , était , presqu’en même temps, occupé à la construction de la collégiale de Saint-Gommaire à Lierre, où il fournit les réseaux des fenêtres 1 2 3. A Malines il dirigea encore plusieurs travaux publics, notamment ceux des moulins à eaux en 1474-75. Il était l’un des maîtres-ouvriers qui participait annuellement à la distribution de drap que faisait la commune aux chefs-ouvriers, attachés à son service. Les documents nouveaux que nous avons découverts relativement à André Keldermans, établissent que non seulement ce personnage était un constructeur ou un architecte auquel on avait fréquemment recours, mais qu’il était aussi un sculpteur dont la renommée s’étendait jusqu’en Zélande. Nous jeterons un coup-d’œil rapide sur les monuments qu’il éleva à l’étranger, les travaux qu’il exécuta dans sa ville natale et dans les environs de celle-ci.

Mr E. van Even a trouvé que maître André exécuta une partie des sculptures de l’hôtel-deville de Louvain vers 1439 °. Le même auteur nous apprend qu’en 1481 André fut appelé à examiner, en compagnie de Herman de Wagliemakere, les conditions de solidité du campanile

1 Adhéritances de Malines.

2 Commission royale des monuments. Séance générale du 25 septembre 1861. Rapport de M. Génard sur les monuments de la province d’Anvers.

3 Louvain monumental , p. 133.

de Saint-Pierre dans la même ville 1 ; enfin qu’en 1478, il avait sculpté avec son fils Antoine un dais et une statue de la Sainte-Yierge pour la chapelle du Saint-Sacrement, dans la collégiale de Saint-Pierre 2.

Dans les travaux de fine sculpture , tel que ceux qu’il exécuta pour la chapelle du Saint- Sacrement à Louvain , André Keldermans associait habituellement son talent à celui de son fils Antoine , bien qu’il eut d’autres enfants cultivant également Part 3 4. C’est ainsi ces deux artistes entreprirent les œuvres dont nous allons parler.

Le 9 décembre 1471, maître André et son fils Antoine s’engagèrent à livrer un jubé pour l’église de Berg op Zoom h La seconde grande œuvre de nos deux artistes était le jubé qu’ils placèrent dans l’église de Sainte-Catherine à Malines, en 1473; cet édicule, qui d’après la description du contrat d’entreprise était de première impor-

1 Louvain monumental , p. 191.

2 Idem, p. 205.

3 L’un de ses fils , nommé également André , était absent de Malines en 1487. M. van Evena rencontré dans les archives de Louvain la mention d’André , habitant Malines le 19 mars 1518 et marié alors à Catherine van der Noot ; de notre côté nous voyons par les adhéritances que ces époux étaient propriétaires de la maison “ le Heaume d’or, » dans la rue de Sainte-Catherine à Malines. Il est possible que ces détails se rapportent à André , fils d’André.

4 Meester Andries Kelderman en Anthonis Kelderman syn son hebben gelooft en elc van hen besonder en voir al te maken , te voldoen en te volbrengen alsulken oxael als sy tanderen tyden / te wetene opten neghenden dach van december lestleden aengenomen hebben te makene in der kerke van Berglien op ten Zoom / in aile der vueghen en manieren als dat in eender cedule / dair op ten voirsc. dage ghemaect in presentien van Janne van der Meeren

tance, a disparu. Tel aussi a été le sort du magnifique jubé en pierre blanche exécuté par les Keldermans pour l’église de Saint-Rombaut ; ce dernier semble avoir été détruit par les iconoclastes ; mais un contrat d’entreprise fort détaillé concernant cette œuvre existe aux archives communales de Malines.

Le jubé de Sainte-Catherine coûta 87 livres 10 escalins de gros de Brabant; il reposait sur quatre colonnes et avait 18 pieds et demi de hauteur. Voici l’acte d’entreprise tel que nous le relevons dans les adhéritances de Malines au 16 février 1473.

“ Meester Lambrecht de Poirtere / docteur in medecinen / en meester Romond Godevaerts / als proviseurs van der fabricken van der prochie kercken van Sinte Kathelinen / bynnen Mechelen / in den name en van weghen de selve fabriecken / aen deen zyde hebben openbaerlick voor ons bekent / dat sy by ordonancien wetene ende wille van vele goeder mannen van der voers. prochien bestaedt hebben aen meester Andries Kelderman / en Anthonis

burgermeester van der voorsc. stede van Berghen en van Peteren de Rouck en van Peteren Coelgenes keremeesters van die voirsc. kercke en meer andere / soet sclieen / bescreven staet /. Ende om de gelooften alsoo tonder houden en om der meerder zekerheyt wille / daer af der voorsc. kercke te doene soe hebben de voirsc. Andries en syn soon / en met hen Jan de Vleesliouwere en Lysbeth Lodevvycx weduwe wylen Matheus de Smet / dair voir verbonde ende te pande geset Janne Barbier toter voirsc. kercke belioef/alle hairlieder liaeffelike goederen waer die bevonden sele worden / en oie haire erflelike goederen mette gronde bynnen gelegen / die sy nu hebben en namaels hebben en vercrigen zelen. A. I). W. 12 martii 1471. Adhéritances de Malines.

La caution Elisabeth Lodewycx, veuve de Mathieu de Smet, était la belle-mère de maître André.

Kelderman sinen soon / Ende de selve meester Andries / en Anthonis Kelderman bebben oie nut haeren wryen wille voer ons geleden / en gekend dat sy tegen de voirs. proviseurs aengenomen bebben te maken een ocsael inder voers. Sinte Katbelinen kercken / in sulken vuegen en manier als dat in eender papieren cedulen daer op gemaect / die sy voer ons exliibeerden / en tboenden / en die in onser presencien van den begbinne toten eynden gelesen waert / claerlic begrepen ende bescreven stont liier naer volght // Opten seventbienden dacb van januaris int jaer ons Heer dusent vierliondert drienzeventicb / na coustume van scriven / in den bove van Cameryck bebben meester Lambrecbt de Poirtere / docteur in medecinen / en meester Rornoud Godevaerts / als proviseurs en in den name van der fabricken der prochie kercken van Sente Katbelinen bynnen Mechelen / by bysine / wetene / wille en volcomen consentie vau den onderproebiaen aldaer / van ber Lodewyck van Cotbem / priester / van Jan van Hamme / Jan Raboots / Jan van der Heyden / en van vele meer andere goede mannen / van der voers. proebie // bestaedt en bevorweert te maken / aen meester Andries Kelderman en aen Anthonis Kelderman sinen soon / Een ocsael in der voers. Sente Katbelinen kercken / End de selve meester Andries en Anthonis syn soon / bebben dat ocsael / tegen de voers. proviseurs aengenomen te maken / in den vormen en manieren alsoe dat hier naer bescreven staet / Dat is / dat de selve meester Andries en Anthonis syn soon / ende langhstlevende van ben byden oft by haeren beyder doodt / haer hoir en nacomelingen / Eerst leveren en maken zelen / eenen trap alsoe lanck als tvoers. ocsael sal syn / te weten seven duimen dicke en twee voeten breet / perpeyen om die pyleren / daer op te stane en reyne op gkepaveyt / Welcken trap syn sal van goeden Sausinsen steenen / wel en reyne gestoet-

boecht en gebreet sonder einge faulte daer aen te sine / En van desen trap opwaert zelen vier pylerenen syn van den seève Sausynsen steenen / met haren basment / na uutwysen des patroens / en die zelen hoege syn acbt voeten / en eenen halven / sonder tcapiteel / en wel en meesterlic gewracht / en men salse ten minsten driewerf overhouden metten syzeele / En de capiteelen opte voers. pylernen selen zyn van den besten steene van Avenes wel gedaen van goeden loeve / en van den capiteelen opwaerts tôt onder de overste lyste saelt al syn van den besten steene van Avenes / End de lyste sal syn wel geloeft / na de begryp van den werke / en op correctie van werclieden / lien des verstaende / En die oeverste lyste sal oick syn van den selven steene van Avenes / wel glieloeft / En di doere / daer men met in den coer gaen sal wesen van goeden gronde van Haffligheem steen / wel en reyn gehouden / En de pylernen die in den coer comen zelen / selen syn van den gronde van Dyeleghem of van Dyelbeke , den oversten steen / Ende de vormen die in de coer comen zelen / onder docsael / salmen maken van steen van Avenes met liaren posten wel en reyn gebueert van buyten / en van bynnen / ende die welffsels selen liebben elk vier sluytsteenen ten minsten gemaeckt van Avenes steene / met osiven en met rasementen // En de voye / en de twee lysten die bynnen den coer comen zelen sal men maken van goude custbaeren steene van Avenes /

« De langkde van den voers. ocsael sal syn van der eender cruyspylernen toter ander / na uutwysen des voirs. patroens / En dit voers. ocsael sal wesen wydt boven seven voeten bynne muers / En lioeglie tôt opte voûte veerthien voeten / En van daer opwaert voer de borst wer vier voeten en eenen halven / dat syn achtien voeten en eenen halven te samen / En dit sal hem selven uutwerken van

eenen treke geborstwerct / en gelyet om daer mede boven van den weyndelsteen op doesael te comen / En dit ocsael sal gelevert en gemaect syn met eenen muere / in aider manieren alsoet voers. is / En bynnen in den coer / en zelen maer twee pylernen syn / want aen beyde zyden sal doesael boven comen op reprisen / sonder pylernen / End de voers. meester Andries en syn soon zelen ongehouden zyn / van den outaeren te maken / die onder doesael staen zelen / weleke outaeren de proviseurs van der voers. Sinte Katheline kercken zelen doen maken / ten coste en laste van der selve kercken / Insgelycx zelen oie de selve proviseurs doen maken tfundeersel van den voers. ocsale tôt gelyc der eerden / sonder den voers. trap / En sy zelen oie leveren aile dloot en yser behoerende toten voers. ocsaele / sonder des voers. meester Andries en syns soons cost en last / In desen is voort bevorweert / en ondersproken dat de voers. meest. Andries Kelderman en Anthonis syn soon / zelen maken en leveren tôt eene beghinsel der voers. ocsael / tussclien dit en Paesschen naestcomende / eenen muer van drie voeten lioegbe / En van Sinte Jansmisse Baptisten naestcomende / over twee jaeren tyts daer nair ter stont vervolghende / zelen sy gekouden syn tvoergenoemt ocsael / al vollevert en volmaect te bebben / in aile der vuegen en manieren / alsoe dat boven bescreven staet / en tpatroen dat uutwyst / Ende voer dmaken van desen ocsale bebben de voersc. proviseurs / in den name van de voersc. Sinte Ivatlielinen kercken gelooft te geven end te betalen den voersc. meester Andries Kelderman en Anthonis sinen sone / de somme van sevenentaclientich pond / thien scellinge grote Brabants gelts / Toten timmeren hier nair volgende / te wetene deen derdendeel daer af tôt Paesschen naestcomende / dander derdendeel daer af van den voors. Sinte Jansmesse naestcomende bynnen twee jaeren tyts daer

nair volgende / als tvoergenoemt ocsael volmaect sal syn gelyc voer verclaerct staet / Ende tderde derdendeel van der selver sommen / bynnen onderhalven jaere / na dat tvoergenoemt ocsael volmaect sal wesen / sonder wederseggen oft ongelist. »

16 febr. 1473.

A peine nos deux Keldermans avaient-ils achevé leurs besognes à Malines , qu’ils mirent la main à un tabernacle destiné à l’église d’Axel, en 1479 b Avant d’entreprendre le jubé de Sainte-Catherine, André avait travaillé plusieurs fois déjà pour sa ville natale : En 1462-63 , il fournit à diverses reprises des chapiteaux taillés pour l’hôtel-de-ville , il sculpta six lions qui furent placés sur la façade et qui lui valurent chacun dix sous.

Antoine , qui survécut à son père , avait contracté mariage avec Amalberge van Heyst, la-

1 14 may 1479.

Meester Andries Kelderman en Anthoenis Kelderman syn soon hebben gelooft openbaerlic voor ons en elc van lien besundere en voer al dat sy trouwelic voldoen ende volbrengen zelen alsulken tractaet en vorweerde / als sy metten kercmeestere van den principaelder prochie kercken van der stede van Axele in den name van der fabriken der selver kercken deser tegerwoerdige maend van meye lestleden aengegaen syn ende aengenomen hebben van een sacrament huys inder voers. kerken te maken in aile die vormen ende manieren als dat in de brieven daer op / tusschen huelieden gemaect begrepen en bescreven staet / sonder eenick wederseggen / om welcke gelooften alsoe volstentelic tonderhouden en om der meerder zekerlieyt des voersc. fabrieken daer af te doen soe hebben de voers. meester Andries en Anthoenis syn soon, Jan Barbier toter selver fabrieken behoef daer voer verbonden en te pande geset aile liaere haeflelike goederen , waer die bevonden zelen worden en oie aile haere erfï'elike goederen metten gronde binnen oie gelegen / die sy nu hebben en hier namaels oie hebben en vercrigen zelen. Adhéritances de Malines.

quelle mourut, ainsi que son mari, avant le 14 avril 1515 1 . Nous trouvons dans l’obituaire paroissial de Saint-Rombaut l’annotation suivante , qui se rapporte à notre artiste : “ 1 5 oc" tobris 1512. Anthoen Kelderman die sterf op Tichelry. „

Tichelrey est une rue de Malines , appelée encore de ce nom (Tuilerie), où habitaient, ainsi que dans une rue parallèle , la rue des Moulins , les Keldermans désignés ordinairement par le surnom de Mansdale. Le berceau de la famille était sur cette voie , et la propriété qu’elle y avait se développant par le temps , s’étendit avec des “ issues „ et des maisons adjacentes jusque dans la rue des Moulins.

Il m’est établi par un acte du 31 juillet 1504, qu’à ce jour vivait Antoine, fils de maître André, décédé2. Antoine I avait un fils Antoine II, qui travailla à la boucherie de Louvain depuis le 27 janvier 1512 et qui mourut, d’après M. van Even, peu avant l’achèvement de cet édifice en 1514. L’annotation de l’obituaire ne se rapporte donc pas à Antoine IL

Antoine I, qui est marqué dans les comptes communaux de Malines de 1499-1500, comme ayant été rétribué pour sculpture de chapiteaux, est l’auteur de l'église de Yere, en Hollande. Le 13 décembre 1479 fut passé un contrat entre Wolfart van Borselen, seigneur de Veere, Jacques

1 Adhéritances de Malines.

2 Idem.

Janzone et Rombaut Hanneman , marguilliers de l’église d’une part, et maître Antoine Kelderman, “ steenbouder van Mechelen , wercmeester , „ d’autre part. L’architecte malinois s’engagea à diriger les travaux de reconstruction de l’église à raison d’un salaire de deux escalins de gros par jour; plus ii livres x escalins de gros de Flandre par an, tant que devait durer l’ouvrage1.

Antoine Keldermans dit van Mansdale, exécuta pour l’église de Saint-Sulpice à Diest un jubé, qui n’existe plus aujourd’hui. Cette œuvre, commencée en 1483, était placée et achevée en 1489. Antoine avait succédé à Sulpice van Yorst, l’architecte de ce temple , dans la direction des travaux de l’édifice2. Nous n’admettons point, avec l’auteur de l’histoire ecclésiastique de Diest, que cet artiste est le même que l’architecte de la Maison du roi à Bruxelles, mais nous pensons plutôt que ce dernier était le fils du maître qui travailla pour l’église de Saint-Sulpice.

Antoine I eut de son union avec Amelberghe van Heyst au moins six enfants. L’un d’eux, Antoine II, architecte-sculpteur de Charles-Quint, laissa à son tour des œuvres de premier mérite. Celles-ci existent encore dans les villes de Bruxelles et de Louvain. A Bruxelles, sur la Grand’ Place , s’élève la riche construction nom-

1 Jacobus Ermerins. Eenige zeewsche oudheden uit echte stuhhen, belielzende een beschryving der stad Vere, 1792.

2 Raymaekers. Het herhelyh en liefdadig Diest, jDp. 54, 102. Voir . du même auteur : Notice sur l’église de Saint-Sulpice. Messager des Sciences historiques, 1856, p. 494.

mée la Maison du roi ou la Maison au pain ( Brood huis) , édifice dont Antoine Keldermans livra le modèle en bois en 1514, mais il mourut quand on posa les fondements , et sa veuve toucha 53 livres 10 sous pour le plan; Louis van Bodegliem ou van Beug’liem lui succéda en 1516 dans la conduite de la construction b Le même Antoine II dressa, avec son fils Antoine III, les plans des bails du palais de Bruxelles 1 2. Ce dernier Antoine est mentionné dans un acte des adhéritances de Malines du 27 janvier 1583. Il acquit le droit de bourgeoisie à Anvers le 27 novembre 1543.

A Louvain Antoine Keldermans, l’architecte de la Maison du roi , entreprit la reconstruction de la boucherie par adjudication du 27 janvier 1512, mais ici encore la mort ne permit pas à l’artiste qu’il conduisit son œuvre à bonne fin , car il mourut avant l’achèvement de ce local en 1514 3 4 , et en 1516 sa veuve Barbe van Hannne réclama le prix des sculptures exécutées par son époux. Il avait été appelé de Malines à Louvain en 1509, pour inspecter les tours de Saint-Pierre ».

Antoine II Keldermans, dit le Jeune, maître des travaux de la ville de Bruxelles et de Malines et qui travailla peut-être aussi à l’église de Diest, était juré des maçons de Malines le 3 novembre 1507; il avait épousé avant le 27 avril 1502

1 IIexxe et Wauters. Histoire de Bruxelles, t. III, p. 63.

2 Henne. Hist. du règne de Charles-Quint en Belgique, t, I, p. 70,

3 Van Eten. Louvain monumental, p. 159,

4 Idem , p. 186.

Barbe van Hamme 3, dont il procréa cinq enfants que nous connaissons. Nous avons déjà vu que son fils Antoine travailla avec lui au palais de Bruxelles; c’est là le seul renseignement que nous connaissons touchant Antoine III. Une des filles d’Antoine II, Catherine, épousa Jean van den Houte , d’une ancienne famille , qui produisit plusieurs peintres à Malines. On pourrait élever quelques doutes sur le point de savoir si réellement, il faut faire deux personnes distinctes d’Antoine I et d’Antoine II; ce point nous a arrêté pendant quelque temps à cause de la coïncidence des dates de décès de ces deux artistes, qui moururent à peu de temps l’un de l’autre. Nous avons dû nous rendre à l’évidence de certains actes et distinguer entre Antoine Kelclermans-van Heyst et entre Antoine Keldermans-van Hamme. L’acte des adhéritcmces de Malines du 14 avril 1515, déjà invoqué, établit que feu Antoine Keldermans et feue Amelberge van Heyst laissèrent un fils Antoine, un fils Rombaut et trois filles. Ce second Antoine, époux décédé de Barbe van Hamme, est nommé Antoine le Jeune, par opposition à son père1. Cette qualification de « Jeune » le déter-

3 Adhéritcmces de Malines.

1 Idem, 12 juin 1519. Voir aussi 23’juin 1516; 13 mars 1502. — Nous trouvons dans les mêmes sources au 22 juin 1512 Antoine Keldermans , époux de Barbe van Sande.

Antoine Keldermans , le Jeune, et son épouse Barbe van Hamme, achetèrent le 27 avril 1502 une maison , rue des Moulins , à Malines , entre une maison de leur père Antoine le Vieux , et touchant par derrière à l’habitation occupée par ce dernier, rue des Tuileries. A clhér itances.

La demeure d’Antoine le Vieux aux Tuileries fut vendue à son fils Rombaut, le 23 juin 1516. Adhéritances .

mine fréquemment, notamment quand on le désigne comme étant juré des maçons en 1507. Antoine II Keldermans mourut à Malines dans la maison qu’avaient habitée ses parents aux Tuileries; son décès est ainsi consigné dans le registre mortuaire de Saint-Eombaut :

“ 5 Decembris 1515. Meester Anthonis Kelderman de kercke werckman op Tichelrey. »

Par cette annotation nous voyons que le maître avait également la direction des travaux de l’église de Saint-Eombaut, et probablement de la tour.

Observons encore que dans la Maison du roi, nous remarquons déjà ce caractère du type Keldermans, dont nous retrouvons plus tard les traces dans le parlement de Malines et dans l’hôtelde- ville de Gand.

Mathieu Keldermans est le chef d’une nouvelle branche d’artistes; il était fils d’André et d’Elisabeth de Smet. Il convient de bien fixer l’identité de ce personnage pour ne pas le confondre avec son fils, appelé également Mathieu.

Mathieu I était absent de Malines en 1487, travaillant sans doute à l’étranger. En 1491, il habitait Berg-op-Zoom, où son père et son frère Antoine s’étaient acquis une grande renommée par la construction du jubé de l’église. Il était sculpteur et architecte. Un acte des Procuraloria de Malines nous fait connaître les noms de six enfants qu’il avait au 31 novembre 1518, ce sont ; Jean, secrétaire au Grand-Conseil; Mathieu, An-

dré, Barbe, Antoine et Martin. Son fils aîné Roland, mentionné seulement dans un acte du 1er février 1510 1 , était probablement mort avant 1518 ou entré en religion; il avait aussi une fille Jossine, qui devint prieure au couvent de la Vigne à Louvain 2. Tous ces enfants étaient issus du mariage de Mathieu avec Elisabeth van Horenbeke (qui était originaire de Bruxelles d’après la généalogie de Valckenisse). Le mariage de Mathieu avait eu lieu dans la seconde moitié du XVe siècle; il est confirmé par plusieurs actes 3 4 5. Son épouse ne vivait plus le 20 avril 1520; Mathieu étant veuf, était décédé à son tour avant le 14 octobre 1525 \

Mathieu travailla pour sa ville natale en différentes circonstances : architecte et sculpteur, nous le voyons en cette double qualité occupé, en 1478-79, aux tours de la porte de Bruxelles, puis sculptant une image de Saint-Rombaut pour être placée à l’entrée de cette porte :

“ Item betaelt ineestere Math. Kelclerman van eene steyne beelcle van S. Romoute maken om te setten in de Bruessele porte in een tabernacule comt op iij pont groots. s. „

En 1500-1501, il acheta des matériaux qui furent employés au palais d’Autriche , résidence

1 Adhéritances de Matines.

2 Idem, 19 avril 1523. — Comptes de Matines, 1489.

3 Idem, 1 février 1510; 10 février 1520, etc.

4 Idem.

5 Comptes de Matines.

située rue de l’Empereur et où était morte Marguerite cVYorck.

Il existait autrefois bien des œuvres dues au ciseau de Mathieu dans la ville de Malines, car des chroniques locales relatent que les sculptures de sa main, qui se trouvaient à Saint-Rombaut , furent détruites dans l’invasion de 1580.

Il jouissait d’une grande célébrité et répandit ses œuvres et ses conseils dans diverses parties du pays. Le comte de Laborde cite le sculpteur malinois comme un artiste connu dès 1460 après cette époque , maître Mathieu se signala par les travaux qu’il exécuta depuis 1487 jusqu’en 1498 à la cathédrale d’Anvers. Ici, nous devons nous séparer de M. Van Eveil, qui semble admettre que l’artiste dont nous venons de parler était le même que celui qui devint plus tard architecte en titre de la ville de Louvain. Ce dernier était, à notre avis, le fils du précédent. En 1485, il exécuta, avec Jean de Bourgogne, un jubé pour l'église de Saint- Jean à Bourbourg, dans le Nord de la France actuelle; cette œuvre, achevée en 1491, n’existe plus 1 2. En 1502, Mathieu le Vieux entreprit avec son fils Mathieu le Jeune un jubé pour l’église de Brecht. Voici ce que nous trouvons relativement à cette œuvre. La pièce est tirée des registres aux adhéritances de Malines.

1 Les Ducs de Bourgogne, t. I. Archives de Lille.

2 Chevalier L. de Bürbure, Les auteurs de l'ancien jubé de l’église de Saint-Jean-Baptiste d Bourbourg (Bulletin du comité flamand de France, t. III).

“ Wy doen te wetene dat voer ons gecomen zyn meester Matheus Kelderman en Mathys Kelderman syn soon / steenhouders / seggende ende ons te kennen gevende / hoe dat de selven Mathys nu onlancx opt becrege van de kersen gebleven was / een oxsael te makene in de kerke van Brecht / en dat op ten sekere voorweerden ende voir de some van peningen naerder in eenen chyrograve dien uiten andere gesneden die zy ons tboenen en daer af elc van partien een van dien by hem nam / begrepen ende verclaert daer af de selve Mathys by de voirs. vorweerden verbonden was / den kercmeesters aldaer goeden vasten zeker te doene / als zy syden / ende hebben daer om de selve meester Matheus en Mathys syn soon en elc van hen besundere en voir al gelooft ende geloven by desen voir hen en hair nacomelingen aile de pointen vorweerden en articulen en voirs. chirograve begrepen / wel en deughelic te volbrengen en te voldoen en tvoirs. oxael te leveren ten dage besproken zonder eenich gewaer daer tegen te doen of te suucken in geenders maniéré / om welcke gelooften en vorweerden alsoo te volbrengen ende om der meerder zekerheit der voirs. van Brecht daer af te doene / soe hebben de voirs. Matheus en Mathys syn soen / Machielen Wouter Aerts ende Anthoenis van Alphen kercmeesters toe behoef als boven daer voer verbonden en te pande gegeven hen selven en aile haere goederen welker liande die zyn / tegenwoirdige en toecomende die sy dair voir stelden ten executien en bedwange van aile rechten daer se onder bevonden zelen worden. Ende van dyn geloofde oie de voirs. Mathys synen vader altyt scadeloos quyt te houden en ter clasen sonder ongelist en eenich wedderseggen. „

3 Novembris 1502.

Mathieu I était propriétaire de carrières de pierre, car il donna le 10 avril 1499 une procu-

ration à deux tailleurs de pierre de Malines pour exploiter ce fond '.

Mathieu II, qui apparaît dans l’acte précédent, fournit à son tour une vie bien remplie. Il épousa une Lovaniste , Marie Lenaerts alias Uytterhellicht1 2 3 4. Mathieu Keldermans semble avoir quitté assez tôt sa ville natale pour établir son siège à Louvain , où il fut nommé en remplacement d’Alard du Hameel , depuis 1503 jusqu’en 1527, conducteur des travaux de la ville et de l’église de Saint-Pierre h Chef des œuvres de cette commune, Mathieu inspecta en 1507 l’état des tours de l’église de Saint-Pierre h L’auteur de Louvain monumental annote les travaux suivants que l’architecte malinois exécuta à Louvain : en 1511 il tailla deux lions pour le Château-César, et en 1520 il exécuta encore deux pièces semblables pour la même résidence5; en 1517 on construisit, d’après ses plans, un donjon sur le cours d’eau dit Leybeek6; en 1516, étant maître juré des maçonneries de la ville , il donna le modèle de la porte d’Eau et y travailla lui-même ; il sculpta pour cet édifice une statue de Saint-Job et un lion en pierre ; enfin il ordonna la construction du pont de cette même porte 7 . Artiste d’un

1 Registres aux testaments de Malines, t. I.

2 Adliéritances de Malines, 14 octobre 1525.

3 E. Van Even, Louvain monumental, p. 182. — Pinchart, Archives des Arts, etc., t. I, p. 273.

4 E. Van Even, Louvain monumental, p. 186.

5 E. Van Even. Louvain monumental, p. 122.

6 Idem, p. 73.

7 Idem, p. 72.

talent apprécié , Mathieu fut appelé , pendant qu’il était chef-ouvrier de Louvain , à apporter son concours à la Maison du roi que l’on élevait à Bruxelles 1 ; en suite d’une convention passée le 28 avril 1517, il entreprit l’achèvement de la partie supérieure de la tour d’Anderlecht , travail qu’il partagea avec Jean Looman et Jean Ooge 2 3 4.

L’architecte de la ville de Louvain, maître Mathieu , entreprit une partie du portail de pierre de l’église de Saint-Sulpice à Diest le 24 mars 1502 , et il visita l’état de la tour de ce temple en 1519 h

Avant de parler des descendants de Mathieu II, nous aborderons la notice sur ses frères. Il avait un frère Antoine , artiste comme tous ceux de son nom. Celui-ci avait épousé Marie Alvers, dont il eut cinq enfants. Il alla chercher fortune en Espagne et en Portugal , où il se trouvait en 1520; lorsqu’il revint momentanément à Malines pour y tester le 21 août 1523 , il avait laissé en Portugal deux filles et un garçon du nom de Mathieu. Le 14 octobre 1525 il était de nouveau absent1, mais les registres de la chambre pupillaire constatent son décès dans un acte du 20 septembre 1531. Le généalogiste Valckenisse dit

1 A. Wauters. La maison du roi. Messager des Sciences historiques, 1842.

a Henne. Hist. du règne de Charles-Quint en Belgique, t. V, p. 70. — A. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, t. I, p. 46.

3 Raymaekers. Het kerhelyh en liefdadig Diest, pp. 118, 121.

4 Adhéritances de Malines.

qu’Antoine périt en mer, sur les côtes d’Espagne; ce qui est admissible. Un autre frère de Mathieu II était André, que nous trouvons uni par le mariage dès 1526 à Madeleine de Montbrison, mais sans enfants Ce fut cet artiste qui exécuta en 1518 un tabernacle pour l’église de Sainte-Gertrude à Wetteren, et qui, en 1519, plaça un jubé dans l’église de Wechtere. Les adhéritances de Malines renferment deux actes touchant ces objets. Nous en donnerons la transcription :

“ Andries Keldermans lieeft bekent en verleden dat hy aengenomen end aenveert heeft seker werck van eenen heylighen sacraments huyse te makene in der kercken van Sinte Ghintruyd staende inden dorpe van Wettere in Ylaenderen voor de somme van achtthien pond gr. vlaems gelts eens en noch van twee gelicke pond gr. voir syn verneer geld al na uuytwysen van der vorweerde daer af gemaect en bescreven. Ende beeft de voirs. Andries gelooft / Aerd de Taeye en Jaune de Smet inden name en tôt behoef van de voirs. kercken van Wettere tvoirs. werck volcomen volmaect en vollevert te hebben tôt Sente Jans misse Bapteu naestcomenden te wetene a0 XVe XVIII op te verbeurte van vier pond gr. vis. Ende om meerder sekerbeyt der voirs. kercken daer af te doene, soe beeft de voirs. Andries daer voer verbonden hem selven en aile syne haeffelycke goederen presentia et futura / hebben oie voir tgene voerscreven met Andriesen gelooft en syn voir hem borghe geworden meester Franche van Middeldonck en Aert de Wree / die daer omme oie voir ons gecomen waeren / Dies geloofde de selve Andries syne

1 Adhéritances de Matines.

borgen voirs. daer af altyt costeloos en scadeloos tonteffen / sonder ongelyt. ,,

1 o j » xxyi jumj.

“ Andries Keldermans seggende ende ons te kennen gevende hoe dat liy aen genomen keeft te maken en te leveren een oxael in de prochie kercke van Wechtere naer volgende zekere voorwaerde daer aff zynde / Ende om tzelve alzoo te voldoene tôt versekerheyt van den selven van Wechtere / borghe voirden zelven Andries worden zelen de weduwe wylen Joris Fruy tiers met haeren kinderen / ende Lodewyck van den Eynde / oie haere goeden onder Wechtere gelegen dair voire verbinden zelen / ende heeft de selve Andries ende met hem meester Matheus Kelderman zyn vader / oie dair over oie voir ons gecompareerd gelooft dat liy de selve weduwe Fruytiers met hare kyndren, ende den voirn. Lodewyc van den Eynde ende elck van hen vau der zelver borchtochte en gelofte die zy voir hem doen zelen / altyt ongelast houden ende scadeloos ontheffene zelen / Ende hebben omme den zelve der meerder sekerheyt daer aff te doene dair voire verbonden en te panden gestelt / aile huerlieden goeden van haven en van erven / infra scripta et futura A. D. A. ,,

2 januarii 1519.

Dans les comptes de Malines nous lisons qu’en 1496-1497, André Keldermans et Pierre Crabbé, arpenteurs jurés de la ville , mesurèrent les travaux de maçonnerie faits au ruisseau Vrouw-vliet . Le mesureur en question ici pourrait être ou bien André, le sculpteur du tabernacle de Wetteren , ou bien un autre André , fils d’André et d’Elisabeth de Smet , dont il est fait mention dans un acte des adhéritances du 14 février 1518. Nous avons également trouvé dans l’obituaire de

Saint-Rombaut l’annotation dn décès d’un orfèvre André Keldermans : u 1515, 2 januarii. Andries Keldermans, silversmet op de Milane. „

Revenons aux enfants que Mathieu Keldermans procréa de Marie Uytterhellicht , et disons d’abord que , vu les fonctions de leur père qui était chef-ouvrier de Louvain , ceux-ci naquirent probablement en cette ville. Un acte des adliéritances de Malines du 28 février 1528 dit que Jean Keldermans, secrétaire du Grand Conseil, et Antoine son frère, avaient un neveu Rombaut. Celui-ci ne pouvait être qu’un fils de Mathieu; mais il n’était pas le peintre-verrier qui florissait à Louvain au XVe siècle. Rombaut, peintre sur verre de Louvain, plaça plusieurs vitraux dans la collégiale de Lierre ; l’une de ces œuvres décore encore une fenêtre du côté septentrional, dans le chœur. Saint Rombaut et saint Gommaire en sont les personnages principaux, en dessous d’eux figurent, accompagnés de saint Pierre et de saint François d’Assise, les donateurs Godefroid Vilain et Elisabeth de Lyere dite d’Immerseele.

Dès 1455 Rombaut habitait Louvain 4 et il exécuta pour cette ville, en 1469, neuf verrières destinées à l'hot el-de-ville; en 1472 il en fournit encore ; en 1478 il décora de ses œuvres l’église claustrale du couvent de Saint-Martin ; il peignit une verrière avec figure pour l’hôtel de la monnaie en 1488; l’église collégiale de Saint-Pierre

1 E. Van Even. Louvain monumental , p. 139.

en renfermait également de sa main; enfin il traça sur verre les armoiries de Louvain pour le local de la Table ronde1. Il eut une fille, Catherine, qui épousa un collègue dans l’art de son père, le verrier Henri van Diependaele. Celle-ci provint du mariage que Rombaut avait contracté avec une Lovaniste , Catherine van Yoshem, avant 1447; plus tard il convola avec Catherine van der Horst, veuve dès 1489. Rombaut était fils de Jean, décédé avant 1480; il était frère d’André et de Mathieu2.

M. van Even ajoute à ces renseignements, que le père de Rombaut était chef des maçonneries de Louvain. A l’aide de ces diverses notes de l’archiviste de Louvain , nous parvenons à assigner au verrier Rombaut le rang qu’il doit occuper dans la généalogie de sa famille , dans la quatrième génération du tableau ci-joint.

Nous puisons dans le même ouvrage une note sur Henri Keldermans, peintre sur verre à Louvain le 9 février 1483, fils de Mathieu, décédé à ce jour. M. van Even dit que Mathieu était architecte de Louvain. Henri reçut comme élève en cette ville Jean van Oudreghem, le 13 octobre 1483; mais le maître prit la fuite de cet endroit en I4863. Nous ne pouvons admettre qu’Henri ait été le fils de Mathieu II , conducteur des travaux de la ville de Louvain , ni même du père de

1 Louvain monumental, pp. 138, 139, 156, 178, 153.

2 E. Van Even. L’ancienne École de peinture de Louvain, pp. 93 à 98.

2 Page 222.

ce dernier, que nous avons désigné sous le nom de Mathieu I ; car pour le premier les dates s’y opposent , et pour le second nous connaissons positivement les noms de tous ses enfants, parmi lesquels il n’y eut point d’Henri. Henri, le verrier, peut être parfaitement fils de Mathieu et d’Elisabeth van der Cricken , marqués à la quatrième génération du tableau généalogique. Il serait alors l’époux de Catherine van der Heyden, dont il aurait eu quatre enfants 1 ; et il ne vivait plus en 1495. Nous attribuons à Mathieu Keldermans-van der Cricken les travaux entrepris en 1438 à l’hôtel-de-ville de Louvain, en compagnie d’André et sous la surveillance de Jean2. Jean, à notre avis, aurait été le père de ce personnage et André aurait été son frère.

Nous ne déciderons point quel Henri Keldermans obtint la franche maîtrise dans l’art en 1490 à Anvers3 4; mais nous déterminerons quel Henri Keldermans- était le peintre chez lequel Albert Dürer descendit à Malines en 1521. Nous savons, d’après M. Pinchart, que cet Henri était l’habitant et le propriétaire de l’hôtellerie “ la Tête d’or, „ au marché au bétail à Malines or, cette maison appartenait avant le 7 octobre 1502 à Henri Keldermans, qui acheta à cette date la propriété clen Os, sise entre sa de-

1 Adhéritances de Malines, 24 avril et 29 août 1495.

2 Louvain monumental, pp. 183, 137.

3 Rombauts et Van Lerius. Le Liggere d'Anvers.

4 Les anciens peintres flamands, par J. A. Crowe et G. B. Cavalcaselle , annoté par A. Pinchart et Ch. Ruelens, II, p. cclxxxix.

meure et la chapelle de Saint-Eloi. Maître Henri, que visita Dürer, vendit en 1516-1517 deux tableaux à la ville de Malines. La maison qu’il possédait était la propriété de son père, Rombaut, dès avant le 16 mars 1495, car à ce jour cette habitation, se composant de bâtiments, jardin et terrain , fut dégrèvée d’une rente annuelle que prélevait Rombaut van Diest Le 22 octobre 1523 , Henri Keldermans acquit le quart d’une maison, située à côté de la sienne appelée “ la Tête d’or, „ au marché au bétail ; cette part lui fut transmise par son père Rombaut , usufrutier, et par ses sœurs Catherine, épouse de Imbert van Beringhen, et Barbe, épouse de Nicolas van der Perre1 2 3. Le 13 novembre suivant, son frère Pierre transmit à son tour à Henri les droits qu’il avait sur le quart de la maison joignant à celle de Henri, dite “ la Tête d’or, „ au marché au bétail0. Henri, fils de Rombaut et frère de Pierre, avait épousé N... (Voir tableau généalogique II, sixième génération.)

Un des plus grands maîtres de la famille de Mansdale a été Rombaut Keldermans dit van Mansdale, directeur des travaux des villes de Malines, d’Anvers et de Bruxelles, architecte de Charles-Quint.

D’après la généalogie de Valckenisse, Rombaut, le grand artiste dont nous parlons, aurait été fils de “ Rombaut de Mansdale, qui espousa Jenne

1 Adliéritances de Malines.

2 Idem.

3 Idem .

Horpusch, elle mourut 1480, luy 1493, „ et petit-fils de “ Antoine de Mansdale , né de Cologne d'une maison noble, espousa Isabelle Hulsberg\ „ Ce dernier, d’après la même source, aurait eu pour fils “ Mathieu de Mansdale, espousa Isabelle de Hoorenbeke, de Brusselles. „ Cette descendance , toute de complaisance et dressée pour donner une origine nobiliaire aux Mansdale, n’est pas admissible; les pièces authentiques que nous avons invoquées le prouvent à l’évidence. A partir de Mathieu et de Rombaut, qui nous occupera, Valckenisse sera dans le vrai, parce qu’alors il constatera des filiations dont il n’avait pas à rechercher les preuves au loin, et parce que depuis ces deux personnages les Keldermans commencèrent à prendre franchement une position dans la noblesse; mais dans cette seconde partie, le généalogiste anversois fait encore un triage, et il ne poursuit la descendance des Mansdale que pour les besoins de sa cause , c’est-à-dire pour relever la famille au point de vue nobiliaire ; en conséquence , il a eu soin d'omettre les rameaux qui ne s’élevèrent point au rang voulu.

Il nous semble assez admissible que Rombaut ait été le fils de ce prénom que nous avons trouvé parmi les enfants d’Antoine Keldermans et d’Amalberge van Heyst. Il aurait donc été le neveu de Mathieu et d’Elisabeth van Horenbeke. Toutefois, aucune preuve positive ne confirme cette opinion, fondée seulement sur la probabilité.

Selon Valckenisse , Rombaut avait eu pour femmes, d’abord Jenne Dansem, ensuite Barbe van Baren ; ce renseignement concorde assez bien avec ceux que M. Génard a puisé à sources certaines, et d’après lesquelles il conste que la première femme de Rombaut fut Catherine Dancerme et la seconde Barbe van der Baren. Le nom de Dancerme se retrouve à Malines en 1523; à cette époque vivait en cette ville Christophe Dancerme et sa femme Catherine Vereycken '.

M. Génard, dans le Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, t. IX, p. 463, établit l’état de famille de Rombaut Keldermans.

Nous relevons dans les comptes de Malines de 1472-73, qu’un Rombaut Keldermans remplissait les fonctions de messager de la ville, mission de confiance et importante, qui aurait pu être confiée à un artiste sans qu’il dérogeât à l’art ; deux ans plus tard, un Rombaut Keldermans ordonna la procession annuelle en 1474-75; il serait difficile de dire exactement à quels personnages de la famille incombèrent ces charges. Mais les annotations qui suivent dans les comptes communaux, se rapportent positivement à maître Rombaut, plus tard architecte de Charles-Quint. En 1516, cet artiste fut nommé directeur des travaux de sa ville natale; à cette occasion les comptes disent :

“ Item iij stoopen Ryns wyns ghepresent Mr Romout Keldermans als hy zyne eeclt dede om der stad werckman te zyn. „

Adhéritances, 5 octobre.

Il succéda probablement dans ces fonctions à son frère Antoine, décédé à Malines le 5 décembre 1515.

Le premier grand travail communal que le nouvel architecte de la ville eut sous la main, fut l’exécution d’un plan pour les constructions à faire au palais de la veuve de Philibert de Savoye, en 1517-18 :

“ Item betaelt Mr Romoucl Keldermans van sekere patroonen te beworpen der stad ende den liove van my vrouwe van Savoye aengaende. iiij septembris. „

Sans pouvoir déterminer exactement la portée ou l’étendue des constructions que Rombaut éleva au palais de Marguerite d’Autriche, il est évident qu’aujourd’lmi encore l’on trouve dans la cour de cet édifice des parties qui trahissent d’une manière non équivoque le crayon de cet artiste, qui avait un style si caractéristique.

En 1539 il éleva dans sa ville natale une imposante et riche construction, dont nous admirons encore les fragments dans la rue de Beffer et dans la cour des Halles. Ce palais, qui malheureusement ne fut jamais achevé, devait être un type splendide de l’architecture ogivale du XVIe siècle ; il était destiné au Parlement de Malines ou au Grand Conseil. La première pierre de l’édifice fut posée le 13 mars 1529; Laurent Keldermans, neveu de Rombaut et en même temps son associé de travail, exécuta une partie des nombreuses sculptures qui décoraient l’hôtel ; Laurent reçut pour la besogne qui lui incombait un salaire de trente escalins, tandis que son

oncle toucha douze livres de gros et dix escalins en rémunération de ses peines en 1530, plus une gratification de deux livres et quinze escalins. Suivant la Chronique de Tongres , les vingt colonnes en pierre de taille qui formaient la galerie du côté de la rue de Beffer étaient achevées depuis deux mois , lorsque survint la mort de Marguerite d’Autriche , princesse qui s’intéressait vivement au développement et à l’embellissement de la ville où elle résidait. Cette partie était donc achevée vers la fin de septembre 1530; le premier étage fut ensuite poussé assez activement, mais le toit et les pignons ne furent jamais commencés à cause des événements politiques qui troublèrent le XVIe siècle 1 . Le plan original de cette vaste construction repose aux archives de Malines.

Il existe au Quai du Sel , à Malines , une belle maison, dont la façade, ornementée dans le caractère des œuvres de Keldermans , fait songer naturellement à ce grand artiste ; avant nous déjà, on avait émit l’idée que l’édifice, nommé de groote Lepelere, pourrait être une production de Rombaut 2. L’auteur de l’article inséré dans le Meclielsclie Courant, pense que cette maison fut élevée par le métier des poissonniers ; il en décrit fidèlement la façade. De notre côté nous ferons observer, que le nom de groote Lepelere

1 Azevedo. Chronyche van Mechelen, 1529.

2 Mechelsche Courant, 1871, n° 15. Ambachtshuis der vischvercoopers, par F. S.

présente de l’analogie avec celui d’une famille malinoise importante , également appelée de Lepelere, que cette famille avait une double relation de parenté avec les Keldermans, puisque Claire de Lepelere , fille de Jourdain , eut de Bernard de Montbrison une fille , Madeleine , qui convola avec André Keldermans , et que Jourdain de Lepelere épousa Catherine de Gorttere, qui avait eu de son union avec Baudouin de Hellis , une fille Catherine de Hellis , épouse de Jean Keldermans, secrétaire du Grand Conseil. Ces faits ne sont pas concluants, mais s’ils sont dus au simple jeu du hasard, ils ne laissent pas d’étonner et de donner lieu à des conjectures.

Rombaut Keldermans vint se fixer à Anvers en 1519; mais il 11e cessa néanmoins d’exercer son talent à Bruxelles , à Malines , à Louvain , à Gand et ailleurs , car en sa qualité d’architecte de l’empereur, il dirigea même des travaux stratégiques , tels que ceux qu’exigèrent la construction des fortifications de Montfort et de Fauquemont1 2 3. Tout en conservant son titre de maître des travaux de Malines , le maître général des œuvres de Charles-Quint fit le plan de la chapelle au palais de Bruxelles en 1525 h Bans cette dernière ville il avait contribué avec Louis van Beughem, Dominique de Waghemakere et Henri van Pede à l’achèvement de la Maison du

1 Adhéritances de Malines, 24 juillet 1504; 4 février 1510.

2 Henne. Hist. du règne de Charles-Quint en Belgique, t. III, p. 170.

3 Idem, t. V, pp. 70-71.

roi, à cet effet il se rendit depuis 1514 à diverses reprises à Bruxelles pour visiter les ouvrages1; le 21 novembre 1517, notre artiste reçut même pour ces soins une augmentation de salaire 2. Les conseils que maître Rombaut commu- . niquait à la ville de Bruxelles , se rapportaient particulièrement à la disposition intérieure de la Maison du roi 3 4.

Pendant que l’éminent artiste s’occupait à Bruxelles, Marie de Hamale, marquise d’Aerschot, le manda pour qu’il inspectât l’église des Célestins à Héverlé , le magistrat de Louvain profita de la présence de Mansdale, pour le consulter par rapport aux fondations de la porte de Diest *.

M. Génard, dans sa Notice sur les architectes Herman et Dominique de Waghemakere , fournit d’amples renseignements sur le séjour de Rombaut van Mansdale à Anvers 5. Nous y lisons que le grand artiste s’acheta une demeure en 1519 au rempart des tailleurs de pierre , sous l’enseigne le Bélier. Il s’y lia d’amitié avec une illustration contemporaine , Dominique de Waghemakere , avec lequel il travailla à la prison dite Steen , en 1521, et avec le concours duquel il traça le plan de l’agrandissement projeté de la collégiale de

1 Henne et Wauters. Histoire cle Bruxelles, t. III, p. 63.

2 A. Pinchart. Archives des arts, sciences et lettres, t. II, pp. 7, 55.

3 La Maison du roi, par A. Wauters. Messager des Sciences historiques, 1842.

4 E. Van Even. Louvain monumental, p. 57.

s Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, t. IX , pp. 462 et suivantes.

Notre Dame d’Anvers, plan dont M. Génard a donné une explication détaillée. Enfin après avoir participé à divers travaux de continuation à l’église et aux tours de Notre Dame pendant près de dix années, le grand maître malinois reçut la sépulture dans ce temple.

Son inscription tumulaire portait :

Üjicr lect begraom 3onhn- lui minuit nan Xïlanebnlc eterft 1531 îicn 15 bcmtiber.

(Ênbc Barbara «an ber Barcn sime Ijugetmmm sterft 1547 ben 24 jung.

HIER LEE T BEGRAVEN

HEER EN MEESTER ANTHEUNIS VAN MANSDALE OUDT SCEPENEN DESER STADT DIE STERFT DEN 5 OCTOBER 1583.

ENDE JTIFFROUW JOANNA VAN HOUTE SYN HUYSVROUW STERFT DEN 7 AUGUSTI 1583.

Les deux amis, Waghemakere et Keldermans, unirent leurs efforts pour créer les plans de l’hôtel-de-ville de Gancl en 1517 '. Ils travaillèrent ensemble à ce magnifique édifice jusqu’à ce qu’en 1527 Rombaut s’adjoignit son neveu Laurent Keldermans, pour remplacer momentanément Dominique de Waghemakere. Mais après la mort de Rombaut, maître Laurent fut appelé à lui succéder à Gand, où il continua les constructions jusqu’à ce qu’elles furent abandonnées en 1535 1 2.

1 Jaarboëk van het Willems-Fonds voor 1871. Acte d’entreprise du 28 janvier 1517.

2 E. De Busscher , Recherches sur les peintres et les sculpteurs de Gand du XVIe } du XVIIe et du XVIIIe siècle, p. 268.

Annobli par Charles-Quint , Rombaut Keldermans portait, comme on le voit sur sa tombe, la qualification de Joncher-, ses descendants abandonnèrent le nom si glorieux de Keldermans , pour ne retenir que celui de Mansdale, lui trouvant, sans doute, une forme plus distinguée, et peut-être aussi pour ne plus se confondre avec leurs cousins, qui, bien que portant encore le nom de Keldermans, ne tardèrent pas à tomber dans l’oubli.

Laurent Keldermans , neveu de Rombaut l’auteur de l’liôtel-de-ville de Gand, avait un frère Jean Nous supposons donc qu’il était issu du lit d’Antoine van Mansdale et de Barbe van Hamme. Nous savons aussi qu’il avait marié Antonine Aertsen. A ces deux points se bornent nos renseignements généalogiques touchant Laurent. Nous trouvons cependant encore, en 1554 dans les adhéritances de Malines, la mention d’une Marguerite van den Broecke, veuve de Laurent Keldermans ; mais ce dernier n’est probablement pas le même personnage que celui dont il s’agissait avant.

Selon le Liggere d’Anvers, Laurent Keldermans devint franc-maître sculpteur (beldesnydere) en 1499, et comme tel il admit des élèves dans son atelier depuis 1503 jusqu’en 1522 1 2. Il se fit connaître par divers ouvrages. C’est lui qui fournit le modèle en bois des voûtes de la Maison du roi

1 Adhéritances de Malines, 1496.

2 Rombauts et Van Lerius, Le Liggere d'Anvers.

à Bruxelles; de ce chef il toucha 38 livres 7 sous 6 deniers, comptés à raison de 25 sous par jour 11 concourut avec son oncle Bombant à l’achèvement de l’hôtel-de-ville de Gland depuis 1527, et il remplaça celui-ci depuis 1530 jusqu’en 1535.

En 1527, il vint sculpter des décorations pour le palais du Parlement à Malines ; il se trouvait encore en cette ville au mois d’avril 1533, quand on vint de Diest pour conférer avec lui au sujet des plans de la tour de Saint-Sulpice. Le 24 septembre 1534, Laurent Keldermans, alors à Anvers, fut appelé à Diest pour y prendre la conduite des travaux de l’église ; il donna le plan de la tour, mais M. Raymaekers pense que l’architecte ne fit que remanier ou dévelojiper le plan primitif, tout en respectant bidée de l’ensemble 1 2.

Lorsque Laurent travaillait à Anvers à l’agrandissement projeté de la cathédrale actuelle, il était aidé dans sa besogne par un certain Marcel Keldermans en 1521-22. Nous devons cette note à l'obligeance du chevalier L. de Burbure.

Dans cette nombreuse et remarquable famille Keldermans, comptait aussi un sculpteur du nom de Pierre , lequel fit avec Guillaume Lessens l’autel en pierre de touche du Saint-Sacrement des Miracles à Bruxelles, achevé en 1539 3. Cet artiste appartenait probablement à la même

1 La Maison du roi , par A. Watjtees. Messager des sciences historiques, 1842.

2 Raymaekers. Het herhlyk en Uefdadig Diest, p. 127.

3 Henne et Watttebs. Histoire de Bruxelles, t. III , p. 262.

branche que maître Henri, cliez qui descendit à Malines Albert Dürer.

Enfin, certain Jean Keldermans, peintre sur verre, hypothéqua sa maison, sise rue de Sainte- Catherine à Malines, d’une rente annuelle, le 1 septembre 1541

Malgré la nombreuse nomenclature des artistes, soit architectes, soit sculpteurs, soit peintres, soit verriers, issus de la famille Keldermans que nous avons donnée, nous sommes certains d’ignorer encore l’existence de quelques-uns d’entre eux, et de ne connaître jusqu’ici que la minime partie des œuvres exécutées par ceux de cette lignée que nous connaissons.

Ayant posé un premier jalon pour l’histoire de la maison Keldermans, nous espérons que l’on complétera ou que l’on redressera cette notice, qui a pour objet la race de nos plus illustres architectes. Nous n’avons pas eu le temps d’étudier de près les productions des Mansdale, ni d’examiner leur type ou leur manière, ni de mettre leurs œuvres en rapport de comparaison avec celles de leurs contemporains ; cet examen aurait cependant été de première utilité pour juger de leur influence et du degré de leur puissance artistique.

Pour la rédaction des notes qui précèdent , nous avons eu recours surtout aux archives de Malines et à quelques auteurs recommandables; nous avons rencontré sur Keldermans une notice assez singulière et fantaisiste , mais dans laquelle

1 Adhéritances cle Malines.

perce un fond de vérité à côté de l'ignorance du sujet. Disons d’abord que l’auteur de la notice a réduit la famille entière à sa plus simple expression, puis qu’il semble n’avoir connu qu’un seul Keldermans , dont il ignorait même le prénom , mais il a chargé ce personnage de divers travaux qui ne lui revenaient certainement pas à lui seul. Il nous paraît cependant que la note en question a visé surtout Rombaut Keldermans, l’architecte d’Anvers. Voici les passages principaux de cette étude :

“ Keldermans , dès son enfance , se livra au dessin et à l’étude des mathématiques sous la direction de son père, architecte de Malines. Ce dernier sollicita pour son fils une pension, afin qu'il put visiter l’Italie ; le magistrat de Malines accorda une rente annuelle de 400 florius , au moyen de laquelle le jeune homme se transporta à Rome , à Naples et en Sicile. Mais son père étant venu à mourir, il revint à Malines, où il fut revêtu des fonctions d’architecte de la ville , charge vacante par la mort du père. La ville chargea Keldermans de dresser un plan pour ériger, devant la grande église , une tour magnifique. Il fournit ce plan; la tour fut commencée et il en dirigea la construction tant qu’il vécut. Il travailla à beaucoup d’églises et de palais à Malines, ainsi qu’à beaucoup de châteaux aux environs. Une notice sur Keldermans se trouvait inscrite dans un manuscrit (in fine ) appartenant à l’abbaye de Villers, mais après la dispersion de la bibliothèque abbatiale,

ce livre devint la propriété d’un anglais, sir Philips. Après la mort de cet amateur, le livre fut vendu à Londres et acheté par la bibliothèque de l’université d’Oxfort. „

On retrouve dans cette notice différents points, plus ou moins travestis , mais qui se rapportent cependant à Rombaut van Mansdale, lequel devint architecte ou maître des travaux de Malines, en 1516, en remplacement de son père, et qui exécuta pour la ville le plan du palais du Parlement. Il n’y aurait rien que de très naturel de supposer que Rombaut ait été l’auteur de quelques-unes des grandes résidences aristocratiques dont il subsiste encore des parties à Malines.

Gautliier Coolman.

Le 10 juillet 1427, devint bourgeois de Malines Jean Coelman. C’était là peut-être le père de Gauthier '? Gauthier Coolman était maître des ouvrages de la ville en 1446-47. Les comptes communaux de cette année parlent du personnage en question, en le qualifiant “ meester meesteren metsei'en, „ le maître des maîtres-maçons.

1 Nous trouvons également que certain Jean Coolman acheta les deux tiers d’une maison, nommée Paradys, rue de la Chaussée (via lapidea), à Malines. (Adhéritances, 22 mars 1436). Depuis cet achat, Jean fut nommé Coolman alias int Paradys, il mourut célibataire avant le 16 septembre 1473 , mais il laissa un frère Léon , qui eut : Anne , Catherine , Béatrice , Amelberge , Marguerite , Adrien et Madeleine ( Adhéritances , 27 novembre 1459 et 16 septembre 1473).

Il était donc le chef des constructeurs de Malines, position officielle qu’il avait évidemment gagné par son talent, à une époque où l’art de bâtir était si bien compris et créa tant de merveilles.

Cette fonction lui fut conservée pendant de longues années, puisque dans les comptes des années 1459-1460, Gauthier Coolman apparaît encore comme directeur et ordonnateur des travaux publics :

“ Item betaelt meester Wouter Coolman in hooffsclieyde om dat hi de stad raet gheeft en toesiet tôt haeren wercken van dese jaeren, comt op x s. gr. outs. „

La même mention se trouve, en termes presqu’identiques, dans le compte de 1460-61.

Coolman qui, en 1459-60, avait fourni des pierres pour la construction du Grand-Pont, maniait le ciseau avec adresse, car en 1453-54 la ville lui confia un travail qui, par sa nature, comportait une grande richesse d’ornementation : il exécuta un “ tabernacle „ ou mieux un dais sous lequel devait être placée la chasse contenant les reliques de saint Rombaut :

“ Item betaelt meester W outeren Coehnan voir een taberuacule te makene op Sint Romouts huyse boven in den ommeganc , aen hem besteet in tasse compt op , sonder tstofferzel v libri x s. groot mecbels 1 . „

En 1462-63, nous rencontrons de nouveau notre architecte dans les comptes de la ville :

“ Item betaelt meester Wouteren Coolman en Henr.

Comptes de Malines.

Machiels van welvene de voûte ende beyaert ende muere tussclien beyde buysen op te metsene en van paveyene aen bem besteet in tasse . ix libri xvi stuyvers iiii den. „

En 1463-64, nous lisons :

“ Item betaelt meester Wouteren Coolman van vi voete steens van Avenis daer Sente Katrine beelde af gemaect is in Sente Katrine poorte / Item Peteren Waelpoyt van voirserevene beelde te makene. „

Coolman est enterré au pied de la colossale tour de Saint-Rombaut à Malines; sa pierre tumulaire est la seule qui soit encastrée dans les parois de ce splendide édifice.

Ces divers points établis, déduisons en quelques conséquences naturelles.

En 1452, Coolman était ordonnateur des travaux de la ville de Malines; donc il a dirigé les constructions qui ont été élevées par la commune pendant le courant de cette année; or le 22 mai 1452 fut posée par le commune-maître Jean van Muysen la première pierre de la tour de Saint-Rombaut.

Tenant compte des usages du moyen-âge en vertu desquels celui qui conduisait les premiers travaux d’une construction était aussi presque toujours l’auteur des plans de celle-ci, nous pouvons tenir Coolman pour l’architecte du monument grandiose de Malines. M. Léon de Burbure a fait ressortir déjà que les architectes du moyenâge étaient pris toujours et exclusivement parmi les tailleurs de pierre , que l’on appelait en flamand meester van cler metselrye ', en latin lapicida,

1 Toestant der beeldencle hunsten in Antwerpen.

et en français maistres des ouvraiges de machonerie, titre qui qualifie Jean de Marbais, l’architecte des comtes de Hainaut. Il serait superflu de vouloir prouver davantage le fait suffisamment connu que les conducteurs de travaux d’un édifice et l’architecte de cet édifice se confondaient autrefois dans la même individualité; l’on peut donc supposer, avec raison , que Coolman avait conçu les formes de la tour dont il entama la construction.

Plus, cette opinion est singulièrement corroborée par la circonstance exceptionnelle de la présence de la tombe du chef-ouvrier de la ville sur les parois du plus grand monument communal , à la place la plus apparente , près de la porte d’entrée de la tour. En effet, de quel droit un maçon vulgaire aurait-il pu réclamer le privilège d’avoir son cénotaphe à l’endroit le plus en vue d’un édifice élevé par un confrère ?

Comment se ferait-il que cette tombe , qui n’a pas été ajoutée après coup à la tour, mais dont la place a été ménagée dans la bâtisse et dans le plan, soit dévolue à un personnage étranger à l’érection de ce colossal édifice?

Comment se fait-il que dans les murs de la tour l’on ne rencontre qu’une seule pierre tumulaire , et que ce soit précisément celle d’un architecte, contemporain du premier jour de ce monument?

Si ces faits sont dus à la construction de la tour par G. Coolman, nous pouvons a 'priori en déduire qu’il en a été également l’architecte.

Un ancien archiviste de Malines, M. Gyseleers- Thys, prétendait même que lors du décès de

maître Gauthier, le monument avait atteint l’élévation à laquelle l’épitaphe se trouve scellée dans le mur 1 .

Cette pierre, placée du côté sud, porte l’inscription :

)i< Üjkr leet tüouter Coolman bie stcrf in faer MCCCC en LXYIIJ / xxvu b a cl) 3annario ►B en Alargriete tTaucoere 2 3 eg wgf nias bie sterf in jaer MCCCC en LVIIJ op be xmste 3 bact) in Auguste / Ôpreect pater noster.

Cette épitaphe, à peu près illisible aujourd’hui , a été rapportée diversement comme nous le faisons observer. Elle porte à la hauteur de la troisième ligne , à droite et à gauche , de la pierre un écusson , dont les pièces ont été martelées par les Français. Celui du mari était à deux poissons affrontés ; celui de la femme au sautoir engrelé, en chef à trois étoiles. Au-dessus de l’inscription s’élève une baie vide aujourd’hui, circonscrite dans un cintre surbaissé , qui encadrait autrefois un groupe de piété. De part et d’autre au sommet du cintre sont placés deux plus petits écussons , mais sans pièces héraldiques. Il semble aussi que la baie a eu une inscription en forme de bordure.

Gauthier Coolman laissa un fils Guillaume,

1 La tour de Saint-Rombaut. Additions et corrections à la notice sur les archives de Malines.

2 D’autres lisent Sfromailâ.

3 D’autres lisent xvj.

prêtre, qui lui survécut», et une fille Marguerite, mariée à Rombaut van den Broecke 2.

Nous ne nous étendrons point sur les magnificences de la tour de Malines qui , bien que ne mesurant actuellement que cent mètres, devait, d’après l’idée de son architecte, recevoir encore plus d’un tiers sur sa hauteur actuelle ; ainsi elle aurait été l’édifice le plus élevé du monde 1 2 3 4 , et elle aurait dépassé la pyramide de Chéops. Le pied de la tour mesure 25 mètres 57 centimètres de diamètre.

Le nom de Coolman ou de Colleman se rencontre encore parmi les artistes qui travaillèrent pour les ducs de Bourgogne.

Le comte de Laborde a extrait des comptes de Lille divers passages concernant des Colleman.

Willem et Gilles Colleman , peintres , travaillèrent aux entremets de Bruges en 1498, à l’occasion des noces de Charles le Téméraire \

“ Premier payement fait ausdits paintres , tailleurs d’ymages et autres ouvriers le dit jour xvi d’avril l’an MIIII0 LXVI1 avant Pâques.

“ A Willem Colleman paié pour xiii jours qu’il a ouvré comprins sa venue a xii s. par jour . . . vii lib. xvi s. 5

“ Peintres et autres ouvriers de Cambray, Arras et Douay.

1 Adhéritances , 7 février 1472.

2 Idem, 17 ruai 1476.

3 Viaemsche School, deuxième année. — Revue de Bruxelles, 1837. — Raymaekeks et Della Faille. Geschiedhundige wandeling op Sint Rumoldus toren, Malines , 1863.

4 Les Rues de Bourgogne, t. I.

5 Idem, t. II. Appendice .

“ A Giles Colleman payé pour vi jours comprins sa venue et x par jour lx s. 1 2 „

M. Génard a trouvé parmi les maçons et les tailleurs de pierre travaillant à l’église de Notre Dame d’Anvers, au commencement du XVIe siècle, Pierre et Jean Coolman; à cette occasion l’archiviste d’Anvers se demande si ce ne sont point là des parents de l’architecte de la tour de Saint- Rombaut \

L<es sculpteurs secondaires du XV® siècle.

A la suite des grands artistes dont nous venons de parler, se rangent plusieurs sculpteurs moins importants ou certainement moins connus; parmi ces derniers se trouvaient des hommes de grand talent, mais qui ont eu le malheur de n’avoir pas été sauvés de l’oubli par quelqu’écrivain ou par quelque chroniqueur ou dont les œuvres ont eu l’infortune de périr sous les coups des iconoclastes et des révolutionnaires.

Christophe de Stackenbroeck entreprit le 29 mai 1488 l’exécution d’un rétable pour l’autel de Notre-Dame à l’église de Saint-Jean à Malines, à raison de neuf livres de gros de Brabant. L’artiste s’engagea à livrer son œuvre pour la

1 Les Ducs de Bourgogne.

2 Bulletin des Commissions royales d'art et d’archéologie, neuvième année, p. 446. Notice sur les architectes Waghemaehere.

Noël de l’année 1489. Il promit de représenter au centre de son rétable la Nativité de Jésus, sujet qui devait occuper tout le fond jusqu’au sommet de l’édicule, et sur les côtés la Circoncision et les Fiançailles de la sainte Vierge. Le 7 avril 1489, maître Christophe plaça son travail à l’église \

Dans le même temple, au maître-autel, avait été placé en 1469 un rétable dû au ciseau de Jean Biesselinck et polychromé par Baudouin van Battel dit van der Wyct. Ce morceau coûta cent couronnes 1 2. Nous avons vu, à la page 285 de notre histoire des peintres, qu’en 1570, Antoine Biesselinck, un parent de notre sculpteur et sculpteur lui-même, revêtit de couleurs une image du Sauveur et deux autres statuettes de saintes qu’il avait taillées. Ce dernier décédé avant le 26 septembre 1581, laissa veuve Marie van der Beken 3.

Les renseignements que nous possédons sur Antoine Biesselinck sont complétés par un acte des adhéritances de Malines daté du 20 septembre 1582. D’après cette pièce Antoine Biesselinck alias van Doirne, décédé, avait eu de Catherine Hoffs deux enfants, dont un Jean Biesselinck alias van Doirne fut le tuteur ; il eut ensuite d’un mariage avec Marie van der Beken encore deux enfants .

1 Comptes de l’église de Saint-Jean, 1488 et 1489.

2 Idem, 1469.

3 Chambre pupillaire de Malines. — Les registres aux adhéritances de Malines font mention, au 14 mars 1523, d’un Jean Biesselinck, époux de Marguerite Wabbels.

Il résulte de cette note que nous devrons nous occuper encore de maître Antoine dans l’article que nous consacrerons plus loin aux van Doorne ou van Doirne , auxquels il appartient incontestablement.

Le registre d’admission à la bourgeoisie de Malines porte les noms de plusieurs sculpteurs qui vinrent exercer leur art et leurs droits civils en cette ville. Le premier artiste ainsi annoté est Jean Theens , malinois de naissance mais non bourgeois; il était fils de feu Jean et fut admis à la poortery le 8 août 1496 :

“ Jan Theens beelclsnydere filius quondam Jan van Mechelen es pointer . 8 augusti 1496. „

Quelques jours plus tard fut reçu parmi les poorters Barthélémy Beren ou Sberen, natif de Horen en Hollande :

“ Berthelmeeus Beren, beldsnydere, filius quondam Peters, van Horen es pointer. 12 augusti 1496. „

Il pratiquait encore la sculpture à Malines en 1580. En l’année 1500, Albert Sberen, frère de cet artiste , vint également se fixer à Malines :

“ Aelbrecbt Sberen beeldsnydere filius quondam Peters, van Horen in Hollant es pointer. Ejus plegius Pauwels van Hingene, 10 novembris 1500. „

Les registres aux adhéritances nous ont appris que le 19 février 1510 Barthélemy Sberen vivait, à Malines, uni en mariage avec Barbe Spapen.

Les comptes communaux nous fournissent à

leur tour les noms de différents sculpteurs. Nous avons relevé dans ces sources les personnages seuls que nous y surprenons le ciseau en main, et nous avons dû , pour nous imposer une limite sûre, négliger quelques individus dont la profession on les ouvrages ne présentaient pas une connexité suffisante avec l’art, pour pouvoir ranger franchement leurs auteurs parmi les artistes; car, ne l’oublions pas, nous avons ici devant nous des artisans qui sont, dans une certaine mesure, essentiellement artistes et des artistes qui tiennent beaucoup de l’artisan.

Gilles Hood fut rétribué par la ville en 1428- 29 pour avoir sculpté, à l’occasion de VOmmegang, la couronne de Notre-Dame, douze étoiles, un soleil, une lune : toutes pièces que peintura Gauthier van Battel *.

Guillaume Tuback, dont un parent exerça la peinture , exécuta pour la porte Sainte-Catherine à Malines une statue, un lion haut de trois pieds, un guerrier maniant une couleuvrine, ainsi que trois consoles destinées à un autre édifice au béguinage. Ces pièces lui valurent xj sons de gros de Malines, payés dans l’exercice de 1443-44. En 1440-41 le même individu avait façonné pour le perron de la Maison échevinale les piédestaux supportant trois lions de cuivre, pesant 483 livres et coulés par Jean van dee Eycken 1 2.

1 Comptes de Malines.

2 Idem.

Pierre Waelpcjt tailla divers lions de pierre en 1454-55, an prix de xviij sous de gros; il sculpta en 1463-64 une image de Sainte-Catherine, qui fut placée à la porte de ce nom. Gauthier Coolman lui avait fourni la pierre nécessaire à la statue et l’œuvre étant achevée , Jean de Hollandere la polychroma \

Jean Wisschavens, qui est mentionné dans les comptes de 1462-63 et de 1464-65, alors qu’il coopérait à la décoration des chars et des sujets de la cavalcade de VOmmegang, nous semble avoir été plutôt ingénieur et constructeur que sculpteur proprement dit : au premier titre son nom intervient dans l’entreprise d’un grand nombre de constructions faites par la ville 2. Les comptes communaux de 1472-73 consignent un payement fait à la veuve de ce personnage.

Michel de Staefmakere participa également à l’organisation de la procession annuelle de 1464-65; à cette occasion il “ fit une nouvelle étable de Bethléhem. „ La charge d’ordonner le cortège lui incomba encore en 1469-70 : il apporta alors des restaurations, pour lesquelles il employa du bois, au géant 11 le grand Goliath 1 2 3. „ On le voit, ces données sont jusqu’ici insuffisantes pour établir nettement la qualité ou la profession de Michel.

1 Comptes de Malines.

2 Idem. Passim.

3 Idem.

La châsse de Saint-Rombaut, qui accompagnait à chaque sortie la procession communale , eut fréquemment à souffrir de ces transports ; il en résulte que mainte fois des orfèvres furent appelés à y apporter des réparations. Parfois ces travaux se] rapportaient au renouvellement de certaines parties artistiques du reliquaire, aux ornements et aux figurines. Bien des fois, cette besogne délicate fut dévolue à Daniel van Yteghem, orfèvre, graveur, ciseleur et probablement peu étranger à la sculpture en métal, car il répara dans diverses circonstances tantôt la statuette de Notre-Dame, tantôt les lions qui ornaient la fierte 1 .

Maître Daniel était un graveur estimé, puisque la ville lui confia, en 1435-36 et en 1449-50, des travaux délicats , parmi lesquels l’exécution de deux sceaux :

1435-36. “ Item betaelt Daniel van Yetegliem van II tanghen te sniclene tôt de nuwe traperyen behoef en van eenen zeghele te middene opt ghetouwe tôt de selve traperyen behoef...2 3 * „

1449-50. “ Daniel van Yeteghem van Kerstoffelfs Triapains scependoems seghel te stekene. xxj gro. Mech.

Le scel de Christophe Triapain existe par empreintes aux archives communales 5.

1 Comptes de Malines, 1424-25; 1436-37; 1438-39; 1440-41; 1450-51.

2 II s’agit dans cet extrait de deux pinces gravées, au moyen desquelles on estampillait le drap fabriqué à Malines.

3 Pour Daniel van Yteghem, voir De Munck, Gedenchschriften van

den H. Romoldus, pp. 199 et 216.

Un autre orfèvre, Guillaume Trabukier, apporta à son tour en 1451-52 des restaurations à la figurine de Saint-Rombaut, placée sur la même châsse b

Nous trouvons parfois une liaison si intime entre l’orfèvrerie et la sculpture que chaque fois qu’un orfèvre se sera fait connaître comme sculpteur en métal, nous croirons pouvoir et devoir le compter au nombre de nos sculpteurs malinois; à ce titre nous nous occuperons de Thierry van Steynemolen.

Lorsque Frédéric IV donna par lettres patentes, datées de Lintz le 10 janvier 1490, le rang de comté à la seigneurie de Malines (ville et district), il autorisa la cité à placer en cœur dans ses armoiries l’écusson du roi des Romains et à se servir de la devise : In trouwen vast (in fide constans ). Le Magistrat fit incontinent graver les nouvelles armoiries sur deux sceaux d’argent que la ville possède encore. Sur l’un on lit : Sigtllum magnum romitatug ft optbi iJUadilintmeis; sur l’autre : StgtUum romitatus tt opibi xnad)ltnen. ab mtales pcnstones. Deux griffons soutiennent sur chaque scel le nouvel écu, lié d’un ruban. Au revers des cachets un petit dragon en argent artistement exécuté sert de prise ou de pommeau pour la main. Ces sceaux, reproduits par la lithographie dans le Tableau chronologique du Magistrat de Malines par A. van den Eynde, sont gravés avec la plus grande perfec-

1 De Munck, Gedenchschriften, p. 217 et Lxxx.

tion. Voici comment les comptes communaux s’expriment au sujet de l’exécution de ces pièces ;

« Betaelt Seger van Steynemolen voor twee groote silvere zegelen die ky der stad geraaect ende gelevert heeft, den eenen diendende toter stad erffelicheit ende den anderen toter stad lyftochten tsanien wegende boven de oude zegelen die hy van der stad in stucken ontfinck, comt op xv onsen ingelsche, elc onse tegen iiij s. ende vj den. ende dat zyn silvere beter was dan der stad silver, elc onse iij gr0 ende van den faitsoene van beide des voorschreve zegelen te stekene iij pond vj s. „

Jean Ch amble, qualifié tailleur de pierre, vendit deux maisons dans la rue des Porcs à Matines, le 13 juillet 1495 nous ne possédons pas d’autres renseignements sur ce personnage ; nous trouverons plus loin (p. 119) la mention de Thomas Samble ou Cliamble, architecte.

1 Adhéritances .

Les sculpteurs du XVIe siècle.

Sommaire : Alexandre Colyns. — François Mynsheeren et Jean Wisschavens. — Martin Ymbrechts. — Martin van Calster. — Les van Avont. — Les sculpteurs secondaires.

La ville de Malines ne produisit au XVIe siècle qu’un seul statuaire de mérite transcendant ; ce fut Alexandre Colyns; ce fait semble étrange si l’on considère qu’à l’époque à laquelle vivait Colyns l’art pictural malinois était à son apogée , et qu’en même temps la cité donnait l’hospitalité de ses murs à deux sculpteurs éminents, maîtres Conrad Meyt et Guyot de Beaugrant.

L’un et l'autre de ces derniers artistes travaillèrent ici, mais sans nous laisser des œuvres connues ni même des traces de leur séjour. Il paraît cependant presque hors de doute qu’autour de ces deux célèbres personnages se seront groupés des élèves et que quelques uns d’entre eux auront acquis un maniement adroit de la

pointe et du ciseau. Malheureusement, à cet égard nous n’avons aucun renseignement ; nous ne savons pas même si Malines , avec les nombreux sculpteurs qu’elle renfermait alors, formait école. Pour éclaircir ce point, il faudrait surtout des témoignages sensibles, des œuvres ; or, les productions sculpturales malinoises de la première période de la Renaissance nous font défaut. Nous ne constatons d’école chez nous que dans l’architecture flamboyante , qui porte la caractéristique empreinte du crayon des Keldermans; plus tard, au XVIIe siècle , dans la sculpture nous découvrons une légère influence, celle de l’atelier de Luc Fay d’herbe, et au XVIIIe, une autre plus prononcée, celle de Théodore Verhaegen.

Dans nos monuments locaux, les mille détails architectoniques de style ogival tertiaire et les décorations qu’importa la Renaissance , ont été exécutés par les artistes malinois dont nous retrouverons peut-être les noms. Ces produits d’ordre inférieur attestent une imagination féconde et une grande facilité tant dans la composition que dans l’exécution, mais ni dans les édifices de la dernière ère ogivale , ni dans ceux du commencement de la Renaissance, nous ne découvrons cette unité de type et de manière qui pourrait nous mettre sur la trace d’une école. Ici, comme partout d’ailleurs , le sentiment du beau était entravé par une tendance vers le bizarre et la recherche , souvent vers la caricature ou vers la reproduction d’êtres chimériques ; cependant il fallait une main exercée pour obtenir par ces

petits moyens les grands effets d’ensemble que l’on en attendait.

Au XVIe siècle , nous pouvons établir avec plus de facilité déjà que dans les temps précédents, à cause des nombreux documents manuscrits qui nous restent, un fait curieux et qui, à notre avis, a eu une influence décisive sur le développement de l’art; ce fait, c’est la force de l’esprit de famille. Alors , à la différence de ce qui se passe aujourd’hui , on se faisait un devoir d’embrasser et de poursuivre, en la perfectionnant, la carrière de ses aieux ; on ne connaissait pas cette rage ambitieuse qui pousse le monde à renier son passé pour aller à la recherche d’un avenir douteux et qui , vu à travers un voile d’incertitudes trompeuses , paraît plus honorable ou plus lucratif. Dans toutes les familles du moyen-âge on observe une succession d’individus voués au même métier, et recherchant des alliances matrimoniales avec des filles d’une profession identique à celle qu’ils exerçaient eux-mêmes. Cet esprit de caste n’est-il point le grand secret qui engendra tant de chefsd’œuvre et qui fit surgir tant de grands artistes? Ceux-ci, en effet, naissaient d’une race où depuis longtemps était cultivé le métier que l’enfant embrasserait plus tard; l’art, qui avait mûri et qui s’était développé dans une maison , s’identifiait enfin avec elle ; l’enfant prenait ses premières leçons , fatalement pourrait-on dire , au berceau placé à côté du chevalet de son père , et il suçait avec le lait de sa mère le sentiment de la profession , qui animait souvent sa famille depuis plusieurs générations .

Ce que nous disons de l’identification des familles avec leurs corporations est si vrai, que l’on pourrait, après un travail ardu , en donner une preuve matérielle bien convaincante , car il y aurait moyen de dresser une généalogie , en prenant pour base une famille importante et ancienne de peintres ou de sculpteurs, et de ramener à cette soucbe , soit par déductions , soit directement , la plupart des noms que nous rencontrons dans l’histoire de l’art dans notre ville.

Alexandre Colyns.

Au XVIe siècle naquit à Malines l’un des plus grands sculpteurs que la Kenaissance ait produit. Les œuvres de cet artiste sont peu nombreuses , mais elles atteignent à une telle perfection d’exécution , qu’elles rangent leur auteur parmi les sommités artistiques de l’Europe. Ce personnage était Alexandre Colyns, auquel nous sommes redevables du splendide monument funèbre de l’empereur Maximilien à Inspruck. Les bas-reliefs dont le sculpteur malinois entoura le sarcophage impérial, sont “ l’expression la plus élevée en ce genre, „ selon l’opinion de B. Thorndwaldsen , le plus grand génie qui ait surgi dans la sculpture profane après Michel- Ange 1 .

Alexandre Colyns, Colyn ou Colin, statuaire, sculpteur et ciseleur, naquit à Malines en 1527

1 Dr J. Deppel, Handbuch der œstlietiek.

ou en 1529; il serait difficile de préciser l’année de sa naissance, car chacune de ces dates nous est indiquée par une source différente, quoique du même genre et partant de même valeur.

Celle de 1527 est fournie par un portrait que Dom Waechter, d’Augsbourg, connu aussi sous le nom de Dom Cnstos, dédia en 1601 à Colyns, âgé alors de soixante-quatorze ans \ La seconde, celle de 1529, résulte également d’un tableau représentant Alexandre Colyns, âgé, d’après l’inscription, de trente-trois ans en 1562. Cette peinture, qui se trouve dans l’église de Sainte-Croix à Inspruck, est, dit-on, de la main de Colyns lui-même. On y lit : æt. svæ. 33. 1562 1 2. La date exacte de la naissance de Colyns seule est contestable ; quant à l’endroit où il vit la lumière nul doute ne peut exister. Outre les preuves que nous avons de l’existence de sa famille à Malines, l’artiste nous en apporte lui-même le témoignage dans la signa- 4 ture de son chef-d’œuvre, le tombeau de Maximilien, où l’on lit : alexandee colinus, mechlinien-

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