‹ Histoire de la peinture et de la sculpture a MalinesChapitre 9 sur 11 · NOVEMBR · texte numérisé non relu

NOVEMBR

Il décéda dans une maison de la rue Sainte- Catherine. Cette demeure, “ le Saint-Esprit, „ provenant des Fayd’herbe, était sise entre “ le Heaume d’or, „ où avait demeuré le peintre Maur Moreels , et entre l’habitation de feu Antoine Fayd’herbe. Labbé avait acheté dans le voisinage de sa maison, en 1638, une propriété , “ la Rose blanche , „ à côté du “ Cheval volant. „

Rombaut Pauwels dit Pauli.

Rombaut Pauwels, statuaire et architecte, vit le jour à Malines en 1625; il mourut à Gand en 1700.

Il semble que ce personnage se maria deux fois, car le registre aux décès de Saint-Rombaut consigne, au 24 septembre 1643, le trépas d’un enfant né de Rombaut Pauli et de Victoire van Oppenroy, et dans la même paroisse les livres baptistaires marquent deux enfants issus de Rombaut Pauli et d’Agnès Collaert; l’un né le 13 février 1654 et l’autre le 24 juillet 1655.

Le 7 juillet 1636, le jeune Pauwels fut inscrit comme apprenti dans le métier de Saint-Luc, il entra alors en qualité d’élève dans la maison de Rombaut Ver stapp en ; mais avant la fin de l’année il avait changé de maître et s’était mis sous la direction de Jacques Voorspoel. Son éducation étant terminée, il se rendit en Italie dans le but de perfectionner sa main ; à Rome il eut le bon-

heur d’être admis aux leçons de son compatriote François du Quesnoy. C’est probablement à son retour d’Italie que Pauwels fit subir à son nom la transformation qui y donna la tournure italienne de Pauli. Pientré dans la patrie, en compagnie de Jérôme du Quesnoy avec lequel il était fort lié, il se fixa dans sa ville natale et s’y livra à l’exercice de son art, au mépris des règlements de la gilde de Saint-Luc, dont il ne faisait pas partie; cette négligence lui attira des désagréments et des poursuites de la part des jurés de la corporation.

L’on constate par les procès-verbaux du métier que Rombaut Pauli encourut, le 3 novembre 1642, une amende de 4 florins pour avoir travaillé à Malines sans être franc-maître, ce qui constituait une infraction à l’article XXIII des statuts de la jurande. A la suite de ce fait, notre statuaire se mit en règle et il fut agrégé à la compagnie en qualité de maître en 1643.

Recevant peu de commandes et tourmenté par la rude concurrence que lui faisait Luc Fayd’lierbe, Pauwels se décida à aller habiter Gand. C’est là que la plus longue et la plus intéressante partie de sa vie s’écoula, mais nous ignorons l’époque précise à laquelle il se transporta en cette ville , où il fut admis comme franc-maître en 1656; cette date étant donnée, ainsi que celle de la naissance de son enfant à Malines (24 juillet 1655), l’on peut déterminer à peu près le temps vers lequel il changea de résidence Un acte du 18 mai 1680 de la chambre pupillaire de Malines rapporte qu’à ce

jour notre sculpteur et Agnès Collaert, tille de François, demeuraient à Gand. En 1685, il fut revêtu de la dignité décanale de la gilde gantoise; parmi ses élèves, on cite Jean et Henri Matthys, tous deux de Gand; à Matines il avait eu deux apprentis : l’un, Jacques Vleminckx, entra dans son atelier le 2 janvier 1644; l’autre, Antoine van Kercken, y vint le 13 février 1653.

Pauwels, bien plus connu en Flandre qu’à Matines, ne laissa dans sa ville natale que des œuvres peu nombreuses et de ses commencements ; on y voyait jadis dans la façade de l’église du petit Béguinage , un groupe d'anges soutenant un ostensoir ; au cimetière de Saint- Jean , plusieurs stations de la Passion du Sauveur, pièces en pierre tendre, qui furent détruites par les intempéries des saisons. Il exécuta pour l’église paroissiale de Saint-Jean, en 1654, au prix de 3 livres de gros, la tête de saint Jean-Bapiiste, déposée dans un plat. Cette sculpture, en bois, existe encore à l’église.

Enfin, M. Neeffs du Trieu possède dans sa maison, rue de Beffer à Malines, deux groupes en pierre de taille, que Pauwels sculpta pour être placés dans la façade; ces morceaux sont fixés aujourd’hui dans une muraille du côté de la cour1. L’un des groupes représente un enfant versant à boire à un autre enfant; l’autre représente un enfant donnant des raisins à son compagnon. Dans ces deux œuvres les enfants sont

1 Mechelsch bericht, 1787, p. 683.

agenouillés l’un en face de l’autre. Ces sculptures sont évidemment des commencements du sculpteur , dont le talent se développa dans la suite. La hauteur des figures est de près de 0m,60. Ces groupes et la tête de Saint- Jean sont les seules pièces qui existent encore à Malines de R. Pauwels.

La ville de Gand possède les œuvres capitales de Pauli : M. Kervyn de Volkaersbeke, dans son ouvrage Les églises de Gand, fait connaître les divers travaux auxquels le sculpteur malinois se livra dans les édifices religieux de sa ville d’adoption. Dans la chapelle de Saint-Yves, à l’église de Saint-Bavon, se trouve la tombe des deux premiers évêques de Gand , Corneille Jansenius et Guillaume Lindanus; ce monument, élevé en 1595, a été restauré par R. Pauli en 1657 \

Dans cette église la clôture de marbre , fermant la chapelle dédiée aux saints Pierre et Paul , est du même artiste , qui l’exécuta en 1669 *.

Le mausolée de l'évêque Charles Maes par Rombaut Pauli, fut placé en 1666. Voici comment M. Kervyn décrit ce monument : “ Couché sur un sarcophage , le prélat revêtu de ses habits pontificaux , la mitre en tête , et s’appuyant sur la main gauche , goûte les douceurs d’un paisible sommeil , symbole de la sérénité d’âme qu’une

1 Kervyn de Volkaersbeke, Les Églises de Gand, t. I, p. 37.

! Idem, t.. I, p. 78.

conscience pure apporte au juste à son heure dernière. C’est bien là le sentiment que l’artiste a voulu exprimer, et il y a réussi avec un rare bonheur. Tout dans cette belle œuvre est d’une vérité frappante. La pose du vénérable prélat est naturelle, les traits de son noble visage respirent bien le repos, cette tranquillité d’âme dont nous venons de parler. Les draperies sont largement traitées ; en un mot , l’ensemble présente un caractère imposant qui convient parfaitement au sujet. Placé en face du chef-d’œuvre de Jérôme du Quesnoy, ce monument ne perd rien de son effet ; c’est là le plus bel éloge qu’on puisse lui adresser '. „

La description que l’on vient de lire nous épargne le soin d’émettre d’autres appréciations sur ce tombeau et sur le talent de son auteur. Pauli s’y révèle grand modeleur et connaisseur expérimenté du secret si rare de la draperie de l’étoffe.

Les œuvres de notre maître ne se bornent pas à celles que nous avons admirées dans la cathédrale. Dans la chapelle de la Sainte- Vierge , à l’église de Saint-Michel , le rétable de l’autel est décoré d’une magnifique statue de marbre représentant La Mère du Sauveur assise ayant près d'Elle son divin Fils1 2, d'après l’œuvre de Michel- Ange que l’église de Notre-Dame à Bruges possède encore aujourd’hui.

1 Kervyn de Volkaersbeke, t. I, p. 114.

3 Idem, t. II, p. 55.

Nous transcrivons d’après M. Kervyn les renseignements suivants touchant les pièces que Pauli exécuta pour l’église de Notre-Dame à Saint-Pierre1. “ En 1781, dit M. E. de Busscher, le chœur était entouré de quatre-vingt-six stalles en bois de chêne, à l’usage des dignitaires et des religieux de l’abbaye. Ces stalles, très-artistement travaillées, y avaient été placées durant la prélature de l’abbé Engrand et exécutées sous la direction de Rombaut Pauwels , dit Paoli , de Malines . La boiserie des stalles et du grand buffet d’orgue constituait, selon M. Lecat, une œuvre admirable, un ensemble composé de variations infinies, où l’art du sculpteur et du menuisier avait rassemblé tout ce qu’il y a de beau dans ce genre ; où le ciseau de l’artiste et le rabot de Partisan avaient rivalisé de précision de contours et de netteté d’exécution. Bordures , cadres , ornements , bas-reliefs , groupes et statues , tout y était de main de maître. Parmi les nombreuses figurines et statues, qui toutes se distinguaient par la pensée et l’expression, aussi bien que par le dessin, la disposition et le jet des draperies, on signalait particulièrement les statues de Saint- Pierre et de Saint-Paul, placées à l’entrée du sanctuaire , et celles des quatre évangélistes , qui décoraient les sièges du prélat et du prieur 2.

1 Tome II, p. 227.

2 Baebt, Ph. Mémoire sur les sculpteurs et architectes des Pays- Bas, publié par le Bon de Reiffenberg , cite ces figuies parmi les morceaux capitaux de Pauwels. Voir Compte-rendu des séances de la Commission royale d'histoire, 1848, p. 74.

„ Ces stalles avaient été faites à l'instar de celles de l’ancien oratoire , confectionnées et sculptées en 1409 par Jean Bulteel , maîtresculpteur de Bossuyt, dans la châtellenie de Courtrai. Également ornées de statuettes de saints , de figurines , de feuillages et d’animaux symboliques, les stalles de Bulteel furent brisées et brûlées par les Calvinistes en 1578.

„ Au milieu du choeur se voyait un lutrin en bois , œuvre du même Pauwels , et non moins remarquable sous le rapport de l’invention que les sculptures des stalles. Assis sur trois dauphins entrelacés, un ange portait sur la tête un globe sur lequel était posé un aigle aux ailes déployées , et soutenant de la serre droite l’écu d’armes de la puissante abbaye. Les ailes servaient de pupitre , et une guirlande de fleurs et de feuillage parfaitement imitée, qu’il tenait du bec , descendait jusqu’au pied du lutrin. „

Ph. Baert recommande également deux autres œuvres de Pauli, une Vierge Marie en marbre dans la chapelle de l’évêché , et un groupe de la sainte Vierge accompagnée de l'enfant Jésus , provenant des Jésuites à Gand.

Aux renseignements qui précèdent M. Pinchart ajoute que Piombaut Pauwels fut chargé en 1653 de l’exécution du maître-autel de la confrérie de la Sainte-Croix, établie dans l’église de Saint- Michel à Gand 1 .

Avant de s’établir à Gand, Pauli était déjà en

1 A. Pinchart, Archives des lettres, des arts, etc., t. Il, p. 305.

relation avec cette ville. Ceci résulte d’une poursuite que l’artiste intenta à Rombaut Verhaghen, messager de Malines, au mois d’août 1653. Pauwels avait fait remettre, par l’entremise de Verhaghen , au baron de Rhodes à Gand un projet de sculpture dessiné sur papier gris. Cette étude, qui lui avait coûté trois semaines de travail , ne parvint point à sa destination. Il prouva que le jour de Pâques closes la servante de son beaupère avait remis les plans susdits au messager, et que son apprenti Jean van dek, Steen, âgé de dix-neuf ans , s’était également rendu chez le messager pour demander des nouvelles du paquet qui lui avait été confié. Ces pièces étant perdues, le sculpteur réclamait quarante florins de dommages.

Jacques Voorspoel.

Ce statuaire naquit à Malines du mariage de JeanVoorspoel et de Catherine Verhulst; il épousa à Saint-Rombaut le 12 septembre 1636 Anne Scheppers , née en cette paroisse le 16 octobre 1607 du mariage du peintre Jean et de Jeanne van Conincxloo. Les témoins de la cérémonie nuptiale de notre sculpteur furent son frère Pierre Voorspoel et Jean van Recht, tous deux peintres. Le 22 septembre 1636 il devint membre du serment de l’arc à Malines, mais il quitta cette milice en 1648.

L'éducation artistique de Yoorspoel commença en 1610; le 9 mai de cette année il partit pour Ga.nd, où il entra dans la maison de Jean de la Port; à son départ il emporta un mouchoir en cadeau pour la femme de son maître; quelque temps après, encore en 1610, sa famille envoya à Jean de la Port une somme de 24 florins en solde de six mois de nourriture pour son jeune apprenti et d’achat d’instruments de sculpture. Le 28 juillet 1616, Yoorspoel, revenu à Malines, y fut reçu dans l'atelier de Martin van Calstere Ses années d’apprentissage étant révolues, il fut inscrit comme maître de la gilde malinoise de Saint-Luc, association dont il devint doyen en 1643 et en 1645.

Il mourut à Malines le 27 août 1663; l’obituaire de Saint-Rombaut mentionne son décès en ces termes :

“27 augusti Jacobus Yoorspoel aent kercliof. »

La maison, sa propriété, qu’il habitait était située dans la rue de Sainte-Catherine et portait l’enseigne : de Gulden Wereld 1 2 . La ville de Malines lui avait accordé, par disposition prise en chambre de Police, le 10 septembre 1640, une exemption annuelle “ in faveure van consle „ de six tonnes de bière forte, de six tonnes de petite bière et de tout logement militaire 3.

Notre concitoyen avait aussi pendant quelque

1 Chambre pupillaire, 1617. État.

5 Livres des sections. Archives de Malines.

3 Roodboeck, vol. I, p. 275. Archives de Malines.

temps étudié pour se perfectionner dans l’art, sous la direction de Jérôme du Quesnoy, à Gand; après la mort de ce maître, il travailla à Bruxelles, où il acquit la franche-maîtrise en 1654; en 1660 il était encore en plein renom dans cette dernière ville.

Il exécuta pour l’église de Sainte-Gudule à Bruxelles, aux frais du comte d’Ysembourg, l’autel en marbre noir et blanc de Notre-Dame de la Délivrance ; il est également l’auteur du monument funèbre, en marbre noir et blanc, du comte d’Ysembourg, dans le même temple. Cette tombe, ornée de figures et des seize quartiers, porte l’image du gentilhomme défunt, grandeur nature. Elle est reproduite au burin dans le Théâtre sacré de Brabant, t. I, p. 205.

Le monument, en forme de portique, porte audessus du frontispice le blason d’Ysembourg, soutenu par deux génies; aux deux extrémités de la corniche se tiennent deux chérubins ayant l’un l’écusson du défunt, l’autre celui d’Arenberg. Dans la baie du portique, sur un sarcophage couvert d’une draperie amplement jetée, est couché, dans l’attitude du sommeil, le comte d’Ysembourg en costume de guerre, mais revêtu d’un manteau qui retombe derrière lui. L’un de ses bras soutient la tête, appuyé sur deux coussins superposés, l’autre main retient le bâton du commandement. Au-dessus de cette image un petit ange soulève, dans son vol, une draperie. Enfin des deux côtés du sarcophage sont assis des personnages en costume romain et rappelant singulièrement la pose des figures du tombeau des Médicis.

La ville de Malines ne possède que deux œuvres connues de ce statuaire , encore sont-elles de ses premières années et par là bien inférieures en exécution aux pièces qu’il plaça à Bruxelles. Ce sont les statues, en pierre blanche, de Saint-Pierre et de Saint-Paul qui se trouvent devant le chœur dans l’église de Saint- Jean. Ces morceaux , de grandes proportions, sont d’un faire médiocre et fort raides; les socles qui les supportent sont d’une composition difficile et maniérée. Elles ont été placées en 1636, au prix de 425 florins les deux.

Anne Scheppers mourut dans sa ville natale le 19 octobre 1683; elle avait passé un testament devant le notaire Jean Coop, et elle le ratifia devant l’échevinage de Malines le 19 septembre 1646.

Les comptes de l’église métropolitaine de Malines mentionnent un paiement de xij sous fait en 1639 à Jacques Voorspoel, qui avait remis à neuf la main et une partie des pieds au Christ placé près de la porte dite Trouw-deur .

Bombant Verliulst.

R. Verliulst couronna dignement par ses chefsd'œuvre la vie des héros auxquels la république batave consacra des tombeaux. Cet éminent artiste est inconnu dans sa patrie, où il n’a laissé aucune production, celles-ci sont toutes en Hoh

lande et consistent en majeure partie en monuments funèbres.

Verhulst avait un talent accompli, il modelait avec grâce et facilité ; aussi profond physiologiste qu’anatomiste, il rendait admirablement l’expression des visages et les formes des mains Dans l’ordonnance de ses mausolées on peut lui reprocher le manque de variété, car il obéissait à un type presque stéréotypé, dans lequel il faisait entrer des éléments semblables et qu’il disposait ordinairement de la même manière : un bas-relief, des trophées d’attributs et des génies. Subissant l’influence de son temps, il partagea le goût des ornementations surabondantes et massives, dont la Hollande du XVIIe siècle était si amateur; mais ajoutons à sa louange qu’il rendait ces décorations architectoniques de main de maître.

Rombaut Verhulst vint au monde à Malines; il y reçut le baptême dans l’église métropolitaine le 15 janvier 1624 :

“ 1624. 15 january. Rumoldus Verhulst filius legitimus Christiani-Philippi et Catharinæ de Hondt. »

Bien que son père ne fut pas artiste de profession, il appartenait néanmoins à une famille dont plusieurs membres avaient cultivé la peinture; par sa mère, Rombaut tenait également au monde des arts h

Dès l’enfance, Rombaut Verhulst sentit sa vocation; il entra le 1 août 1633 en qualité d’ap-

1 Les peintres malinois, p. 329 et suiv.; 438 et suiv.

prenti dans l’atelier du sculpteur Rombaut Yerstappen, payant à cette occasion une rétribution de 6 florins à la corporation de Saint-Luc. Après avoir pendant quelque temps suivi les leçons de son premier maître, il continua à étudier sous la direction de François van Loo. D’après les notes de Smeyers, Verliulst se transporta ensuite à Anvers et plus tard en Hollande ; mais nous ferons observer que le liggere anversois ne fait pas mention de notre artiste. Kramm assure, d’après Terwesten, qu’il visita l’Italie, où il eut l'occasion de profiter des enseignements d’un grand artiste et d’étudier la statuaire antique.

C’est vers les premières années de la seconde moitié du XVIIe siècle que R. Verliulst se fixa en Hollande. Il ne cessa d’y résider et il mourut, dit-on, à La Haye en 1696. Il fut différentes fois doyen de l’association des artistes de cette ville ; il fut appelé d’abord à ces fonctions le 24 octobre 1668, et il en était revêtu de nouveau le 9 novembre 1694.

Van der Helst peignit les traits du sculpteur malinois ; ce tableau figura au catalogue de S . van Hulst, n° 43, édité à La Haye en 1737.

Kramm, Innnerseel, van den Einde et van der 'Villegen, Bogaerts, Piron, Baert et d’autres biographes ont parlé de Verliulst, mais d’une manière défectueuse; la notice la plus complète est celle qui a paru dans la revue Vlaamsche school, 1863 b Xous n’essayerons pas de combattre l’opi-

1 Page 197. Article par M. Neeffs du Trieu (Seffen).

nion de P. Terwesten, qui prétendait que Rombaut Verhulst naquit à Bréda en 1630. Cette assertion est toute gratuite et tombe d’ellemême.

Kramm nous apprend qu’outre les grandes productions de Verhulst que nous allons citer, l’artiste s’occupait parfois aussi de fouiller l’ivoire, comme le prouve le catalogue des objets rares de P. Loquet, Amsterdam, 1783, où figure un groupe d’ivoire dû au maître malinois et réprésentant Hercule assomant le brigand Cacus.

Voici les monuments funèbres que Rombaut Verhulst exécuta en Hollande.

A Delft dans la vieille église (onde kerk ), le mausolée de l’amiral Tromp. Ce tombeau a été exécuté par Verhulst d’après les plans de l’architecte Jacques van Campen. Tromp y est représenté couché sur un sarcophage orné d’un basrelief représentant un combat naval ; il est vêtu de son costume de guerre ; la tête repose sur un canon et le corps est étendu sur un gouvernail ; le casque se trouve à côté du défunt. Derrière l’amiral, sept génies entourés d’emblèmes guerriers sont taillés en haut-relief; les uns soutiennent des écussons, les autres sonnent du clairon. Au-dessus de ce groupe se déroule l’épitaphe. L’édicule est couronné parles armoiries de Tromp; aux deux côtés de celles-ci surgissent deux tritons soufflant dans une conque. Des trophées d’armes et d’armures sont appliqués aux pilastres encadrant le haut-relief et l’inscription.

Ce monument paraît en gravure dans Bizot :

Supplément à l'histoire métallique de Hollande , 1690. La planche est gravée par W. Swidde.

Par décision du 21 juin 1666, les Etats de Zélande confièrent à Rombaut Y erhulst l’exécution de la dernière demeure des amiraux Corneille et Jean Evertsen. En 1809 ces deux monuments avaient été endommagés; mais en 1816, le roi Guillaume I les ayant fait restaurer par le sculpteur van Huije, les fit transporter de l’ancienne église de Middelbourg dans l’église de Saint- Pierre en cette ville. Ils ont été reproduits par le burin de Bindorp.

En 1669, le sculpteur malinois acheva le tombeau , épitaphe ornée , de Tliibout , placé dans l’église de Haagtekerk, près Middelbourg.

Dans la vieille église à Amsterdam existe du même maître le cénotaphe d’Isaac Swerius. Le portrait en oval du défunt est surmonté d’une tête d'ange réunissant les deux écus de Nassau et des Etats. Des décorations formées de pièces se rapportant à la marine et à la guerre entourent l’image du vice-amiral. L’inscription funéraire placée plus bas est environnée de drapeaux, de cordages, d'armes qui s’échappent du cadre du portrait. De part et d’autre de l’épitaplie se dresse un géuie; enfin, sous l’inscription est placé le blason de Sweers ; il surmonte un bas-relief représentant un combat naval, qu’encadrent des feuilles de chêne et des torches. Deux génies, enlacés dans la partie inférieure du monument, cachent à demi une tête de mort.

Cette tombe, ainsi que la suivante, sont gravées

dans le Supplément à V histoire métallique de Hollande, où la seconde est du burin de J. Mulder; la première est anonyme.

La nouvelle église d’Amsterdam renferme le tombeau, long de 30 pieds, de Michel de Ruyter. Ce monument est tout entier de Verhulst, qui en fournit les plans aussi bien que l’exécution en 1681.

Muni du bâton de commandement, l’amiral est étendu sur un sarcophage. Des deux côtés du héros se lèvent deux tritons soufflant dans leur conque. Derrière la statue on voit un bas-relief, simulant une bataille navale, couvert d’une couronne maintenue par des génies en pleurs ; quatre autres génies présentent les blasons des Provinces- Unies et ceux de Hollande. Plus haut se trouve une Kenommée. Enfin, les armoiries du guerrier, entourées des emblèmes de son métier et de drapeaux, dominent l’édifice. L’inscription funéraire est appliquée sur la face du sarcophage. De part et d’autre du monument est placée une statue de marbre, la Prudence et le Courage. Cette œuvre de Y erhulst a été diverses fois lithographiée , notamment par Frans Buffa et fils, d’Amsterdam.

En 1661 fut érigé par notre compatriote, dans l’église de Saint-Pancrace à Leyde, le monument funèbre de l’héroïque gouverneur van de Werff. Cette œuvre est gravée par Philippe et Jemaer1. Ce cénotaphe assez simple porte en médaillon le portrait du défunt.

Bescliryving der stad Leyden, door Fr. Mieris.

Dans l’église de Saint-Pierre en cette ville, le tombeau de Jean van Kerkhoven, seigneur d'Heenvliet , époux de lady Catherine Stanhope, comtesse de Chesterfield ; et la tombe des Meerman. La ville de Leyden renferme encore du maître malinois diverses œuvres : le Lion du Bourg; les décorations de la maison appelée Boterhuis , et celles du poids de la ville {Wang) exécutées en 1661 au prix de 3827 florins. Audessus de la porte d’entrée du lazaret, situé près de la ville, Yerhulst plaça en 1661-1664 un basrelief, figurant une scène des ravages qu’exerce la peste 1 . Enfin les ornementations de la Zylpoort, formées d’emblèmes guerriers, et les lions de cette porte sont encore de K. Yerhulst. Dans l’église principale d’Utrecht se trouve le tombeau du lieutenant-amiral Guillaume- Joseph van Ghendt. Le défunt est représenté armé et étendu sur un sarcophage , orné d’un bas-relief avec bataille navale. Derrière la statue on lit l’épitaphe, encadrée d’attributs militaires, casques, armes, boucliers, etc. Au sommet du monument se dresse une pyramide entourée de bannières, devant lesquelles sont debouts deux génies, et à côté d’eux sont placées les armoiries des Provinces-unies et celles de Nassau. On trouve la reproduction de ce mausolé dans Bizot.

Les biographes van der "Willigen et van den Einde nous apprennent que Yerhulst entreprit pour l’église de Mildwolde (Groningue), le 8 oc-

1 Bescliryving der stad Leyden, door Fe. Miekis.

tobre 1664, le monument funèbre en marbre noir et blanc du seigneur et de la dame de Nienoort. Ce tombeau , haut de 15 pieds et large de 12 pieds, porte les effigies des époux défunts, grandeur naturel. Au-dessus des statues se détache l’écusson de leur maison entouré de 32 quartiers. Les sept enfants des époux sont également reproduits dans cette œuvre, que Verhulst s’était engagé à faire au prix de 7,500 florins. Quatre de ces enfants portent l’épitaphe; un autre , placé au sommet de l’édicule, figure la Renommée ; le sixième est posé du côté gauche ayant un petit miroir à la main ; le septième a disparu, il se trouvait, sans doute, du côté droit, où l’on remarque aujourd’hui la statue d’un personnage armé, qui est le second mari de la conjointe ; cette dernière figure n’est point de notre compatriote. Le monument porte la date de 1669.

Le tombeau d’Adrien Clant, en son vivant député à la conférence de Munster , que renferme l’église de Stedum (Groningue) est attribué àRombaut Verhulst. Clant, appuyé sur un sarcophage de marbre rouge, est couché sur un matelas, le corps enveloppé d’une draperie, savamment jetée. Sa tête repose sur un coussin. Au-dessus du mort se déroule l’inscription encadrée d’ornements. Le blason de sa famille est soutenu par deux griffons au sommet du monument; aux côtés latéraux sont appendus les seize quartiers. Ce travail fut achevé vers 1672.

Enfin l’église de Katwyck possède également un monument funèbre dû à R. Yerliulst.

Dans le musée de sculpture à La Haye sont conservés de cet artiste les bustes suivants, tous datés de 1683 : Frédéric- Henri-, Guillaume II et Marie Stuart , princesse d’ Angleterre , sa femme ; Guillaume III.

A la famille du statuaire R. Verhulst appartiennent également les artistes qui suivent :

Jacques Verhulst naquit à Malines où il signa le manifeste de la jurande de Saint-Luc en 1619. Il était marié avec Cornélie van Bonn, qui acheta avec lui, le 1er février 1635, une maison den bonten Os, au marché au Poisson. Les adhéritances de Malines le qualifient “ kleystekker . „

Pjerre Verhulst , fils de Jacques et de Cornélie Cooman, fut baptisé à Saint-Rombaut le 2 janvier 1727. Ayant embrassé l’état de tanneur que professait son père, il fut admis comme maître dans ce métier le 21 juin 1751. Il épousa Catherine van Rymenam , dont il eut Pierre- Antoine, peintre 1 . S’étant dégoûté de l’industrie qu’il exerçait, le tanneur se livra à la sculpture. En 1760, il exécuta une statue de la Sainte-Vierge avec le divin Enfant en bois, qui se trouve encore placée à Malines rue de la Plaine, près de la Dyle 2 3. Cette image est médiocre. Il apporta quelques restaurations à la figure du Père éternel , qui décore la façade de l’église du Béguinage. Il répara en 1775, au prix de 18 florins 6 sous, la statue de

1 Les peintres malinois, p. 464.

5 Saemenspraeke over Mechelen, p. 135.

3 Van Melckebeke, Le scliermersgilde, 1873.

Saint-Lambert, qui ornait l’extérieur du local où les escrimeurs de Malines tenaient leurs réunions \ La ville lui commanda en 1756-57 le modèle en cire de deux blasons , l’un du cardinalarchevêque, l’autre de la cité, pour être coulés sur la nouvelle cloche de Saint-Rombaut. Cette besogne lui valut douze florins. En 1765-66, il toucha encore 20 florins pour avoir fourni les écussons de la ville et de l’archevêque pour une autre cloche, également destinée à l’église métropolitaine.

Xicolas van der Veken

Peu d’artistes parvinrent à donner autant de grâce et autant de naïveté à leurs œuvres que Nicolas van der Veken. La plupart de ses productions sont en bois; elles respirent toutes une facilité et une simplicité inimitable. Le genre que notre sculpteur traitait avec le plus de succès était les sujets angéliques, aussi toutes les églises de Malines renferment des génies et des séraphins dûs à sa main; toutefois il ne se borna point à cette spécialité et il mit au jour des images de saints, dont l’expression ne le cède en rien à ces figures d’anges. Il réussissait même parfaitement dans l’exécution des statues rappelant les plus cruels mystères de la religion : nous citerons

1 Smeyers, de Maeyere, de Bruyne et Joffroy, et les rédacteurs du Mechelsche berigt (1783, p. 141; 1785, p. 91 ; 1786, p. 659), ont donné des renseignements biographiques sur ce personnage.

comme preuve l’excellente statue du Sauveur souffrant, Ecce Homo, que l’on vénère dans l’église métropolitaine. Cette dernière œuvre a un type religieux que l’on n’est pas habitué à rencontrer dans les productions du XVIIe siècle.

Nicolas van der Veken ou van der Vekene reçut l’onde baptismale dans l’église de Saint-Rombaut le 20 octobre 1637. il naquit du mariage de Henri et d’Anne Claes. Son père, Henri van der Veken, était probablement le sculpteur que mentionnent les comptes communaux de Malines en 1614-15, et qui dans le courant de ces années apporta des restaurations au navire faisant partie annuellement du cortège de X Ommegang .

Dès sa jeunesse la plus tendre Nicolas, obéissant aux inspirations artistiques qu’il ressentait, entrale 20 novembre 1647 dans l’atelier de Maximilien Labbé; d’ici il passa aux mains de Luc Fayd’herbe, chez lequel il travailla en compagnie de van Delen , de J. F. Boeckxstuyns et de F. Langhemans. Tout en s’appliquant spécialement à la sculpture, il voulut aussi apprendre la peinture et à cet effet il suivit pendant quelque temps les leçons de Nicolas Smeyers; il profita de cet enseignement, car il revêtit de couleurs avec un rare talent plusieurs statues qu’il exécuta dans la suite. Le 1er février 1662, il acquit le privilège de la franche-maîtrise , versant à cette occasion une rétribution de xl florins.

Van der Veken était, d’après E. J. Smeyers, un homme droit, plein de bon sens, d’un esprit original et fort religieux. Il ne se maria jamais et

faisait partie de la sodalité chez les Pères Jésuites. Il habitait dans la rue de la chapelle, quartier du Ham. C’est là qu’il mourut en 1704. On le trouva, un matin, mort dans son appartement. Il était assis sur une chaise, enveloppé d’un manteau et ayant une chaufferette sous les pieds. Ses contemporains supposèrent qu’il mourut asphyxié par le brasier.

Notre sculpteur fut à diverses reprises chargé de la direction du métier de Saint-Luc ; nous le trouvons exerçant les fonctions décanales de cette association en 1680, 1683, 1690, 1692. Il signa encore en 1702 le manifeste que sa corporation adressa à l’autorité communale de Malines.

Il avait également fait partie du serment des escrimeurs de sa ville natale.

Nicolas van der Veken forma différents élèves, parmi lesquels plusieurs, porteurs du même nom patronymique que lui, appartenaient vraisemblablement à sa famille. Gilles van- der Yeken travailla sous la direction de Nicolas ; il se livrait à la sculpture et à la peinture et il devint francmaître dans le courant de l’année 1680’; Corneille van der Yeken fut admis aux leçons de Nicolas le 15 mars 1671; un autre Corneille van der Veken vint profiter de la même direction à partir du 18 septembre 1687. Certain François de Leenher fut aussi l’élève de notre artiste.

Du nom de van der Veken nous rencontrons encore deux sculpteurs contemporains de Nicolas;

Les peintres malinois, p. 481.

l’un, nommé Jean van dee Veken, acquit la maîtrise en 1670; l’autre, Feançois yan dee Veken, était, clit-on, le demi-frère de Nicolas; on lui attribue une part dans l’exécution des figures décoratives du maître-autel, érigé dans l’église de Notre-Dame au-delà de la Dyle en 1690.

Les œuvres de Nicolas van der Veken sont trop nombreuses pour que nous les étudiions toutes en détail ; nous nous bornerons à citer ses morceaux principaux et ceux que possède encore sa ville natale. Aux appréciations générales que nous avons émises au commencement de cette notice, nous ajouterons que cet artiste trop peu connu avait autant de facilité pour le jet des draperies et pour l’exécution des ornementations fleuries et feuillées, que pour la reproduction des figures humaines. Rarement il s’est essayé dans la statuaire proprement dite; croyant, sans doute, que le genre grandiose et sévère ne convenait pas à son ciseau sentimental et délicat , il n’a jamais voulu ternir ainsi la gracieuse mémoire qui lui a survécu dans ses œuvres. Il ne fouilla qu’exceptionnellement la pierre ou le marbre , car on ne cite d’autres pièces de lui en cette matière que les décorations de la façade du local de la corporation des merciers , qui était établi aux Bails de fer de Malines.

Quiconque a vu quelques productions de Nie. van der Veken saisira bientôt son caractère ; toutes les images sorties de ses mains portent un cachet irréfutable.

Les principaux morceaux de sculpture que

créa le talent de Nie. van der Veken pour la ville de Malines sont 1 :

A l’église métropolitaine de Saint-Rombaut, les décorations de l’autel du saint Sacrement dans la chapelle paroissiale. L’image du Sauveur, Ecce homo. Bois, hauteur lm,40. Cette statue , placée sur l’autel de la chapelle du saint Nom, se distingue par les meilleures qualités d’expression ; elle a été exécutée en 1688 ; lorsque van der Veken l’eut achevée, il se chargea lui-même de la revêtir de couleur. L’artiste reproduisit le même sujet pour le couvent des Apostollines de Malines ; cette dernière statue, possédée encore par les religieuses, n’est pas moins remarquable que la précédente : le cardinal de Franckenberg la trouvait si expressive , qu’il disait que cette image lui inspirait plus de dévotion que n’importe quel livre de méditation. Le tabernacle, placé à l’intérieur du maître-autel à Saint-Rombaut; deux charmants bas-reliefs, représentant l’un la Dernière cène , l’antre la Récolte de la manne dans le désert , décorent ce meuble. On peut les citer comme des modèles de délicatesse et de composition.

Les deux anges qui soutenaient le tableau de Notre-Dame de la Concorde, à Saint-Rombaut , mais qui ont disparu aujourd’hui, étaient du même auteur.

1 Pour le détail et la description des œuvres de Van der Veken, qui existent encore à Malines, nous renvoyons à notre Inventaire historique des tableaux et des sculptures de Malines.

Église cle Saint- Jean. — Le confessional, achevé en 1703 , qui se trouve placé actuellement dans le transept septentrional. On y remarque deux bonnes figures en bois de chêne, celle de Saint- Roch et celle de Saint-Augustin, et les bustes des Saints Charles-Borromée et François de Sales.

En 1680 l’artiste exécuta le groupe représentant la Sainte-Trinité et l’image de Notre-Dame de Bon secours.

Le confessional placé dans le transept méridional, exécuté en 1692 au prix de 297 florins. Il est orné des figures en pied du bon Pasteur et de Saint- Jean-Baptiste , et des bustes de Saint- Nicolas et de Sainte-Barbe.

Le dais sous lequel on expose le groupe de la Sainte-Trinité.

Deux chérubins que l’on place en temps de fête sur l’autel.

Église de Sainte- Catherine. — Le confessional en chêne dans la chapelle de Saint-Antoine de Padoue; les deux confessionaux du transept et celui de la chapelle du Saint-Sacrement. Le premier et le dernier de ces quatre meubles sont décorés de figures en pied; les deux autres sont revêtus de cariatides.

Les têtes et les mains du groupe de la Sainte- Famille; ces images étant recouvertes d’habits, les parties cachées ne sont pas sculptées.

Une jolie statuette en bois de Saint- Joseph ayant l’Enfant Jésus sur les bras.

Jadis cette église renfermait deux bancs d’œuvre de notre sculpteur.

Église des Saints-Pierre et Paul. — Les sept confessionnaux et les boiseries lambrissant les petites nefs de l’église , ont été partiellement décorés par van der Veken de figures emblématiques en pied , de feuillages et d’enroulements artistement combinés entre eux. Les deux premiers confessionnaux de chaque côté dans le haut de l’église sont entièrement de sa main.

Couvent des Sœurs noires. — Une statuette en bois de V Enfant Jésus.

Couvent des Âjpostollines . — Statuette en bois de Saint-Antoine de Padoue ayant l'Enfant divin sur les bras. H. 0m,282. Cette œuvre a été admirée à l’exposition des objets d’art religieux , ouverte à Malines en 1864 (v. Catalogue n° 122).

Il exécuta le Pélican, qui se trouve sur le maître-autel de l’église de Notre-Dame au-delà de la Dyle : cette pièce lui fut payée 30 florins le 25 décembre 1689.

Les biographes de N. van der Veken citent comme une de ses œuvres capitales une image de Saint-Hubert , haute de seize pouces , que l’artiste exécuta en bois de poirier pour l’église de Lombeeck Notre-Dame.

V an der V eken travailla presque exclusivement pour les églises et les couvents ; son nom n’apparaît qu’une seule fois dans les comptes de la ville et encore pour un travail de restauration sans importance, apporté à l’image du Sauveur placée sur le pont de la Fontaine h Bon nombre de ses

1 Comptes de Malines, 1685-86.

œuvres sont perdues ; nous savons cependant que les suivantes ont existé à Malines :

Ancienne église des Saints-Pierre et Paul. — Statue de Saint- Roch, enluminée par son auteur.

Église des Jésuites. — Le Reliquaire de Saint- François-Xavier .

Carmes chaussés. — • Statues de Saint-Joseph et de Sainte-Madeleine de Paz zi.

Ursulines. — Un trône soutenu par des anges, sous lequel on exposait le saint Sacrement.

Alexiens. — A l’infirmerie, il y avait un petit autel dont les figures décoratives étaient de van der Yeken.

Le musée communal de Malines renferme une fort gracieuse statuette en bois, haute de 0m,47, représentant Saint-Ives, patron des procureurs. Cette œuvre , notée dans le Catalogue (n° 61) parmi les productions de maîtres inconnus, est de Nicolas van der Veken. Les peintures polychromes qui la couvrent y ont été appliquées par lui-même.

^Laurent van der Uleulen.

Une notice assez étendue sur les œuvres de ce sculpteur a paru dans le Messager des Sciences en 1836; un autre article a trouvé place dans Y Album biographique , publié en 1850 par J. A. Chabannes, tome IL Nous ne reprendrons point la description très-complète de certaines produc-

tions du ciseau de van der Meulen qu’a donnée le premier des deux ouvrages cités, mais nous nous étendrons davantage sur la biographie même de l’artiste.

Laurent van der Meulen vit le jour à Malines en 1645; son père, Pierre, natif d’Erondeghem (Alost), avait épousé une malinoise , Elisabeth Schuermans ; ses grands parents étaient Amand van der Meulen et Catherine Blondel, tous deux habitants d’Erondeghem.

Laurent se décida assez tard à commencer l’étude de la sculpture, car il entra dans la maison du sculpteur Pierre van der Stock le 10 novembre 1665, et il devint maître dans son art à Malines en 1689.

Le 26 août 1691, il épousa dans la chapelle des Oratoriens Cornélie Thérèse de Croes, qui mourut dans la paroisse métropolitaine le 28 janvier 1702. Celle-ci avait une sœur Jeanne-Marie de Croes, qui avait épousé Jean-Luc Fayd’herbe, sculpteur et fils de Luc Fayd’herbe.

De son mariage naquit, le 19 septembre 1693, une fille unique, laquelle épousa Barthélemi Gyseleers-Thys.

Laurent van der Meulen décéda dans sa ville natale le 26 octobre 1719, dans la rue du Brui. Ses obsèques furent célébrées à Saint-Rombaut.

Avant d’avoir acquis la franchise de Saint- Luc à Malines, et lorsqu’il était encore célibataire, le jeune Laurent se rendit en Angleterre, où il étonna les amateurs par la finesse d’exécution de ses premiers essais. Voici comment, dans une

note de sa main, il consigne les détails de ce voyage :

Myne reyse van Brabant op Engelant.

Den 17 agusti wt Mechelen, den 18 van Antwerpen , den 20 geareveert tôt Middelburch, den selven dach op Ylisselge , daer 8 dagen gliewaclit naer den wint, van daer op Sluys ende van daer op Blanckenbergh , van daer op Ostende, daer wederom dry dagen gewacht naer den wint, dan vertrocken op Niewpoorte, daer eenen dagh ghewacht, dan met den paekket op Doeveren, den selven dagli op Cantelberghe , van daer op Rocliister, van daer op Grantante, dan met een boot by waeter op Londen. 1675.

Laueys van der Meulen h

Laurent van der Meulen n’avait aucune relation de parenté avec le peintre de batailles Antoine van der Meulen. Il n’eut qu’un seul enfant. Il n’eut également qu’un seul frère, Arnaud van der Meulen, baptisé à Hanswyck le 15 mars 1636 et décédé avant 1686; mais il eut quatre soeurs, à savoir : Marie, Madeleine, Anne et Catherine.

Il semble que notre sculpteur se livrait quelque peu à la peinture , car on lui attribue le portrait de sa fille, tableau qui passa dans la famille Gyseleers-Thys. Le cadre qui entourait cette effigie était également de sa main.

Laurent van der Meulen travailla énormément, mais il s’appliqua surtout à la sculpture décorative et particulièrement à celle des cadres. Dans

1 Extrait d’un manuscrit ayant appartenu à M. van Hulthem,

ce genre il réalisa des merveilles de finesse et de patience. Ordinairement la disposition de ces œuvres se composait de trophées compliqués , profondément fouillés et superposés, de feuillages, de fleurs, d’oiseaux, de crustacées et parfois accompagnés de génies. Toutefois l’exécution de ces figures humaines n’atteignait point à la perfection de ses natures mortes.

L’église métropolitaine de Saint-Rombaut renfermait autrefois un encadrement , très-détaillé, entourant un cantique au Saint-Sacrement, écrit à la plume par J. Elinckx. Cette pièce, sculptée par notre artiste , excita pendant longtemps l’admiration des visiteurs qui entraient dans la chapelle du Vénérable. Elle a disparu depuis près d’un siècle sans que l’on sache ce qu’elle est devenue.

Les décorations feuillées appliquées aux pilastres du maître-autel de l’église de Notre-Dame au-delà de la Dyle, à Malines, sont également de van der Meulen. Ce personnage partagea 804 florins avec les sculpteurs Langhemans et Boeckstuyns , qui avaient concouru avec lui à l’ornementation de ce monument, élevé d’après l’ordonnance du Bruxellois Pastorana \ Je possède la quittance originale se rapportant à la partie qui avait été confiée à maître Laurent : le 15 mars 1690 il toucha 60 florins en paiement de ses sculptures.

A la vente d’objets d’art délaissés par le con-

1 Comptes de l’église de Notre-Dame, 1692-94.

seiller-pensionnaire de Malines Gyseleers.-Th.ys, petit-fils de van der Meulen, furent exposées le 11 juillet 1775 les morceaux suivants dûs au ciseau de vau der Meulen. Je copie textuellement le catalogue imprimé à Malines chez J. F. van der Elst :

1. Vier stukken beteekenende de vier elementen, uijtgebeeld in verscheijde daer op relative gediertens seer konstiglijk gesneden door Van der Meulen. Hoog 3-2. — Breed 2-1.

2. Verscheijde verciercels voor eene schouwe, door den selven.

3. Eenen spiegel, waervan de lijst seer konstiglijk gesneden, door den zelven.

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