C. OR N ELIS VERSPRONCK
Portrait d'homme.
nature même du talent de ces trois grands artistes. Frans H.\Ls représente avant tout un tempérament ; Van der Helst, la science bien douée et le goût ; seul, Rkm-
BRANDT portait en lui la puissance contagieuse du génie.
Avant d'aborder la seconde classe de la peinture hollandaise, celle qui comprend les tableaux de chevalet, représentant les Intérieurs, les Conversations, les SociétJs et le'i Scènes paysannes; il nous faut encore mentionner quelques artistes de second plan, qui, par leur talent, se sont acquis dans « Thistoire et le portrait » une certaine renommée. Tels sont: Jacob Gerritsz Cuvp,
CORNELIS VeRSPRONCK , JaN RoODTSEUS , HOECKGEEST,
^CoRNELis Janson VAN Ceulen, Mvtens, Lievensz, Pieter DE Grebber, Nicolas de Helt Stokade, les De Bray
et CORNELIS POELENBURG.
Jacob Gerritsz Cuvp, né en iSjS, contemporain par conséquent de RAVESTEVNet de Mierevelt, mériterait assurément d'être rangé parmi les précurseurs, si sa facture un peu sèche et son talent modéré ne Pavaient empêché d'exercer une influence, même restreinte, sur sa postérité directe. Il appartient à ce groupe de portraitistes secondaires dont le destin est de demeurer oubliés ; et s'il a été tiré de l'obscurité, c'est surtout par le reflet posthume qu'AALBERT CuYP a su donner à son nom.
CoRNELisVERSPRONCK,avec plus de talent, d'ampleur et de style, mérite de prendre place parmi les bons peintres de portraits; malheureusement nous ignorons sa vie, et c'est à peine si nous pouvons mettre une date à côté de son nom.
Avec RooDTSEUs nous sommes un peu plus heureux; nous savons qu'il était de Hoorn, ou il na^juit vers iGi i. Il fut, en outre, condisciple de Rembrandt chez Pikticr I.astman. Ses traits nous sont connus par son auto-
portrait et sa ville natale s'enorgueillit de ses vastes tableaux corporatifs.
Quant àJoACHiM Hopxk;gep:st dont on connaît deux superbes portraits au musée municipal de La Haye, il entra dans la corporation des peintres de cette ville en 1610, en fut nommé chef homme en 1623, et doyen en 1626.
CoRNELis Janson VAN Ceulen, compositcur plein de goût, coloriste agréable, quoique ses carnations soient maladives et déteintes, nous est mieux connu et ses œuvres sont moins rares. Né en 1390, il passa en 16 18 en Angleterre, où il fut très apprécié. Il y demeura, nous dit Walpole, jusqu'en 1648, époque à laquelle il revint en Hollande, où jusqu'en i665, année de sa mort, il continua de peindre le portrait avec un certain succès.
Daniel Mytens, né à La Haye vers la même époque que Janson van Ceulen, fut également appelé à la cour d'Angleterre. Pendant quelques années, il occupa le poste de peintre ordinaire du roi, avec appointements de 20 £ par an. Il revint ensuite en Hollande. On ne sait que peu de chose sur la seconde partie de sa vie. Sa peinture est fine, soignée, et son coloris argentin donne un certain charme à ses portraits.
Jan Lievensz appartient, lui aussi, à la bande des peintres hollandais qui visitèrent l'Angleterre. Né à Leyde en 1607, il partit pour Londres en i63o, puis revint s'établir à La Haye, où il mourut, dit-on, insolvable. Quoiqu'il ait étudié chez Lastman, et quoiqu'il ait été le camarade de Rembrandt, avec lequel il conserva des liens d'amitié, il contracta pour Van Dyck, pendant son passage à Anvers, une vive admiration dont on retrouve des traces dans ses portraits.
ii8 HISTOIRE DE LA PEINTURE HOLLANDAISE,
PlETER DE GrEBBER et SaLOMON DE KoNING (1609-
1674I, d'humeur moins vagabonde, demeurèrent tous les deux fidèles à leur pays. L'un et Tautre subirent Tinfluence de Rembrandt. Grebber en outre, forma un élève qui acquit un certain renom, Pieter vax der Faes (1618-1680I, plus connu sous le nom du Chevalier Lely, lequel passa le meilleur de sa vie en Angleterre.
Les De Bray sont au nombre de trois : Salomon (i 58"- 1664], le père, peintre de mérite et architecte de renom, et ses deux fils : Jacob, mort de la peste la même année que son père (1664), et qui fut un portraitiste de talent, et Ian, mort à Haarlem en 1697, qui peignit dans le goût de RuBENs et de van Thulden et qui tient bien sa " place dans le musée de sa ville natale.
Enfin, après avoir dit un mot de Nicolas de Helt Stokade (16 14- 1669), né à Nimègue, artiste d\in talent honnête et consciencieux, qui, après avoir visité Tltalie et la France, revint à Amsterdam, où le «Magistrat» le chargea d'exécuter cette immense peinture : Joseph et ses frères en Egypte^ peinture qu'on peut voir encore aujourd'hui au palais du roi, nous terminerons cette longue liste par Cornelis Poelenburg (i586-i66o).
Bien plus paysagiste que peintre d'histoire, Poelenburg appartient cependant à notre première division par ses études, car il fut disciple de Bloemaert ; par ses fréquentations, car il se lia à Rome avec Elzheimer et s'appliqua à lui ressembler, enfin parle soin qu'il prit de peupler ses gracieux paysages de femmes nues, demidéesses, baigneuses ou bergères antiques, qui donnent à ses ouvrages une certaine allure classique confinant à la peinture d'histoire.