FI G. 7^.. A ALBERT CUV P
Le Départ pour U promenade. (.Musée du Louvre.)
Maritie qi\ on voit au Louvre. On connaît encore de lui des effets de lune (galerie Six) et des portra'is. Mais il semble, dans ces derniers sujets, conserver beaucoup trop de sa robustesse, nous dirons même de sa rusticité première. Ses personnages sont lourds, épais, trapus et sa couleur, abondante et solidement empâtée, se prête mal à rendre de frais visages ou des étoffes délicates. Smith a relevé trois cent trente-cinq tableaux de lui, et cependant ses œu\res sont peu abondantes sur le conti-
lient. On en trouve à La Haye, à Munich, à Anvers, à Berlin, mais partout en petit nombre. Cette pe'nurie relative s'explique par ce fait que Cuvp fut très' longtemps me'connu dans son pays, et que c'est l'Angleterre qui tout d'abord lui a rendu justice. Né à Dordrechten i6o5, mort dans cette même ville en 1691, Aalbert Cuyp est demeuré inconnu des biographes, et les deux seules particularités qu'on ait relevées sur son compte, c'est qu'il fut élève de son père Jacob Gerrits Cuyp, dont nous avons déjà parlé , et ensuite qu'il fut non-seulement peintre, mais encore brasseur.
En parlant d'AALBERT Cuyp et delà façon dont il distribuait la lumière, nous avons nommé Claude Lorrain. C'est aussi de ce maitre que procède Jax Both, non plus indirectement, par une sorte d'intuition, mais directement, par l'initiation immédiate, car Both connut à Rome le grand Claude et s'inspira de ses exemples. Né en 1610 à Utrecht, fils d'un peintre sur vitraux qui lui donna les premières notions du dessin, Jan Both entra de bonne heure chez Abraham Bloemaart, alors dans tout l'éclat de sa célébrité, et eut bientôt pour camarade son jeune frère Axdries, tout aussi épris que lui de la peinture. Quand ils furent en âge de voyager, nos deux artistes se mirent en route. Ils traversèrent la France, gagnèrent l'Italie et commencèrent leur œuvre commune. Rien n'est plus touchant que leur collaboration assidue et constante. L'aîné peignait les paysages, les hautes montagnes ou les rochers abrupts, s'étendant en amphithéâtre, avec un chemin montueux bordé de vieux arbres, une cascade tumultueuse ou un lac tranquille au premier plan. Le plus jeune animait
ces grandes et majestueuses solitudes. Il y introduisait des bergers et leurs troupeaux, ou encore des muletiers avec leurs équipages primitifs et leurs animaux chargés de pompons rouges et de bruyants grelots. L'habitude