‹ Histoire de la peinture hollandaiseChapitre 37 sur 47 · PEINTRES D'ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

PEINTRES D'ARCHITECTURE

que plus tard qu'il s'adonna aux « vues de villes ». Dans ce dernier genre d'ouvrages, il mit au service d'une grande correction, un coloris puissant, une pâte solide et une main habile quoique un peu minutieuse. Enfin de ses petits personnages, qu'il dessinait fort agréablement, il anima non seulement ses propres compositions, mais encore les tableaux d'un certain nombrede ses confrères. Le Louvre possède une Porte de ville de Jacob van der Ulft et une Place publique oîi se prépare un triomphe. Au Stathuis d'Amsterdam on voit sa plus fameuse production : le Nouvel hôtel de ville de cette puissante cité. Le musée du Trippenhuis possède en outre un Port de mer en Italie et une Vue de ville italienne, attestant que si Van der Ulft ne quitta pas sa patrie, du moins il sacrifia à la manie italianisante de ses contemporains.

Pour compléter cet aperçu des peintres d'architecture, nous mentionnerons maintenant ceux d'entre les artistes hollandais qui consacrèrent leur talent à représenter des intérieurs d'églises et de palais ; tels sont : Pieter Saenredam, Dirk van Deelen, Emmanuel deWitte, Henri van DER Vliet,G. Hoekgeest, Isaac et Jan van Nickelen. Pieter Saenredam, né à la fin du xvi'^ siècle (1597) à Assenfeld et mort à Haarlem en 1666, fut élève de Frans DE Grebber. C'est lui qui marque la transition entre les premiers peintres d'architecture, disciples médiats ou immédiats de Vredeman de Vries, tels que Steenwyck et Pieter Neefs et ceux qui appartiennent à la peinture hollandaise en possession de sa maturité. Déjà, dans Saenredam, ces grandes qualités de l'Ecole se manifestent aussi complètes qu'on peut les désirer; son dessin est pur, hardi, sa facture est large, sa couleur transparente et lumi-

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neuse. On rencontre rarement ses ouvrages dans les musées d' Europe ; mais Y Eglise gothique et la Grande église de Haarlenij^now voit au musée d'Amsterdam, sut'tisent à faire juger de son talent.

Nous avons déjà parlé de Du<K VAN Deelen à propos des Pal.\medes; nous n'ajouterons que peu de mots à ce que nous avons dit plus haut. Né à Heusden ou à Alkmaar, on ne sait point au juste, aux environs de Tannée i6o5, Van Deelen alla s^établir en Zélande, après avoir passé par Delft, où il collabora avec Anthoni Palamedes, devint bourgmestre d'Arnemuiden, et mourut peu après i668. Les colonnades, les intérieurs d'églises, de palais, auxquels il consacra son pinceau sont admirablement construits au point de vue de la perspective, et peints avec une science irréprochable; mais la netteté des contours et une précision trop grande dans les parties soumises au clair-obscur nuisent à Tagrément de Tensemble, et communiquent parfois à ses tableaux un peu de sécheresse.

Emmanuel de Witte, lui, est certainement originaire d'Alkmaar. On dit qu'il vit le jour entre j6o5 et 1610, mais il est plutôt croyable qu'il naquit aux environs de 1620. On sait qu'il vint s'établira Delft, ou il se fit recevoir dans la gilde de Saint-Luc, en 1642. Il semble avoir étudié dans cette ville sous Evert van Aelst. Il s'y rencontra peut-être avec son compatriote van Deelen et y connut bien certainement Pieter Steen- WYCK, le Jeune, qui fut reçu dans la gilde de Saint-Luc, la même année que lui. Dans le genre un peu restreint qu'il adopta, de Witte s'éleva à une hauteur que personne avant lui n'avait atteinte. Plusieurs fois il pei-

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gnit la grande église de Delft avec le tombeau du Taci-

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