‹ Histoire de la peinture hollandaiseChapitre 39 sur 47 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

N lien étroit rattache les peintres de marine aux peintres de paysage, et en Hollande, où la y terre et Teau sont si intimement mélangés, on peut dire qu'ils appartiennent à la même famille. Il n'est guère de paysagistes, en effet, il n'est guère même de peintres de genre, appartenant à TEcole hollandaise, qui n'aient empiété sur le domaine des marinistes. Van GoYEN, Simon de Vlieger, Aalbert Cuyp , Salomon et Jacob van Ruysdael, pour ne citer que les plus illustres, se sont plu bien souvent à représenter des fleuves, des ports, et même la mer, tantôt calme, tantôt houleuse, parfois chargée de vaisseaux et de barques, parfois aussi déserte et silencieuse. La classe des peintres de marine hollandais serait donc la plus nombreuse, si l'on voulait y grouper tous ceux qui, de près ou de loin, se sont faits les interprètes de Télément dangereux et menaçant auquel la Hollande dut sa grandeur. Elle se trouvera, par contre, singulièrement réduite, si, dépouillée de ces nomades, de ces irréguliers qui lui ont consacré leur talent d'une façon purement accidentelle, nous la limi-

tons à ceux-là seuls qui ont fait de la peinture de marine leur unique spécialité.

Le premier nom qui s'offre dès qu'on parle de marinistes, c'est celui des Van de Velde. Les Van de Velde forment, dans Part hollandais, une véritable dynastie. Au sommet prend place Esaias van de Velde, dont nous avons raconté le rôle considérable dans l'Ecole. On donne pour fils à Esaias, Willem van de Velde, le Vieux, sans que le lien de parenté soit démontré toutefois d^une façon bien authentique, et l'on cherche à rattacher à cette souche, par des liens plus problématiques encore, Jan VAN de Velde, le peintre de natures mortes de Haarlem. Qu'y a-t-il de vrai dans ce groupement de maîtres, de talents fort divers, et qui n'ont peut-être de commun que la profession et le nom? Il serait difficile de le dire au juste, et faire la lumière sur ces commencements est une tâche réservée aux biographes de l'avenir. Pour la suite elle est faite depuis longtemps. Nous savons, en effet, que Willem van de Velde, le Vieux, naquit à Leyde en 16 10. Tout d'abord ses parents (ce qui serait assez extraordinaire s'il eût eu Esaias pour père) le destinèrent à la marine. Il s'engagea, s'embarqua, navigua et acquit en naviguant cette merveilleuse connaissance de la construction, du gréement et de l'aménagement des navires qu'on remarque dans chacun de ses dessins. Bientôt la façon magistrale dont il représentait à la plume les vaisseaux de tout bord et de tout tonnage, l'élégance de son crayon, jointe à sa prodigieuse exactitude, attirèrent l'attention de la Compagnie des Indes et de l'Amirauté d'Amsterdam, qui lui donnèrent pour mission de retracer l'image fidèle de tous les bâtiments qui sortaient de

•j^8 iHISTOlRE DE LA PEINTURE HOLLANDAISE.

leurs chantiers. Puis, la renommée de son talent s^étant répandue, quelques-uns de ses dessins étant passés en Angleterre et ayant frappé raitention des connaisseurs.

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