‹ Histoire de la peinture hollandaiseChapitre 40 sur 47 · WILLEM VAN DE VELDE · texte numérisé non relu

WILLEM VAN DE VELDE

Près de la côte (Musée d'Amsterdam.)

il fut mandé à Londres pour y remplir un emploi analogue. Cest dans cette ville qu'il mourut en i6g3, fort riche, comblé de biens par Charles II et Jacques II, qui avaient été ses fervents protecteurs.

Willem van de Velde, le Vieux, eut deux fils : Willem le Jeune, qui naquit en i633, à Amsterdam, et Adriaen, né en i636, dont nous avons déjà parlé.

Adriaex montra dés son jeune âge beaucoup de goût pour la peinture, mais surtout pour le paysage. Son père le plaça chez Wynantsz, et Ton sait quel artiste il devint. Dans la suite, il peignit quelques marines, notamment des vues de Scheveningue. Toutefois ce ne sont là que des ouvrages accidentels ; ses pre'occupations étaient ailleurs. Avec Willem, l'aîné, il en fut tout autrement. Son père lui apprit lui-même à dessiner, lui révéla dès le principe tout ce qu'il savait de Tanatomie des navires, et le jeune enfant se prit d'une telle passion pour ces superbes constructions et pour la mer qui les portait, qu'il leur consacra toute son existence d'artiste. Quand le père partit pour Londres, il confia son fils à Simon de Vlieger ; il ne pouvait le mettre en de meilleures mains. Bientôt la nature aidant, le jeune Willem devint, lui aussi, un peintre accompli. Avec une ardeur toute patriotique, il consacra son pinceau à reproduire les fastes maritimes de sa patrie. On peut voir encore aujourd'hui au musée d'Amsterdam le Combat de quatre jours ou la prise du Royal Prince, et la Capture amenée au port ^ glorieux faits de mer qui excitèrent, en 1666, un indescriptible enthousiasme dans les Provinces-Unies. On peut y voir aussi le Port d'Amsterdam, gigantesque chef-d'œuvre de plus de trois mètres, où sont célébrées avec une incomparable éloquence la grandeur et la puissance de la capitale hollandaise. Mais ce beau patriotisme ne tint pas devant un titre officiel augmenté d'une pension royale. En 1677, Willem passa en Angleterre et consacra désormais son pinceau aux victoires que les Anglais remportèrent sur ses compatriotes. Le titre de peintre du roi qui lui

avait été accordé par Charles II, ainsi que sa pension, lui furent conservés par ses successeurs, et notre peintre mourut en 1707 à Greenwicli, où il avait sa résidence.

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