‹ Histoire de la peinture hollandaiseChapitre 8 sur 47 · FIG, Ç. ABRAHAM BLOEMAERT · texte numérisé non relu

FIG, Ç. ABRAHAM BLOEMAERT

Le Festin des Dieux. (Musée de La Haye.)

le génie le plus merveilleux de Técole hollandaise. Sans le bonheur insigne qu'il eut d'être le maître de Rem-

brandt, son Repos pendant la fuite en Egypte, du musée de Berlin, son Ulysse et Nausicaa de Brunswick, ses peintures d'Augsbourg et de Rotterdam, malgré Pampleur et la redondance qu'elles doivent à l'enseignement de GoRNELis VAN Haarlem (dout Lastman fut Ic fidèle disciple) n'auraient point suffi, en effet, à illustrer son nom.

Nous en aurions tini avec ces peintres qui marquent la période transitoire de ParthoUandais, si nous n'avions encore un mot à dire de trois artistes de mérite qui se rattachent à ce groupe italianisant. Nous voulons parler des frères Dirck et Wouter Crabeth de Gouda, et de Gérard Honthorst.

Dirck et Wouter Crabeth (i56o-i62o?) furent les premiers peintres de vitraux de leur temps, et grâce à eux les magnifiques verrières de l'église de Gouda peuvent compter parmi les plus belles pages de cet art très savant, libre, généreux, mais quelque peu emphatique, qui marque en Hollande la fin du xvi^ siècle et le commencement du siècle suivant.

Quant à Gérard Honthorst (i 592-1662), le dernier de ces maîtres vagabonds qui vont chercher au delà des monts leur inspiration et leurs modèles, ce n'est plus Raphaël et Michel- Ange qui l'inspirent; le Caravage est son maître préféré. Ses brusques contrastes d'ombres opaques et de lumière éclatante, ses effets lumineux empruntés aux lueurs d'une torche ou d'un flambeau, le naturalisme de ses ouvrages le firent grandement rechercher en Italie, où ce genre était à la mode. Il eut au delà des Alpes pour ardent protecteur le marquis Giustiniani, et ce fut sans doute pour plair.e à son Mécène qu'il changea son nom contre celui plus poétique

de Gherardo délia noite. Mais, malgré ces nobles suffrages, il ne paraît pas que «Gérard de la nuit» ait beaucoup réussi dans sa propre patrie et, si Ton y rencontre encore quelques-uns de ses tableaux, par contre on ne s'aperçoit pas qu'il y ait fait des élèves.

Fie, 10. GERARD HONTHORST.

L'enfant prodigue (Dus:eUorf).

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