‹ Histoire de la PerseChapitre 22 sur 32 · REGNE DE NARSES · texte numérisé non relu

REGNE DE NARSES

Son frère, Narsès, lui succéda en l'année 294. Il ne fut pas heureux contre les Romains. Galère Maximien, alors César, fut d'abord repoussé, et Narsès reprit les provinces de la Mésopotamie, môme de l'Arménie. Mais en l'année 302 il fut inopinément attaqué par Galère Maximien , qui battit les Persans , enleva les bagages, les trésors, les femmes et les filles de Narsès : celui-ci racheta la paix par la cession de cinq provinces sur le Tigre et de la JMésopotamie entière; la reine sa femme lui fut rendue, mais sa sœur et ses femmes du harem furent emmenées à Rome pour orner le triomphe du vainqueur. Narsès, blessé dans le dernier combat, mourut l'année suivante, 303 de J.-C.

Les chroniques persanes rapportent (jue Narsi (Narsès) était passionné pour la chasse, que pour cela il fu t surnommé A'flA//r///r- Klian, le roi qui fait la guerre aux bêtes sauvages : c'est peut-être à ce goût de ce prince que se rapporte un des bas-reliefs de Naskhi-Roustan représentant une grande chasse aux sangliers et à d'autres animaux sauvages.

Les mêmes chroniques disent aussi que le fils de Narsi, qui lui succéda sous le nom d'Ilormisdas II, annonça d'abord des inclinations perverses, et que son extérieur sévère éloignait de lui

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l'affection de ses sujets : mais le roi se rendit plus agréable, plus humain , et régna paisiblement pendant sept années.

Il s'était marié avec la fille du roi de Kaboul. La jeune femme éloigna d'elle son mari, avec une persévérance que rien ne put surmonter. Le roi consulta le vizir sur le châtiment que méritait celui qui refusait d'obéir aux ordres du roi : « la mort », répondit le fils du vizir, au nom de son père absent ; et la jeune reine perdit la vie par l'ordre exprès du roi. Peu de temps après, se repentant de sa résolution, ce roi fit interroger de nouveau le vizir sur le châtiment que méritait celui qui avait causé la perte d'un innocent; «/rt mortr> , répondit le vizir; et son fils fut attaché à une potence. Les chroniqueurs et les soi-disant historiens orientaux racontent tous ces crimes sans y ajouter une seule réflexion qui en montre l'énormité et qui excite la juste réprobation du ciel et de la terre contre de telles horreurs : l'instinct de la servitude est antipathique à celui de la justice et de la vertu; il est persévérant comme le vice, résolu comme le crime, rien ne peut attiédir son ardeur; l'égoïsme sait même le transformer en utile industrie.

Hormisdas II laissa un fils posthume qui fut proclamé roi avant que d'être né. Les mages avaient été appelés pour déclarer si la reine portait un fds; sur leur réponse affirmative, la tiare royale fut déposée sur le sein de la reine veuve, et les grands accomplirent envers le roi à naître toutes les cérémonies d'inauguration que prescrivait l'étiquette royale. Ce fils naquit et régna sous le nom de Schapour II , dès l'année 310 de l'ère chrétienne.

Les relations orientales racontent de son enfiince des choses extraordinaires. Dès l'âge de cinq ans, il jugea utile de faire jeter un nouveau pont sur le Tigre, afin de prévenir rencombrcment qui résultait du concours simultané des serviteurs du palais et des autres habitants de la ville. Le jeune prince monta à cheval dès l'âge de sept ans ; à huit ans il régla les formes du gouvernement et de l'exercice du pouvoir souverain; à seize ans, à la tête d'un corps d'élite, il chassa de ses États les Arabes qui avaient prolité de son enfance pour les envahir et les ravager. Il se rendit maître des rives du Tigre et de l'Iùiplualc; il at(a((ua eusuile l'Arabie

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sur SCS côtes maritimes, s'en empara, et fit un si grand nombre de prisonniers, que pour les emmener, il lit percer leurs épaules où l'on passait une corde qui attachait les captifs l'un à l'autre. Scliapour II continua la guerre de ses prédécesseurs contre l'empire romain. Vu IVère du prince, nommé Hormisdas, et dont on ne dit pas l'origine, se réfugia auprès du roi d'Arménie, (pii l'envoya à l'empereur Constantin (en 323). Schapour le laissa liiire dans sa fuite, lui envoya même sa femme. Hormisdas se fixa à la cour de Constantinople, embrassa le christianisme, et seconda, pendant quarante années, les Romains dans leurs guerres contre la Perse. Scliapour exerça de cruelles représailles contre les chrétiens de ses États (l'an 32lG). Constantin étant mort, Schapour réclama auprès de Constance les provinces situées entre l'Euphrate et le Tigre, que l'empereur Galère Maximien avait enlevées malgré la résistance de Narsès. Ps 'ayant pas été favorablement écouté, Schapour mit le siège devant Nisibe, et après onze ans de guerre avec des résultats souvent contraires, il défit enfui Constance à la célèbre bataille de Singara, dans la Mésopotamie, au mois d'août de l'an 348* ; mais il y perdit son fils; le jeune prince, fait prisonnier, fut massacré par les Romains, furieux de leur défaite. Après neuf années d'interruption, cette guerre fut reprise et Nisibe de nouveau assiégée, mais avec aussi peu de succès que dans le siège précédent. Schapour fut plus heureux devant quelques villes de la Mésopotamie. Après Constance, Julien soutint avec ardeur la cause romaine contre Schapour, mais le nouvel empereur fut blessé à mort en l'armée 3G3. Son successeur, Jovien, accorda au roi de Perse une paix avantageuse, et lui abandonna les cinq provinces au delà du Tigre. Plus tard, en l'année 370, Schapour, battu par l'empereur Yalens, demanda une trêve; il mourut en 380, après un règne de soixante-dix ans.

Les écrivains chrétiens l'accusent de barbarie et d'orgueil. Les écrivains persans ont conservé de la vie de ce roi quchpies anecdotes curieuses. Afin de connaître lui-même renucini qu il se

• L'Arl de vérifier les dates.

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proposait de eombatire, il alla, déguisé en marchand, à Contantinople même et pénétra jusque dans le palais impérial, où il fut reconnu, son portrait se trouvant, comme ornement, sur une foule de vases du service de la table de l'empereur. L'autocrate fit prendre le roi persan , le fit coudre dans le cuir d'un bonif qu'on venait d'écorcher, et enfermer dans un château fort. Au moment de partir pour attaquer la Perse, l'empereur fit couvrir son prisonnier d'une housse de cheval, et le força de suivre à pied sa cavalerie. Au siège de Djondischapour, le captif parvint à s'échapper, ses gardes" s'étant endormis; quelqueà Persans avertis ramollirent avec de l'huile chaude le cuir du banif et Schapour put ainsi s'en débarrasser. A celte époc^ue, les affaires de la Perse s'améliorèrent; l'empereur romain fut fait prisonnier, et généreusement renvoyé par son vainqueur : d'autres disent au contraire que le vainqueur lui fit raccourcir les pieds, fendre les narines et lui mit une bride au cou. On ajoute que les Romains envoyèrent ensuite en présent à Schapour des meubles, des armes, des bijoux et des esclaves turcs; et que dans l'espace d'une seule année, ce roi bâtit la ville de Madaïn où il fixa sa résidence, et qui devint celle de tous les grands seigneurs du royaume. Il existe aussi sur le rocher de Bi-Sutoum une inscription sassanide placée au-dessous d'un bas-relief représentant la figure d'un roi de Perse à cheval ; et cette inscription dit : « Celui dont voici la figure est l'adorateur c( d'Ormuzd, l'excellent Sapor, roi des rois d'Iran et d'Aniran (le « Touran), germe céleste de la race des dieux, fils de l'adora- <[ teur d'Ormuzd , de l'excellent Ormuzd (Hormidas) , roi des rois « d'Iran et d'Aniran, germe céleste de la race des dieux, pelit- « fils de l'excellent Narsès, roi des rois *. »

La religion de Zoroastre avait été consei^vée comme religion nationale des Persans.

Schapour II ayant laissé la couronne à son fils encore enfant, un de ses proches parents, Artaxercès, gouverna pendant quatre années sans prendre le titre de roi. Il remit l'autorité dans les mains

' Silveslre de Sacy, Anlhiuilùs de la Perse.

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de son neveu dès qu'il eut atteint ITige de majorité; celui-ci régna dès l'année 384 sous le nom de Schapour III. Il fut modéré, bientiiisant, et conserva la paix pendant toute la durée de son règne qui fut de cinq années et quatre mois. Ou dit qu'il périt victime de son goût pour la simplicité. Préférant la tente au palais, il s'endormit, et un ouragan ayant renversé la tente, une pièce de bois tomba sur sa tête et il expira.

Un de ses frères régna onze années sous le nom de Vararane IV, il fut surnommé Kirmanclia , ayant, pendant le règne de son père, gouverné le Kirman. Une pierre gravée de la collection de Stocli, nous a conservé la figure de ce prince. Une autre inscription sassanide, en tout conforme à celle de son père Sapor II citée cidessus, et placée aussi auprès de la figure équestre de Vararane IV, existe également sur le rocher de Bi-Sutoum.

Les règnes suivants furent occupés par Isdégerde I", de 309 à 420, Vararane V jusqu'en 440, Isdégerde II jusqu'en 457, Phirouz jusqu'en 488, ceux de Balascès, Kobad ou Caradès jusiju'en o3 1 , ne furent remarquables que par la continuation de la guerre contre les Romains et des persécutions contre les chrétiens.

Isdégerde l" conclut avec l'empereur Arcadius un traité de paix pendant cent ans, mais elle fut rompue dès le règne suivant, et bientôt après renouvelée, les deux armées ennemies s'étant enfuies aussitôt qu'elles furent en présence l'une de l'autre. Pliirouz s'emiiara indûment du trône, secondé par les IIuus blancs ou Hongrois, au préjudice de son frère; il se battit ensuite contre eux, et leur paya un tribut dont il se délivra peu de temps après. Les satrapes remplacèrent le lils aîné de Pliirouz par son second fils Kobad ; ils renversèrent cette idole et en choisirent une autre; mais la première recouvra sa liberté et son fils Kosrou lui succéda eu l'année .')31.

Parles souvenirs de ces règnes successifs, conservés dans les écrivains orientaux, on apprend que Isdégerde fut surnommé Vïnjusle, ayant dépouillé les gens de loi, maltraité les soldats et le peuple; ses paroles étaient j)lciues de sagesse, ses actions les démentaient; il fut tué en voulant maîtriser un cheval indouq)té:

les Persans rendirent grâces aux dieux de la mort de oe roi furibond. Kosrou s'était emparé de la couronne; Vararane V, secondé par les Arabes, la réclama : on la plaça entre deux lions affamés, la déférant à celui des deux compétiteurs qui s'en saisirait. Vararane brava les deux redoutables carnassiers et prit la couronne. Les Persans le surnommèrent Gour, âne sauvage. Mirkond fait l'éloge de sa modération et de la sagesse de son gouvernement. Les musiciens étant rares dans la Perse, Vararane en fit venir douze mille de l'Inde, avec un grand nombre de danseurs. Il repoussa une attaque des Chinois, et coupa lui-même la tête à leur roi. D'après d'autres relations, ces Chinois étaient des Turcs venus de la rive droite de l'Oxus. Vararane délivra l'Inde d'un éléphant furieux qui la ravageait. Pour cette action, le roi des Indes lui donna sa fille en mariage. Ce célèbre aventurier persan mourut, on ne sait comment, dans un puits ou dans un marais.

Phirouz, parvenu au trône, fit ôter la vie à son frère Hormuzd, qui l'avait un instant occupé par la volonté de leur père; les trois principaux ministres éprouvèrent le même sort. Mais Phirouz périt dans un combat contre les Huns.

Kobad s'empara du trône, secondé par le roi du Turkestan ; il s'était marié, en passant à Nischabour, lorsqu'il se rendait auprès de ce monarque. En revenant vers la Perse, il s'arrêta chez le père de sa femme, laquelle avait mis au monde un bel enfant qu'on nomma Nouschirvan. Durant le règne de Kobad, le prophète Mazdac annonça une nouvelle doctrine dans l'Iran; elle autorisait l'union des parents à tous les degrés, et défendait l'usage de la chair des animaux. Dès lors, les plus odieux mélanges s'introduisirent, disent les historiens, dans les plus riches familles, et le prophète, couvert d'une mauvaise robe de laine, demanda la reine même pour épouse. Les grands, ennemis de la nouvelle secte, déposèrent Kobad; la reine le tira de sa prison j)ar un heureux stratagème; les Iluns ou les Hongrois accordèrent des secours au roi fugitif; il reprit la couronne, et laissa eu paix, à la fois, le prophète, ses partisans et ses antagonistes. Vers la fin de son règne, le roi fut heureux dans ses combats contre les

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Romains, et ils finirent en même temps (juc sa vie, qui avait duré quarante-trois ans. Nouschirvan fut le plus distingué des nombreux enfants de Kobad ; le roi le désigna pour lui succéder.

Les relations occidentales et celles de l'iiislorien persan Mirkond sont d'accord sur l'époque où commença le règne de Nouschirvan, troisième fils de Kobad, qui prit le nom du Kosrou, et que nous connaissons sous celui de Chosroès le Grand. Il prit la couronne d'après le testament de son père, en l'année 531 , ayant été préféré à ses deux frères, ses aînés. Il s'affermit sagement sur le trône en traitant de la paix avec l'empereur Justinien : les prisonniers furent rendus de part et d'autre, et l'empereur s'engagea à payer aux Persans mille livres d'or.

Chosroès s'était d'ailleurs montré peu empressé de la couronne; les doctrines du nouveau prophète Mazdac avaient mis un grand désordre dans le royaume : la royauté était sans force et sans considération ; les sources de la prospérité publique étaient taries; l'autorité se trouvait dans des mains viles et mercenaires; le gouvernement, selon les lois et la justice, était impossible sans de sanglantes luttes : tel était le jugement que Chosroès portait luimême sur l'état de la Perse. Cette vérité frappa les grands et ils promirent leur concours pour le rétablissement de l'ordre : Chosroès dit, en prenant la couronne : « Mon autorité ne s'é- « tend que sur les corps et non sur les cœurs; Dieu qui connaît « les pensées, peut seul juger les intentions; ma vigilance ne « doit avoir pour objet que vos actions, et non vos consciences. « Je réparerai par la justice tous les maux qui désolent la Perse; f( alors le souvenir de mon règne méritera d'être transmis à la « postérité*. »

Le roi donna à Mazdac, source première de ces désordres, de sévères avertissements; ils furent infructueux. L'im de ses partisans, d'après les préceptes de la secte, s'empara d'une fennne mariée dont il voulait faire la sienne; le prophète bravait l'aulo-

* L. Dii Houx, 1(1 Perse, pag. 325.

rite royale : le roi le fit mettre à mort, fit poursuivre dans toute la Perse ses nombreux partisans; il y en eut une grande quantité de pendus; on les nommait les Zendics.

En l'année 540, Chosroès envahit la Syrie; les historiens persans assurent que ce fut comme représailles contre les Romains, qui étaient entrés dans la province de Djéhzireh, et avaient enlevé des chevaux, des cliameaux et un butin considérable. La Syrie fut maltraitée \mr les Persans. Justinien acheta la \m\ moyennant mille livres d'argent payées de suite, et un tribut amuiel de cinq cents livres.

Pendant les trente-quatre années que dura encore le règne de Chosroès, les guerres et les traités de paix se succédèrent et furent souvent renouvelés entre les Romains et les Persans. Les écrivains grecs racontent de grandes victoires sur le roi de Perse ; mais dans les traités qui s'ensuivaient, l'empereur consentait d'ordinaire à payer d'onéreux tributs. L'empereur Justin II obtint, toutefois, des succès marquai ds sur Chosroès, et rentra même en possession de ses provinces de la rive gauche de l'Euphrate. Chosroès mourut sur ces entrefaites, à Ctésiphon, au mois de mars de l'année 579. Il fut sans contredit un grand roi ; ayant persécuté les chrétiens, l'Occident, qui ne doit pas honorer sa rhémoire, en a fait un monstre de perfidie et de cruauté. Au contraire, les Orientaux le comparent à Alexandre pour le courage, la grandeur d'ame et la générosité : « Il y a sans doute de l'exagération c( des deux parts; Chosroès eut les vices de la plupart de ses prête décesseurs, il les surpassa par ses grandes qualités *. »

iMirkond assure que la femme de Chosroès était le chefd'œuvre du Créateur; qu'elle était chrétienne; que le fils qu'elle mit au monde, aussi beau qu'elle, se fit chrétien aussi; qu'il se révolta contre son père en se mettant à la tête d'une armée de chrétiens, et qu'il mourut dans un combat.

Le même historien ajoute que Chosroès menaça l'Inde, dont le roi acheta chèrement la paix par de riches i)résents.

♦ L'Art de vérifier les dates, par les Uëuédiclius, t. 1^', pag. 4U>S.

Kosrou clablit ensuile plusieurs règles importantes pour l'administration de ses vastes États. La contribution des terres était fixée selon leur proximité de la capitale; il lit établir un tarif plus en rapport avec leur produit. Les juifs et les chrétiens furent soumis à la capitation (l'impôt personnel); les personnes, âgées de 20 à 50 ans, la payaient seules.

Mirkond dit aussi que l'empereur de la Chine, qui habitait un palais paré de perles et de diamants, et dont le harem se composait de mille femmes, toutes tilles de rois, envoya des présents à Kosrou. Le roi de l'Uindoustan lui en envoya aussi; les portes du palais du roi indien étaient également de perles et de pierreries.

Ce qui est peut-être plus certain, c'est que l'admirable livre de Calila et Dimna fut apporté de l'Inde dans la Perse pendant le règne de Kosrou-Nouschirvan.

La façade de son palais était irrégulière, parce qu'une pauvre femme n'avait pas voulu vendre sa maison au roi, qui res[)ecta sa volonté.

Son fils Hormouz , (jue les Occidentaux nomment Hormisdas III, le seul des enfants de Kosrou qui fût le fils d'une princesse, fut choisi, par ce motif, pour lui succéder, l'an 579 de J.-C. Le nouveau roi fui injuste et cruel; il soutint sans succès la guerre contre les Romains et le Turkestan. Une révolte de son armée le précipita du trône; il eut la douleur de voir son plus jeune fils égorgé sous ses yeux, sa mère sciée par le milieu du corps; il fut ensuite privé de la vue, jeté dans une prison obscure; étant devenu fou furieux, il y fut assassiné par l'ordre de son fils, Chosroès 11, surnommé Parviz.

Ce fut le premier acte du règne de ce fils, qui commença en l'année 589. Une année après, il fut chassé du trône par l'armée rebelle, et il se réfugia aui)rès de l'enipereur Maurice, à Constantino[)le, qui le maria avec sa tille et le rétablit sur le trône. En l'année 003, Chosroès il déchu-a la guerre à l'empereur Pliocas pour venger l'assassinat de Maurice, son beau-père. Cette guerre dura dix-huit années cl tut hcnrcusc |iour Chosruès; IVmpire ro-

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main fut menacé d'une destruction totale en Asie. L'empereur Héraclius le releva de ce danger, et pénétra jusqu'au cœur de la Perse, après trois années de succès (années 622 à 624 ). La dissension naquit parmi les enfants de Kosrou ; l'aîné, Siroès, craignant un autre héritier du trône, fit égorger dix-sept de ses frères sous les yeux même de leur père; il fit enfermer le roi dans une prison et l'accabla chaque jour d'injures et de mauvais traitements jusqu'à sa mort, survenue en l'année 628. Les poètes persans ont célébré la magnificence de Chosroès-Parviz , et chanté ses amours avec la belle Schivine.

Les neuf princes qui régnèrent après Chosroès furent à peine aperçus sur le trône; le meurtre les y appelait, le meurtre leur donnait des successeurs ; leur avènement et leur mort employèrent à peine une année. En 629, une reine avait été couronnée à défaut de descendants mâles. Elle se nommait Pourandokht; elle était fille de Kosrou, et fut empoisonnée après seize mois de règne. Sa sœur et ([uatre autres princes vinrent ensuite. Enfin, en l'année 632, Isdégerde lll leur succéda j il fut le dernier roi de la famille des Sassanides.

A cette époque Mahomet, le nouveau prophète de l'Orient, était à la tête d'une puissante armée passionnée de fanatisme, et maître de l'Arabie et de la Syrie. Bientôt après, vers le milieu de cette même année 632, le prophète étant mort du poison qu'une jeune juive lui avait habilement administré dans une épaule de mouton, Aboubekr, premier calife, envoya Khalcd, général expérimenté, que Mahomet surnommait l'épée de Dieu, conquérir la Ghaldée, occupée par les Persans.

Isdégerde défcudit ses États contre ce nouvel ennemi que poussaient à la fois l'avidité des conquêtes et l'ardeur insensée qu'inspirait une nouvelle religion; il luail tous les idolâtres qui ne l'adoptaient pas. En 637, un autre chef mahométan pénétra jusfju'à Madaïs, capitale de la Perse, et l'enleva; la résistance du roi fut sans succès; les deux armées se trouvèrent en présence à Néhavcnd ; le roi de Perse fut vaincu, perdit plus de cent mille honnnes et prit la fuite; en 6IV2 il ne restait au successeur de vingt-cinq

m LA PI£RSK.

rois des rois, coinjuignons des astres, frères du. Soleil et de lu Lune, que la province «le Sedjestan, qu'il perdit avec la vie, ayant été assassiné par les rebelles. Sa mort livra la Perse entière au calife Othman.

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